Greffe de Cheveux

Alopécie frontale fibrosante : une greffe est-elle possible ?

Techniquement oui, durablement non : ce que deviennent les greffons année après année dans cette alopécie cicatricielle, et pourquoi stabiliser la maladie passe avant tout projet chirurgical.

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Graphique montrant la décroissance de la survie des greffons dans l'alopécie frontale fibrosante : 87 % à un an, 71 % à deux ans, 60 % à trois ans, 41 % à cinq ans

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Kaan
Dermatology
Dernière révision : 24 août 2026

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Une ligne frontale qui recule régulièrement, un front qui paraît s'agrandir, des sourcils qui s'éclaircissent : chez une femme après la ménopause, ce tableau évoque en premier lieu une alopécie frontale fibrosante — et pas une calvitie ordinaire. La distinction n'est pas académique : elle change complètement ce qu'il est raisonnable d'attendre d'une greffe. Cette page rassemble les chiffres publiés, y compris ceux qui déconseillent l'intervention.

Qu'est-ce que l'alopécie frontale fibrosante ?

C'est une alopécie cicatricielle : l'inflammation détruit le follicule et le remplace par du tissu fibreux, ce qui rend la perte définitive.

C'est la différence fondamentale avec une alopécie androgénétique, où le follicule se miniaturise mais reste vivant. Ici, il disparaît. Aucune repousse spontanée n'est possible sur une zone déjà cicatricielle, quelle que soit la durée du traitement.

Elle appartient au groupe des alopécies cicatricielles lymphocytaires, aux côtés du lichen plan pilaire et du lupus discoïde, avec lesquels elle partage le même mécanisme de destruction folliculaire irréversible.

Comment la reconnaît-on ?

Par un recul régulier et symétrique de la ligne frontale, souvent accompagné d'une perte des sourcils qui précède parfois l'atteinte du cuir chevelu.

La série multicentrique la plus large a décrit 355 patients : 343 femmes — dont 49 non ménopausées — et 12 hommes, d'âge moyen 61 ans (23 à 86 ans). Une ménopause précoce était retrouvée chez 49 patientes (14 %) et une hystérectomie chez 46 (13 %). Une forme sévère concernait 131 patients (37 %).

SigneCe qu'il indique dans cette série
Perte des cilsAssociée de façon indépendante aux formes sévères
Papules facialesAssociées de façon indépendante aux formes sévères
Atteinte des poils du corpsAssociée de façon indépendante aux formes sévères
Perte des sourcils comme premier signeAssociée aux formes modérées

Cette hiérarchie est utile en consultation : ce n'est pas l'ampleur du recul frontal qui prédit le mieux la sévérité, ce sont les signes associés.

En quoi diffère-t-elle d'une chute de cheveux féminine ordinaire ?

Par la localisation, le caractère définitif de la perte, et l'atteinte des sourcils.

ÉlémentAlopécie frontale fibrosanteAlopécie androgénétique féminineEffluvium télogène
Zone touchéeLigne frontale et tempes, recul en bandeauRaie centrale, sommet du crâneDiffuse
SourcilsSouvent atteints, parfois avant le cuir cheveluNonNon
FolliculeDétruit, remplacé par de la fibroseMiniaturisé mais vivantVivant, en phase de repos
RéversibilitéAucune sur zone cicatriciellePartielle sous traitementSpontanée le plus souvent
Objectif du traitementArrêter la progressionDensifier et freinerTraiter la cause

Confondre les deux premières colonnes conduit à une erreur coûteuse : proposer une greffe sur une maladie active, c'est implanter des follicules dans une zone où le processus destructeur est toujours en cours.

Schéma comparant un follicule miniaturisé dans une alopécie androgénétique et un follicule détruit remplacé par de la fibrose dans une alopécie cicatricielle

Une greffe de cheveux est-elle possible ?

Elle est techniquement réalisable et ne semble pas réactiver la maladie — mais elle ne tient pas dans le temps.

La revue multicentrique de référence a suivi 51 patients greffés (48 femmes, 3 hommes), opérés par technique de bandelette dans 86 % des cas et par extraction folliculaire dans 14 %, avec un suivi moyen de 3,2 ans (2 à 10 ans), tous poursuivant un traitement médical de l'AFF après l'intervention.

ReculSurvie moyenne des greffons
1 an87 %
2 ans71 %
3 ans60 %
5 ans41 %

Deux résultats vont dans le même sens et méritent d'être lus ensemble. Aucun patient n'a présenté d'aggravation ni de réactivation de la maladie après la greffe — le geste ne « relance » donc pas le processus. Mais plus de la moitié des greffons implantés avaient disparu à cinq ans.

Fait notable : 42 patients sur 51 (82 %) se déclaraient satisfaits. Une amélioration esthétique temporaire mais significative garde de la valeur pour la personne concernée — à condition que la durée ait été annoncée à l'avance.

Et pour les sourcils ?

Le même schéma, en plus marqué : une excellente pousse initiale, puis une perte progressive chez la majorité.

Une série de 10 patientes atteintes d'AFF a bénéficié d'une greffe de sourcils, avec des follicules prélevés en zone occipitale non atteinte, à raison de 120 à 270 unités folliculaires par sourcil. 80 % des patientes ont obtenu une excellente pousse au contrôle de 6 à 12 mois, avec un résultat satisfaisant à court terme. Les auteurs concluent que les résultats sont variables et discutés, et que « chez la plupart des patientes, une perte progressive des poils transplantés peut être attendue » — d'où leur recommandation explicite : informer les patientes de la forte probabilité de perte des greffons dans le temps.

C'est probablement la formulation la plus honnête disponible dans la littérature sur ce sujet, et elle vient des chirurgiens eux-mêmes.

Pourquoi les greffons se perdent-ils ?

Parce que la maladie ne s'attaque pas seulement aux follicules d'origine : elle atteint aussi ceux qu'on implante.

Le follicule transplanté conserve les caractéristiques de sa zone d'origine — c'est ce qui fait le succès de la greffe dans la calvitie commune, où la zone donneuse est génétiquement épargnée. Dans une alopécie cicatricielle, ce raisonnement ne s'applique plus : le terrain receveur est le siège d'un processus inflammatoire actif qui peut détruire n'importe quel follicule, y compris nouveau.

Un travail portant sur trois femmes ménopausées atteintes de formes atypiques, suivies 5 à 6 ans, va dans le même sens : deux ont présenté une perte modérée de greffons et une une perte plus marquée, sans signe clinique de réactivation. Les auteurs soulignent eux-mêmes la taille très limitée de l'échantillon et le caractère rétrospectif.

Faut-il attendre une phase de rémission ?

C'est la règle habituelle, mais la revue multicentrique apporte une nuance importante : la survie des greffons décroissait avec le temps indépendamment du délai écoulé depuis la rémission clinique.

Autrement dit, attendre l'inactivité clinique reste une précaution logique — opérer sur une maladie visiblement active n'a aucun sens — mais cela ne garantit pas la conservation des greffons à cinq ans. La rémission clinique n'est pas l'équivalent d'une guérison histologique.

La conséquence pratique tient en une phrase : une greffe dans l'AFF est un geste esthétique à durée limitée, pas une reconstruction définitive. Toute présentation contraire est une promesse que la littérature ne soutient pas.

Quels traitements médicaux existent ?

Aucun traitement curatif n'existe ; l'objectif est la stabilisation, et les inhibiteurs de la 5-alpha-réductase sont les mieux documentés.

Dans la série de 355 patients, des antiandrogènes — finastéride ou dutastéride — ont été utilisés chez 111 patients (31 %), avec une amélioration chez 52 (47 %) et une stabilisation chez 59 (53 %) ; les auteurs concluent qu'il s'agissait du traitement le plus utile de leur série.

Une méta-analyse ultérieure a porté spécifiquement sur le dutastéride oral : 7 études, 366 patients, modèle à effets aléatoires, risque de biais évalué par l'outil ROBINS-I. La proportion estimée de stabilisation est de 0,628 (IC 95 % 0,398-0,859) et, parmi les patients stabilisés, la proportion d'amélioration de 0,356 (IC 95 % 0,163-0,549). Les intervalles de confiance très larges traduisent l'hétérogénéité et le caractère non randomisé des études incluses.

D'autres approches sont explorées. Une revue systématique de 38 études et 411 patients consacrée aux modalités procédurales dans le lichen plan pilaire, l'AFF et le lupus discoïde rapporte que les produits dérivés des plaquettes réduisent le plus régulièrement les scores d'activité, que la photobiomodulation améliore les critères rapportés par les patients dans de petites séries, et que les corticoïdes intralésionnels stabilisent de façon fiable la maladie. Une revue systématique distincte a évalué la naltrexone à faible dose dans le lichen plan pilaire et l'AFF.

Connaît-on la cause ?

Non. Les hypothèses hormonales et environnementales coexistent, et les études cas-témoins ne convergent pas.

Une étude cas-témoins portant sur 115 patientes et 112 témoins a évalué les habitudes capillaires. Les procédures cosmétiques au moins deux fois par an (OR ajusté 2,39) et l'usage de produits sans rinçage au moins une fois par semaine (OR ajusté 4,98) étaient associés à un risque accru ; un lavage quotidien apparaissait protecteur (OR ajusté 0,31 ; p = 0,012) ; et l'usage d'écran solaire n'était associé à rien dans aucun modèle — contrairement à une hypothèse largement diffusée.

Ces résultats proviennent d'un centre unique et d'un recueil déclaratif rétrospectif : ils suggèrent des pistes, ils ne démontrent pas de causalité. Il faut le dire clairement, parce que ce sujet circule sous forme d'affirmations catégoriques dans les deux sens.

La maladie finit-elle par s'arrêter d'elle-même ?

Elle peut entrer en phase d'inactivité clinique, mais aucune donnée ne permet d'annoncer à l'avance quand — ni de considérer cette inactivité comme définitive.

C'est ce qui rend le suivi indispensable même quand rien ne semble bouger : le seul moyen de constater une reprise est de comparer des mesures successives de la ligne frontale et de la densité, pas des impressions. La photographie standardisée et la trichoscopie répétée sont, ici, les instruments de mesure.

Cette incertitude explique aussi pourquoi les séries de greffe rapportent une érosion des greffons malgré une rémission clinique au moment de l'intervention : ce que l'on observe en surface ne reflète pas exactement l'activité inflammatoire au niveau du follicule.

Les hommes peuvent-ils être touchés ?

Oui, mais rarement : 12 hommes sur 355 patients dans la plus large série multicentrique.

Chez l'homme, le tableau est plus difficile à repérer parce qu'un recul frontal est banal et attribué par défaut à une calvitie commune. Deux éléments doivent faire reconsidérer ce réflexe : une atteinte des sourcils, et un recul qui progresse en bandeau régulier plutôt que par golfes.

L'enjeu est identique à celui décrit chez la femme : un homme opéré d'une greffe sur une alopécie cicatricielle non diagnostiquée verra ses greffons se perdre progressivement, alors qu'il aura été traité pour une maladie qu'il n'a pas.

La zone donneuse est-elle utilisable ?

Le plus souvent oui : la région occipitale est habituellement épargnée, et c'est d'elle que proviennent les greffons des séries publiées, y compris pour les sourcils.

Ce n'est pas une garantie absolue. Dans la série de 355 patients, l'atteinte des poils du corps figurait parmi les trois facteurs indépendamment associés aux formes sévères — signe que le processus n'est pas toujours limité à la ligne frontale.

La conséquence est double. D'une part, disposer d'une zone donneuse saine ne suffit pas à faire de la greffe une bonne indication, puisque le problème vient du terrain receveur. D'autre part, prélever une zone donneuse pour un résultat dont la moitié aura disparu en cinq ans consomme un capital folliculaire qui, lui, ne se reconstitue pas.

Que proposer à la place d'une greffe ?

Trois options, à combiner selon la situation — aucune ne recrée un follicule.

OptionCe qu'elle apporteLimite
Traitement médical de fondFreine la progression ; c'est le seul levier sur la maladieNe restaure pas ce qui est perdu
Micropigmentation du cuir cheveluCamoufle le contraste peau/cheveux, sans chirurgie ni greffon à perdreEffet optique uniquement ; nécessite des retouches
Solutions capillaires cosmétiques (fibres, coiffage, prothèse partielle)Résultat immédiat, réversible, sans risqueContraintes quotidiennes

La micropigmentation mérite une mention particulière dans ce contexte : contrairement à la greffe, elle ne dépend pas de la survie d'un follicule dans une zone inflammatoire. Ce n'est pas une option « inférieure » ici — c'est une option dont le résultat ne s'érode pas pour la même raison que la maladie.

Une remarque de méthode s'impose toutefois : une pigmentation implantée sur une ligne frontale qui continue de reculer se retrouve, à mesure que la maladie progresse, décalée par rapport à la nouvelle limite des cheveux. C'est pourquoi elle se raisonne, elle aussi, sur une maladie stabilisée et se conçoit comme un tracé à réévaluer, non comme un dessin définitif. Le même principe vaut pour un maquillage permanent des sourcils.

Que faire si une clinique propose une greffe sans diagnostic ?

C'est le signal d'alerte principal de cette page.

Le recul de la ligne frontale chez une femme est un motif fréquent de demande de greffe, et il est aussi le mode de présentation typique de l'AFF. Un devis établi sur photo, sans examen du cuir chevelu, sans trichoscopie et sans avis dermatologique, ne peut pas faire la différence entre une alopécie androgénétique — où la greffe tient — et une alopécie cicatricielle — où elle se perd à moitié en cinq ans.

Cette confusion n'est pas un détail de procédure : elle transforme une chirurgie appropriée en dépense dont le résultat s'efface, et elle consomme au passage une zone donneuse non renouvelable. C'est la raison pour laquelle le diagnostic, dans cette situation précise, vaut davantage que la technique employée.

À exiger avant tout devisPourquoi
Un diagnostic dermatologique posé, pas supposéLa conduite change du tout au tout selon le diagnostic
Une trichoscopie, et une biopsie si le doute persisteC'est ce qui distingue une alopécie cicatricielle d'une alopécie commune
Une information écrite sur la survie attendue des greffons87 % à 1 an mais 41 % à 5 ans : le chiffre annoncé doit être celui à cinq ans
Un traitement de fond déjà en place et une maladie stabiliséeOpérer une maladie active n'a aucune justification

Ce qu'il faut retenir

Dans l'alopécie frontale fibrosante, la greffe fonctionne à court terme et échoue à moyen terme : 87 % de greffons survivants à un an, 41 % à cinq ans, dans la seule série multicentrique disponible. Elle ne réactive pas la maladie et une majorité de patientes se déclarent satisfaites — mais uniquement si la durée du résultat a été annoncée. La priorité reste donc médicale : stabiliser d'abord, avec des inhibiteurs de la 5-alpha-réductase dont la proportion estimée de stabilisation est de 62,8 %, et n'envisager un geste esthétique qu'ensuite, en connaissance de sa durée. Une clinique qui propose une greffe sur une ligne frontale reculée sans avoir posé de diagnostic ne vend pas un résultat : elle vend un délai.

Sources et références

  1. 1
    Vañó-Galván S, Villodres E, Pigem R, et al. — Hair transplant in frontal fibrosing alopecia: A multicenter review of 51 patients. J Am Acad Dermatol. 2019;81(3):865-866Autorité

    51 patients atteints d'alopécie frontale fibrosante ayant bénéficié d'une greffe capillaire (48 femmes, 3 hommes) ; technique de bandelette dans 86 % des cas, extraction folliculaire dans 14 % ; suivi moyen 3,2 ans (2 à 10 ans) ; tous poursuivaient un traitement médical de l'AFF après la greffe. Survie moyenne des greffons : 87 % à 1 an, 71 % à 2 ans, 60 % à 3 ans, 41 % à 5 ans. 42 patients sur 51 (82 %) satisfaits du résultat. Aucun cas d'aggravation ni de réactivation de la maladie après l'intervention. La survie des greffons décroissait avec le temps indépendamment du délai depuis la rémission clinique.

  2. 2
    Audickaite A, Alam M, Jimenez F — Eyebrow Hair Transplantation in Frontal Fibrosing Alopecia: Pitfalls of Short- and Long-Term Results. Dermatol Surg. 2020;46(7):922-925Autorité

    10 patientes atteintes d'alopécie frontale fibrosante ayant bénéficié d'une greffe de sourcils, avec des follicules prélevés sur cuir chevelu occipital non atteint ; en moyenne 120 à 270 unités folliculaires implantées par sourcil. 80 % des patientes ont obtenu une excellente pousse au contrôle de 6 à 12 mois, avec des résultats satisfaisants à court terme. Conclusion des auteurs : les résultats sont variables et discutés ; chez la plupart des patientes, une perte progressive des poils transplantés doit être attendue, et les patientes doivent en être informées avant l'intervention.

  3. 3
    Vañó-Galván S, Molina-Ruiz AM, Serrano-Falcón C, et al. — Frontal fibrosing alopecia: a multicenter review of 355 patients. J Am Acad Dermatol. 2014;70(4):670-678Autorité

    355 patients (343 femmes dont 49 non ménopausées, 12 hommes), âge moyen 61 ans (23-86). Ménopause précoce chez 49 patientes (14 %), hystérectomie chez 46 (13 %). Forme sévère chez 131 patients (37 %). Facteurs indépendamment associés à la sévérité en analyse multivariée : perte des cils, papules faciales, atteinte des poils du corps. La perte des sourcils comme présentation initiale était associée aux formes modérées. Antiandrogènes (finastéride, dutastéride) utilisés chez 111 patients (31 %), avec amélioration chez 52 (47 %) et stabilisation chez 59 (53 %) ; traitement jugé le plus utile de la série. Limite reconnue : caractère rétrospectif.

  4. 4
    Seo HM, Oh SU, Kim S, Park JH, Kim JS — Dutasteride in the treatment of frontal fibrosing alopecia: Systematic review and meta-analysis. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2024;38(8):1514-1521Autorité

    7 études, 366 patients traités par dutastéride oral. Méthodologie PRISMA 2020, risque de biais évalué par ROBINS-I, méta-analyse à effets aléatoires. Proportion estimée de stabilisation de l'AFF sous dutastéride oral : 0,628 (IC 95 % 0,398-0,859). Parmi les patients stabilisés, proportion estimée d'amélioration : 0,356 (IC 95 % 0,163-0,549). Les auteurs concluent que le dutastéride oral constitue une bonne option de stabilisation ou d'amélioration ; les intervalles de confiance larges reflètent des études non randomisées.

  5. 5
    Tanha AE, Ghane Y, Jafarzadeh A, Goodarzi A — A systematic review of procedural modalities in the treatment of lichen planopilaris, frontal fibrosing alopecia, and discoid lupus erythematosus. Lasers Med Sci. 2025;40(1):431Autorité

    Revue systématique PRISMA (PubMed/Medline, Ovid Embase, Scopus jusqu'au 28 juillet 2025) : 38 études, 411 patients, portant sur lasers et photothérapies, produits dérivés des plaquettes, injections adipeuses ou d'exosomes, photobiomodulation, corticoïdes intralésionnels, carboxythérapie, microneedling et greffe capillaire. Les produits plaquettaires réduisent le plus régulièrement les scores d'activité ; la photobiomodulation améliore les critères rapportés par les patients avec des gains modestes mesurables dans de petites séries ; les corticoïdes intralésionnels stabilisent de façon fiable la maladie. Ces alopécies cicatricielles lymphocytaires provoquent une perte folliculaire irréversible.

  6. 6
    Contin LA, Faro GBA, Santos LDN, Rocha VB — Hair Transplant in Patchy Scarring Alopecia of the Fronto-Temporal Area. Skin Appendage Disord. 2025;11(6):531-535Autorité

    Trois femmes ménopausées atteintes d'alopécie frontale fibrosante en plaques, confirmée par critères cliniques et histologiques, greffées par transplantation d'unités folliculaires et suivies 5 à 6 ans : deux ont présenté une perte modérée de greffons, une une perte plus marquée, sans signe clinique de réactivation de la maladie. Toutes se déclaraient très satisfaites du résultat esthétique. Limites reconnues par les auteurs : effectif très faible et design rétrospectif ; des études prospectives plus larges sont nécessaires.

  7. 7
    Ko EA, Cappetta ME, Rangel M, et al. — Hair Care Habits and Frontal Fibrosing Alopecia: A Case-Control Study. Skin Appendage Disord. 2025 (doi:10.1159/000549427)Autorité

    Étude cas-témoins analytique, 115 patientes atteintes d'AFF et 112 témoins appariés, 2015-2024, données déclaratives, régression logistique. Une fréquence de lavage décroissante était associée à des odds croissants d'AFF (OR ajusté 18,7 pour un lavage ≤ 1 fois/semaine par rapport à un lavage quotidien) ; le lavage quotidien restait protecteur en modèle dichotomisé (OR ajusté 0,31 ; p = 0,012). Procédures cosmétiques capillaires ≥ 2/an : OR ajusté 2,39. Produits sans rinçage ≥ 1/semaine : OR ajusté 4,98. L'usage d'écran solaire n'était associé à l'AFF dans aucun modèle. Centre unique, causalité non établie.

  8. 8
    Bai JQA, Geng RSQ, Gupta S, Donovan J — The efficacy and tolerability of low-dose naltrexone in the treatment of lichen planopilaris and frontal fibrosing alopecia: A systematic review. J Am Acad Dermatol. 2025;93(6):1638-1640Autorité

    Revue systématique consacrée à l'efficacité et à la tolérance de la naltrexone à faible dose dans le lichen plan pilaire et l'alopécie frontale fibrosante — illustrant que les options de stabilisation continuent d'être explorées en dehors des inhibiteurs de la 5-alpha-réductase.

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Questions fréquentes

Peut-on faire une greffe de cheveux avec une alopécie frontale fibrosante ?
Techniquement oui, durablement non. La revue multicentrique de référence portant sur 51 patients greffés, suivis en moyenne 3,2 ans, retrouve une survie moyenne des greffons de 87 % à 1 an, 71 % à 2 ans, 60 % à 3 ans et 41 % à 5 ans. Aucun patient n'a présenté d'aggravation ni de réactivation de la maladie après l'intervention, et 42 patients sur 51 (82 %) se déclaraient satisfaits — mais plus de la moitié des greffons avaient disparu à cinq ans.
La greffe risque-t-elle de réactiver la maladie ?
Les données disponibles ne le montrent pas. Dans la série multicentrique de 51 patients, aucun cas d'aggravation ni de réactivation de l'alopécie frontale fibrosante n'a été observé après la greffe. Une série de trois femmes suivies 5 à 6 ans ne retrouve pas non plus de signe clinique de réactivation, malgré une perte de greffons. Le problème n'est donc pas que la chirurgie relance la maladie : c'est que la maladie continue d'agir sur les greffons implantés.
Une greffe de sourcils tient-elle en cas d'alopécie frontale fibrosante ?
Elle donne d'excellents résultats initiaux puis se perd chez la majorité des patientes. Une série de 10 patientes ayant reçu 120 à 270 unités folliculaires par sourcil, prélevées en zone occipitale non atteinte, retrouve 80 % d'excellente pousse au contrôle de 6 à 12 mois. Les auteurs concluent que les résultats sont variables et discutés, que la perte progressive des poils transplantés doit être attendue chez la plupart des patientes, et qu'il faut les en informer avant l'intervention.
Faut-il attendre que la maladie soit stabilisée avant d'envisager une greffe ?
Oui, c'est la règle habituelle — mais elle ne suffit pas. La revue multicentrique note que la survie des greffons diminuait avec le temps indépendamment du délai écoulé depuis la rémission clinique. Attendre l'inactivité reste logique, puisque opérer une maladie visiblement active n'a aucun sens, mais la rémission clinique n'équivaut pas à une guérison : une greffe dans cette maladie reste un geste esthétique à durée limitée.
Quel traitement existe contre l'alopécie frontale fibrosante ?
Aucun traitement curatif ; l'objectif est la stabilisation. Dans une série de 355 patients, des antiandrogènes ont été utilisés chez 111 patients (31 %), avec amélioration chez 52 (47 %) et stabilisation chez 59 (53 %). Une méta-analyse portant spécifiquement sur le dutastéride oral (7 études, 366 patients) estime la proportion de stabilisation à 0,628 (IC 95 % 0,398-0,859) et, parmi les patients stabilisés, la proportion d'amélioration à 0,356 (IC 95 % 0,163-0,549) — intervalles larges reflétant des études non randomisées.
Comment distinguer une alopécie frontale fibrosante d'une calvitie féminine ?
Par la topographie et par le devenir du follicule. L'alopécie frontale fibrosante recule en bandeau sur la ligne frontale et les tempes, atteint souvent les sourcils, et détruit définitivement le follicule qu'elle remplace par de la fibrose. L'alopécie androgénétique féminine touche surtout la raie centrale et le sommet du crâne, épargne les sourcils, et miniaturise un follicule qui reste vivant — donc partiellement récupérable sous traitement. Seuls un examen du cuir chevelu, une trichoscopie et, au besoin, une biopsie permettent de trancher.
Qui est touché par l'alopécie frontale fibrosante ?
Principalement des femmes après la ménopause, mais pas exclusivement. La plus large série multicentrique compte 355 patients : 343 femmes — dont 49 non ménopausées — et 12 hommes, d'âge moyen 61 ans (23 à 86 ans). Une ménopause précoce était retrouvée chez 14 % des patientes et une hystérectomie chez 13 %. Une forme sévère concernait 131 patients (37 %), les facteurs indépendamment associés à la sévérité étant la perte des cils, les papules faciales et l'atteinte des poils du corps.
L'écran solaire cause-t-il l'alopécie frontale fibrosante ?
Cette hypothèse, très diffusée, n'est pas confirmée par toutes les études. Une étude cas-témoins portant sur 115 patientes et 112 témoins ne retrouve aucune association avec l'usage d'écran solaire, dans aucun modèle. Elle retrouve en revanche une association avec les procédures cosmétiques capillaires au moins bi-annuelles (OR ajusté 2,39) et l'usage de produits sans rinçage au moins hebdomadaire (OR ajusté 4,98), le lavage quotidien apparaissant protecteur. Il s'agit d'un centre unique et de données déclaratives : ces résultats suggèrent des pistes, ils ne démontrent pas de causalité.
Quelles alternatives à la greffe pour camoufler le recul frontal ?
Trois, à combiner selon la situation. Le traitement médical de fond, seul levier sur la maladie elle-même, qui freine la progression sans restaurer ce qui est perdu. La micropigmentation du cuir chevelu, qui atténue le contraste entre peau et cheveux sans dépendre de la survie d'un follicule en terrain inflammatoire. Et les solutions cosmétiques — fibres, coiffage, prothèse partielle — immédiates et réversibles. Aucune ne recrée de follicule, mais aucune ne s'érode pour la même raison que la maladie.
Que doit contenir un devis de greffe pour être fiable dans ce contexte ?
Quatre éléments. Un diagnostic dermatologique posé et non supposé, car la conduite change entièrement selon qu'il s'agit d'une alopécie cicatricielle ou androgénétique. Une trichoscopie, complétée d'une biopsie en cas de doute. Une information écrite sur la survie attendue des greffons, en citant le chiffre à cinq ans (41 %) et non celui à un an (87 %). Et une maladie déjà stabilisée sous traitement de fond. Un devis établi sur photo, sans examen du cuir chevelu, ne peut pas distinguer les deux situations.

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