Soins Oculaires

Peut-on se faire réopérer des yeux au laser ?

Ce qu'est réellement la régression myopique, à quelle fréquence elle survient, ce que donne une reprise et ce qu'elle coûte en sécheresse et en repousse épithéliale.

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Médicalement révisé par Kaan
Infographie montrant la survie sans régression myopique après FS-LASIK et SMILE jusqu'à dix-huit mois

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Kaan
Ophthalmology
Dernière révision : 27 août 2026

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La chirurgie réfractive est vendue comme définitive. Elle l'est au sens où le tissu retiré ne revient pas — mais l'œil, lui, continue de vivre. Une partie des patients voit sa myopie réapparaître, partiellement, dans les mois ou les années qui suivent. La question devient alors : peut-on recommencer, et à quel prix ? Cette page rassemble ce qui est mesuré sur la fréquence de la régression, sur les résultats d'une reprise, et sur ce qu'une seconde intervention ajoute comme risque par rapport à la première.

Qu'est-ce que la régression myopique, exactement ?

C'est le retour partiel de la myopie après une correction initialement réussie — pas un échec de l'opération, mais une dérive du résultat.

Il faut distinguer trois situations que les patients confondent souvent, et qui n'appellent pas la même réponse :

SituationCe qui se passeQuand cela apparaîtCe qui peut être proposé
Sous-correctionLe résultat visé n'a pas été atteint d'embléeDès les premières semainesRetouche après stabilisation
RégressionLe résultat obtenu dérive vers la myopieProgressive, sur des mois ou des annéesReprise laser ou implant, selon l'épaisseur cornéenne restante
Évolution naturelle de la myopieL'œil continue de s'allonger indépendamment de la chirurgieSurtout chez le sujet jeune ou fortement myopeAucune chirurgie ne fige l'évolution biologique
PresbytieLa vision de près baisse avec l'âgeÀ partir de la quarantaineRien à voir avec la régression : autre mécanisme, autre prise en charge

Cette dernière ligne mérite d'être insistée : beaucoup de patients opérés à 30 ans consultent à 47 ans en pensant que « le laser n'a pas tenu ». La presbytie n'est pas une régression ; c'est le cristallin qui perd sa souplesse, et cela serait arrivé de toute façon.

Quelle est la fréquence réelle de la régression ?

Beaucoup plus élevée qu'on ne le dit : plus d'un œil sur deux présente une régression à 18 mois dans l'étude la plus large disponible.

Ce travail a comparé 416 yeux opérés par FS-LASIK et 416 par SMILE, appariés par score de propension sur l'âge et l'équivalent sphérique préopératoire, avec analyse par modèle de Cox. En prenant l'équivalent sphérique à un mois comme référence :

DélaiRégression moyenne FS-LASIKRégression moyenne SMILE
3 mois−0,17 ± 0,69 D−0,07 ± 0,75 D
6 mois−0,24 ± 0,65 D−0,18 ± 0,77 D
12 mois−0,32 ± 0,63 D−0,21 ± 0,77 D
18 mois−0,33 ± 0,62 D−0,24 ± 0,68 D

Exprimé en survie sans régression, le résultat frappe davantage :

TechniqueSurvie sans régression à 12 moisSurvie sans régression à 18 mois
FS-LASIK54,74 %42,10 %
SMILE58,66 %43,83 %

Test du log-rank : p = 0,11, soit aucune différence significative entre les deux techniques. Et le modèle de Cox est explicite : le procédé chirurgical choisi n'a pas d'effet significatif sur la survenue d'une régression (p = 0,470). Ce qui prédit, ce sont deux paramètres propres au patient et au réglage : l'équivalent sphérique préopératoire (p = 0,021) et la zone optique programmée (p = 0,048).

Deux précisions pour éviter le contresens. Une régression moyenne de −0,33 D est faible en valeur absolue : beaucoup de patients concernés ne perçoivent aucune gêne. Et le seuil retenu par les auteurs pour parler de « régression » n'équivaut pas à un besoin de réopération. Ce que ces chiffres disent, c'est que la stabilité parfaite n'est pas la règle, pas que la moitié des opérés doit repasser au bloc.

Graphique comparant le risque de repousse épithéliale après chirurgie primaire et après reprise selon le délai écoulé

Une reprise donne-t-elle de bons résultats ?

Oui, avec des indices d'efficacité et de sécurité proches ou supérieurs à 1 et un taux de complications de 7,9 %.

Une étude rétrospective a analysé 158 yeux repris pour régression myopique après un LASIK ou une PRK initiale : 136 par LASIK, 12 par PRK et 10 par implant phaque (ICL).

Technique de repriseAcuité sans correction (logMAR)Équivalent sphérique
LASIK (136 yeux)0,37 → 0,04−1,28 D → −0,12 D
ICL (10 yeux)0,68 → 0,03−2,72 D → +0,03 D
PRK (12 yeux)0,63 → 0,06Gain significatif rapporté

Les indices d'efficacité et de sécurité étaient proches ou supérieurs à 1 dans tous les groupes, les résultats restant stables sur 6 à 12 mois, avec 7,9 % de complications. Un point notable pour la compréhension du phénomène : la régression était multifactorielle et non prédite par les caractéristiques initiales ; en revanche, un intervalle plus long depuis la chirurgie primaire était significativement associé à une régression plus importante.

Que risque-t-on à soulever le capot du LASIK ?

Une repousse épithéliale — beaucoup plus fréquente qu'après une chirurgie primaire, mais le plus souvent sans conséquence.

C'est le chiffre le plus surprenant de cette page. Une série rétrospective portant sur 103 yeux repris par soulèvement du capot après un LASIK femtoseconde, avec suivi à 1 semaine, 1 mois, 3 mois, 6 mois et 1 an, retrouve une repousse épithéliale chez 41 % des patients à un moment ou un autre du suivi.

Ce taux doit être mis en regard de la référence en chirurgie primaire, où l'incidence rapportée est de l'ordre de 1 à 2 % avec découpe au microkératome, et nettement plus faible avec le femtoseconde. Soulever un capot existant est donc une situation d'un tout autre ordre.

ConstatDonnée
Fréquence de la repousse épithéliale après relevé de capot41 % des patients (103 yeux)
Moment de survenue le plus fréquentÀ un mois
Nécessité d'un traitement4 cas seulement
Reprise réalisée dans l'année suivant la chirurgie initialeRisque trois fois moindre (OR 0,31 ; p = 0,023)
Reprise réalisée au-delà de trois ansRisque 5 à 6 fois plus élevé

Conclusion des auteurs : le soulèvement du capot reste une option sûre pour une reprise réfractive, même plusieurs années après la chirurgie initiale, avec d'excellents résultats visuels à long terme. Mais l'effet du délai est mesuré, et il va dans un sens qui n'est jamais mentionné dans les brochures : plus on attend, plus l'adhérence du capot rend le geste délicat.

La sécheresse oculaire est-elle pire après une reprise ?

Oui, et la gêne ressentie persiste plus longtemps que les signes objectifs.

Une série prospective a comparé 19 patients repris par FS-LASIK sous le même capot pour réfraction résiduelle à 19 patients appariés en âge et en sexe opérés pour la première fois, avec mesures à 1 semaine, 1, 3 et 6 mois. Les corrections moyennes étaient comparables (2,18 ± 0,78 D contre 2,76 ± 1,20 D ; p = 0,07).

ParamètreRepriseChirurgie primairep
Sensibilité cornéenne à 1 semaine6,10 ± 12,55 mm9,90 ± 11,50 mm0,001
Sensibilité cornéenne à 1 mois41,95 ± 6,98 mm45,09 ± 5,88 mm0,004
Sensibilité cornéenne à 3 mois56,09 ± 3,37 mm56,19 ± 2,52 mm0,8
Sensibilité cornéenne à 6 mois58,60 ± 2,01 mm58,80 ± 1,39 mm0,5
Test de SchirmerDifférence significative, disparue à 3 mois
Temps de rupture du film lacrymal et coloration de surfaceDifférence significative, disparue à 6 mois
Score de symptômes (OSDI)Différence encore significative à 6 mois0,03

Conclusion textuelle des auteurs : « la sensibilité de la surface cornéenne et la santé de la surface oculaire sont davantage altérées chez les patients bénéficiant d'une reprise par FS-LASIK pour réfraction résiduelle ».

La dernière ligne du tableau est la plus importante. À six mois, les mesures objectives se sont rejointes — Schirmer, film lacrymal, coloration — mais le score de symptômes reste significativement plus élevé. C'est exactement la dissociation signes/symptômes décrite dans la sécheresse post-LASIK en général : ce que le patient ressent ne suit pas ce que l'examen montre.

Combien de fois peut-on se faire réopérer ?

Ce n'est pas un nombre mais une épaisseur : c'est le tissu cornéen restant qui fixe la limite.

Chaque passage du laser retire du tissu. La question n'est donc jamais « combien de fois » dans l'absolu, mais « reste-t-il assez d'épaisseur pour retirer encore ce qu'il faudrait, sans fragiliser la cornée ». C'est une évaluation individuelle, faite sur la pachymétrie et la topographie, et elle ne se pré-répond pas à distance.

La série de 158 yeux illustre la conséquence pratique de cette limite : lorsqu'une reprise au laser n'est pas envisageable, l'implant phaque devient l'option, et ses résultats dans cette indication étaient les plus spectaculaires de l'étude en gain d'acuité sans correction (0,68 → 0,03 logMAR), parce qu'il s'adressait aux réfractions résiduelles les plus fortes (−2,72 D en moyenne).

Faut-il attendre pour être réopéré, ou au contraire ne pas trop attendre ?

Les deux, et c'est le paradoxe le plus utile à comprendre : il faut attendre la stabilité, mais chaque année ajoutée complique le geste.

Argument pour attendreArgument pour ne pas trop attendre
Une réfraction non stabilisée expose à corriger une cible mouvanteLa repousse épithéliale est trois fois moins probable si la reprise a lieu dans l'année (OR 0,31 ; p = 0,023)
Une sous-correction précoce peut évoluer spontanémentLe risque est 5 à 6 fois plus élevé au-delà de trois ans
L'évaluation cornéenne demande des mesures répétéesUn intervalle plus long depuis la chirurgie primaire est associé à une régression plus importante

Il n'existe pas de délai idéal universel : c'est un arbitrage entre stabilité réfractive et adhérence du capot, et il appartient au chirurgien qui dispose des mesures. Ce que le patient peut faire, en revanche, c'est ne pas laisser passer des années sans consulter en pensant que « c'est trop tard » — la littérature dit précisément le contraire de l'inaction résignée.

Une reprise se discute-t-elle de la même façon selon la technique initiale ?

Oui, parce que la présence ou non d'un capot change entièrement le geste possible.

  • Après LASIK : le capot existe, il peut être soulevé — geste rapide, avec le risque de repousse épithéliale décrit plus haut. C'est le cas de figure de 136 des 158 yeux repris dans la série publiée.
  • Après PRK : il n'y a pas de capot ; la reprise se fait en surface, avec les suites propres à la PRK (délai de récupération plus long).
  • Après SMILE : la régression y est du même ordre qu'après FS-LASIK, sans différence significative — mais les modalités de reprise diffèrent et relèvent d'une évaluation spécialisée.
  • Quand la cornée ne le permet plus : l'implant phaque devient l'option, avec ses propres critères et son propre suivi.

Un point de méthode vaut pour toutes ces situations, et il devient critique quand la première opération a eu lieu ailleurs : il faut disposer du compte rendu opératoire initial — technique employée, épaisseur du capot, profondeur d'ablation, zone optique programmée. Sans ces données, l'évaluation d'une reprise repose sur des mesures actuelles seulement, ce qui restreint les options envisageables.

Les nerfs de la cornée repoussent-ils complètement après une seconde opération ?

La repousse existe mais elle est longue, et elle n'est pas monotone même après une seule intervention.

Une étude longitudinale prospective a suivi le plexus nerveux sous-basal pendant trois ans après un LASIK. La trajectoire mesurée est instructive : chute de plus de 90 % de la densité nerveuse au premier mois, récupération à partir du sixième mois, retour au niveau préopératoire à deux ans — puis nouvelle diminution entre la deuxième et la troisième année, la densité à trois ans restant environ 60 % en dessous du niveau préopératoire.

Ce profil éclaire deux choses. Il explique pourquoi la sensibilité cornéenne mesurée après une reprise met plusieurs mois à rejoindre celle des yeux opérés une seule fois — trois mois dans la série citée plus haut. Et il rappelle que la phrase « les nerfs repoussent » est incomplète : la reconstitution n'est ni immédiate, ni définitive une fois acquise.

Une retouche modifie-t-elle la mesure de la tension oculaire ?

Oui, et cela a des conséquences bien au-delà de la vision : la pression intraoculaire mesurée est systématiquement sous-estimée après chirurgie cornéenne.

La méta-analyse portant sur 54 études et 4 730 yeux quantifie l'écart :

ChirurgieSous-estimation en aplanation de Goldmann (IC 95 %)
Après LASIK3,23 mmHg (2,77-3,69)
Après PRK2,04 mmHg (1,24-2,84)

Autrement dit, la valeur affichée est plus basse que la pression réelle. Les auteurs soulignent explicitement l'importance de choisir la méthode de tonométrie appropriée pour le suivi, en particulier chez les patients à risque de glaucome. Un second passage du laser retire du tissu supplémentaire — raison de plus pour que votre ophtalmologiste sache que vous avez été opéré, et combien de fois. Ce n'est pas un détail administratif : c'est ce qui évite qu'une hypertonie passe inaperçue pendant des années.

Quel bilan doit précéder une reprise ?

Les mêmes examens qu'avant une première opération, plus les données de la première — et c'est cette seconde partie qui manque le plus souvent.

ÉlémentPourquoi il est déterminant
Réfraction stabiliséeReprendre une réfraction encore mouvante revient à corriger une cible qui bouge
PachymétrieC'est l'épaisseur restante, et non un nombre d'interventions, qui fixe la limite
Topographie et tomographie cornéennesRecherche d'une déformation débutante, qui contre-indiquerait un nouvel amincissement
Épaisseur et qualité du capotDécide entre soulèvement du capot, chirurgie de surface ou implant
Compte rendu opératoire initialZone optique programmée et profondeur d'ablation — la zone optique est l'un des deux prédicteurs significatifs de régression
Évaluation de la surface oculaireLa sécheresse est majorée après reprise, et le symptôme persiste au-delà des signes

La retouche est-elle comprise dans le prix de la première opération ?

Cela dépend entièrement du contrat, et c'est une question à poser avant, pas après.

Aucune donnée scientifique ne répond à cette question : elle est commerciale et contractuelle. Mais les chiffres présentés plus haut lui donnent son poids réel. Si la survie sans régression est de l'ordre de 42 à 44 % à dix-huit mois, la possibilité d'une reprise n'est pas un cas rare qu'on peut ignorer au moment de comparer deux devis.

Trois points méritent d'être écrits noir sur blanc avant de signer, quel que soit le pays :

  • Une éventuelle retouche est-elle incluse, et pendant combien de temps ? La donnée sur le délai est pertinente ici : le risque de repousse épithéliale triple au-delà d'un an.
  • Qui réalisera le bilan de contrôle et à quelles échéances — sachant que la régression se constate sur plusieurs mesures successives, pas sur une seule consultation.
  • Que contient le compte rendu remis : technique, épaisseur du capot, profondeur d'ablation, zone optique. Sans ces éléments, une reprise ultérieure ailleurs se décidera avec moins d'informations.

Ce qu'il faut retenir

Une reprise après chirurgie réfractive est possible, techniquement maîtrisée, et donne de bons résultats visuels : acuité sans correction passant de 0,37 à 0,04 logMAR après LASIK, réfraction ramenée de −1,28 D à −0,12 D, 7,9 % de complications sur 158 yeux. Mais trois faits changent la façon dont il faut envisager la première opération. La régression n'est pas rare : la survie sans régression n'est que de 42,10 % à 18 mois après FS-LASIK et 43,83 % après SMILE, et la technique choisie n'y change rien — seuls le degré de myopie initial et la zone optique programmée prédisent quelque chose. Le soulèvement du capot expose à une repousse épithéliale chez 41 % des patients contre 1 à 2 % en primaire, même si elle ne demande presque jamais de traitement, et le risque triple passé un an puis quintuple au-delà de trois ans. Enfin, la sécheresse est plus marquée après reprise, et la gêne ressentie reste significativement plus élevée à six mois alors même que les examens se sont normalisés.

Sources et références

  1. 1
    Lin MY, Tan HY, Chang CK — Myopic Regression After FS-LASIK and SMILE. Cornea. 2024;43(12):1560-1566Autorité

    416 yeux opérés par FS-LASIK et 416 par SMILE, appariés par score de propension sur l'âge et l'équivalent sphérique manifeste préopératoire ; régression analysée par modèle de Cox à risques proportionnels, l'équivalent sphérique à 1 mois servant de référence. Régression moyenne FS-LASIK : −0,17 ± 0,69 D (3 mois), −0,24 ± 0,65 (6), −0,31 ± 0,65 (9), −0,32 ± 0,63 (12), −0,33 ± 0,62 D (18 mois). SMILE : −0,07 ± 0,75, −0,18 ± 0,77, −0,23 ± 0,82, −0,21 ± 0,77, −0,24 ± 0,68 D. Survie cumulée sans régression : 54,74 % à 12 mois et 42,10 % à 18 mois (FS-LASIK) ; 58,66 % et 43,83 % (SMILE) ; log-rank p = 0,11. Prédicteurs significatifs : équivalent sphérique manifeste préopératoire (p = 0,021) et zone optique programmée (p = 0,048) ; le procédé chirurgical choisi n'a pas d'effet significatif (p = 0,470).

  2. 2
    Ang RET, Ang MRC, Jacomina JMD, Araneta MMQ, Cruz EM — Retreatment using LASIK, PRK, or ICL for myopic regression after corneal laser refractive surgery. BMC Ophthalmol. 2026;26(1):487Autorité

    Étude rétrospective transversale de 158 yeux repris pour régression myopique après LASIK ou PRK primaire : 136 par LASIK, 12 par PRK, 10 par implant phaque (ICL). Résultats précoces : LASIK acuité sans correction 0,37 → 0,04 logMAR et équivalent sphérique manifeste −1,28 D → −0,12 D ; ICL 0,68 → 0,03 logMAR et −2,72 D → +0,03 D ; PRK 0,63 → 0,06 logMAR. Indices d'efficacité et de sécurité proches ou supérieurs à 1 dans tous les groupes, résultats stables sur 6 à 12 mois. Complications : 7,9 %. Un intervalle plus long depuis la chirurgie primaire était significativement associé à un équivalent sphérique plus négatif, cohérent avec une régression plus importante ; corrélations faibles avec l'âge, l'équivalent sphérique initial et le volume de tissu photoablaté. Conclusion : la régression est multifactorielle et n'était pas prédite par les caractéristiques initiales.

  3. 3
    Gemae MR, Johnson D — Incidence of epithelial ingrowth following femtosecond laser LASIK flap lifts. J Fr Ophtalmol. 2025;48(7):104572Autorité

    Série rétrospective de 103 yeux repris par soulèvement du capot après LASIK femtoseconde, dans un centre canadien, patients opérés entre juillet 2021 et décembre 2022 ; exclusion des antécédents de chirurgie du cristallin. Suivis à 1 semaine, 1, 3, 6 mois et 1 an. Repousse épithéliale rapportée chez 41 % des patients à un moment du suivi, le plus souvent présente à un mois et ne nécessitant pas de traitement. La repousse épithéliale était trois fois moins probable lorsque la reprise était réalisée dans l'année suivant la chirurgie initiale (OR 0,31 ; p = 0,023) et 5 à 6 fois plus probable lorsqu'elle était réalisée au-delà de trois ans. Seuls 4 cas ont nécessité un traitement. Conclusion des auteurs : le soulèvement du capot après LASIK femtoseconde est une option sûre pour une reprise réfractive, même plusieurs années après la chirurgie initiale, avec d'excellents résultats visuels à long terme.

  4. 4
    Cinar E, Yuce B, Aslan F — Corneal sensitivity and ocular surface health in patients undergoing femtosecond LASIK retreatment for residual refraction. J Cataract Refract Surg. 2024;50(11):1101-1108Autorité

    Série prospective : 19 patients repris par FS-LASIK sous le même capot pour réfraction résiduelle myopique et astigmate, comparés à 19 patients appariés en âge et en sexe opérés par FS-LASIK pour la première fois. Correction moyenne 2,18 ± 0,78 D (extrêmes 1,00-3,50) contre 2,76 ± 1,20 D (1,00-4,50 ; p = 0,07). Esthésiométrie cornéenne (reprise vs primaire) : 6,10 ± 12,55 vs 9,90 ± 11,50 mm à 1 semaine (p = 0,001) ; 41,95 ± 6,98 vs 45,09 ± 5,88 mm à 1 mois (p = 0,004) ; 56,09 ± 3,37 vs 56,19 ± 2,52 mm à 3 mois (p = 0,8) ; 58,60 ± 2,01 vs 58,80 ± 1,39 mm à 6 mois (p = 0,5). Différence significative sur le test de Schirmer disparaissant à 3 mois, sur le temps de rupture du film lacrymal et la coloration de surface disparaissant à 6 mois, tandis que la différence sur le score OSDI persistait à 6 mois (p = 0,03). Conclusion : la sensibilité de la surface cornéenne et la santé de la surface oculaire sont davantage altérées chez les patients repris pour réfraction résiduelle.

  5. 5
    Al Somali A, Alshaibani AK, Alzaher F, AlTurki HS, Al Abdullah ZAM, Habash AA — Flap amputation for severe epithelial ingrowth presenting as a corneal cyst: a case report. BMC Ophthalmol. 2025;25(1):343Autorité

    Observation clinique dont l'introduction rappelle les taux de référence : l'incidence de la repousse épithéliale est d'environ 1 à 2 % dans les cas de chirurgie primaire et de découpe du capot assistée par microkératome, et nettement plus faible dans les cas de découpe assistée par laser femtoseconde. Plusieurs facteurs de risque pré- et postopératoires sont identifiés, dont une adhérence insuffisante du capot et les traumatismes. Sert ici de point de comparaison au taux de 41 % observé après soulèvement de capot.

  6. 6
    Levitt AE, Galor A, Weiss JS, et al. — Chronic dry eye symptoms after LASIK: parallels and lessons to be learned from other persistent post-operative pain disorders. Mol Pain. 2015;11:21Autorité

    Revue rassemblant les séries publiées sur la sécheresse chronique après LASIK, avec des prévalences allant de 20 à 55 % selon les cohortes (Hovanesian 2001, n = 781 : 44 % ; Denoyer 2014, n = 60 : 43 % ; De Paiva 2006, n = 35 : 36,4 % ; Donnenfeld 2003, n = 52 : 31 % ; Shoja 2007 : 20 % ; Tuisku 2007, n = 20 : 55 %). Les auteurs décrivent une dissociation entre signes et symptômes : les signes objectifs se normalisent au douzième mois alors que les symptômes restent élevés au seizième, ce qui les conduit à discuter une hypothèse de douleur cornéenne neuropathique. Cadre de lecture du score OSDI encore plus élevé à 6 mois après reprise.

  7. 7
    Calvillo MP, McLaren JW, Hodge DO, Bourne WM — Corneal reinnervation after LASIK: prospective 3-year longitudinal study. Invest Ophthalmol Vis Sci. 2004;45(11):3991-3996Autorité

    Étude longitudinale prospective sur 3 ans du plexus nerveux sous-basal après LASIK : chute de plus de 90 % de la densité nerveuse au premier mois, récupération à partir du sixième mois, retour au niveau préopératoire à deux ans, puis nouvelle diminution entre la deuxième et la troisième année, la densité à trois ans restant environ 60 % en dessous du niveau préopératoire. Explique pourquoi la sensibilité cornéenne mesurée par esthésiométrie met plusieurs mois à revenir, et pourquoi un second passage aggrave transitoirement le déficit.

  8. 8
    Lampsas S, Karmiris E, Kymionis GD, Chatziralli I — Underestimation of Intraocular Pressure (IOP) After LASIK and PRK: Systematic Review and Meta-Analysis. J Clin Med. 2026;15(12):4426Autorité

    Revue systématique et méta-analyse de 54 études et 4 730 yeux évaluant les variations de pression intraoculaire mesurée avant et après chirurgie réfractive cornéenne. Après LASIK, sous-estimation statistiquement significative avec toutes les méthodes, la plus marquée en aplanation de Goldmann : différence moyenne 3,23 mmHg (IC 95 % 2,77-3,69). Après PRK, réduction significative également en Goldmann : 2,04 mmHg (1,24-2,84). Les auteurs soulignent l'importance du choix de la méthode de tonométrie pour le suivi, en particulier chez les patients à risque de glaucome — point qui vaut à plus forte raison après une seconde intervention.

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Cette page (version Canada (Québec)) tient compte des spécificités locales : devise CAD, organisme de référence RAMQ (Régie de l'assurance maladie), fuseau America/Montreal. Les protocoles cliniques sont identiques à la version France de référence.

Questions fréquentes

Peut-on se faire réopérer des yeux au laser ?
Oui. Une étude rétrospective portant sur 158 yeux repris pour régression myopique après un LASIK ou une PRK — 136 par LASIK, 12 par PRK, 10 par implant phaque — retrouve une amélioration nette : acuité sans correction de 0,37 à 0,04 logMAR et réfraction de −1,28 D à −0,12 D pour le groupe LASIK, avec des indices d'efficacité et de sécurité proches ou supérieurs à 1 et des résultats stables sur 6 à 12 mois. Le taux de complications était de 7,9 %.
Ma myopie est revenue après le LASIK, est-ce normal ?
C'est plus fréquent que ne le laisse entendre le discours commercial. Sur 416 yeux opérés par FS-LASIK et 416 par SMILE appariés par score de propension, la survie sans régression myopique est de 54,74 % à 12 mois et 42,10 % à 18 mois après FS-LASIK, et de 58,66 % puis 43,83 % après SMILE. La régression moyenne reste toutefois faible : −0,33 ± 0,62 D à 18 mois après FS-LASIK. Beaucoup de patients concernés ne ressentent aucune gêne, et un seuil de régression n'équivaut pas à une indication de reprise.
Le SMILE régresse-t-il moins que le LASIK ?
Non, la différence n'est pas significative. Dans l'étude appariant 416 yeux FS-LASIK et 416 yeux SMILE, le test du log-rank donne p = 0,11 et le modèle de Cox conclut que le procédé chirurgical choisi n'a pas d'effet significatif sur la survenue d'une régression (p = 0,470). Ce qui prédit réellement la régression, ce sont l'équivalent sphérique préopératoire (p = 0,021) et la zone optique programmée (p = 0,048) — c'est-à-dire le degré de myopie de départ et un paramètre de réglage.
Quel est le risque de soulever le capot du LASIK pour une retouche ?
Le principal est la repousse épithéliale. Une série de 103 yeux repris par soulèvement de capot après LASIK femtoseconde en retrouve chez 41 % des patients à un moment du suivi, le plus souvent à un mois — alors que l'incidence rapportée après chirurgie primaire est de l'ordre de 1 à 2 % avec microkératome et plus faible encore avec le femtoseconde. Seuls 4 cas ont nécessité un traitement, et les auteurs concluent que le geste reste une option sûre, même plusieurs années après la chirurgie initiale.
Y a-t-il un moment idéal pour faire une retouche ?
Il faut arbitrer entre deux exigences contradictoires. D'un côté, une réfraction non stabilisée expose à corriger une cible mouvante. De l'autre, la repousse épithéliale est trois fois moins probable si la reprise a lieu dans l'année suivant la chirurgie initiale (OR 0,31 ; p = 0,023) et 5 à 6 fois plus probable au-delà de trois ans ; par ailleurs, un intervalle plus long depuis la chirurgie primaire est associé à une régression plus importante. L'arbitrage revient au chirurgien qui dispose des mesures.
La sécheresse oculaire est-elle plus forte après une seconde opération ?
Oui. Une série prospective comparant 19 patients repris par FS-LASIK sous le même capot à 19 patients appariés opérés pour la première fois retrouve une sensibilité cornéenne significativement plus basse à 1 semaine (6,10 ± 12,55 contre 9,90 ± 11,50 mm ; p = 0,001) et à 1 mois (41,95 ± 6,98 contre 45,09 ± 5,88 ; p = 0,004). Les différences sur le test de Schirmer disparaissent à 3 mois, celles sur le film lacrymal et la coloration à 6 mois — mais le score de symptômes OSDI reste significativement plus élevé à 6 mois (p = 0,03).
Combien de fois peut-on se faire opérer les yeux au laser ?
Il n'existe pas de nombre limite : la contrainte est l'épaisseur cornéenne restante. Chaque passage du laser retire du tissu, et la question est de savoir s'il en reste assez pour corriger le résidu sans fragiliser la cornée. C'est une évaluation individuelle fondée sur la pachymétrie et la topographie. Lorsque la cornée ne permet plus de reprise laser, l'implant phaque devient l'option : dans la série de 158 yeux, il a donné les gains d'acuité les plus importants (0,68 à 0,03 logMAR) car il s'adressait aux réfractions résiduelles les plus fortes.
La presbytie après 45 ans est-elle une régression du LASIK ?
Non, ce sont deux mécanismes indépendants. La régression est le retour partiel de la myopie corrigée ; la presbytie est la perte de souplesse du cristallin avec l'âge, qui dégrade la vision de près à partir de la quarantaine et serait survenue avec ou sans chirurgie. Un patient opéré à 30 ans qui consulte à 47 ans en pensant que « le laser n'a pas tenu » décrit le plus souvent une presbytie, qui relève d'une prise en charge entièrement différente.
Peut-on faire une PRK après un LASIK ?
Oui, c'est l'une des options rapportées : dans la série de 158 yeux repris, 12 l'ont été par PRK, avec un gain d'acuité sans correction significatif (0,63 à 0,06 logMAR). La PRK travaille en surface, sans toucher au capot existant, ce qui évite le risque de repousse épithéliale lié à son soulèvement — au prix des suites propres à la PRK, notamment un délai de récupération visuelle plus long.
Que faut-il apporter si la première opération a eu lieu à l'étranger ?
Le compte rendu opératoire initial, avec la technique employée, l'épaisseur du capot, la profondeur d'ablation et la zone optique programmée. Ces éléments conditionnent directement l'évaluation d'une reprise : la zone optique programmée est l'un des deux prédicteurs significatifs de régression, et l'épaisseur du capot détermine ce qu'il est possible de faire. Sans ces données, l'évaluation repose uniquement sur les mesures actuelles, ce qui restreint les options envisageables.

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