Greffe de Cheveux

Chute de cheveux saisonnière : ce que la mesure montre vraiment

Le pic de chute de fin d'été est mesuré depuis 1991, mais pas là où on le croit. Ce que trois études ont compté, et pourquoi c'est le pire moment pour décider d'une greffe.

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Infographie représentant la courbe annuelle de la chute de cheveux, avec un minimum en fin d'hiver et un maximum entre la fin de l'été et le début de l'automne

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Kaan
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8 sources citées · Mise à jour : 6 septembre 2026

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Chaque fin d'été, la même phrase revient dans les cabinets et sur les forums : « je perds mes cheveux par poignées depuis septembre ». La réponse habituelle est un haussement d'épaules bienveillant — « c'est la chute d'automne, ça passera ». Cette réponse est à moitié juste. La saisonnalité de la chute a bien été mesurée, à trois reprises, par des équipes différentes, avec des méthodes différentes. Mais ces trois études ne disent pas tout à fait la même chose, et la version simplifiée qui circule efface précisément ce qui serait utile : quand exactement, de combien, pendant combien de temps, et à partir de quel moment ce n'est plus la saison qui explique la chute.

Infographie représentant la courbe annuelle de la chute de cheveux, avec un minimum en fin d'hiver et un maximum entre la fin de l'été et le début de l'automne

La chute de cheveux saisonnière existe-t-elle vraiment ?

Oui. Elle a été mesurée par trois équipes indépendantes, sur des populations et des durées différentes, et les trois retrouvent une périodicité annuelle. Ce n'est donc pas une croyance populaire reprise par l'industrie cosmétique : c'est un phénomène documenté avant que le marché des compléments capillaires n'existe sous sa forme actuelle.

La démonstration la plus ancienne date de 1991. Randall et Ebling ont suivi 14 hommes caucasiens de 18 à 39 ans, tous employés à des postes en intérieur, à Sheffield au Royaume-Uni (latitude 53,4° N), avec une mesure tous les 28 jours pendant 18 mois. La proportion de follicules du cuir chevelu en phase anagène — la phase de croissance active — dépasse 90 % en mars, puis décroît régulièrement jusqu'à un creux en septembre. Le nombre de cheveux perdus suit la courbe inverse.

Cinq ans plus tard, Courtois et ses coauteurs publient un travail d'une autre nature : 10 hommes, avec ou sans alopécie, suivis par phototrichogrammes sur une zone repérée avec précision du vertex, pendant 8 à 14 ans. L'analyse mathématique des variations du pourcentage de télogènes met en évidence une périodicité annuelle avec un maximum à la fin de l'été et au début de l'automne. Certains sujets présentent en plus deux pics annuels.

Enfin, en 2009, Kunz, Seifert et Trüeb publient la seule étude portant sur un effectif féminin important : après exclusion des patientes porteuses d'une pathologie ou traitées par un médicament connu pour faire tomber les cheveux, 823 femmes restent analysables sur six ans de consultations.

À quel moment de l'année perd-on le plus de cheveux ?

Les trois études ne placent pas le pic au même mois — et c'est l'information que les pages grand public suppriment systématiquement. Elles annoncent « septembre-octobre » comme un fait établi ; les publications, elles, décrivent une fenêtre plus large et plus précoce.

ÉtudePopulation et méthodePic mesuréMagnitude publiée
Randall & Ebling, 199114 hommes, mesure tous les 28 jours pendant 18 mois, Royaume-UniAoût-septembre (creux d'anagène en septembre)≈ 60 cheveux/jour au pic, plus du double de l'hiver précédent
Courtois et al., 199610 hommes, phototrichogrammes, suivi de 8 à 14 ansFin d'été et début d'automneNon chiffrée en cheveux/jour ; exprimée en % de télogènes
Kunz, Seifert & Trüeb, 2009823 femmes en bonne santé, trichogrammes, 6 ansÉté, second pic moins marqué au printemps ; minimum en fin d'hiverNon chiffrée en cheveux/jour

Ce qui rassemble les trois travaux : un creux de chute en hiver ou en fin d'hiver, un maximum dans la seconde moitié de l'année. Ce qui les sépare : Kunz situe le maximum en été chez la femme, Randall et Courtois plutôt à la charnière été-automne chez l'homme. Latitude, sexe, méthode de comptage et taille d'échantillon suffisent à expliquer l'écart. Aucune des trois ne permet d'écrire « le pic est en octobre ».

Combien de cheveux perd-on par jour pendant une chute saisonnière ?

La seule magnitude chiffrée disponible dans la littérature est celle de Randall et Ebling : environ 60 cheveux par jour au pic, contre à peu près la moitié durant l'hiver précédent. Ce chiffre mérite d'être manipulé avec prudence : il vient de 14 hommes, dans une ville, à une latitude donnée. Il n'a jamais été reproduit à grande échelle.

Il permet néanmoins de poser un repère utile. Le doublement, et non la valeur absolue, est le fait marquant. Une personne qui perdait 30 cheveux par jour en février et en perd 60 en septembre a exactement doublé sa perte — la sensation subjective est spectaculaire, l'écart réel reste dans une amplitude physiologique. La même variation vécue par quelqu'un qui perdait déjà 90 cheveux par jour l'amène ailleurs, et cela ne relève plus de la saison.

Pourquoi la chute augmente-t-elle à cette période précise ?

Le déterminant identifié dans la littérature est la photopériode, c'est-à-dire la durée d'ensoleillement, et non la température ni « la fatigue de la rentrée ». Courtois et ses coauteurs le formulent explicitement : la périodicité du pourcentage de télogènes, et donc de la chute, n'est pas indépendante des facteurs climatiques, en particulier des heures d'ensoleillement, et ces facteurs doivent être pris en compte lorsqu'on évalue un traitement ou une prévention de la chute.

Cette dernière phrase a une conséquence méthodologique que peu de sites relaient : un traitement démarré en septembre paraîtra efficace en janvier même s'il ne fait rien, simplement parce que la courbe naturelle redescend. C'est le mécanisme qui rend crédibles la plupart des témoignages de compléments capillaires pris à la rentrée.

Les autres poils suivent-ils le même rythme que les cheveux ?

Non, et le contraste est instructif : dans l'étude de Randall et Ebling, la barbe et les poils des cuisses varient au fil de l'année, mais les ongles ne varient pas du tout. Ce détail rarement cité montre que la saisonnalité concerne spécifiquement le cycle pilaire, et non « la pousse » en général.

Structure mesuréeVariation saisonnière observéeAmplitude publiée
Follicules du cuir chevelu en anagènePic en mars, creux en septembrePlus de 90 % en anagène au pic
Chute quotidienne de cheveuxPic en août-septembre≈ 60/jour, plus du double de l'hiver
Croissance de la barbeMinimale en janvier-février, croissante de mars à juilletPic estival ≈ 60 % au-dessus du niveau hivernal
Croissance des poils de cuisseMême profil que la barbeDifférences moins marquées
Croissance des ongles des mains et des piedsAucune fluctuation saisonnière détectée

Une conséquence pratique en découle pour les hommes qui envisagent une greffe de barbe : la vitesse de pousse de la barbe est elle-même saisonnière, ce qui rend une comparaison « avant/après » réalisée à six mois d'intervalle difficile à interpréter si les deux photos tombent à des saisons opposées.

Combien de temps dure une chute de cheveux saisonnière ?

Les études mesurent une périodicité annuelle, pas une durée d'épisode : elles ne permettent pas de dire « six semaines » ou « trois mois ». Ce qu'elles montrent, c'est une montée progressive puis une redescente sur plusieurs mois, et non un épisode aigu avec un début et une fin nets.

La règle pratique qui en découle est temporelle, pas symptomatique : une chute qui suit la courbe saisonnière s'atténue d'elle-même à mesure que l'automne avance vers l'hiver. Une chute qui dure au-delà de six mois, ou qui persiste au printemps suivant alors que la saisonnalité devrait être au creux, n'est plus une chute saisonnière et demande un examen.

Chute saisonnière ou effluvium télogène : quelle différence ?

La différence n'est pas de nature mais de déclencheur et d'amplitude : les deux traduisent un passage anormalement synchrone de follicules en phase télogène. L'effluvium télogène est une réaction à un événement identifiable — accouchement, chirurgie, fièvre élevée, perte de poids rapide, arrêt d'un traitement hormonal, choc psychologique majeur — survenant classiquement deux à trois mois après le facteur déclenchant. La chute saisonnière, elle, n'a pas de déclencheur individuel : elle revient chaque année à la même période, chez la même personne, sans événement associé.

CritèreChute saisonnièreEffluvium télogèneAlopécie androgénétique
DéclencheurAucun ; lié à la période de l'annéeÉvénement précis, 2-3 mois avantAucun ; progression continue
RépartitionDiffuse, tout le cuir cheveluDiffuse, tout le cuir cheveluZones ciblées : golfes, vertex, raie qui s'élargit
ÉvolutionRécurrente, annuelle, réversibleÉpisodique, réversibleProgressive, non réversible spontanément
Aspect des cheveux restantsCalibre inchangéCalibre inchangéMiniaturisation : cheveux plus fins, plus courts
Densité après 12 moisRevenue au point de départRevenue au point de départInférieure au point de départ

Comment savoir si ce n'est pas une calvitie qui commence ?

Le signe discriminant n'est pas la quantité qui tombe, c'est le calibre de ce qui reste. Une chute saisonnière ou un effluvium font tomber des cheveux normaux : le stock restant a le même diamètre qu'avant. Une alopécie androgénétique remplace progressivement des cheveux épais par des cheveux plus fins et plus courts — c'est la miniaturisation, et elle est visible en trichoscopie bien avant d'être visible dans le miroir.

Le second signe est topographique. La saisonnalité est diffuse par construction : elle touche tout le cuir chevelu, y compris la couronne occipitale. Une chute qui creuse les golfes temporaux, dégarnit le vertex ou élargit la raie tout en épargnant l'arrière de la tête décrit un autre mécanisme, quelle que soit la date du calendrier.

Un piège fréquent mérite d'être nommé : les deux coexistent souvent. Une alopécie androgénétique installée peut parfaitement connaître une aggravation saisonnière. Constater que la chute diminue en janvier ne prouve donc pas qu'il n'y a « rien » — cela prouve seulement que la composante saisonnière a reflué.

Diagramme comparant les critères d'une chute de cheveux saisonnière et ceux d'une alopécie androgénétique : répartition diffuse ou ciblée, calibre des cheveux restants, caractère récurrent ou progressif, densité après douze mois

Faut-il faire un bilan sanguin pour une chute d'automne ?

Pas si l'épisode est isolé, bref, diffus et se répète chaque année à la même période. Oui si la chute persiste, s'aggrave, ou s'accompagne d'autres signes. Le réflexe le plus répandu — doser la ferritine — mérite d'être nuancé par ce qui a réellement été mesuré.

Olsen et ses coauteurs ont comparé 381 femmes consultant pour une chute de cheveux à 76 femmes témoins. Une ferritine inférieure ou égale à 15 µg/L était retrouvée chez 29,8 % des témoins contre 12,4 % et 12,1 % des patientes ; au seuil de 40 µg/L, 72,3 % des témoins contre 58,8 % et 63,8 % des patientes. Autrement dit, dans cette étude, la carence martiale était plus fréquente chez les femmes qui ne perdaient pas leurs cheveux. Ce résultat ne dit pas qu'il ne faut jamais doser la ferritine : il dit qu'une ferritine basse trouvée chez quelqu'un qui perd ses cheveux n'établit pas à elle seule la cause de la chute.

Existe-t-il un traitement de la chute saisonnière ?

Aucun traitement n'a été évalué spécifiquement contre la chute saisonnière dans un essai contrôlé. C'est une affirmation forte, mais c'est l'état de la littérature : les trois études de référence décrivent le phénomène, elles ne testent aucune intervention contre lui.

Cette absence a une conséquence directe sur la manière de lire les promesses commerciales. Comme la courbe redescend spontanément après le pic, toute intervention démarrée au pic sera suivie d'une amélioration. C'est exactement le scénario que Courtois et ses coauteurs demandaient de neutraliser en tenant compte des facteurs climatiques dans l'évaluation des traitements.

ApprocheCe qui a été mesuré contre la chute saisonnièreCe qu'on peut en dire honnêtement
Compléments « spécial automne »Rien : aucun essai contre placebo sur cette indicationL'amélioration observée coïncide avec la redescente naturelle de la courbe
BiotineRien sur la saisonnalitéAucune carence sévère décrite chez un adulte sain normalement nourri ; interfère avec des dosages sanguins
Fer / ferritineRien sur la saisonnalité ; données discordantes sur la chute en généralÀ doser sur point d'appel, pas en réflexe
Traitements de l'alopécie androgénétiqueRien sur la saisonnalitéIls ciblent un autre mécanisme ; ne pas les juger sur un épisode saisonnier
Attendre et recompter au printempsC'est ce que les trois études décriventLa seule stratégie que les données soutiennent réellement

Les compléments alimentaires « anti-chute d'automne » servent-ils à quelque chose ?

Sur cette indication précise, aucun n'a de données. Le problème n'est pas qu'ils soient inefficaces — c'est qu'ils n'ont pas été testés dans ce cadre, et que la structure même du phénomène rend tout ressenti d'efficacité ininterprétable.

Deux réserves méritent d'être posées. D'abord, l'excès de certains micronutriments provoque lui-même une chute : la littérature dermatologique documente ce mécanisme pour la vitamine A à forte dose et pour le sélénium. Ensuite, un point de sécurité rarement mentionné : la biotine à haute dose interfère avec de nombreux immuno-dosages, et l'agence américaine du médicament a documenté des résultats faussement abaissés de troponine, dont un cas ayant conduit à un infarctus non diagnostiqué et au décès du patient. Prendre de la biotine n'est pas anodin lorsqu'un bilan sanguin est prévu.

Pourquoi les recherches Internet sur la chute de cheveux culminent-elles en été ?

Parce que l'intérêt du public suit une saisonnalité, elle aussi mesurée. Hsiang et ses coauteurs ont analysé les séries temporelles des requêtes liées à la chute de cheveux entre 2004 et 2016 et publié le résultat dans le British Journal of Dermatology. Cette convergence entre données de recherche et données trichologiques est intéressante, mais elle ne doit pas être surinterprétée : un volume de requêtes mesure une inquiétude, pas une chute.

Une chute saisonnière peut-elle justifier une greffe de cheveux ?

Non, et c'est le point le plus important de cette page. Une greffe déplace des follicules d'une zone à une autre ; elle ne crée pas de cheveux et ne modifie pas le cycle. Une chute saisonnière est par définition réversible : les follicules concernés sont vivants, en pause, et repartiront. Il n'y a rien à remplacer.

Il y a plus gênant. Décider d'une greffe suppose d'évaluer une densité, de dessiner une ligne frontale et d'estimer un nombre de greffons. Faire cette évaluation au pic saisonnier revient à mesurer un cuir chevelu dans son état le plus défavorable de l'année. Le risque n'est pas théorique : il conduit à surestimer la surface à couvrir, donc le nombre de greffons prélevés, sur une zone donneuse qui ne se reconstitue jamais. Une évaluation faite en fin d'hiver, quand le taux de télogènes est au minimum, décrit un cuir chevelu plus proche de sa réalité.

Cette page ne dit pas qu'il faut renoncer à une greffe si l'on constate une chute en septembre. Elle dit qu'une chute diffuse récente est un mauvais moment pour décider, et qu'un praticien qui propose de planifier une intervention en pleine phase de chute diffuse sans en discuter la temporalité n'applique pas le raisonnement le plus prudent.

Une chute saisonnière peut-elle survenir après une greffe de cheveux ?

Oui : les cheveux transplantés sont des cheveux normaux et suivent le même cycle que les autres. Une personne greffée reste soumise à la saisonnalité, sur les cheveux natifs comme sur les cheveux transplantés une fois ceux-ci entrés dans leur cycle définitif.

Cela crée une confusion classique et anxiogène : une chute diffuse survenant plusieurs mois après une intervention peut être lue comme un « échec de la greffe » alors qu'il s'agit d'un phénomène indépendant. La distinction se fait sur la topographie — une chute saisonnière est diffuse, y compris hors zone opérée — et sur la réversibilité constatée quelques mois plus tard.

Quels signes doivent conduire à consulter malgré tout ?

La saisonnalité n'explique jamais une chute localisée, douloureuse, inflammatoire ou accompagnée de signes généraux. Le tableau ci-dessous rassemble les situations qui sortent du cadre décrit par les études citées.

SignePourquoi la saisonnalité ne l'explique pasConduite
Plaques nettes, sans cheveux, à bords réguliersLa chute saisonnière est diffuse, jamais en plaquesConsultation dermatologique
Rougeur, squames, croûtes, démangeaisons intensesAucune inflammation décrite dans la saisonnalitéConsultation : dermite, teigne, dermatose du cuir chevelu
Douleur du cuir chevelu, brûlure, sensibilité au toucherSigne possible d'alopécie cicatricielleConsultation rapide : les alopécies cicatricielles sont irréversibles
Chute qui persiste au-delà de 6 moisDépasse la fenêtre décrite par les étudesBilan étiologique
Chute + fatigue, prise ou perte de poids, troubles du cycleOriente vers une cause endocrinienne ou généraleConsultation médecin traitant
Cheveux restants nettement plus fins qu'il y a deux ansMiniaturisation : mécanisme androgénétique, pas saisonnierÉvaluation trichoscopique

Que retenir, et que cette page ne prétend pas dire ?

Ce qui est établi : la chute suit un rythme annuel, avec un creux hivernal et un maximum dans la seconde moitié de l'année. Ce qui ne l'est pas : le mois exact du pic, sa durée précise, et l'existence d'un traitement qui l'améliore.

Les bases de données de cette page reposent sur des effectifs modestes — 14 hommes chez Randall, 10 chez Courtois — sauf pour l'étude de Kunz et ses coauteurs, qui porte sur 823 femmes mais reste rétrospective et monocentrique. Aucune n'a été conduite en France. Aucune n'a inclus de population non caucasienne en nombre suffisant pour conclure. Ces limites sont réelles et doivent tempérer toute affirmation catégorique, y compris les nôtres.

Sources et références

  1. 1
    Randall VA, Ebling FJ. Seasonal changes in human hair growth. Br J Dermatol. 1991;124(2):146-151. PMID 2003996Autorité

    14 hommes caucasiens de 18 à 39 ans, travaillant en intérieur, suivis tous les 28 jours pendant 18 mois à Sheffield (latitude 53,4° N). La proportion de follicules du cuir chevelu en anagène atteint un pic unique supérieur à 90 % en mars puis décroît régulièrement jusqu'à un creux en septembre. Le nombre de cheveux perdus culmine vers août-septembre, moment où le moins de follicules sont en anagène : la perte moyenne y est d'environ 60 cheveux par jour, plus du double de celle de l'hiver précédent. La croissance de la barbe est minimale en janvier-février et augmente jusqu'à un pic estival environ 60 % au-dessus du niveau hivernal. Aucune fluctuation saisonnière n'a été détectée pour la croissance des ongles des mains ou des pieds.

  2. 2
    Courtois M, Loussouarn G, Hourseau S, Grollier JF. Periodicity in the growth and shedding of hair. Br J Dermatol. 1996;134(1):47-54. PMID 8745886Autorité

    10 hommes, avec ou sans alopécie, observés de 8 à 14 ans par phototrichogrammes sur une zone du vertex repérée avec précision. L'analyse mathématique du pourcentage de cheveux en télogène démontre une périodicité annuelle, avec une proportion maximale de télogènes à la fin de l'été et au début de l'automne ; certains sujets présentent en outre deux pics annuels. Chez les sujets dont la proportion de télogènes est très faible, aucune périodicité n'est mise en évidence. Les auteurs précisent que la périodicité du pourcentage de télogènes, et donc de la chute, n'est pas indépendante des facteurs climatiques (heures d'ensoleillement) et que ces facteurs doivent être pris en compte lors de l'évaluation d'un traitement ou d'une prévention de la chute de cheveux.

  3. 3
    Kunz M, Seifert B, Trüeb RM. Seasonality of hair shedding in healthy women complaining of hair loss. Dermatology. 2009;219(2):105-110. PMID 19407435Autorité

    Étude rétrospective sur 6 ans de femmes apparemment en bonne santé consultant pour chute de cheveux ; après exclusion des patientes porteuses d'une maladie ou traitées par un médicament connu pour induire une chute, 823 femmes restent analysables. L'analyse des trichogrammes démontre une périodicité annuelle de la croissance et de la chute, avec une proportion maximale de cheveux en télogène en été et un second pic, moins marqué, au printemps. Les taux de télogènes sont les plus bas en fin d'hiver. Les auteurs indiquent qu'il s'agit de la première étude conduite systématiquement sur un effectif féminin représentatif.

  4. 4
    Hsiang EY, Semenov YR, Aguh C, Kwatra SG. Seasonality of hair loss: a time series analysis of Google Trends data 2004-2016. Br J Dermatol. 2018;178(4):978-979. PMID 29048738Autorité

    Analyse en séries temporelles des requêtes de recherche liées à la chute de cheveux entre 2004 et 2016, publiée dans le British Journal of Dermatology. Le volume de requêtes suit une saisonnalité. Une mesure d'intérêt de recherche documente une inquiétude, pas une chute mesurée : elle ne remplace pas les données trichologiques.

  5. 5
    Olsen EA, Reed KB, Cacchio PB, Caudill L. Iron deficiency in female pattern hair loss, chronic telogen effluvium, and control groups. J Am Acad Dermatol. 2010;63(6):991-999. PMID 20947203Autorité

    381 femmes consultant pour chute de cheveux (alopécie féminine de type androgénétique et effluvium télogène chronique) comparées à 76 témoins. Une ferritine ≤ 15 µg/L est retrouvée chez 29,8 % des témoins contre 12,4 % et 12,1 % des patientes ; au seuil de 40 µg/L, 72,3 % des témoins contre 58,8 % et 63,8 % des patientes. Aucune augmentation significative de la carence martiale n'est observée chez les patientes : dans cette série, la carence en fer est plus fréquente chez les femmes qui ne perdent pas leurs cheveux.

  6. 6
    Almohanna HM, Ahmed AA, Tsatalis JP, Tosti A. The role of vitamins and minerals in hair loss: a review. Dermatol Ther (Heidelb). 2019;9(1):51-70Autorité

    Revue de la place des vitamines et minéraux dans la chute de cheveux. Aucune carence sévère en biotine n'est décrite chez un adulte en bonne santé et normalement nourri. À l'inverse, l'excès de certains micronutriments provoque une chute : vitamine A au-delà d'environ 10 000 UI/jour, sélénium au-delà d'environ 400 µg/jour.

  7. 7
    U.S. Food and Drug Administration — Biotin interference with troponin laboratory tests (safety communication)Autorité

    La biotine à haute dose interfère avec de nombreux immuno-dosages et peut produire des résultats faussement abaissés, notamment de troponine. L'agence a documenté un cas de résultat de troponine faussement bas ayant conduit à un infarctus non diagnostiqué et au décès du patient.

  8. 8
    StatPearls — Telogen Effluvium (NCBI Bookshelf)Autorité

    L'effluvium télogène correspond au passage anormalement synchrone d'un grand nombre de follicules en phase télogène, classiquement deux à trois mois après un facteur déclenchant (accouchement, chirurgie, fièvre élevée, perte de poids rapide, arrêt d'un traitement hormonal, stress majeur). La chute est diffuse, les cheveux restants conservent leur calibre, et l'évolution est réversible.

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Cette page (version Canada (Québec)) tient compte des spécificités locales : devise CAD, organisme de référence RAMQ (Régie de l'assurance maladie), fuseau America/Montreal. Les protocoles cliniques sont identiques à la version France de référence.

Questions fréquentes

Est-ce normal de perdre plus de cheveux en automne ?
Oui, une périodicité annuelle de la chute est documentée par trois études indépendantes. Randall et Ebling la situent autour d'août-septembre chez l'homme, Courtois et ses coauteurs à la fin de l'été et au début de l'automne, Kunz et ses coauteurs plutôt en été chez la femme. Le point commun des trois travaux est un minimum de chute en hiver ou en fin d'hiver et un maximum dans la seconde moitié de l'année.
Combien de cheveux perd-on par jour lors d'une chute saisonnière ?
La seule magnitude chiffrée publiée provient de Randall et Ebling : environ 60 cheveux par jour au pic, soit plus du double du niveau de l'hiver précédent, chez 14 hommes suivis tous les 28 jours pendant 18 mois. Ce chiffre n'a jamais été reproduit sur un large effectif. Ce qui compte n'est pas la valeur absolue mais le doublement : il explique l'impression d'une chute massive alors que l'amplitude reste physiologique.
Combien de temps dure une chute de cheveux saisonnière ?
Les études mesurent une périodicité annuelle, pas une durée d'épisode ; elles ne permettent donc pas d'annoncer un nombre de semaines. Elles décrivent une montée progressive puis une redescente sur plusieurs mois. En pratique, une chute diffuse qui persiste au-delà de six mois, ou qui est encore présente au printemps suivant alors que la saisonnalité devrait être au creux, ne relève plus de la saison et justifie un examen.
Comment différencier une chute saisonnière d'une calvitie qui débute ?
Le critère discriminant est le calibre des cheveux restants, pas la quantité qui tombe. Une chute saisonnière fait tomber des cheveux normaux et laisse un stock de même diamètre. Une alopécie androgénétique remplace progressivement des cheveux épais par des cheveux plus fins et plus courts. Le second critère est la topographie : la saisonnalité est diffuse et touche aussi l'arrière de la tête, alors que l'alopécie androgénétique creuse les golfes, le vertex ou élargit la raie en épargnant la couronne occipitale.
Faut-il faire un bilan sanguin en cas de chute d'automne ?
Pas si l'épisode est isolé, diffus, bref et se répète chaque année à la même période. Le dosage réflexe de la ferritine mérite d'être nuancé : dans l'étude d'Olsen et ses coauteurs comparant 381 femmes consultant pour chute de cheveux à 76 témoins, une ferritine ≤ 15 µg/L était retrouvée chez 29,8 % des témoins contre 12,4 % et 12,1 % des patientes. Une ferritine basse chez une personne qui perd ses cheveux n'établit donc pas à elle seule la cause de la chute.
Les compléments alimentaires anti-chute fonctionnent-ils en automne ?
Aucun complément n'a été évalué contre placebo spécifiquement sur la chute saisonnière. Le problème est structurel : la courbe naturelle redescend après le pic, donc toute intervention démarrée au pic sera suivie d'une amélioration, qu'elle agisse ou non. Courtois et ses coauteurs demandaient précisément que les facteurs climatiques soient pris en compte lorsqu'on évalue un traitement de la chute. Deux réserves de sécurité s'ajoutent : l'excès de vitamine A à forte dose et de sélénium provoque lui-même une chute, et la biotine à haute dose fausse plusieurs dosages sanguins, dont la troponine.
Une chute saisonnière justifie-t-elle une greffe de cheveux ?
Non. Une chute saisonnière est réversible : les follicules concernés sont vivants et repartiront, il n'y a rien à remplacer. Plus important, la période du pic est le pire moment pour évaluer une densité, dessiner une ligne frontale et estimer un nombre de greffons — le cuir chevelu y est dans son état le plus défavorable de l'année, ce qui expose à surestimer la surface à couvrir et donc à prélever davantage sur une zone donneuse qui ne se reconstitue jamais.
Peut-on avoir une chute saisonnière après une greffe de cheveux ?
Oui. Les cheveux transplantés sont des cheveux normaux et suivent le même cycle que les autres ; une personne greffée reste soumise à la saisonnalité, sur ses cheveux natifs comme sur les cheveux transplantés une fois ceux-ci entrés dans leur cycle définitif. La confusion avec un échec de greffe est fréquente : la distinction se fait sur la topographie, une chute saisonnière étant diffuse et concernant aussi les zones non opérées.
Pourquoi les études ne donnent-elles pas toutes le même mois ?
Parce qu'elles n'ont pas mesuré les mêmes personnes avec les mêmes outils. Randall et Ebling ont suivi 14 hommes à Sheffield, latitude 53,4° N, par comptage tous les 28 jours. Courtois et ses coauteurs ont suivi 10 hommes par phototrichogrammes pendant 8 à 14 ans. Kunz et ses coauteurs ont analysé les trichogrammes de 823 femmes sur six ans. Latitude, sexe, méthode et effectif suffisent à expliquer un décalage de quelques semaines. Aucune de ces publications ne permet d'affirmer que le pic est en octobre.
Quand faut-il consulter malgré une chute apparemment saisonnière ?
Dès que la chute sort du cadre diffus et indolore : plaques nettes sans cheveux, rougeur, squames ou croûtes, douleur ou brûlure du cuir chevelu — ce dernier signe pouvant orienter vers une alopécie cicatricielle, qui est irréversible et impose une prise en charge rapide. Consultez également si la chute dépasse six mois, si elle s'accompagne de fatigue, de variations de poids ou de troubles du cycle, ou si les cheveux restants sont nettement plus fins qu'il y a deux ans.

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