Soins Oculaires

Peut-on dormir avec ses lentilles de contact ?

Le risque infectieux réel des lentilles, chiffré par type et par mode de port, ce que les matériaux dits plus sûrs ont vraiment changé, et les facteurs de risque documentés.

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Médicalement révisé par Kaan
Graphique comparant l'incidence annuelle de kératite microbienne selon le type de lentille de contact et le mode de port

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Kaan
Ophthalmology
Dernière révision : 27 août 2026

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Porter des lentilles est banal, sûr dans l'immense majorité des cas, et pourtant associé à un risque infectieux qui a été mesuré avec précision. Ce risque n'est pas une raison de renoncer aux lentilles — il est très faible en valeur absolue. Mais il varie d'un facteur vingt selon le type de lentille et, surtout, selon la façon dont on la porte. Cette page donne ces chiffres, y compris ceux qui contredisent les arguments de vente des matériaux récents.

Quel est le risque réel d'infection avec des lentilles ?

Entre 1,2 et 25,4 pour 10 000 porteurs par an selon le type et le mode de port — un écart de plus de vingt fois.

L'étude de référence est une surveillance prospective de population sur douze mois : tous les nouveaux cas de kératite microbienne liée aux lentilles survenus dans le pays sur la période ont été identifiés par le suivi de l'ensemble des praticiens ophtalmologiques, avec audit des dossiers des grands centres ; le dénominateur — le nombre de porteurs de chaque type de lentille dans la population — a été établi par une enquête téléphonique nationale auprès de 35 914 personnes. Au total, 285 cas et 1 798 témoins.

Type de lentille et mode de portIncidence annualisée pour 10 000 porteurs (IC 95 %)
Rigide perméable aux gaz, port journalier1,2 (1,1-1,5)
Souple, port journalier1,9 (1,8-2,0)
Journalière jetable2,0 (1,7-2,4)
Souple avec port nocturne occasionnel2,2 (2,0-2,5)
Journalière jetable avec port nocturne occasionnel4,2 (3,1-6,6)
Hydrogel de silicone avec port nocturne occasionnel5,5 (4,5-7,2)
Hydrogel de silicone, port journalier11,9 (10,0-14,6)
Souple, port nocturne19,5 (14,6-29,5)
Hydrogel de silicone, port nocturne25,4 (21,2-31,5)
Perte de vision, tous porteurs confondus0,6 pour 10 000

Deux lectures s'imposent. En valeur absolue, le risque reste faible : la très grande majorité des porteurs ne développera jamais de kératite. Mais l'écart entre la ligne du haut et celle du bas est d'un facteur vingt et un, et il ne dépend pas de la chance — il dépend de choix.

Schéma des quatre facteurs de risque de kératite liée aux lentilles identifiés dans l'étude de surveillance de population

Peut-on dormir avec ses lentilles ?

Non — c'est la conclusion explicite de l'étude : le port nocturne de n'importe quelle lentille est associé à un risque supérieur au port journalier.

La formulation des auteurs ne laisse pas de place à l'interprétation : « le port nocturne de toute lentille de contact est associé à un risque plus élevé que le port journalier ». Les chiffres le montrent quel que soit le matériau :

  • Lentille souple : de 1,9 à 19,5 pour 10 000 en passant du port journalier au port nocturne ;
  • Journalière jetable : de 2,0 à 4,2 avec un port nocturne même occasionnel ;
  • Hydrogel de silicone : 25,4 en port nocturne, l'incidence la plus élevée de toute la série.

Un point mérite d'être souligné pour les porteurs qui « s'endorment parfois avec » : le port nocturne occasionnel figure comme catégorie distincte dans l'étude, et il augmente déjà le risque — de 1,9 à 2,2 pour les souples, de 2,0 à 4,2 pour les journalières jetables. Ce n'est donc pas une question de tout ou rien.

Les lentilles en silicone hydrogel sont-elles plus sûres ?

Non, et c'est le résultat le plus contre-intuitif de l'étude — elles présentent la plus forte incidence en port journalier.

L'argument de vente de ce matériau est sa perméabilité à l'oxygène, censée réduire les complications liées à l'hypoxie cornéenne. Les données de population racontent autre chose : en port journalier, l'incidence est de 11,9 pour 10 000 (IC 95 % 10,0-14,6), soit environ six fois celle d'une lentille souple classique portée de la même façon (1,9).

Les auteurs en tirent une conclusion générale, formulée en une phrase : « les nouveaux types de lentilles n'ont pas réduit l'incidence de la maladie ».

Ce que l'argument commercial prometCe que l'étude de population mesure
Plus d'oxygène, donc moins de complicationsIncidence en port journalier de 11,9 contre 1,9 pour une souple classique
Matériau conçu pour le port prolongé25,4 en port nocturne — le chiffre le plus élevé de la série
Progrès technologique = sécurité accrue« Les nouveaux types de lentilles n'ont pas réduit l'incidence de la maladie »

Une réserve d'interprétation honnête : ces incidences sont observationnelles, et une partie de l'écart peut refléter qui porte quoi — les hydrogels de silicone ayant pu être prescrits préférentiellement à des porteurs à usage intensif. L'étude ne permet pas de démêler complètement matériau et comportement. Ce qu'elle établit en revanche, c'est que le matériau seul n'a pas fait baisser le risque au niveau de la population.

Quels sont les autres facteurs de risque identifiés ?

Le port nocturne, l'hygiène de l'étui, le tabagisme — et l'achat des lentilles sur Internet.

Cette dernière mention figure explicitement dans la liste des facteurs de risque retrouvés par l'étude de surveillance, et elle n'apparaît quasiment jamais dans l'information donnée aux porteurs.

FacteurCe qu'il implique en pratique
Port nocturneLe facteur le mieux établi ; augmente le risque quel que soit le matériau
Mauvaise hygiène de l'étuiL'étui, et non la lentille seule, est un réservoir — il fait partie de l'entretien
TabagismeFacteur identifié dans la même analyse
Achat sur InternetFacteur de risque retrouvé ; à mettre en regard de l'absence d'examen et de suivi qui l'accompagne souvent

Des travaux plus récents complètent ce tableau par le germe en cause : dans une série de patients hospitalisés pour kératite sévère liée aux lentilles, Pseudomonas aeruginosa était le plus fréquemment retrouvé. C'est une bactérie environnementale, associée à l'eau — d'où la prudence habituelle vis-à-vis de tout contact entre lentilles et eau du robinet, piscine ou douche.

Les journalières jetables suppriment-elles le risque ?

Elles le réduisent nettement pour les formes graves, mais elles ne l'annulent pas.

Deux séries convergent. Dans l'étude de population, l'incidence des journalières jetables en port journalier est de 2,0 pour 10 000 (1,7-2,4) — comparable aux souples classiques et bien inférieure aux hydrogels de silicone.

Une série plus récente, portant sur les kératites sévères ayant nécessité une hospitalisation — 41 patients et 42 yeux sur trois ans — donne un ordre de grandeur différent mais un rapport comparable : 2,52 pour 10 000 porteurs de plus de 15 ans par an pour les lentilles à port prolongé utilisées la nuit, contre 0,52 pour 10 000 pour les journalières jetables.

Autrement dit, la journalière jetable supprime l'étui et la solution d'entretien — donc une partie des facteurs de risque — mais elle reste une lentille posée sur une cornée. Et elle perd cet avantage dès qu'elle est portée la nuit : l'incidence passe alors de 2,0 à 4,2 pour 10 000.

Quels signes doivent faire retirer les lentilles immédiatement ?

Une rougeur douloureuse avec baisse de vision — l'association des trois impose un avis en urgence.

Le risque à connaître n'est pas l'inconfort banal mais la kératite infectieuse, dont les formes sévères conduisent à l'hospitalisation et dont l'issue peut inclure une perte de vision — 0,6 pour 10 000 porteurs dans l'étude de population.

  • Douleur qui persiste après le retrait de la lentille ;
  • Rougeur marquée, souvent asymétrique ;
  • Baisse de la vision ou vision trouble qui ne s'améliore pas ;
  • Photophobie, larmoiement, sensation de corps étranger persistante ;
  • Tache blanchâtre visible sur la cornée.

La conduite est simple et ne se discute pas : retirer la lentille, ne pas la remettre, consulter. Remettre une lentille sur une cornée déjà atteinte aggrave la situation, et retarder l'examen laisse à l'infection le temps d'avancer.

Le risque est-il le même à tout âge ?

Non, et les facteurs sociodémographiques comptent — mais leur poids reste inférieur à celui du mode de port.

Une étude cas-témoins conduite dans un centre national de référence, portant sur 58 cas de kératite liée aux lentilles et 152 témoins recrutés dans la communauté, retrouve après ajustement :

  • Un risque environ trois fois plus élevé entre 25 et 44 ans par rapport aux porteurs plus jeunes (IC 95 % 1,1-9,6 ; p = 0,04) ;
  • Des différences selon l'origine ethnique, avec un risque sept fois moindre dans un groupe par rapport aux autres (2,3-21,3 ; p = 0,001) ;
  • Le port nocturne occasionnel figurant parmi les variables analysées.

Ces résultats, issus d'un effectif modeste et d'une population donnée, ne se transposent pas mécaniquement. Ils rappellent surtout que les facteurs individuels modulent un risque dont le déterminant principal reste comportemental.

Ce risque justifie-t-il de se faire opérer ?

C'est le seul argument médical sérieux en faveur de la chirurgie réfractive — mais il ne suffit pas à lui seul à poser une indication.

Nous avons intérêt à ce que vous répondiez oui, ce qui rend l'honnêteté ici d'autant plus nécessaire. Les faits, mis côte à côte :

ÉlémentCe que les données disent
Risque infectieux annuel des lentilles1,2 à 25,4 pour 10 000 porteurs selon type et port ; perte de vision 0,6 pour 10 000
Ce risque est-il évitable sans opérer ?En grande partie oui : ne pas dormir avec, entretenir l'étui, ne pas fumer
La chirurgie supprime-t-elle tout risque ?Non — elle a ses propres complications, et elle ne modifie pas le risque rétinien du myope
La chirurgie est-elle définitive ?La régression existe : la survie sans régression est de 42,10 % à 18 mois après FS-LASIK et 43,83 % après SMILE
Que devient le suivi ophtalmologique ?Il reste nécessaire, et la mesure de la pression intraoculaire devient faussement basse — 3,23 mmHg de moins en aplanation de Goldmann après LASIK

La conclusion raisonnable n'est donc pas « opérez-vous pour ne plus risquer d'infection ». C'est plutôt : le risque des lentilles est réel, faible, et largement modulable par le comportement ; une chirurgie se décide sur d'autres critères, avec ses propres limites documentées.

L'orthokératologie pose-t-elle le même problème ?

C'est le seul cas où le port nocturne est délibéré, et il dispose de sa propre littérature.

L'orthokératologie consiste à porter la nuit des lentilles rigides qui remodèlent temporairement la cornée, dans le but de corriger la vision le jour et, chez l'enfant, de freiner la progression de la myopie. Le port nocturne y est donc le principe même, pas un écart.

Cette situation a fait l'objet d'un travail dédié : une étude rétrospective multicentrique conduite dans quatre hôpitaux, portant sur 1 438 patients ayant porté ces lentilles au moins trois mois, avec calcul de l'incidence de kératite microbienne rapportée au nombre total d'années-personnes de port.

Deux précisions pour éviter le raccourci. Cette pratique ne se compare pas directement au port nocturne accidentel d'une lentille souple correctrice : le matériau, l'adaptation, le suivi et l'objectif diffèrent. Et son indication principale — le freinage de la myopie chez l'enfant — met en balance un risque infectieux avec un bénéfice sur la longueur axiale, c'est-à-dire sur le seul paramètre que rien ne corrige à l'âge adulte.

L'étui à lentilles compte-t-il vraiment ?

Oui — sa mauvaise hygiène figure parmi les facteurs de risque identifiés, au même rang que le port nocturne et le tabagisme.

Le point contre-intuitif est que l'attention se porte spontanément sur la lentille, alors que le réservoir est le contenant. Cela s'articule avec le germe le plus souvent retrouvé dans les formes sévères, Pseudomonas aeruginosa, une bactérie environnementale associée à l'eau.

ÉlémentCe que les données permettent d'en dire
Hygiène de l'étuiFacteur de risque explicitement identifié dans la surveillance de population
Contact avec l'eauCohérent avec la nature environnementale du germe le plus fréquent dans les formes hospitalisées
Journalières jetablesSuppriment étui et solution — donc une partie des facteurs — d'où une incidence plus basse en formes sévères : 0,52 contre 2,52 pour 10 000
Protocole d'entretien précisRelève du prescripteur et du fabricant de la solution utilisée ; aucune règle générale n'est proposée ici

Que sait-on du risque quand la lentille est jetable mais mal utilisée ?

La question a été étudiée spécifiquement, parce que les journalières jetables sont réputées les plus sûres.

Une étude cas-témoins prospective multisite a réuni les porteurs de journalières jetables consultant pour une kératite microbienne dans un centre de référence, complétés par ceux rapportés dans une surveillance nationale d'un an, en les comparant à des témoins porteurs identifiés par enquête téléphonique de population. Chaque participant renseignait son historique de port, ses habitudes d'hygiène et ses données démographiques ; l'échantillon était pondéré selon la population porteuse de chaque site, et les résultats des grattages cornéens consultés.

Le simple fait qu'une telle étude ait été jugée nécessaire dit l'essentiel : le format « jetable quotidien » ne met pas à l'abri, et son avantage tient à la suppression de facteurs — étui, solution, réutilisation — qui disparaît dès que le produit est détourné de son usage. C'est cohérent avec le chiffre de population : l'incidence des journalières jetables passe de 2,0 à 4,2 pour 10 000 dès qu'un port nocturne, même occasionnel, s'y ajoute.

Combien de temps faut-il arrêter les lentilles avant une consultation ?

Cela dépend de ce que l'on cherche à mesurer, et c'est le praticien qui fixe le délai — mais l'exigence est réelle.

Les lentilles modifient temporairement la forme de la cornée, ce qui perturbe les mesures sur lesquelles reposent à la fois l'adaptation d'une correction et l'évaluation préopératoire d'une chirurgie réfractive. Ce principe est le même que celui qui rend la mesure de la pression intraoculaire durablement faussée après une chirurgie cornéenne : une cornée modifiée donne des chiffres modifiés.

Ce que l'on peut dire honnêtement : aucune des sources mobilisées ici ne fixe de délai d'arrêt, et il serait fabriqué d'en énoncer un. En revanche, deux situations imposent d'aborder le sujet avec le praticien avant la consultation — un bilan préopératoire de chirurgie réfractive, et toute mesure destinée à comparer des examens successifs dans le temps.

Ce qu'il faut retenir

Le risque infectieux des lentilles est faible en valeur absolue mais varie d'un facteur vingt selon le mode de port : de 1,2 pour 10 000 porteurs par an pour une lentille rigide en port journalier à 25,4 pour un hydrogel de silicone porté la nuit. Le port nocturne est le facteur le mieux établi, et il augmente le risque quel que soit le matériau — y compris de façon occasionnelle. Deux constats prennent le discours commercial à revers : les hydrogels de silicone, vendus comme plus respirants, affichent la plus forte incidence en port journalier (11,9 contre 1,9 pour une souple classique), et les auteurs concluent que les nouveaux types de lentilles n'ont pas réduit l'incidence de la maladie. L'achat sur Internet figure par ailleurs parmi les facteurs de risque identifiés. Enfin, une rougeur douloureuse avec baisse de vision impose de retirer la lentille et de consulter : la perte de vision concerne 0,6 porteur pour 10 000.

Sources et références

  1. 1
    Stapleton F, Keay L, Edwards K, Naduvilath T, Dart JK, Brian G, Holden BA — The incidence of contact lens-related microbial keratitis in Australia. Ophthalmology. 2008;115(10):1655-1662Autorité

    Étude prospective de surveillance de population sur 12 mois : tous les nouveaux cas de kératite microbienne liée aux lentilles de contact survenus sur la période ont été identifiés par surveillance de l'ensemble des praticiens ophtalmologiques, avec audit des dossiers des grands centres ; dénominateur — nombre de porteurs de chaque type de lentille dans la communauté — établi par enquête téléphonique nationale auprès de 35 914 personnes. 285 cas éligibles et 1 798 témoins ; cas et témoins interrogés par téléphone sur les données démographiques et l'historique de port ; devenir visuel déterminé six mois après l'événement initial. Incidences annualisées pour 10 000 porteurs : lentilles rigides perméables aux gaz en port journalier 1,2 (IC 95 % 1,1-1,5) ; lentilles souples en port journalier 1,9 (1,8-2,0) ; lentilles souples avec port nocturne occasionnel 2,2 (2,0-2,5) ; journalières jetables 2,0 (1,7-2,4) ; journalières jetables avec port nocturne occasionnel 4,2 (3,1-6,6) ; hydrogel de silicone en port journalier 11,9 (10,0-14,6) ; hydrogel de silicone avec port nocturne occasionnel 5,5 (4,5-7,2) ; lentilles souples en port nocturne 19,5 (14,6-29,5) ; hydrogel de silicone en port nocturne 25,4 (21,2-31,5). Perte de vision chez 0,6 porteur pour 10 000. Facteurs de risque identifiés : port nocturne, mauvaise hygiène de l'étui de rangement, tabagisme, achat des lentilles sur Internet. Conclusions des auteurs : les estimations d'incidence pour les lentilles souples sont similaires à celles précédemment rapportées ; les nouveaux types de lentilles n'ont pas réduit l'incidence de la maladie ; le port nocturne de toute lentille de contact est associé à un risque plus élevé que le port journalier.

  2. 2
    Série hospitalière — Incidence, risk factors, and patient characteristics in severe contact lens-related microbial keratitis. Acta Ophthalmol. 2025Autorité

    Étude portant sur les kératites liées aux lentilles de contact définies comme sévères, c'est-à-dire ayant nécessité une hospitalisation. Tous les patients hospitalisés dans le service entre le 1er janvier 2018 et le 31 décembre 2020 ont été interrogés par questionnaire sur leur usage des lentilles et leur connaissance des complications, les informations cliniques étant recueillies dans les dossiers médicaux. Au total, 41 patients (42 yeux) hospitalisés sur trois ans. Incidence annuelle : 2,52 pour 10 000 porteurs de plus de 15 ans pour les lentilles à port prolongé utilisées la nuit, et 0,52 pour 10 000 pour les porteurs de journalières jetables. Pseudomonas aeruginosa était le germe le plus fréquemment retrouvé.

  3. 3
    Lim CH, Carnt NA, Farook M, Lam J, Tan DT, Mehta JS, Stapleton F — Risk factors for contact lens-related microbial keratitis in Singapore. Eye (Lond). 2016;30(3):447-455Autorité

    Étude cas-témoins : cas constitués des porteurs de lentilles se présentant avec une kératite microbienne dans un centre national de référence entre 2008 et 2010 ; témoins recrutés parmi les porteurs de la communauté ; tous ont complété un questionnaire validé sur l'historique de port, l'hygiène, l'observance et les données démographiques. Cinquante-huit cas et 152 témoins contemporains identifiés. Après contrôle des autres variables : risque environ sept fois moindre dans un groupe ethnique par rapport aux autres (IC 95 % 2,3-21,3 ; p = 0,001) ; risque environ trois fois plus élevé chez les porteurs âgés de 25 à 44 ans par rapport aux plus jeunes (1,1-9,6 ; p = 0,04) ; le port nocturne occasionnel figure parmi les variables analysées.

  4. 4
    Stapleton F, Naduvilath T, Keay L, Radford C, Dart J, Edwards K, Carnt N, Minassian D, Holden B — Risk factors and causative organisms in microbial keratitis in daily disposable contact lens wear. PLoS One. 2017;12(8):e0181343Autorité

    Étude cas-témoins prospective multisite : cas constitués des porteurs de journalières jetables consultant à Moorfields Eye Hospital pour une kératite microbienne, complétés par ceux rapportés dans une étude de surveillance d'un an en Australie et en Nouvelle-Zélande ; témoins identifiés par enquête téléphonique de population parmi les porteurs de journalières jetables. Questionnaire décrivant l'historique de port, l'hygiène et les données démographiques ; échantillon pondéré en fonction de la population porteuse de chaque site ; résultats des grattages cornéens consultés. Facteurs de risque indépendants déterminés par régression logistique binaire multiple ; germes en cause comparés entre modalités de port par test du chi-deux.

  5. 5
    Lin MY, Tan HY, Chang CK — Myopic Regression After FS-LASIK and SMILE. Cornea. 2024;43(12):1560-1566Autorité

    416 yeux opérés par FS-LASIK et 416 par SMILE, appariés par score de propension sur l'âge et l'équivalent sphérique préopératoire. Survie cumulée sans régression myopique : 54,74 % à 12 mois et 42,10 % à 18 mois après FS-LASIK ; 58,66 % et 43,83 % après SMILE ; log-rank p = 0,11. Le procédé chirurgical choisi n'a pas d'effet significatif sur la survenue d'une régression (p = 0,470) ; les prédicteurs significatifs sont l'équivalent sphérique manifeste préopératoire (p = 0,021) et la zone optique programmée (p = 0,048). Élément de comparaison lorsqu'on met en balance le risque des lentilles et celui de la chirurgie.

  6. 6
    Lampsas S, Karmiris E, Kymionis GD, Chatziralli I — Underestimation of Intraocular Pressure (IOP) After LASIK and PRK: Systematic Review and Meta-Analysis. J Clin Med. 2026;15(12):4426Autorité

    Revue systématique et méta-analyse de 54 études sur 1 796 identifiées, totalisant 4 730 yeux. Après LASIK, sous-estimation statistiquement significative de la pression intraoculaire avec toutes les méthodes, la plus marquée en aplanation de Goldmann : différence moyenne 3,23 mmHg (IC 95 % 2,77-3,69) ; après PRK, 2,04 mmHg (1,24-2,84). Les auteurs soulignent l'importance de sélectionner une méthode de tonométrie appropriée pour un suivi précis, en particulier chez les patients à risque de glaucome. Contrepoint utile : la chirurgie réfractive n'annule pas le besoin de suivi ophtalmologique, elle le complique.

  7. 7
    Haarman AEG, Enthoven CA, Tideman JWL, Tedja MS, Verhoeven VJM, Klaver CCW — The Complications of Myopia: A Review and Meta-Analysis. Invest Ophthalmol Vis Sci. 2020;61(4):49Autorité

    Revue systématique et méta-analyses par degré de myopie. Décollement de rétine : odds ratio 3,15 (IC 95 % 1,92-5,17) en myopie faible, 8,74 (7,28-10,50) en myopie modérée, 12,62 (6,65-23,94) en myopie forte. Dégénérescence maculaire myopique : 13,57, 72,74 et 845,08 respectivement. Glaucome à angle ouvert : 1,59 (1,33-1,91) et 2,92 (1,89-4,52). Ces risques dépendent de la longueur axiale de l'œil et ne sont modifiés ni par le port de lentilles ni par la chirurgie réfractive.

  8. 8
    Étude multicentrique — Incidence of microbial keratitis associated with overnight orthokeratology: a multicenter collaborative study. Jpn J Ophthalmol. 2025Autorité

    Étude rétrospective multicentrique conduite dans quatre hôpitaux, portant sur 1 438 patients à qui des lentilles d'orthokératologie avaient été prescrites et qui les avaient portées au moins trois mois. Données extraites des dossiers médicaux : démographie, caractéristiques des lentilles, systèmes d'entretien, survenue d'une kératite microbienne. Durée de port calculée depuis l'adaptation initiale jusqu'à la dernière visite, en années-personnes de port ; incidence calculée en divisant le nombre de cas infectés par le total des années-personnes de port. Concerne spécifiquement le port nocturne de lentilles rigides à visée de freination myopique, situation distincte du port diurne de lentilles correctrices.

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Cette page (version Canada (Québec)) tient compte des spécificités locales : devise CAD, organisme de référence RAMQ (Régie de l'assurance maladie), fuseau America/Montreal. Les protocoles cliniques sont identiques à la version France de référence.

Questions fréquentes

Peut-on dormir avec ses lentilles de contact ?
Non. La conclusion de l'étude de surveillance de population est explicite : le port nocturne de toute lentille de contact est associé à un risque plus élevé que le port journalier. Les chiffres le montrent quel que soit le matériau — l'incidence annualisée de kératite microbienne passe de 1,9 pour 10 000 porteurs (port journalier) à 19,5 (port nocturne) pour une lentille souple, et atteint 25,4 pour un hydrogel de silicone porté la nuit. Même occasionnel, le port nocturne augmente déjà le risque.
Quel est le risque réel d'infection avec des lentilles ?
Il varie d'un facteur vingt selon le type et le mode de port. Dans une surveillance prospective nationale sur douze mois, avec 285 cas identifiés, 1 798 témoins et un dénominateur établi par enquête auprès de 35 914 personnes, l'incidence annualisée pour 10 000 porteurs est de 1,2 (IC 95 % 1,1-1,5) pour les rigides en port journalier, 1,9 (1,8-2,0) pour les souples, 2,0 (1,7-2,4) pour les journalières jetables, 11,9 (10,0-14,6) pour les hydrogels de silicone en port journalier, et 25,4 (21,2-31,5) pour ces derniers portés la nuit. La perte de vision concerne 0,6 porteur pour 10 000.
Les lentilles en silicone hydrogel sont-elles plus sûres ?
Les données de population disent le contraire. En port journalier, leur incidence de kératite microbienne est de 11,9 pour 10 000 porteurs (IC 95 % 10,0-14,6), soit environ six fois celle d'une lentille souple classique portée de la même façon (1,9). Les auteurs concluent en une phrase : « les nouveaux types de lentilles n'ont pas réduit l'incidence de la maladie ». Une réserve d'interprétation s'impose toutefois : ces données sont observationnelles et une partie de l'écart peut refléter le profil des porteurs auxquels ce matériau est prescrit.
Les lentilles journalières jetables sont-elles sans risque ?
Elles réduisent le risque sans l'annuler. Leur incidence en port journalier est de 2,0 pour 10 000 porteurs (IC 95 % 1,7-2,4), comparable aux souples classiques. Une série portant sur les kératites sévères ayant conduit à une hospitalisation — 41 patients, 42 yeux sur trois ans — retrouve 0,52 pour 10 000 porteurs par an pour les journalières jetables contre 2,52 pour les lentilles à port prolongé utilisées la nuit. Mais l'avantage disparaît dès qu'on dort avec : l'incidence passe alors de 2,0 à 4,2 pour 10 000.
Acheter ses lentilles sur Internet est-il risqué ?
L'achat de lentilles sur Internet figure explicitement parmi les facteurs de risque de kératite microbienne identifiés par l'étude de surveillance de population, aux côtés du port nocturne, d'une mauvaise hygiène de l'étui et du tabagisme. Cette mention n'apparaît quasiment jamais dans l'information donnée aux porteurs. Elle est à mettre en regard de ce que l'achat en ligne accompagne souvent : absence d'examen initial et de suivi régulier.
Quels signes doivent faire retirer les lentilles en urgence ?
L'association d'une douleur persistant après le retrait de la lentille, d'une rougeur marquée souvent asymétrique et d'une baisse de vision. S'y ajoutent une photophobie, un larmoiement, une sensation de corps étranger persistante ou une tache blanchâtre visible sur la cornée. La conduite ne se discute pas : retirer la lentille, ne pas la remettre, consulter. Remettre une lentille sur une cornée atteinte aggrave la situation, et le retard laisse à l'infection le temps d'avancer.
Quel germe est le plus souvent en cause ?
Dans une série de patients hospitalisés pour kératite sévère liée aux lentilles, Pseudomonas aeruginosa était le germe le plus fréquemment retrouvé. C'est une bactérie environnementale associée à l'eau, ce qui explique la prudence habituelle vis-à-vis de tout contact entre les lentilles et l'eau du robinet, la piscine ou la douche. L'étui de rangement, dont la mauvaise hygiène figure parmi les facteurs de risque identifiés, constitue un réservoir à part entière.
Le risque est-il le même à tout âge ?
Non, mais les facteurs individuels pèsent moins que le mode de port. Une étude cas-témoins portant sur 58 cas et 152 témoins retrouve, après ajustement, un risque environ trois fois plus élevé entre 25 et 44 ans par rapport aux porteurs plus jeunes (IC 95 % 1,1-9,6 ; p = 0,04), ainsi que des différences selon l'origine ethnique, avec un risque sept fois moindre dans un groupe (2,3-21,3 ; p = 0,001). Ces résultats, issus d'un effectif modeste et d'une population donnée, ne se transposent pas mécaniquement.
Faut-il se faire opérer pour éviter ce risque ?
Ce risque est le seul argument médical sérieux en faveur de la chirurgie réfractive, mais il ne suffit pas à poser une indication. Il est faible en valeur absolue — la perte de vision concerne 0,6 porteur pour 10 000 — et il est largement modulable par le comportement : ne pas dormir avec ses lentilles, entretenir l'étui, ne pas fumer. La chirurgie, de son côté, a ses propres complications, ne modifie pas le risque rétinien du myope, n'est pas parfaitement stable dans le temps et rend la mesure de la pression intraoculaire faussement basse.
Combien de temps peut-on porter ses lentilles chaque jour ?
Les données citées ici ne quantifient pas une durée quotidienne optimale : elles distinguent le port journalier du port nocturne, et c'est cette distinction qui structure tout le risque mesuré. Ce qui est établi, c'est que passer du port journalier au port nocturne multiplie l'incidence par environ dix pour une lentille souple, et que le port nocturne même occasionnel constitue une catégorie de risque distincte. La durée quotidienne adaptée à votre cornée relève de votre prescripteur, pas d'une règle générale.

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