Greffe de Cheveux

Alopécie de traction chez la femme afro : reconnaître, prévenir, traiter

Alopécie de traction : 31,7 % des femmes dans l'étude de référence, un signal d'alerte présent chez plus de 4 personnes sur 5, et une chute réversible tant que le follicule vit.

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Responsable éditorial : Kaan · Fondateur, Renaissance Clinique — non médecin
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Femme vue de dos portant des tresses serrées ramenées en chignon, avec une lisière clairsemée aux tempes

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6 sources citées · Mise à jour : 26 septembre 2026

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L'alopécie de traction est une chute de cheveux acquise, causée par une tension prolongée ou répétée sur les cheveux du cuir chevelu. Elle n'est pas propre à une population : elle a été décrite pour la première fois en 1907 chez des personnes du Groenland qui portaient des queues-de-cheval serrées, et on la retrouve chez des hommes sikhs, des danseuses de ballet ou des militaires. Mais les coiffures qui tirent sont particulièrement répandues chez les filles et les femmes d'ascendance africaine, et c'est chez elles que l'ampleur du phénomène a été mesurée.

Combien de femmes sont concernées ?

Près d'une femme adulte sur trois dans l'étude de référence. Khumalo et ses coauteurs ont examiné en 2007 le cuir chevelu de 874 adultes africains au Cap, en Afrique du Sud. La prévalence de l'alopécie de traction était de 22,6 % au total, de 31,7 % chez les femmes et de 2,2 % chez les hommes. Elle atteignait 48 % lorsque la coiffure habituelle consistait en extensions posées sur un cheveu défrisé.

La même équipe a mené une étude parallèle chez 1 042 écoliers. La prévalence y était de 17,1 % chez les filles, et elle passait de 8,6 % en première année d'école à 21,7 % en dernière année de lycée. Autrement dit, la maladie s'installe souvent dès l'enfance, au rythme des coiffures.

31,7 %
des femmes adultes atteintes (874 adultes examinés)
Khumalo et coll. 2007
48 %
avec des extensions posées sur cheveu défrisé
Khumalo et coll. 2007
3,47
rapport de cotes de la traction sur cheveu défrisé, contre cheveu naturel
Khumalo et coll. 2008
18,9 %
des personnes atteintes n'avaient jamais eu de symptôme lié à la coiffure
Khumalo et coll. 2008

Quel signal précède la chute ?

La douleur, les boutons, les croûtes ou les saignements liés à la coiffure — chez plus de quatre personnes sur cinq. En analysant ensemble les données de 574 écolières et 604 femmes, les mêmes auteurs ont montré en 2008 que seules 18,9 % des personnes atteintes d'alopécie de traction n'avaient jamais eu de symptôme lié à la coiffure. Ils ont aussi mesuré ce qui augmente le risque : un rapport de cotes de 3,47 (intervalle de confiance à 95 % : 1,94 à 6,20) quand la traction s'ajoute à un cheveu défrisé plutôt que naturel, et de 1,87 (1,28 à 2,72) chez les adultes par rapport aux enfants. Leur conclusion est directe : éviter à la fois les symptômes de coiffure et l'ajout de traction, surtout sur cheveu traité chimiquement, pourrait réduire le risque.

L'Académie américaine de dermatologie donne une liste courte de signes qui doivent faire changer de coiffure immédiatement : douleur liée à une coiffure trop tirée, sensation de piqûre sur le cuir chevelu, croûtes, ou « effet de tente », quand des portions de cuir chevelu sont soulevées par la tension. Sa règle tient en une phrase : si la coiffure fait mal, c'est qu'elle est trop serrée.

Coiffeuse desserrant des tresses à la lisière d'une cliente dans un salon
Desserrer à la lisière et raccourcir la durée de port : les deux gestes de prévention les plus simples.

Quelles coiffures exposent au risque ?

Selon l'Académie américaine de dermatologie, ces coiffures peuvent provoquer une alopécie de traction lorsqu'elles sont trop serrées :

  • les cornrows et les tresses serrées ;
  • les locks ;
  • les chignons, queues-de-cheval et coiffures relevées très tirées ;
  • les extensions et tissages, en particulier sur cheveu défrisé ;
  • les bigoudis portés la nuit la plupart du temps.

Le frottement constant d'un bonnet, d'un foulard ou d'un couvre-chef peut aussi y contribuer, surtout si les cheveux sont tirés en arrière avant d'être couverts. La même source précise que la forme du follicule, chez les personnes d'ascendance africaine, rend le cheveu plus vulnérable aux coiffures serrées ou brutales. DermNet ajoute les défrisants chimiques et le poids de cheveux très longs.

Comment la reconnaître ?

Par un signe clinique simple : le « signe de la frange ». Décrit par Samrao et ses coauteurs en 2011, il désigne une rangée de cheveux courts et fins qui persiste en avant de la zone dégarnie, à la lisière même. Ce liseré conservé oriente vers une traction plutôt que vers une chute d'une autre nature.

L'Académie américaine de dermatologie conseille aux personnes qui portent des coiffures serrées de rechercher chaque mois trois signes précoces : des cheveux cassés autour du front, une lisière qui recule, et des zones clairsemées là où les cheveux sont tirés. DermNet décrit aussi des démangeaisons, une rougeur, des squames, des boutons autour des follicules et de nombreux cheveux courts et cassés. La chute touche surtout le front et les tempes, mais sa localisation dépend entièrement de la façon dont les cheveux sont coiffés.

D'autres causes de chute sont fréquentes dans la même population : l'alopécie androgénétique, l'alopécie centrale centrifuge cicatricielle, la pelade, l'effluvium télogène. Plusieurs peuvent coexister. Notre page sur les causes de chute de cheveux chez les personnes aux cheveux afro aide à les distinguer ; le diagnostic, lui, revient à un dermatologue.

Est-elle réversible ?

Oui, tant que les follicules sont vivants ; non, quand la zone est devenue cicatricielle. DermNet résume l'évolution : au début, l'alopécie de traction n'est pas cicatricielle ; une tension prolongée et excessive finit par détruire les follicules et rend la chute définitive. L'Académie américaine de dermatologie le formule du point de vue de la patiente : quand la traction continue, les cheveux finissent par ne plus pousser, et là où ils étaient, on voit une peau lisse et brillante. À ce stade, ils ne peuvent plus repousser.

Il n'existe pas de classification officielle en stades chiffrés que nous ayons pu vérifier, ni de durée de traction mesurée au-delà de laquelle la chute deviendrait irréversible. La frontière entre les deux situations se constate à l'examen, pas sur un calendrier. C'est pourquoi une consultation précoce vaut plus qu'une attente prudente.

Comment prévenir sans renoncer à ses coiffures ?

Mesures de prévention publiées par l'Académie américaine de dermatologie
SituationRecommandation
Tresses et locksLes desserrer, surtout à la lisière ; les préférer plus épaisses et plus courtes, car des cheveux longs pèsent et tirent davantage
Durée de portNe pas garder des tresses plus de six à huit semaines
TissagesLes porter par périodes courtes, préférer le cousu à la colle, les retirer immédiatement s'ils font mal ou irritent
AlternanceChanger régulièrement de coiffure ; après des cornrows, porter par exemple des tresses lâches ou revenir au naturel pendant quelques mois
Couvre-chefsTirer les cheveux sans serrer sous le couvre-chef ; la soie ou le satin sont plus doux que les autres matières
PausesQuand c'est possible, laisser les cheveux sans coiffure contraignante, au naturel ou protégés par une perruque ou un foulard
Académie américaine de dermatologie, fiche publique « Hairstyles that pull can lead to hair loss ».
Six coiffures qui tirent moins sur les cheveux : twist out, bantu knots, wash and go, tresses lâches, bandeau souple, locks libres

Quels traitements existent ?

La première mesure est toujours mécanique : arrêter les coiffures qui tirent. L'Académie américaine de dermatologie recommande, une fois le diagnostic posé, de cesser les coiffures qui mettent le follicule sous tension et de se tourner vers des alternatives moins risquées, comme des tresses plus lâches et moins de chaleur et de produits. Si ce changement ne suffit pas, le dermatologue peut prescrire un traitement pour aider la repousse : corticoïdes, antibiotiques ou minoxidil. DermNet cite les mêmes familles, ainsi que des shampooings antifongiques.

Ces traitements relèvent d'une prescription médicale après examen. Cette page n'en recommande aucun, et Renaissance Clinique n'en prescrit pas.

Quand une greffe devient-elle une option ?

Quand la zone est devenue cicatricielle, et seulement si la traction est durablement arrêtée. L'Académie américaine de dermatologie mentionne la restauration chirurgicale pour les cas sérieux, afin d'augmenter la quantité de cheveux dans les zones dégarnies et, dans certains cas, de restaurer la lisière. La logique est simple : un greffon prélevé à l'arrière du crâne ne devient pas insensible à la traction parce qu'il a été déplacé. Reprendre la coiffure qui a causé la perte expose la zone greffée au même mécanisme.

Nous n'avons trouvé aucun délai chiffré et validé entre l'arrêt de la traction et une greffe. L'ancienne version de cette page en annonçait plusieurs, contradictoires entre eux ; ils ont été retirés. Ce qui compte est un diagnostic établi, une zone stable et un engagement réaliste sur les coiffures futures. Les particularités techniques de l'extraction sur cheveux crépus sont détaillées sur notre page consacrée à la technique FUE sur cheveux crépus.

Avant de parler de greffe

Posez-vous la question la plus utile de cette page : « Est-ce que ma coiffure me fait mal, me donne des boutons, des croûtes, ou me fait saigner, même un peu ? » Si la réponse est oui, c'est le signal qui a précédé la chute chez plus de 80 % des personnes qui l'ont développée — et tant que le follicule est vivant, desserrer suffit parfois.

Ce que Renaissance Clinique fait, et ce qu'elle ne fait pas

Nous réalisons des greffes de cheveux. Nous ne posons pas le diagnostic d'une alopécie de traction, nous ne prescrivons pas de traitement médical, et une greffe proposée avant d'avoir établi si la zone est encore réversible serait proposée trop tôt. Si vous reconnaissez les signes décrits ici, la bonne première étape est un dermatologue.

Sources et références

  1. 1
    Khumalo et coll. — British Journal of Dermatology, 2007;157(5):981-988, coiffure et maladies du cuir chevelu chez 874 adultesAutorité

    874 adultes africains au Cap : alopécie de traction 22,6 % au total, 31,7 % chez les femmes, 2,2 % chez les hommes ; 48 % lorsque la coiffure habituelle consiste en extensions sur cheveu défrisé.

  2. 2
    Khumalo et coll. — British Journal of Dermatology, 2007;157(1):106-110, coiffure et maladies du cuir chevelu chez 1 042 écoliersAutorité

    1 042 écoliers : alopécie de traction plus fréquente sur cheveu défrisé ; 17,1 % chez les filles, de 8,6 % en première année à 21,7 % en dernière année.

  3. 3
    Khumalo et coll. — Journal of the American Academy of Dermatology, 2008;59(3):432-438, déterminants de l'alopécie de traction marginaleAutorité

    574 écolières et 604 femmes : rapport de cotes 3,47 (IC 95 % 1,94-6,20) pour la traction sur cheveu défrisé, 1,87 (1,28-2,72) pour les adultes ; seules 18,9 % des personnes atteintes n'avaient jamais eu de symptôme lié à la coiffure.

  4. 4
    Samrao et coll. — Dermatology Online Journal, 2011;17(11):1, le signe de la frangeAutorité

    Description du « signe de la frange », rangée de cheveux courts et fins conservée à la lisière, comme constatation clinique utile dans l'alopécie de traction marginale.

  5. 5
    Académie américaine de dermatologie — coiffures tirées et chute de cheveuxAutorité

    Coiffures à risque quand elles sont trop serrées, signes d'alerte (douleur, piqûre, croûtes, effet de tente), prévention (tresses desserrées, plus épaisses et plus courtes, 6 à 8 semaines maximum, tissages cousus plutôt que collés), traitements possibles (corticoïdes, antibiotiques, minoxidil) et restauration chirurgicale dans les cas sérieux.

  6. 6
    DermNet — fiche de référence sur l'alopécie de tractionAutorité

    Première description en 1907 au Groenland ; initialement non cicatricielle, puis définitive après une tension prolongée ; signes cliniques (démangeaisons, rougeur, squames, boutons, cheveux cassés) ; traitements rapportés.

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Ces repères pour Belgique complètent l’article de référence. Votre situation administrative, l’indication médicale, le devis et le suivi doivent être confirmés individuellement.

Questions fréquentes

Quelle est la fréquence de l'alopécie de traction chez les femmes afro ?

Dans l'étude de Khumalo et ses coauteurs portant sur 874 adultes au Cap, elle touchait 31,7 % des femmes et 2,2 % des hommes. Chez 1 042 écoliers, la prévalence était de 17,1 % chez les filles, passant de 8,6 % en première année d'école à 21,7 % en dernière année de lycée.

L'alopécie de traction est-elle réversible ?

Oui, tant que les follicules sont vivants : desserrer ou changer de coiffure est la première mesure, et un dermatologue peut y ajouter un traitement. Non, lorsque la zone est devenue lisse et brillante : les follicules ont alors été détruits et les cheveux ne repoussent plus. Il n'existe pas de durée mesurée qui marquerait le passage de l'un à l'autre.

Combien de temps peut-on garder des tresses ?

L'Académie américaine de dermatologie recommande de ne pas les garder plus de six à huit semaines, de les desserrer surtout à la lisière, de les préférer plus épaisses et plus courtes, et d'alterner avec des coiffures qui ne tirent pas, par exemple des tresses lâches ou le naturel pendant quelques mois.

Le minoxidil est-il efficace dans l'alopécie de traction ?

Le minoxidil fait partie des traitements que l'Académie américaine de dermatologie et DermNet citent, avec les corticoïdes et les antibiotiques, lorsque le changement de coiffure ne suffit pas. Il ne peut rien sur une zone devenue cicatricielle. Sa prescription relève d'un médecin qui vous examine.

Peut-on faire une greffe sans arrêter complètement les tresses serrées ?

Ce serait exposer la zone greffée au mécanisme qui a causé la perte : un greffon déplacé reste sensible à la traction. La greffe n'est une option que sur une zone cicatricielle et stable, avec un arrêt durable des coiffures qui tirent. Nous n'avons trouvé aucun délai chiffré validé ; les chiffres qui circulent n'ont pas de source.

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