Greffe de Cheveux

Diagnostic d'une chute de cheveux : quels examens ?

Test de traction, trichoscopie, bilan sanguin, biopsie : ce que chaque examen mesure réellement, les seuils publiés, et pourquoi un devis de greffe n'est pas un diagnostic.

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Médicalement révisé par Kaan
Infographie des quatre examens du diagnostic d'une chute de cheveux : test de traction avec un seuil de deux cheveux, trichoscopie de spécificité 98 %, bilan sanguin thyroïde et ferritine, biopsie réservée aux cas douteux

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Kaan
Dermatology
Dernière révision : 20 août 2026

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La plupart des patients qui consultent pour une chute de cheveux ont déjà un diagnostic en tête. Souvent il est juste. Parfois il ne l'est pas — et l'erreur est coûteuse, parce que certaines alopécies imitent l'alopécie androgénétique tout en relevant d'une prise en charge radicalement différente, et parce que certaines contre-indiquent formellement une greffe.

Cette page décrit ce que la littérature documente sur les examens utilisés. Tous les seuils cités proviennent de publications externes référencées en fin de page. Elles décrivent l'état des connaissances, pas une conduite à tenir individuelle : seul un médecin qui vous examine peut poser un diagnostic.

Pourquoi faut-il un diagnostic avant d'envisager une greffe ?

Parce que plusieurs causes de chute diffuse se ressemblent en photo et se traitent différemment — et que certaines interdisent l'intervention. Une référence clinique de synthèse pose que les alopécies cicatricielles actives constituent une contre-indication absolue à la greffe, et qu'une stabilité de la maladie, typiquement deux ans sans activité, est requise avant d'envisager une chirurgie.

Greffer sur un cuir chevelu où le processus destructeur est encore en cours revient à implanter des follicules dans un terrain qui les détruira aussi. Le diagnostic n'est donc pas une formalité préalable au devis : il détermine si un devis a un sens.

En quoi consiste le test de traction ?

Le praticien saisit 50 à 60 cheveux près du cuir chevelu entre le pouce, l'index et le majeur, puis exerce une traction lente en laissant glisser les doigts le long de la tige — sans à-coup ni tirage brusque. L'opération est répétée sur le vertex, les deux régions pariétales et la région occipitale.

Le seuil a été révisé sur base expérimentale. Une étude portant sur 182 volontaires (181 analysés, dont 102 femmes, âge moyen 26,95 ans) a mesuré chez les sujets sains une moyenne de 0,44 cheveu extrait (écart-type 0,75, étendue 0 à 4). Les auteurs en ont déduit une nouvelle norme : 2 cheveux ou moins est normal, au-delà le test est considéré positif et signale une chute active.

Faut-il vraiment ne pas se laver les cheveux avant le test ?

Non — et c'est un changement récent qui invalide une consigne encore fréquemment donnée. La même étude a montré que « le lavage et le brossage peuvent désormais avoir lieu à n'importe quel moment avant le test de traction, au lieu de 4 à 5 jours » auparavant recommandés. Les valeurs mesurées étaient comparables sur cheveux caucasiens, asiatiques et afro.

Autrement dit : si l'on vous demande de venir avec des cheveux non lavés depuis cinq jours, la consigne suit une recommandation ancienne, sans conséquence grave mais sans fondement mesuré.

Qu'est-ce que la trichoscopie ?

C'est l'examen du cuir chevelu au dermatoscope, à un grossissement de 10 à 70 fois, qui rend visibles le diamètre des tiges, les ouvertures folliculaires et l'état de la surface. Elle est non invasive, immédiate, et accélère le diagnostic tout en réduisant le recours aux examens invasifs. Elle permet aussi de suivre l'évolution sous traitement, puisque les mêmes zones peuvent être réexaminées à distance.

Schéma trichoscopique comparant des diamètres de cheveux homogènes à l'occiput et une diversité de diamètre en zone frontale avec des points jaunes aux ouvertures folliculaires

Que voit-on en trichoscopie dans une alopécie androgénétique ?

Le signe central est la diversité de diamètre des cheveux — conséquence directe de la miniaturisation progressive des follicules. Une étude portant sur 131 femmes (59 avec alopécie androgénétique féminine, 33 avec effluvium télogène chronique, 39 témoins) a établi des critères standardisés.

Type de critèreCritère trichoscopique
MajeurPlus de quatre points jaunes sur quatre images de la zone frontale (grossissement 70×)
MajeurDiamètre moyen des cheveux inférieur en zone frontale par rapport à l'occiput
MajeurPlus de 10 % de cheveux de moins de 0,03 mm en zone frontale
MineurRapport frontal/occipital des unités à un seul cheveu supérieur à 2:1
MineurRapport frontal/occipital des cheveux vellus supérieur à 1,5:1
MineurRapport frontal/occipital de la décoloration périfolliculaire supérieur à 3:1

Deux critères majeurs, ou un majeur et deux mineurs, permettent le diagnostic avec une spécificité de 98 % — pour une sensibilité de 72 %. Ce couple de chiffres mérite d'être lu correctement : quand ces critères sont réunis, le diagnostic est très probablement juste ; leur absence, en revanche, n'exclut pas la maladie.

Comment distingue-t-on une alopécie androgénétique d'un effluvium télogène ?

Par la répartition de la perte et par l'aspect des racines, pas par la quantité de cheveux tombés. C'est la confusion la plus fréquente en consultation, et les deux affections peuvent coexister.

Élément observéAlopécie androgénétiqueEffluvium télogène
Signe trichoscopique dominantDiversité de diamètre, unités à un seul cheveu, vellus courts en excèsNombreux cheveux en repousse à côté des unités à un cheveu
RépartitionPrédominance frontale et au vertexDiffuse sur l'ensemble du cuir chevelu
Comparaison frontal / occiputÉcart marqué entre les deux zonesAtteinte plus homogène
Aspect des racines extraitesVariableBulbes en massue, non pigmentés, courts et rigides
ÉvolutionProgressive, sur des annéesSouvent déclenchée par un facteur identifiable, régressive

L'examen des racines des cheveux extraits au dermatoscope — la traction couplée à la trichoscopie — ajoute une information que ni l'un ni l'autre ne donne seul : une racine dystrophique en « pointe de crayon » oriente vers une pelade, une racine anagène vers un processus cicatriciel en cours.

Quels examens sanguins sont pertinents ?

Un bilan ciblé, pas un panel exhaustif. La référence clinique de synthèse sur l'alopécie androgénétique mentionne : bilan thyroïdien, numération formule sanguine, exploration d'une carence martiale (fer sérique, capacité totale de fixation, ferritine), dépistage syphilitique en cas de suspicion, et une évaluation brève des symptômes dépressifs.

Ces dosages ne servent pas à confirmer une alopécie androgénétique — celle-ci se diagnostique cliniquement. Ils servent à identifier ou écarter une cause associée qui, elle, se corrige.

Quand une biopsie du cuir chevelu est-elle indiquée ?

Rarement : « la biopsie n'est généralement pas nécessaire, sauf si le diagnostic reste incertain ». Elle prend son intérêt quand les méthodes non invasives ne tranchent pas, en particulier pour distinguer une alopécie cicatricielle d'une alopécie non cicatricielle — distinction qui change tout, y compris l'éligibilité à une greffe.

Dans l'effluvium télogène, la biopsie est décrite comme l'examen le plus utile pour confirmer le diagnostic, tout en étant rarement nécessaire lorsque l'anamnèse est caractéristique et que la traction ramène de nombreux cheveux télogènes.

Quelles alopécies contre-indiquent une greffe ?

Celles dont le processus destructeur est encore actif — et c'est précisément ce que les examens décrits plus haut servent à établir. La distinction décisive n'est pas la surface dégarnie mais la nature du processus : cicatriciel ou non, actif ou éteint.

SituationCe que le diagnostic doit trancherConséquence sur une greffe
Alopécie cicatricielle activeLe processus détruit-il encore des follicules ?Contre-indication absolue tant que la maladie est active
Alopécie cicatricielle éteinteDepuis combien de temps la maladie est-elle stable ?Envisageable après une stabilité typiquement de deux ans
Effluvium télogène en coursLa chute est-elle réactionnelle et régressive ?À traiter et à laisser évoluer avant toute décision
Pelade activeY a-t-il des signes trichoscopiques d'activité ?Relève d'un traitement médical, pas d'une chirurgie
Alopécie androgénétique évolutiveÀ quelle vitesse progresse-t-elle ?Opérable, mais la planification doit intégrer la progression

Cette dernière ligne mérite d'être soulignée, car elle concerne la majorité des candidats : une alopécie androgénétique ne se stabilise pas d'elle-même. Une greffe traite la surface dégarnie au jour de l'intervention, pas celle qui apparaîtra ensuite autour. C'est la raison pour laquelle le diagnostic doit inclure une estimation de l'évolutivité, et pas seulement une constatation de l'état présent.

Combien de temps faut-il pour obtenir un diagnostic ?

Les trois examens de consultation — interrogatoire, test de traction, trichoscopie — se font en une seule visite. S'y ajoutent le délai d'un bilan sanguin lorsqu'il est demandé, et, dans les cas où le diagnostic reste incertain, celui de l'analyse d'une biopsie.

Une part du diagnostic demande cependant du temps par nature : distinguer une chute réactionnelle d'une chute progressive suppose d'observer une évolution. C'est pourquoi une consultation de contrôle à quelques mois, avec des images trichoscopiques comparables prises aux mêmes endroits, apporte souvent davantage qu'un examen supplémentaire réalisé le même jour.

Quel médecin consulter ?

Un dermatologue : c'est la spécialité qui pratique la trichoscopie, interprète le test de traction et réalise une biopsie si nécessaire. Le terme « trichologue » ne correspond pas en France à un titre médical protégé ; il peut désigner un dermatologue spécialisé comme un praticien non médecin. La question utile n'est donc pas le titre affiché mais les actes réalisés : y a-t-il eu un examen dermatoscopique, un test de traction, une comparaison frontal/occiput ?

Un devis de greffe vaut-il diagnostic ?

Non. Un nombre de greffons établi à partir de photos envoyées par messagerie est une proposition commerciale, pas un examen. Aucun des quatre examens décrits ici n'est réalisable à distance : la traction suppose un contact, la trichoscopie un instrument sur le cuir chevelu, le bilan une prise de sang, la biopsie un prélèvement.

Cela ne disqualifie pas les évaluations préalables à distance, utiles pour orienter. Cela signifie qu'elles ne peuvent ni établir un diagnostic, ni écarter une contre-indication, ni conclure qu'une chute est stabilisée — trois conditions qui déterminent pourtant si une greffe est indiquée.

Sources et références

  1. 1
    Hair pull test: Evidence-based update and revision of guidelines — McDonald KA et al., J Am Acad Dermatol 2017Autorité

    Étude sur 182 volontaires (181 analysés, 102 femmes, âge moyen 26,95 ans) : moyenne de 0,44 cheveu extrait chez les sujets sains (écart-type 0,75, étendue 0-4), seuil de normalité révisé à 2 cheveux ou moins, et suppression du délai de 4 à 5 jours sans lavage ni brossage avant le test.

  2. 2
    Dermoscopy in Female Androgenic Alopecia: Method Standardization and Diagnostic Criteria — PMC2938574Autorité

    Étude sur 131 femmes (59 alopécies androgénétiques féminines, 33 effluviums télogènes chroniques, 39 témoins) : critères majeurs (plus de quatre points jaunes sur quatre images frontales à 70×, diamètre moyen frontal inférieur à l'occipital, plus de 10 % de cheveux sous 0,03 mm en frontal) et mineurs (rapports frontal/occipital des unités à un cheveu >2:1, des vellus >1,5:1, de la décoloration périfolliculaire >3:1) ; deux majeurs ou un majeur et deux mineurs donnent une spécificité de 98 % et une sensibilité de 72 %.

  3. 3
    Trichoscopy-assisted hair pull test: A helpful adjunct to trichoscopy for diagnosing and managing alopecias — PMC9292700Autorité

    Description de l'examen dermatoscopique des racines extraites : bulbes télogènes non pigmentés, courts, rigides et en massue ; racines dystrophiques « en pointe de crayon » dans la pelade ; racines anagènes évoquant un processus cicatriciel ; en alopécie androgénétique diversité de diamètre, unités à un seul cheveu et excès de vellus courts, contre de nombreux cheveux en repousse dans l'effluvium télogène.

  4. 4
    StatPearls — Androgenetic Alopecia (NCBI Bookshelf)Autorité

    Bilan recommandé : exploration thyroïdienne, numération formule sanguine, fer sérique, capacité totale de fixation et ferritine, dépistage syphilitique si suspicion, évaluation brève des symptômes dépressifs ; dermoscopie montrant cheveux miniaturisés et manchons péripilaires bruns ; biopsie généralement non nécessaire sauf diagnostic incertain ; diagnostics différentiels de la chute diffuse (pelade, effluvium anagène, effluvium télogène, syphilis, maladies systémiques).

  5. 5
    StatPearls — Hair Transplantation (NCBI Bookshelf)Autorité

    Les alopécies cicatricielles actives constituent une contre-indication absolue à la greffe, une stabilité de la maladie typiquement de deux ans étant requise avant d'envisager une intervention.

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Cette page (version Canada (Québec)) tient compte des spécificités locales : devise CAD, organisme de référence RAMQ (Régie de l'assurance maladie), fuseau America/Montreal. Les protocoles cliniques sont identiques à la version France de référence.

Questions fréquentes

Comment se déroule un test de traction ?
Le praticien saisit 50 à 60 cheveux près du cuir chevelu et exerce une traction lente en laissant glisser les doigts le long de la tige, sur le vertex, les deux régions pariétales et l'occiput. Une étude portant sur 181 volontaires a mesuré 0,44 cheveu extrait en moyenne chez les sujets sains et a fixé le seuil de normalité à 2 cheveux ou moins.
Faut-il éviter de se laver les cheveux avant une consultation ?
Ce n'est plus nécessaire pour le test de traction. L'étude ayant révisé les recommandations a montré que le lavage et le brossage peuvent avoir lieu à n'importe quel moment avant le test, alors qu'un délai de 4 à 5 jours était auparavant demandé. Les valeurs mesurées étaient comparables sur cheveux caucasiens, asiatiques et afro.
La trichoscopie est-elle fiable ?
Selon des critères standardisés établis sur 131 femmes, la réunion de deux critères majeurs, ou d'un majeur et deux mineurs, permet de diagnostiquer une alopécie androgénétique féminine avec une spécificité de 98 % et une sensibilité de 72 %. Concrètement : quand les critères sont réunis le diagnostic est très probable, mais leur absence n'exclut pas la maladie.
Quels dosages sanguins demander en cas de chute de cheveux ?
Une référence clinique de synthèse mentionne un bilan thyroïdien, une numération formule sanguine et l'exploration d'une carence en fer (fer sérique, capacité totale de fixation, ferritine), un dépistage syphilitique en cas de suspicion, et une évaluation brève des symptômes dépressifs. Ces examens cherchent une cause associée ; ils ne confirment pas une alopécie androgénétique, qui se diagnostique cliniquement.
Une biopsie du cuir chevelu est-elle douloureuse ou nécessaire ?
Elle est réalisée sous anesthésie locale et reste réservée aux situations où le diagnostic demeure incertain — la littérature indique qu'elle n'est généralement pas nécessaire. Son intérêt principal est de distinguer une alopécie cicatricielle d'une alopécie non cicatricielle, distinction qui conditionne l'éligibilité à une greffe.
Peut-on diagnostiquer une calvitie à partir de photos ?
Non. Une photo peut orienter, elle ne remplace aucun des examens documentés : le test de traction suppose un contact, la trichoscopie un dermatoscope appliqué sur le cuir chevelu, le bilan une prise de sang. Une estimation du nombre de greffons établie à distance est une proposition commerciale, pas un diagnostic.

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