Saw palmetto et cheveux : ce que prouvent vraiment les études
Saw palmetto (palmier nain) et cheveux : 38 % d’hommes améliorés contre 68 % sous finastéride dans un essai ouvert, DHT sanguine inchangée, femme, dangers, statut en France.

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En ligne, le saw palmetto passe pour un « finastéride naturel ». Cette page n’accuse personne : elle met côte à côte des chiffres publics : essais, mesures de DHT chez l’homme, textes de l’Agence européenne des médicaments et de l’ANSES, statut du produit en France.
Dans le seul essai face au finastéride sur deux ans (Rossi et al., 2012, 100 hommes, randomisé mais ouvert), 38 % des hommes sous Serenoa repens 320 mg/jour ont eu une légère augmentation des cheveux sur photos, contre 68 % sous finastéride 1 mg. Et avec l’extrait de référence du Permixon, aucune baisse de la DHT sanguine n’a été mesurée, ni en une semaine ni en deux ans (Strauch et al., 1994 ; Pytel et al., 2002).
Le saw palmetto fait-il vraiment repousser les cheveux ?
Il peut aider une partie des hommes dont la chute est légère à modérée, mais les preuves sont minces, souvent liées aux fabricants, et il fait nettement moins bien que le finastéride.
Le saw palmetto est le fruit du Serenoa repens, le palmier de Floride, souvent vendu comme « palmier nain » — nom qui désigne aussi un autre palmier, le Chamaerops. On en avale un extrait gras, vendu comme médicament de la prostate (Permixon) ou comme complément « pour les cheveux ».
La revue systématique de référence (Evron et al., 2020) y voit, malgré l’absence de données robustes, « une option » possible ; la recommandation européenne S3 (EDF, 2018, antérieure aux essais récents) ne se prononce ni pour ni contre ; le NCCIH américain juge les preuves « trop limitées pour conclure ».
Que disent exactement les études sur le saw palmetto et la chute de cheveux ?
Six essais reviennent partout ; aucun n’est à la fois indépendant, contre placebo, de grande taille et consacré au saw palmetto seul. Voici ce qu’ils ont réellement mesuré.
| Étude | Plan | Participants | Produit, durée | Résultat | Limite |
|---|---|---|---|---|---|
| Rossi et al., 2012 | Randomisé, ouvert (lettre) | 100 hommes de 20 à 40 ans | Extrait sec non précisé 320 mg/j contre finastéride 1 mg/j, 24 mois | Améliorés 38 % (tous « légèrement ») contre 68 % ; inchangés 52 % contre 22 % | Ni aveugle ni placebo |
| Prager et al., 2002 | Double aveugle, placebo (pilote) | 26 hommes inclus | Saw palmetto 200 mg deux fois par jour + 6 autres composants, 18 à 24 semaines | 6 sur 10 améliorés contre 11 % sous placebo | Minuscule ; produit composé |
| Morganti et al., 1998 | Double aveugle, contre excipient | 60 hommes et femmes | Lotion au Serenoa (± gélatine-cystine orale), 50 semaines | Cheveux +27 % contre environ +14 % | Revue non indexée ; produit composé |
| Wessagowit et al., 2016 | Ouvert, sans témoin | 50 hommes | Lotion et sérum au Serenoa, 24 semaines | Cheveux au total +4,9 % | Produits et indemnisation fournis par le fabricant |
| Sudeep et al., 2023 | Double aveugle, placebo, 4 groupes de 20 | 80 adultes, dont 20 femmes | Huile 100 mg/j par voie orale, ou lotion à 20 %, 16 semaines | Chute au test du peigne −29 % (oral) ; densité +5,17 % (oral) | 4 auteurs sur 6 salariés du fabricant |
| Ablon, 2025-2026 | Double aveugle, placebo | 60 adultes (40 contre 20), sans diagnostic formel | Extrait 160 mg/j, 180 jours | Cheveux terminaux sur 2 cm² : +18,6 contre −10,1 (environ +6 %) ; rien sur le devant | Financé par le fabricant |
Que vaut vraiment le chiffre « 38 % contre 68 % » ?
C’est le meilleur chiffre disponible, mais il ne prouve pas que le saw palmetto fait mieux que rien. Sans placebo, les 52 % d’hommes « inchangés » auraient pu l’être sans rien prendre. L’étude était ouverte, l’« extrait sec » n’est pas précisé, et les 19 hommes améliorés sous Serenoa l’étaient tous au premier cran de l’échelle, « légère augmentation ». Le bras finastéride sert de repère : dans ses essais pivots, un panel en aveugle trouvait plus de cheveux chez 66 % des hommes à deux ans, contre 7 % sous placebo (notice de la FDA).
Les deux essais récents contre placebo suggèrent un petit effet, mais ils sont courts et liés aux fabricants ; le « 283 % » affiché pour l’un se calcule face à un placebo qui perdait des cheveux.
Le saw palmetto bloque-t-il la DHT, et de combien par rapport au finastéride ?
En éprouvette, oui ; dans le sang des hommes qui prennent l’extrait de référence, aucune baisse n’a été mesurée — mais dans le tissu de la prostate, une petite étude ouverte en a trouvé une. La DHT, produite par la 5-alpha-réductase, miniaturise les follicules sensibles ; le finastéride bloque cette enzyme. Voici les mesures, dans la même unité.
| Mesure | Finastéride | Saw palmetto |
|---|---|---|
| DHT dans le sang | 1 mg/j : −71,4 % à 42 jours (Drake 1999) ; 5 mg/j : −52 à −60 % en une semaine (Strauch 1994) | Permixon 320 mg/j : aucun effet en une semaine (11 volontaires, Strauch 1994) ni en deux ans (155 hommes, étude ouverte, Pytel 2002). Baisses publiées seulement dans des essais courts liés aux fabricants : environ −22 % avec une huile standardisée (Sudeep 2023) ; mélange astaxanthine + saw palmetto (Angwafor 2008 ; Anderson 2014) |
| DHT du cuir chevelu | 1 mg/j : −64,1 %, contre −13,0 % sous placebo (Drake 1999) | Aucune mesure publiée chez l’homme retrouvée |
| DHT du tissu prostatique | Environ −79 % (15 hommes traités contre 7 témoins, Marks 2001) | Permixon 320 mg/j, 3 mois : 2 363 contre 7 317 pg/g chez des non-traités (Di Silverio 1998, petite étude ouverte) ; mélange de plantes : −32 % (Marks 2001) |
| Concentration inhibant 50 % de l’enzyme en laboratoire | 1 ng/mL | 5 600 ng/mL pour l’extrait du Permixon (Rhodes 1993) |
| PSA | −41 % en 6 mois à 5 mg/j (Carraro 1996) | Inchangé sous Permixon (Carraro 1996) ; pas de différence avec le placebo jusqu’à 960 mg/j d’un extrait éthanolique (essai CAMUS) |
Pourquoi l’effet observé en éprouvette ne se retrouve-t-il pas dans le sang ?
Parce qu’il faut en laboratoire une concentration environ 5 600 fois plus forte que celle du finastéride, et que personne ne sait quelle concentration atteint le sang. L’étude qui a mesuré cet écart concluait même à l’absence d’inhibition utile (Rhodes 1993), et le résumé du Permixon juge la concentration sanguine « impossible » à déterminer. La monographie européenne écrit que « le mécanisme d’action n’est pas connu », quand le résumé français attribue les propriétés antiandrogènes « principalement » à l’inhibition des 5-alpha-réductases, à côté d’effets anti-inflammatoires et antiprolifératifs : les textes officiels divergent.
Et sur la prostate, son usage d’origine, que conclut la revue Cochrane ?
Que le Serenoa repens seul apporte « peu ou pas de bénéfice » sur les symptômes urinaires, avec un niveau de certitude élevé. La mise à jour de Franco et al. (2023) réunit 27 études et 4 656 participants : face au placebo, −0,90 point sur une échelle de 35 à court terme (1 681 hommes), 0,07 point à 12-17 mois (898 hommes). La revue mesure les symptômes, pas la DHT : la baisse de DHT prostatique rapportée sous Permixon ne s’y traduit pas par un bénéfice net.
Saw palmetto, finastéride ou minoxidil : que choisir selon les preuves ?
Sur les preuves, le finastéride chez l’homme et le minoxidil chez l’homme comme chez la femme sont loin devant ; le saw palmetto n’a pour lui que sa bonne tolérance et sa vente libre.
| Critère | Saw palmetto | Finastéride 1 mg | Minoxidil topique |
|---|---|---|---|
| Statut en France | Complément alimentaire, sans autorisation pour les cheveux | Liste I, attestation annuelle signée ; homme de 18 à 41 ans, contre-indiqué chez la femme ; non remboursé | Sans ordonnance : 2 % homme ou femme, 5 % homme ; non remboursé |
| Grands essais contre placebo | Au plus 40 contre 20 participants, 180 jours | Deux essais jumeaux : 1 553 hommes, prolongés à 2 ans | 404 femmes, 24 semaines (Bergfeld 2016) ; 393 hommes, 48 semaines (Olsen 2002) |
| Résultat principal | 38 % légèrement améliorés sur photos à 2 ans, sans placebo | 66 % améliorés sur photos à 2 ans, contre 7 % sous placebo | 5 % : 45 % de repousse en plus que le 2 % ; femmes : repousse jugée modérée à marquée par 157/593 contre 77/555 |
| Action sur la DHT | Pas de baisse sanguine mesurée (extrait de référence) | −71,4 % dans le sang, −64,1 % dans le cuir chevelu | Autre mécanisme |
| Recommandation européenne S3 | Ni pour ni contre | Recommandé chez l’homme | Recommandé chez l’homme et la femme |
Le choisir a pourtant des raisons légitimes : la crainte des effets secondaires du finastéride, l’absence d’ordonnance, la contre-indication du finastéride chez la femme. En pratique : pour freiner une chute débutante sans médicament, c’est un pari à faible risque et à faible preuve ; pour une repousse visible ou une chute rapide, rien ne permet de le préférer au finastéride ou au minoxidil.
Le saw palmetto est-il bon pour les femmes ?
Rien ne le démontre : aucun essai n’a été consacré au saw palmetto seul chez la femme, et l’Europe ne lui reconnaît aucune indication chez la femme. La monographie européenne précise qu’il n’existe « pas d’indication pertinente chez la femme, l’enfant et l’adolescent ».
Les données féminines se limitent à des sous-groupes d’essais mixtes (30 femmes chez Ablon, 20 chez Sudeep) et à des formules multi-ingrédients qui en contiennent (Nutrafol, 40 femmes), où son rôle ne peut être isolé. Il pourrait avoir une activité hormonale : deux fillettes, de 10 ans (traitée pour une pilosité excessive) et de 11 ans (pour une chute de cheveux), ont eu des bouffées de chaleur sous saw palmetto (Morabito 2015 ; Miroddi 2012).
| Situation | Ce que disent les sources | En pratique |
|---|---|---|
| Grossesse, allaitement | ANSES : à éviter faute de données ; EMA : aucun test de toxicité sur la reproduction ; NCCIH : peut être dangereux | Ne pas en prendre |
| Moins de 18 ans | ANSES : réservé à l’adulte ; deux cas de bouffées de chaleur chez des fillettes | Ne pas en prendre |
| Traitement anticoagulant | ANSES : ne pas consommer (interactions suspectées avec la warfarine) | Ne pas en prendre |
| Pilule contraceptive | Aucune étude d’interaction retrouvée | À signaler au prescripteur |
| Ovaires polykystiques, hirsutisme | Aucun essai clinique indexé chez la femme retrouvé | Traitements évalués à discuter avec le médecin |
| Ménopause, cheveux affinés | Un sous-groupe dans un seul essai, financé par le fabricant | Le minoxidil 2 % a bien plus de preuves |
Quel est le meilleur produit pour la repousse des cheveux chez la femme ?
Le minoxidil topique à 2 %, autorisé en France chez la femme, est aussi le traitement le mieux étudié. Dans la revue Cochrane de 2016 (47 essais, 5 290 participantes), 157 femmes sur 593 ont jugé leur repousse modérée à marquée sous minoxidil, contre 77 sur 555 sous placebo, ce que confirment les investigateurs. Le finastéride 1 mg n’a pas fait mieux que le placebo chez les femmes ménopausées. La spironolactone est une autre piste, hors autorisation.
Le saw palmetto est-il dangereux ? Quels sont ses effets secondaires ?
Chez l’adulte, ses effets connus sont le plus souvent légers et comparables au placebo ; les risques sérieux, rares, viennent de cas isolés d’imputabilité douteuse à probable : saignement, foie, pancréas. Une revue de 40 publications (jusqu’en 2008) jugeait incertaine la causalité de ces événements graves isolés (Agbabiaka et al., 2009).
| Effet | Fréquence ou niveau de preuve | Source |
|---|---|---|
| Douleurs abdominales, maux de tête | Fréquents (1 à 10 personnes sur 100) | Monographie EMA ; résumé du Permixon |
| Nausées (surtout à jeun), éruption, hausse des enzymes du foie | Peu fréquents (1 à 10 sur 1 000) | Monographie EMA |
| Gynécomastie (seins chez l’homme), réversible | Peu fréquente | Monographie EMA ; résumé du Permixon |
| Tous effets confondus, face au placebo | Risque relatif 1,01 (12 essais, 2 399 hommes) | Revue Cochrane 2023 |
| Saignement, hausse de l’INR sous warfarine | Quelques cas, dont une hémorragie d’environ 2 litres lors d’une opération | Monographie EMA ; Cheema et al., 2001 |
| Hépatite, pancréatite | Cas isolés, dont un récidivant à chaque reprise et un attribué, sans contaminant, à un complément | Jibrin et al., 2006 ; Lapi et al., 2010 |
| Troubles sexuels et psychiques persistants | Série de cas recrutée via un forum : symptômes durant 4,7 ans en moyenne ; fréquence inconnue | Firenzuoli et al., 2026 |
| Signalements en France | Nutrivigilance : 3 cas d’imputabilité « vraisemblable », dont 1 avec du saw palmetto seul ; pharmacovigilance : 13 cas « vraisemblables », tous avec des médicaments au Serenoa seul | ANSES, 2023 |
Avec quels médicaments ne faut-il pas prendre de saw palmetto ?
Les anticoagulants : l’ANSES recommande de ne pas consommer de complément au saw palmetto sous traitement anticoagulant. La monographie européenne (2015) signale « quelques cas d’interactions suspectées avec la warfarine », signal absent de la revue de 2009 et du résumé du Permixon. Avant toute chirurgie, greffe comprise, signalez la prise au chirurgien, qui décide de l’arrêt : lors de l’hémorragie décrite, le temps de saignement ne s’est normalisé que quelques jours après l’arrêt (Cheema et al., 2001).
Le saw palmetto fausse-t-il le dosage du PSA ?
Non, d’après les essais indépendants : contrairement au finastéride, il ne modifie pas le PSA. Dans l’essai Carraro, le finastéride 5 mg l’a baissé de 41 %, le Permixon ne l’a pas changé ; dans l’essai CAMUS (369 hommes, 72 semaines), +0,23 ng/mL contre +0,16 sous placebo. Seul un essai du fabricant d’une huile enrichie rapporte une baisse (2020). Le vrai risque est de soigner seul des troubles urinaires : fièvre, spasmes, sang dans les urines, douleur en urinant ou rétention imposent de consulter (monographie EMA).
En France, le saw palmetto est-il un médicament ou un complément alimentaire ?
Les deux : le même fruit est un médicament remboursé pour la prostate, le Permixon, et un complément en vente libre — mais aucun n’est autorisé pour les cheveux.
| Critère | Permixon 160 mg (médicament) | Complément au saw palmetto |
|---|---|---|
| Cadre | Autorisation du 14 janvier 1992 ; même extrait sous le nom Sereprosta | Arrêté du 24 juin 2014 : fruit de Serenoa repens autorisé |
| Indication | Troubles mictionnels modérés de l’hypertrophie bénigne de la prostate, homme adulte | Aucune ; effet contre une maladie interdit |
| Extrait | Extrait à l’hexane, rapport 7-11:1 | Libre : poudre, extrait éthanolique, extrait au CO₂, huile |
| Dose | 320 mg/j, 6 mois au maximum en France (usage prolongé admis par l’EMA) | Celle du fabricant |
| Évaluation | Service médical rendu « modéré » (HAS, 18 mars 2015) | Aucune preuve d’efficacité exigée avant la vente |
| Délivrance, remboursement | Sans ordonnance ; remboursé à 30 % s’il est prescrit, pour la prostate | Vente libre, jamais remboursé |
| Mention obligatoire | Notice du médicament | « Demander l’avis de votre médecin et/ou pharmacien » |
L’arrêté exclut aussi des compléments tout « usage médical bien établi » reconnu en Europe, « dans les conditions de cet usage » : ici, l’extrait à l’hexane à 320 mg/jour pour la prostate.
Un complément de saw palmetto peut-il promettre de faire repousser les cheveux ?
Non : aucune allégation de santé n’est autorisée pour le saw palmetto dans l’Union européenne, et promettre de traiter la chute est interdit. La formule « soutient la pousse naturelle des cheveux chez l’homme » figure, jamais évaluée, sur la liste EFSA des allégations botaniques « en attente » (référence 2341), que le règlement de 2006 tolère sous la responsabilité du vendeur. Le décret de 2006 interdit toute promesse de traitement, comme « stoppe la chute » ; « bloque la DHT » n’est ni autorisée ni même en attente.
Quel est le meilleur saw palmetto pour les cheveux, et à quelle dose ?
Aucun « meilleur » saw palmetto n’est démontré pour les cheveux : le seul critère défendable est la ressemblance avec ce qui a été testé — type d’extrait, teneur en acides gras et dose. Sur 6 échantillons analysés au Canada en 2002, les teneurs allaient de −97 % à +140 % de la dose annoncée (Feifer et al., 2002) ; sur 46 produits analysés, l’apport quotidien en acides gras des produits au saw palmetto seul allait de 31 à 1 473 mg (Booker et al., 2014). Les urologues français le rappellent : un extrait n’en vaut pas un autre, et la puissance varie même d’un lot à l’autre (Scaglione et al., 2008).
| À lire | Ce qui correspond aux études | Pourquoi |
|---|---|---|
| Forme | Extrait ou huile (hexane, éthanol, CO₂) | Les essais capillaires n’ont pas utilisé de poudre de fruit |
| Teneur en acides gras | Déclarée : 92 % pour l’extrait de référence, au moins 85 % chez Sudeep | Sans elle, la dose réelle est inconnue |
| Dose quotidienne | 320 mg/j (Rossi), 100 à 160 mg/j dans les essais récents | Aucune dose validée pour les cheveux |
| Produit seul ou mélange | Un seul actif | Dans un mélange, impossible de savoir ce qui agit |
| Mention « Demander l’avis de votre médecin et/ou pharmacien » | Obligatoire en France | Son absence signale un produit non conforme |
| Promesses | Au plus « pousse naturelle », allégation en attente | « Stoppe la chute » est interdit |
| Contrôle des lots | Analyse du lot sur demande | 3 échantillons sur 6 contenaient moins de 20 % de la dose annoncée |
Les lotions et shampooings au saw palmetto servent-ils à quelque chose ?
Les données sont encore plus faibles que pour la voie orale. Wessagowit a mesuré +4,9 % de cheveux sans témoin ; Morganti, +27 % contre +14 % sous excipient, avec un produit composé. Chez Sudeep, le groupe lotion partait plus bas que le placebo et finissait à la même densité, sans amélioration sur les photos du sommet (0 sur 18). Pour un shampooing, rincé en quelques minutes, aucune donnée n’a été retrouvée.
Le kit de soins remis après une greffe chez Renaissance Clinique comprend un shampooing dont la formule mentionne du saw palmetto parmi d’autres actifs, et un complément vitaminique qui n’en contient pas. Cette page ne tire aucune donnée de ces produits ; comme écrit ci-dessus, aucune publication ne montre qu’un shampooing au saw palmetto agit sur la chute. Renaissance Clinique ne recommande ni ne prescrit de saw palmetto par voie orale.
Quel complément alimentaire est le plus efficace pour la pousse des cheveux ?
Aucun complément n’a démontré, sans carence, une efficacité comparable au minoxidil ou au finastéride ; en cas de carence avérée, c’est sa correction qui compte. Une revue de JAMA Dermatology (2023 ; 30 publications, dont 17 essais randomisés, sans carence connue) trouve les meilleures preuves pour des formules de marque multi-ingrédients — dont deux, Nutrafol et Lamdapil, contiennent du saw palmetto — et quelques nutriments comme le zinc ; le saw palmetto seul (essais de Rossi et de Prager, inclus) n’en fait pas partie. Faites d’abord un bilan des carences ; voir aussi biotine et zinc.
Peut-on associer saw palmetto et finastéride, ou en prendre après une greffe de cheveux ?
Aucun essai n’a testé le saw palmetto seul avec le finastéride, et aucune étude ne porte sur l’usage après une greffe. Un essai du fabricant (225 personnes, randomisé, évaluateur en aveugle, sans placebo) a ajouté au minoxidil ou au finastéride un complément Serenoa, courge, L-cystine et vitamine C : « grande amélioration » chez 36,5 % contre 25 % (Milani 2025). À l’inverse, une série de cas rapporte des symptômes plus sévères sous l’association (Firenzuoli 2026). Après une greffe, l’enjeu est de préserver les cheveux non greffés (voir peut-on redevenir chauve après une greffe) : le finastéride et le minoxidil ont des données pour cela.
Dans quels cas le saw palmetto ne sert-il à rien ?
Quand la chute n’est pas androgénétique, quand la zone est déjà lisse, et quand on attend de lui une repousse visible. Une chute brutale et diffuse évoque d’abord un effluvium, une carence, la thyroïde ou une pelade, qui relèvent d’un diagnostic. Sur une zone dégarnie depuis longtemps, il ne reste surtout que des follicules très miniaturisés, que les traitements ne font presque plus revenir ; la seule option qui y rapporte de la densité est la greffe de follicules de la couronne, résistants à la DHT — avec ses propres limites.
Limite de notre propre métier : une greffe déplace des follicules vers les zones dégarnies, elle ne stoppe pas la chute des cheveux non greffés, et ne convient ni à une chute non diagnostiquée, ni à une pelade évolutive, ni à une chute réversible.
Quelles questions poser au médecin ou au pharmacien avant de prendre du saw palmetto ?
Sept questions suffisent pour savoir si le saw palmetto a une place dans votre cas.
Que faut-il retenir sur le saw palmetto et les cheveux ?
Le saw palmetto n’est pas un « finastéride naturel » : c’est un produit bien toléré, aux preuves faibles, dont l’action sur la DHT n’a pas été retrouvée dans le sang. Il n’a aucune autorisation pour les cheveux en France et reste à éviter pendant la grossesse, l’allaitement, avant 18 ans et sous anticoagulant. Pour situer ce choix : le finastéride et ses limites, et les traitements de la calvitie classés selon les preuves.
Sources et références
- 1Rossi et al. — finastéride contre Serenoa repens dans l’alopécie androgénétique masculine, 2 ans (Int J Immunopathol Pharmacol 2012)Autorité
Lettre à l’éditeur ; étude ouverte, patients répartis au hasard en deux groupes égaux ; 100 hommes de 20 à 40 ans, alopécie légère à modérée ; « extrait sec » de Serenoa repens 320 mg/j (type non précisé) contre finastéride 1 mg/j pendant 24 mois ; photos globales cotées de −3 à +3 par trois dermatologues ; tableau II : Serenoa 38 % à +1 (aucun à +2 ou +3), 52 % inchangés, 10 % à −1 ; finastéride 60 % à +1, 6 % à +2, 2 % à +3, 22 % inchangés, 10 % à −1 ; aucun effet indésirable, aucun abandon.
- 2Prager et al. — inhibiteurs botaniques de la 5-alpha-réductase dans l’alopécie androgénétique, essai pilote (J Altern Complement Med 2002)Autorité
Essai randomisé, double aveugle, contre placebo ; hommes de 23 à 64 ans ; gélule deux fois par jour associant extrait de Serenoa repens 200 mg, bêta-sitostérol 50 mg, lécithine, inositol, phosphatidylcholine, niacine et biotine (recommandation EDF S3) ; 26 hommes inclus, 18 à 24 semaines ; 6 sur 10 (60 %) améliorés sous produit actif, contre 11 % sous placebo.
- 3Evron et al. — revue systématique du saw palmetto dans l’alopécie (Skin Appendage Disord 2020)Autorité
9 publications, 381 patients ; produits oraux et topiques de 100 à 320 mg, souvent multi-ingrédients ; lotion au Serenoa (Morganti 1998, 60 personnes, 50 semaines) : +27 % de cheveux contre environ +14 % sous excipient ; Prager : 60 % améliorés ; densité accrue chez 83,3 % (étude sans témoin) ; Rossi : 52 % « stabilisés » ; Wessagowit : +3,4 % et +4,9 % à 12 et 24 semaines ; Nutrafol (quantité de saw palmetto non divulguée) : essai de 40 femmes ; Lambdapil : 100 mg de saw palmetto ; malgré l’absence de données robustes, option possible ; inférieur au finastéride dans le seul essai comparatif.
- 4Wessagowit et al. — produits topiques au Serenoa repens dans l’alopécie androgénétique masculine (Australas J Dermatol 2016)Autorité
Étude ouverte sans groupe témoin, 50 hommes, lotion 24 semaines et sérum 4 semaines ; nombre total de cheveux +3,4 % à 12 semaines et +4,9 % à 24 semaines ; cheveux terminaux +21,4 % et +74,1 % ; sensation de froid 16 %, brûlure légère 12 % ; déclaration d’intérêts : médicaments et indemnisation des participants fournis par Rottapharm Madaus.
- 5Sudeep et al. — huile standardisée de saw palmetto par voie orale et topique, essai de 16 semaines (Clin Cosmet Investig Dermatol 2023)Autorité
80 adultes (dont 20 femmes) randomisés en 4 groupes de 20, double aveugle, contre placebo ; gélule de 400 mg contenant 100 mg d’huile (au moins 85 % d’acides gras, 2 à 3 % de bêta-sitostérol) ou lotion à 20 % ; chute au test du peigne −29 % (oral) et −22,19 % (lotion) ; densité +5,17 % (oral) ; lotion : 205,67 cheveux/cm² au départ contre 230,22 sous placebo, 221,33 contre 221,83 à 16 semaines ; photos du sommet améliorées chez 9 sur 18 (oral) contre 2 sur 19, 0 sur 18 (lotion) contre 2 sur 18 ; DHT sanguine réduite d’un facteur 1,29 sous forme orale ; 4 auteurs sur 6 salariés du fabricant.
- 6Ablon — extrait de saw palmetto et cheveux ressentis comme clairsemés, résultats à 180 jours (J Cosmet Dermatol 2026)Autorité
Randomisé, double aveugle, contre placebo, 40 contre 20 participants (moitié de femmes), 180 jours ; hommes Norwood I à IV et femmes Savin I-1 à I-3 notés par l’investigateur, sans diagnostic formel d’alopécie ; 160 mg d’extrait par jour (105 mg d’acides gras) ; cheveux terminaux totaux (deux zones de 1 cm²) +18,6 contre −10,1 sur une base d’environ 300 ; zone antérieure +5,5 contre −2,5, non significatif ; densité totale +25,1 contre −12,2 ; bénéfice rapporté chez les femmes ménopausées.
- 7résultats à 90 jours et déclaration de financement — Ablon (J Cosmet Dermatol 2025)Autorité
Même essai, résultats intermédiaires à 90 jours ; « This study was sponsored by Valensa International », fabricant de l’extrait testé.
- 8Strauch et al. — finastéride contre Serenoa repens (Permixon) sur la 5-alpha-réductase chez le volontaire sain (Eur Urol 1994)Autorité
32 hommes de 20 à 30 ans, étude ouverte randomisée contre placebo, 1 semaine ; finastéride 5 mg (n=10) : DHT sanguine −65 % à 12 heures, −52 à −60 % en prises répétées ; Permixon 80 mg ×2 deux fois par jour, soit 320 mg/j (n=11) : aucun effet sur la DHT sanguine, comme le placebo (n=11) ; quatre auteurs communs avec Rhodes 1993.
- 9Pytel et al. — effets cliniques et biologiques à long terme de l’extrait lipidostérolique de Serenoa repens (Adv Ther 2002)Autorité
Étude ouverte, 155 hommes atteints d’hypertrophie bénigne de la prostate, Permixon 160 mg deux fois par jour pendant 2 ans ; PSA non modifié, aucune variation des hormones plasmatiques (testostérone, DHT, estradiol, LH, androstènedione selon le rapport d’évaluation de l’EMA).
- 10Di Silverio et al. — Serenoa repens (Permixon) au long cours et androgènes du tissu prostatique (Prostate 1998)Autorité
Permixon 320 mg/j pendant 3 mois ; zone périurétrale : DHT 2 363 ± 553 pg/g sous traitement contre 7 317 ± 551 pg/g chez les non-traités (P < 0,001), testostérone augmentée ; selon le rapport d’évaluation de l’EMA, 10 patients traités contre 15 non traités.
- 11Drake et al. — finastéride : androgènes du cuir chevelu et du sang dans l’alopécie androgénétique (J Am Acad Dermatol 1999)Autorité
249 hommes, biopsies avant et après 42 jours ; finastéride 1 mg : DHT du cuir chevelu −64,1 % (placebo −13,0 %), DHT sanguine −71,4 % ; 5 mg : −69,4 % et −72,2 %.
- 12Angwafor et Anderson — complément astaxanthine et saw palmetto, hormones sanguines, étude ouverte (J Int Soc Sports Nutr 2008)Autorité
Étude ouverte, 42 hommes de 37 à 70 ans, 800 ou 2 000 mg/j d’un mélange astaxanthine + extrait lipidique de saw palmetto pendant 14 jours ; baisse significative de la DHT sanguine dans les deux groupes par rapport au départ.
- 13Anderson — évaluation d’un complément astaxanthine et saw palmetto sur les hormones sériques (J Int Soc Sports Nutr 2014)Autorité
Essai randomisé contre placebo en cross-over, 20 hommes, 800 ou 1 200 mg/j pendant 14 jours ; DHT sanguine significativement réduite par rapport au placebo ; auteur du service R&D du fournisseur (Triarco Industries).
- 14Rhodes et al. — finastéride contre extraits de plantes commerciaux, inhibition in vitro et in vivo de la 5-alpha-réductase (Prostate 1993)Autorité
Concentration inhibant 50 % de l’enzyme : finastéride 1 ng/mL, Permixon 5 600 ng/mL ; conclusion des auteurs : Permixon sans activité antiandrogène ni inhibitrice de la 5-alpha-réductase ; dans un essai humain de 7 jours, le finastéride mais pas le Permixon a abaissé la DHT sanguine ; auteurs du laboratoire commercialisant le finastéride.
- 15Marks et al. — effets tissulaires du saw palmetto et du finastéride sur les androgènes prostatiques (Urology 2001)Autorité
Mélange de plantes à base de saw palmetto, essai randomisé de 6 mois (40 hommes) : DHT du tissu prostatique −32 % (6,49 à 4,40 ng/g) ; finastéride, comparaison transversale (15 traités contre 7 témoins) : 1,05 contre 5,01 ng/g, soit environ −79 % (calcul de la page).
- 16Scaglione et al. — puissance de différentes marques d’extrait de Serenoa repens sur la 5-alpha-réductase (Pharmacology 2008)Autorité
La puissance des extraits apparaît très différente d’une marque à l’autre, de même que celle de deux lots différents du même extrait.
- 17Franco et al. — revue Cochrane, Serenoa repens et symptômes urinaires de l’hypertrophie bénigne de la prostate (2023)Autorité
27 études, 4 656 participants ; Serenoa seul contre placebo : score de symptômes −0,90 point à 3-6 mois (9 études, 1 681 participants, certitude élevée), 0,07 point à 12-17 mois (3 études, 898 participants) ; effets indésirables RR 1,01 (12 études, 2 399 participants, certitude modérée) ; conclusion : peu ou pas de bénéfice. La revue mesure des symptômes, pas la DHT.
- 18Carraro et al. — Permixon contre finastéride dans l’hypertrophie bénigne de la prostate, 1 098 hommes (Prostate 1996)Autorité
Essai randomisé en double aveugle de 6 mois, premier auteur du laboratoire Pierre Fabre : score de symptômes −37 % (Permixon 320 mg) et −39 % (finastéride 5 mg) ; PSA −41 % sous finastéride, inchangé sous Permixon ; moins de plaintes de baisse de libido et d’impuissance sous Permixon.
- 19Andriole et al. — doses croissantes de saw palmetto et antigène prostatique, essai CAMUS (J Urol 2013)Autorité
369 hommes, 72 semaines, 320 puis 640 puis 960 mg/j d’un extrait éthanolique (Prosta-Urgenin Uno, Rottapharm/Madaus) ; variation du PSA +0,23 ng/mL sous saw palmetto contre +0,16 sous placebo (p = 0,50) ; pas d’effet sur le PSA même à forte dose.
- 20huile de saw palmetto enrichie en bêta-sitostérol dans l’hypertrophie de la prostate, essai du fabricant — Sudeep et al. (BMC Urol 2020)Autorité
Essai randomisé en double aveugle, 3 groupes de 33 hommes, 12 semaines, 500 mg/j ; baisse du PSA rapportée avec l’huile enrichie par rapport au placebo ; auteurs du fabricant de l’huile.
- 21Agbabiaka et al. — Serenoa repens, revue systématique des effets indésirables (Drug Saf 2009)Autorité
40 publications (26 essais randomisés), recherche jusqu’en février 2008, produits au Serenoa seul ; effets indésirables légers et similaires au placebo : douleurs abdominales, diarrhée, nausées, fatigue, maux de tête, baisse de libido, rhinite ; décès et hémorragie cérébrale rapportés dans des cas isolés et des notifications spontanées, causalité douteuse ; aucune interaction médicamenteuse trouvée.
- 22Cheema et al. — hémorragie peropératoire associée au saw palmetto, cas clinique (J Intern Med 2001)Autorité
Hémorragie peropératoire sévère chez un patient prenant du saw palmetto ; temps de saignement allongé, normalisé quelques jours après l’arrêt ; selon le rapport d’évaluation de l’EMA : homme de 53 ans opéré d’une tumeur cérébrale, environ 2 litres de sang perdus.
- 23Jibrin et al. — pancréatite induite par le saw palmetto, cas clinique (South Med J 2006)Autorité
Homme de 55 ans : hépatite et pancréatite aiguës ; amélioration à l’arrêt et récidive à deux reprises à la reprise du produit.
- 24Lapi et al. — atteinte hépatique aiguë due au Serenoa repens, cas clinique (Br J Clin Pharmacol 2010)Autorité
Homme de 58 ans, une semaine d’un complément alimentaire à la dose du fabricant (900 mg d’extrait sec et 660 mg de poudre de baie par jour) : ALT 1 237 UI/L, bilan normalisé 10 jours après l’arrêt ; capsules analysées, sans contaminant ; imputabilité probable.
- 25Firenzuoli et al. — un syndrome post-Serenoa ? Série de cas d’effets sexuels et psychiatriques (Br J Clin Pharmacol 2026)Autorité
Cas recrutés via un forum italien consacré au syndrome post-finastéride ; doses de 120 à 900 mg/j ; symptômes sévères et persistants, durée moyenne 4,7 ans, rémission complète chez 3 patients seulement ; imputabilité jugée probable pour une partie des signalements (nombre total de cas non donné dans le résumé) ; symptômes plus sévères en association avec le finastéride.
- 26Miroddi et al. — bouffées de chaleur chez une jeune fille sous Serenoa repens (Pediatrics 2012)Autorité
Fille de 11 ans traitée pour un effluvium télogène par un complément contenant du Serenoa repens : bouffées de chaleur, imputabilité probable.
- 27Morabito et al. — Serenoa repens et perturbation endocrinienne chez une fillette de 10 ans (Pharmacology 2015)Autorité
Fillette de 10 ans traitée pour un hirsutisme : bouffées de chaleur, récidive à la reprise du produit.
- 28EMA — monographie européenne du fruit de Serenoa repens (HMPC, EMA/HMPC/280079/2013, 24 novembre 2015)Autorité
Usage médical bien établi : extrait à l’hexane (92 % d’acides gras), 320 mg/j, hypertrophie bénigne de la prostate ; usage traditionnel après exclusion d’affections graves par un médecin ; usage prolongé possible ; pas d’indication pertinente chez la femme, l’enfant et l’adolescent ; consulter en cas de fièvre, spasmes, sang dans les urines, miction douloureuse ou rétention ; quelques cas d’interactions suspectées avec la warfarine, hausse de l’INR ; fréquents : douleurs abdominales, maux de tête ; peu fréquents : nausées, hausse des transaminases, éruption, gynécomastie réversible ; aucun test de toxicité sur la reproduction, de génotoxicité ni de cancérogénicité ; mécanisme d’action inconnu ; revue périodique du 7 juillet 2021 sans révision.
- 29Permixon 160 mg, gélule — résumé des caractéristiques du produit (base de données publique des médicaments)Autorité
Autorisation du 14/01/1992, Pierre Fabre ; extrait à l’hexane, rapport 7-11:1 ; troubles mictionnels modérés de l’hypertrophie bénigne de la prostate chez l’homme adulte ; 2 gélules par jour, 6 mois au maximum ; non soumis à prescription, remboursé à 30 % ; grossesse sans objet ; aucune interaction pharmacocinétique attendue ; propriétés anti-inflammatoires, antiandrogènes (principalement par inhibition des 5-alpha-réductases) et antiprolifératives ; concentrations sanguines impossibles à déterminer ; gynécomastie réversible ; résumé mis à jour le 01/10/2025. Même extrait et même indication : Sereprosta 160 mg (autorisation du 02/03/1993), non remboursable.
- 30HAS — avis de la Commission de la transparence sur Permixon 160 mg (18 mars 2015)Autorité
Renouvellement d’inscription : service médical rendu modéré dans l’indication de l’autorisation, avec une durée maximale de traitement de 6 mois.
- 31ANSES — avis relatif aux avertissements des monographies européennes appliqués aux compléments alimentaires (saisine 2019-SA-0155, 19 avril 2023)Autorité
Serenoa repens : éviter chez la femme enceinte ou allaitante et avant 18 ans en l’absence de données ; ne pas consommer en cas de traitement anticoagulant (interactions suspectées avec la warfarine) ; éviter la prise à jeun ; nutrivigilance : 3 cas d’imputabilité vraisemblable, dont 1 avec un produit ne contenant que du Serenoa ; le dispositif a enregistré 6 530 déclarations tous produits confondus de 2009 à avril 2022, dont 3 560 avec au moins une plante ; pharmacovigilance : 13 cas vraisemblables, tous avec des médicaments au Serenoa seul.
- 32Légifrance — arrêté du 24 juin 2014 établissant la liste des plantes autorisées dans les compléments alimentairesAutorité
Serenoa repens, fruit, autorisé ; substances à surveiller : constituants lipoïdes ; mention obligatoire « Demander l’avis de votre médecin et/ou pharmacien » ; exclusion des préparations dont l’usage médical bien établi a été reconnu par l’Agence européenne des médicaments, dans les conditions de cet usage.
- 33EFSA — liste des allégations de santé botaniques en attente (référence 2341, Serenoa repens)Autorité
Allégation 2341 « Serenoa repens – santé de la prostate, pousse des cheveux » (soutient la pousse naturelle des cheveux chez l’homme) : en attente, jamais évaluée ; aucune allégation de santé autorisée pour le Serenoa repens.
- 34Règlement (CE) n° 1924/2006 — allégations nutritionnelles et de santé portant sur les denrées alimentairesAutorité
Les allégations de santé sont interdites sauf autorisation ; article 28, paragraphe 5 : les allégations en attente peuvent être utilisées sous la responsabilité des exploitants jusqu’à l’adoption de la liste.
- 35Légifrance — décret n° 2006-352 du 20 mars 2006 relatif aux compléments alimentairesAutorité
Article 8 : l’étiquetage, la présentation et la publicité des compléments alimentaires ne leur attribuent pas des propriétés de prévention, de traitement ou de guérison d’une maladie humaine, ni n’évoquent ces propriétés.
- 36AFU — recommandations 2025 sur le traitement non interventionnel des symptômes urinaires de l’hypertrophie bénigne de la prostateAutorité
Le Serenoa repens sous forme hexanique peut être proposé dans les symptômes faibles à modérés (grade C) ; l’hétérogénéité des procédés d’extraction ne permet pas d’extrapoler les résultats d’un médicament à un autre.
- 37Feifer et al. — exactitude des doses des compléments utilisés dans les maladies de la prostate (J Urol 2002)Autorité
Échantillons achetés en pharmacie et en magasin spécialisé, équipe de Toronto ; saw palmetto (6 échantillons) : de −97 % à +140 % de la dose annoncée, 3 échantillons contenant moins de 20 % de la dose ; certains échantillons ne contenaient pratiquement aucun actif.
- 38Booker et al. — comparaison phytochimique de produits à base de saw palmetto (J Pharm Pharmacol 2014)Autorité
57 produits de neuf pays, dont 46 dosés en chromatographie (19 au saw palmetto seul, 27 mélanges) ; apport quotidien en acides gras à la plus faible dose indiquée : 30,89 à 1 473,2 mg pour les produits au saw palmetto seul, 8,34 à 1 173,02 mg pour les mélanges ; seul marqueur officiel de qualité : acide laurique au moins 20 % des acides gras totaux (Pharmacopée européenne).
- 39NCCIH — Saw Palmetto: Usefulness and Safety (mise à jour avril 2025)Autorité
Prostate : probablement pas utile ; cheveux : preuves trop limitées pour conclure ; effets indésirables légers et peu fréquents ; pas d’effet sur le PSA ; peut être dangereux pendant la grossesse ou l’allaitement.
- 40Kanti et al. — recommandation européenne S3 sur l’alopécie androgénétique de la femme et de l’homme (EDF, J Eur Acad Dermatol Venereol 2018)Autorité
Serenoa repens oral : résultats inférieurs au finastéride oral ; aucune recommandation pour ou contre ; finastéride 1 mg recommandé chez l’homme, non suggéré chez la femme ménopausée ; minoxidil topique recommandé chez l’homme et la femme ; revue de la littérature antérieure aux essais de 2023-2026.
- 41FDA — notice de Propecia (finastéride 1 mg), études cliniquesAutorité
DHT sanguine −65 % en 24 heures avec 1 mg ; panel indépendant de photos en aveugle : augmentation des cheveux chez 48 % des hommes à 12 mois et 66 % à 2 ans, contre 7 % sous placebo ; 137 femmes ménopausées : aucune efficacité démontrée.
- 42Kaufman et al. — finastéride chez l’homme atteint d’alopécie androgénétique (J Am Acad Dermatol 1998)Autorité
Deux essais d’un an, 1 553 hommes de 18 à 41 ans, 1 215 poursuivis une deuxième année ; +107 et +138 cheveux contre placebo à 1 et 2 ans sur 5,1 cm² du vertex.
- 43Olsen et al. — minoxidil topique 5 % contre 2 % et placebo chez l’homme (J Am Acad Dermatol 2002)Autorité
393 hommes, 48 semaines (157 sous 5 %, 158 sous 2 %, 78 sous placebo) ; le 5 % donne 45 % de repousse en plus que le 2 % à 48 semaines.
- 44Bergfeld et al. — mousse de minoxidil à 5 % contre excipient chez la femme, essai de phase 3 (J Drugs Dermatol 2016)Autorité
Essai randomisé en double aveugle contre excipient, 404 femmes, 24 semaines, une application par jour ; 9,1 cheveux/cm² de plus que l’excipient à 24 semaines ; couverture du cuir chevelu améliorée selon les patientes et le panel d’experts.
- 45van Zuuren et al. — revue Cochrane des traitements de l’alopécie féminine (2016)Autorité
47 essais, 5 290 participantes ; minoxidil : repousse modérée à marquée selon les participantes 157/593 contre 77/555 sous placebo (RR 1,93, preuve de qualité modérée), confirmée par les investigateurs (7 études, 1 181 participantes, RR 2,35) ; +13,18 cheveux/cm² (preuve de faible qualité) ; pas de différence entre 2 % et 5 % ; finastéride 1 mg : 30/67 contre 33/70, pas mieux que le placebo.
- 46Milani et al. — complément associé aux traitements de l’alopécie androgénétique, essai multicentrique de 225 patients (J Cosmet Dermatol 2025)Autorité
Essai randomisé, évaluateur en aveugle, sans placebo : traitement médicamenteux (surtout minoxidil topique et finastéride oral) avec ou sans complément AGA-P (Serenoa repens, Cucurbita pepo, L-cystine, vitamine C), 6 mois ; 106 contre 119 patients ; « grande amélioration » 36,5 % contre 25 % (p = 0,04) ; auteurs du service médical de Cantabria Labs Difa Cooper, qui commercialise le produit.
- 47JAMA Dermatology — revue systématique des compléments nutritionnels contre la chute de cheveux (2023)Autorité
30 publications dont 17 essais randomisés, chez des personnes sans carence connue ; preuves de meilleure qualité pour Viviscal, Nourkrin, Nutrafol, Lamdapil, Pantogar et quelques nutriments (zinc, tocotriénol, huile de pépins de courge) ; les essais de Prager (2002) et de Rossi (2012) figurent dans la bibliographie ; effets indésirables rares et légers.
- 48Base de données publique des médicaments — fiches minoxidil 2 % (Alopexy) et finastéride 1 mgAutorité
Minoxidil 2 % : chute de cheveux modérée de l’adulte, homme ou femme, sans ordonnance, non remboursable ; minoxidil 5 % : réservé à l’homme en raison des hypertrichoses chez la femme ; finastéride 1 mg (Finastéride Biogaran 1 mg) : homme de 18 à 41 ans, liste I, attestation d’information co-signée chaque année par le médecin et le patient, contre-indiqué chez la femme, non remboursable.
Patients de Canada (Québec)
Préparer votre soin — Canada (Québec)
Voyage vers Istanbul
- Repère de départ : Montréal-Trudeau (YUL)
- Vérifiez les horaires, escales et conditions de modification avec votre transporteur. Le calendrier doit prévoir les contrôles médicaux avant le retour.
- Les formalités dépendent notamment de votre nationalité et de votre document de voyage. Consultez les informations officielles d’entrée en Turquie avant de réserver.
Comparer votre budget en CAD
Faites préciser la devise de facturation. Si une conversion est nécessaire, utilisez un taux daté et ajoutez les frais de paiement.
- Comparez les mêmes actes, dispositifs et étapes de traitement.
- Ajoutez les frais de voyage, les nuits et le suivi non inclus.
- Identifiez les dépenses qui restent à confirmer avant votre décision.
Suivi et urgences — Canada (Québec)
Demandez le contact médical et les modalités d’un examen après le retour. En cas de symptôme urgent, contactez les services de soins locaux sans attendre une réponse de coordination à distance. Conservez vos comptes rendus et les références des dispositifs éventuellement posés.
Sécurité sociale & couverture
Interrogez votre organisme de couverture (RAMQ (Régie de l'assurance maladie)) et votre assurance avant de réserver. Demandez une réponse écrite pour les actes programmés en Turquie, les autorisations éventuelles et les exclusions. Une facture ne garantit pas une participation. Les règles françaises citées dans l’article ne déterminent pas votre couverture locale.
Ces repères pour Canada (Québec) complètent l’article de référence. Votre situation administrative, l’indication médicale, le devis et le suivi doivent être confirmés individuellement.
Questions fréquentes
Quels sont les bienfaits du saw palmetto pour les cheveux ?
Ils sont possibles mais faiblement démontrés. Dans le seul essai face au finastéride (Rossi et al., 2012, 100 hommes, randomisé mais ouvert, sans placebo), 38 % des hommes se sont légèrement améliorés sur photos après deux ans d’un extrait de Serenoa repens à 320 mg/jour, contre 68 % sous finastéride 1 mg. Deux essais récents contre placebo (Sudeep 2023, Ablon 2025-2026) rapportent un petit gain de densité, mais ils sont courts, petits et liés aux fabricants.
Le saw palmetto est-il un bloqueur de DHT ?
En laboratoire, il inhibe la 5-alpha-réductase, mais à des concentrations environ 5 600 fois plus fortes que le finastéride. Chez l’homme, l’extrait de référence à 320 mg/jour n’a pas fait baisser la DHT sanguine en une semaine, quand le finastéride 5 mg l’abaissait de 52 à 60 % (Strauch et al., 1994), ni en deux ans (Pytel et al., 2002). Une petite étude ouverte a en revanche trouvé moins de DHT dans le tissu prostatique (Di Silverio et al., 1998). La monographie européenne écrit que son mécanisme d’action « n’est pas connu » : le présenter comme un bloqueur de DHT équivalent au finastéride n’est pas conforme aux mesures.
Quels sont les avis sur le saw palmetto pour les cheveux ?
Les avis d’utilisateurs sont partagés ; les avis d’experts sont prudents. La recommandation européenne S3 (EDF, 2018, antérieure aux essais récents) ne se prononce ni pour ni contre et note des résultats inférieurs au finastéride. Le centre américain NCCIH juge les preuves « trop limitées pour conclure ». La revue systématique de 2020 (9 publications, 381 patients) y voit une option possible, faute de mieux, et réclame de grands essais consacrés au saw palmetto seul.
Quels sont les effets secondaires du saw palmetto ? Fait-il tomber les cheveux ?
Les effets connus sont surtout digestifs (douleurs abdominales, nausées), avec aussi des maux de tête ; la hausse des enzymes du foie, l’éruption cutanée et la gynécomastie réversible sont peu fréquentes, selon la monographie européenne. Face au placebo, la revue Cochrane 2023 ne trouve pas plus d’effets indésirables (risque relatif 1,01). Des saignements, hépatites et pancréatites ont été rapportés dans des cas isolés. Aucun des essais capillaires cités ne rapporte de chute de cheveux provoquée par le produit.
Le palmier nain est-il bon pour les femmes ?
Aucune preuve ne le montre. Le « palmier nain » des compléments est le palmier de Floride (Serenoa repens). Aucun essai n’a été consacré au saw palmetto seul chez la femme : les seules données viennent de petits sous-groupes d’essais mixtes, liés aux fabricants, et l’Agence européenne des médicaments ne lui reconnaît aucune indication chez la femme. L’ANSES recommande de l’éviter pendant la grossesse, l’allaitement et avant 18 ans. Pour une chute androgénétique féminine, le minoxidil 2 % est le traitement autorisé et le mieux étudié.
Peut-on prendre du saw palmetto enceinte ou en allaitant ?
Non. L’ANSES recommande d’éviter les compléments au saw palmetto chez la femme enceinte ou allaitante, en l’absence de données ; la monographie européenne précise qu’aucun test de toxicité sur la reproduction n’a été réalisé, et le NCCIH indique qu’il peut être dangereux pendant la grossesse et l’allaitement. Le produit est présenté comme antiandrogène, ce qui pose une question théorique pour un fœtus masculin.
Combien de temps faut-il pour voir un effet du saw palmetto sur les cheveux ?
Les essais ont duré de 16 semaines à 24 mois ; aucun ne fixe de délai d’action établi. Si vous l’essayez, prenez des photos standardisées au départ et réévaluez au bout de six mois environ. Sans changement, rien dans les études ne justifie de continuer indéfiniment.
Saw palmetto et Permixon, est-ce la même chose ?
C’est le même fruit, pas le même produit. Le Permixon est un médicament autorisé depuis 1992, contenant un extrait à l’hexane de 160 mg (2 gélules par jour, 6 mois au maximum en France), indiqué uniquement dans les troubles urinaires de l’hypertrophie bénigne de la prostate ; il se délivre sans ordonnance, mais n’est remboursé que prescrit. Un complément « saw palmetto » peut contenir de la poudre de fruit ou un autre extrait, à une dose choisie par le fabricant. Aucun des deux n’est autorisé pour les cheveux.
Le saw palmetto est-il remboursé ?
Les compléments alimentaires ne sont jamais remboursés. Le Permixon est remboursé à 30 % sur prescription, avec un service médical rendu « modéré » (HAS, 18 mars 2015), mais seulement dans son indication prostatique ; le même extrait vendu sous le nom Sereprosta n’est pas remboursable. Pour les cheveux, il s’agirait d’un usage hors indication.
Peut-on prendre du saw palmetto avec le finastéride ou le minoxidil ?
Aucun essai n’a testé le saw palmetto seul en association. Un essai du fabricant (225 personnes, évaluateur en aveugle, sans placebo) a ajouté au minoxidil ou au finastéride un complément associant Serenoa, courge, L-cystine et vitamine C : « grande amélioration » chez 36,5 % contre 25 % (Milani 2025). À l’inverse, une série de cas rapporte des symptômes plus sévères quand saw palmetto et finastéride étaient associés. Parlez-en au médecin qui suit votre traitement.
Quelle dose de saw palmetto pour les cheveux ?
Aucune dose n’est validée pour les cheveux. L’essai face au finastéride utilisait 320 mg/jour d’un extrait non précisé, la dose européenne de l’extrait à l’hexane pour la prostate ; les essais récents ont utilisé 100 à 160 mg/jour d’extraits standardisés. Plus que le chiffre en milligrammes, vérifiez le type d’extrait et le pourcentage d’acides gras : pour les produits au saw palmetto seul, l’apport quotidien en acides gras allait de 31 à 1 473 mg selon une analyse de 46 produits.
Le saw palmetto fait-il baisser la libido ?
Parfois : la baisse de libido figure parmi les effets indésirables les plus souvent rapportés, qui restent peu fréquents et comparables au placebo. Dans l’essai de 1 098 hommes comparant Permixon et finastéride pour la prostate, le Permixon a entraîné moins de plaintes de baisse de libido et d’impuissance (Carraro et al., 1996). Une série de cas publiée en 2026 décrit toutefois des troubles sexuels persistants chez certains utilisateurs, sans qu’on puisse en estimer la fréquence.
Aller plus loin
Le traitement de référence face auquel le saw palmetto a été comparé.
Pourquoi tant d’hommes cherchent une alternative.
Les deux traitements de référence, chiffres à l’appui.
Le classement des options selon le niveau de preuve.
Ce que valent les autres compléments « cheveux ».
Le bilan sanguin à faire avant tout complément.
Une option antiandrogène féminine, ses preuves et ses limites.
Les options évaluées après la ménopause.
Trichoscopie et bilan : identifier la cause avant de traiter.
Pourquoi les cheveux non greffés continuent d’évoluer.