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Quelle carence provoque la chute des cheveux ? Ce que dit le bilan

La ferritine est le dosage le plus prescrit dans les chutes de cheveux. L'étude contrôlée de référence la trouve plus souvent basse chez les femmes sans chute que chez celles qui consultent.

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Infographie montrant que la carence en fer était plus fréquente chez les femmes témoins sans chute de cheveux que chez les patientes atteintes d'alopécie féminine ou d'effluvium télogène chronique

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Kaan
Dermatology
Dernière révision : 22 août 2026

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« Quelle carence provoque la chute des cheveux ? » est une question posée à l'envers, et c'est ce qui la rend difficile. Elle suppose qu'une chute a une cause nutritionnelle qu'un dosage révélerait. Les études contrôlées disent autre chose : certaines carences sont fréquentes sans être en cause, une seule montre une association robuste, et deux compléments largement vendus font tomber les cheveux à dose excessive. Cette page trie.

Quelle carence provoque la chute des cheveux ?

Une carence sévère et documentée peut retentir sur le cheveu — mais dans la majorité des chutes, la carence retrouvée est une coïncidence, pas une cause.

Le raisonnement à tenir est celui de tout examen complémentaire : trouver une anomalie ne prouve pas qu'elle explique le symptôme. Le follicule pileux est une structure à renouvellement cellulaire rapide, donc sensible aux déficits ; mais la fréquence des carences en population générale est telle qu'on en trouve chez la majorité des gens si l'on cherche assez bas. Le tableau ci-dessous résume l'état des preuves micronutriment par micronutriment.

MicronutrimentAssociation démontrée avec la chute ?Dosage recommandé par les auteurs ?
Fer / ferritineContestée — non retrouvée dans l'étude contrôlée de référenceOui en pratique, mais l'interprétation demande de la prudence
Vitamine DOui, association robuste sur 23 étudesOui : dépistage et supplémentation recommandés
ZincDonnées non homogènesNon pour l'alopécie androgénétique et l'effluvium télogène
BiotineNon chez les personnes non carencéesNon — et le dosage lui-même perturbe d'autres analyses
Vitamine B12 / folatesNon retrouvéeNon — données insuffisantes
Vitamine EDonnées contradictoiresNon
SéléniumUniquement en excès (toxicité)Non
Vitamine AUniquement en excèsNon

Le manque de fer est-il vraiment la cause numéro un ?

C'est l'hypothèse la plus répandue, et c'est celle qu'une étude contrôlée a le plus directement démentie.

L'étude a comparé 381 femmes caucasiennes suivies pour alopécie féminine ou effluvium télogène chronique à 76 femmes témoins sans antécédent ni signe de chute. Toutes avaient au minimum une ferritine, une hémoglobine et un statut ménopausique documenté.

Seuil de ferritineStatutAlopécie féminineEffluvium chroniqueTémoins
≤ 15 µg/LPréménopause12,4 % (n=170)12,1 % (n=58)29,8 % (n=47)
Postménopause1,7 % (n=115)10,5 % (n=38)6,9 % (n=29)
≤ 40 µg/LPréménopause58,8 %63,8 %72,3 %
Postménopause26,1 %36,8 %20,7 %

La lecture est frappante : chez les femmes préménopausées, la carence martiale était plus fréquente dans le groupe témoin que dans les deux groupes avec chute de cheveux, quel que soit le seuil retenu. Les auteurs concluent que la carence en fer est fréquente chez la femme mais pas augmentée en cas d'alopécie féminine ou d'effluvium chronique.

Une réserve doit accompagner ce résultat, et les auteurs la posent eux-mêmes : l'étude ne dit rien de l'effet de la correction d'une carence sur la chute. Une méthodologie contestée par d'autres auteurs, qui estiment que les données montraient bien des différences chez les préménopausées, alimente d'ailleurs un débat toujours ouvert.

Schéma expliquant l'interférence de la biotine avec les immunodosages fondés sur le couple biotine-streptavidine, à l'origine de résultats faussement hauts ou faussement bas

Quel seuil de ferritine faut-il retenir ?

Il n'y en a pas un : les définitions publiées vont de 15 à 70 µg/L, et cet écart explique à lui seul une bonne partie des désaccords.

La revue de référence sur le sujet indique que les définitions de la carence s'échelonnent de ≤ 15 à < 70 µg/L selon les publications. Les seuils cités par les auteurs qui recommandent une correction en cas de chute sont plutôt de l'ordre de 40, voire 70 µg/L pour espérer faire régresser un effluvium télogène sévère — c'est-à-dire très au-dessus du seuil biologique de la carence martiale au sens hématologique.

La conséquence pratique est directe : un même résultat de laboratoire peut être qualifié de « normal » ou de « carence » selon le seuil choisi par celui qui l'interprète. Un patient à qui l'on annonce « votre ferritine est basse » devrait toujours demander basse par rapport à quel seuil, et issu de quelle source.

Faut-il se supplémenter en fer sans carence avérée ?

Non. Le consensus des auteurs porte sur la supplémentation des patients qui ont à la fois une carence documentée et une chute — pas sur une supplémentation systématique.

La distinction n'est pas théorique. Le fer est un élément dont la surcharge est toxique et dont l'absorption n'est pas régulée à la baisse aussi efficacement que celle d'autres nutriments. Une supplémentation « au cas où », prolongée, chez une personne non carencée, n'a aucun bénéfice attendu sur le cheveu et n'est pas anodine.

La vitamine D joue-t-elle un rôle réel ?

C'est le micronutriment dont l'association est la mieux établie — et la seule pour laquelle un dépistage est explicitement recommandé.

Une méta-analyse a regroupé 23 études, 3 374 patients atteints d'alopécie non cicatricielle (pelade, alopécie féminine, alopécie androgénétique, effluvium télogène) et 7 296 témoins sains.

CritèreRésultatHétérogénéité
Taux sérique de 25(OH)DAbaissé de 7,29 ng/mL (IC 95 % −9,21 à −5,38)I² = 95 %
Incidence de la carence en vitamine DOR 3,11 (IC 95 % 2,29–4,22)I² = 0 %

Le contraste d'hétérogénéité entre les deux lignes mérite attention : le taux varie énormément d'une étude à l'autre (I² = 95 %), alors que le fait d'être carencé est retrouvé de façon parfaitement homogène (I² = 0 %). C'est le résultat le plus robuste de toute cette page.

Une revue antérieure allait dans le même sens sur la pelade, avec des taux inférieurs de 8,52 ng/dL par rapport aux témoins, et une étude rapportant 17,86 ng/mL chez les patients contre 30,65 ng/mL chez les témoins. Le dépistage et la supplémentation y sont recommandés.

Une précaution d'interprétation s'impose néanmoins : une association n'établit pas un sens de causalité. Un taux bas peut être un marqueur d'un état général ou d'un mode de vie plutôt qu'une cause directe de la chute.

Faut-il doser le zinc ?

Pas dans l'alopécie androgénétique ni dans l'effluvium télogène : les données ne sont pas homogènes et le dépistage n'y est pas recommandé.

Une étude a retrouvé des taux bas de zinc dans la pelade et l'effluvium télogène, avec une correction proposée en dessous de 70 µg/dL. Mais deux autres études, iranienne et finlandaise, n'ont montré aucune corrélation significative avec la pelade. Et pour cette dernière, les essais en double aveugle évaluant une supplémentation en zinc font défaut.

Autrement dit, le zinc figure sur presque tous les bilans « cheveux » vendus en ligne alors que la littérature ne le recommande pas dans les deux causes les plus fréquentes de chute.

La biotine sert-elle à quelque chose ?

Chez une personne qui mange normalement, non — et une revue de référence indique qu'une carence sévère en biotine chez un sujet sain à alimentation normale n'a jamais été rapportée.

Trois publications résument la situation, et elles ne se contredisent pas :

  • Une étude portant sur des femmes se plaignant de chute de cheveux a retrouvé une carence en biotine chez 38 % d'entre elles. Mais seulement 11 % des patientes carencées avaient un facteur de risque identifiable à l'interrogatoire — et l'auteur conclut explicitement que l'habitude de traiter les femmes se plaignant de chute par une supplémentation orale indiscriminée en biotine doit être rejetée, sauf si la carence et sa pertinence pour la plainte ont été démontrées.
  • Une revue systématique des cas et essais publiés n'a retrouvé que 18 cas documentés d'usage de la biotine pour des anomalies des cheveux ou des ongles. Dans tous les cas, il existait une pathologie sous-jacente expliquant la mauvaise pousse ; tous se sont améliorés. Les auteurs concluent que ces situations sont rares et que les preuves manquent chez les personnes en bonne santé.
  • La revue de référence sur les micronutriments conclut que la supplémentation en biotine n'est pas soutenue par la littérature pour traiter une alopécie androgénétique ou un effluvium télogène.

Pourquoi la biotine est-elle un problème pour les analyses de sang ?

Parce qu'elle fausse de nombreux immunodosages, et que cette interférence a déjà été mortelle. C'est l'information la plus importante de cette page, et elle est absente de la quasi-totalité des sites qui vendent des compléments capillaires.

Le mécanisme est simple : beaucoup de tests de laboratoire reposent sur la liaison entre la biotine et la streptavidine pour capturer les anticorps. Une biotine présente en excès dans l'échantillon du patient entre en compétition avec ce système et fausse le résultat — vers le haut ou vers le bas selon le test.

ÉlémentCe qui est documenté
Tests concernésImmunodosages utilisant le couple biotine-streptavidine : troponines cardiaques, TSH, et beaucoup d'autres
Sens de l'erreurRésultats faussement hauts ou faussement bas selon le dosage
Événement le plus grave rapportéUn décès après une troponine faussement basse ayant conduit à méconnaître un infarctus
Statut de l'alerteCommunication de sécurité émise en 2017, réactualisée en 2019 parce que les signalements continuaient

La conduite pratique qui en découle est simple et devrait être systématique : signaler toute prise de biotine avant une prise de sang, y compris lorsqu'elle provient d'un complément « cheveux et ongles » acheté sans ordonnance et qui n'est pas perçu comme un médicament.

Faut-il arrêter les compléments avant un bilan ?

La question ne se limite pas à la biotine, mais c'est elle qui pose le problème le plus grave — et le délai à respecter n'est pas standardisé.

Deux réalités s'ajoutent. D'une part, la biotine est présente non seulement dans les compléments capillaires mais aussi dans de nombreuses multivitamines, y compris prénatales, à des concentrations suffisantes pour fausser des dosages. D'autre part, un patient ne pense pas à déclarer un complément acheté en parapharmacie parce qu'il ne le perçoit pas comme un médicament.

Deux conduites suffisent à couvrir le risque sans avoir besoin d'un délai précis : déclarer systématiquement tout complément, sans exception, et le signaler à nouveau au laboratoire au moment du prélèvement — c'est le laboratoire, et non le prescripteur, qui sait si le dosage utilisé est sensible à cette interférence. En situation d'urgence cardiaque, l'information doit être donnée immédiatement, puisque c'est précisément la troponine qui est concernée.

L'acide folique et la vitamine B12 ont-ils un intérêt ?

Aucune donnée ne le soutient dans les chutes courantes.

Plusieurs études n'ont retrouvé aucune différence significative des taux sériques de folates et de vitamine B12 entre patients atteints de pelade et témoins sains. Dans une étude portant sur l'effluvium télogène, seuls 2,6 % des sujets présentaient une carence en vitamine B12 et aucun une carence en folates. Les auteurs de la revue de référence estiment que le manque d'études étendues empêche toute recommandation de dépistage ou de supplémentation en vitamines du groupe B.

La réponse à « devrais-je prendre de l'acide folique pour mes cheveux ? » est donc : rien ne le justifie chez une personne sans carence documentée ni situation particulière — la grossesse relevant, elle, d'une logique entièrement différente et non capillaire.

Un complément alimentaire peut-il faire tomber les cheveux ?

Oui, et deux substances vendues librement sont explicitement en cause à dose excessive. C'est le renversement le plus utile de cette page : on cherche la carence qui fait tomber, on trouve l'excès.

SubstanceSeuil de vigilanceCe qui est décrit
Vitamine AApport maximal tolérable chez l'adulte : 10 000 UI/jourL'excès ou la sursupplémentation peut provoquer une chute de cheveux ; un cas décrit une alopécie fronto-centrale non cicatricielle avec ongles dystrophiques et éruption cutanée chez une personne de 60 ans sursupplémentée
SéléniumToxicité possible au-delà de 400 µg/jourUn incident de surdosage impliquant un complément contenant 200 fois la concentration annoncée a entraîné une chute de cheveux sévère chez la plupart des personnes exposées

Ces deux lignes suffisent à justifier une règle simple : additionner plusieurs compléments « cheveux » multiplie le risque de dépasser un seuil sans le savoir, puisque les mêmes vitamines figurent dans plusieurs formules. L'association d'un complément capillaire, d'un multivitamine et d'une cure saisonnière est un scénario banal de sursupplémentation.

Quel bilan sanguin est raisonnable devant une chute de cheveux ?

Un bilan orienté par l'interrogatoire et l'examen, et non un panneau « cheveux » standardisé vendu en ligne.

Ce que la littérature soutient, en synthèse : un dépistage de la carence en vitamine D, une évaluation du statut martial interprétée avec ses limites, et la recherche d'une cause générale lorsque le contexte l'oriente — dysthyroïdie, syndrome inflammatoire, perte de poids récente, régime restrictif, post-partum, médicament nouvellement introduit. Ce que la littérature ne soutient pas : le dosage systématique du zinc, des vitamines du groupe B, de la vitamine E ou du sélénium dans une alopécie androgénétique ou un effluvium télogène ordinaire.

Il faut par ailleurs rappeler que ces examens ne diagnostiquent pas la cause de la chute : ils cherchent des facteurs associés. Le diagnostic repose sur l'examen clinique et la trichoscopie, pas sur une prise de sang.

Un régime restrictif peut-il faire tomber les cheveux ?

Oui, mais rarement par le mécanisme auquel on pense. Ce n'est pas la carence isolée en un micronutriment qui domine, c'est le déficit énergétique et protéique global associé à une perte de poids rapide, qui bascule une proportion inhabituelle de follicules en phase télogène.

La chronologie est caractéristique et permet souvent de faire le diagnostic sans aucun dosage : la chute survient deux à trois mois après l'événement déclenchant, elle est diffuse, elle porte sur des cheveux de calibre normal, et elle régresse spontanément lorsque l'apport redevient suffisant. Un effluvium qui suit ce profil ne demande pas un bilan élargi, il demande de reconnaître le déclencheur.

Quand la carence n'est-elle pas la bonne réponse ?

Dans la cause de chute la plus fréquente : l'alopécie androgénétique.

C'est le point où la logique nutritionnelle se heurte à la biologie. Une alopécie androgénétique est un processus de miniaturisation folliculaire d'origine hormonale et génétique. Corriger une carence n'y change pas le mécanisme — et les traitements dont l'efficacité est établie par méta-analyse en réseau ne sont pas des nutriments mais des molécules agissant sur ce mécanisme, avec un bénéfice suspensif qui se perd à l'arrêt.

Deux repères permettent de s'orienter sans dosage. Une chute diffuse, de calibre homogène, survenue après un déclencheur, et qui régresse évoque un effluvium — c'est là que le contexte nutritionnel a du sens. Une chute localisée aux golfes ou au vertex, avec des cheveux de calibres inégaux, progressive et sans déclencheur évoque une alopécie androgénétique — et aucune supplémentation ne l'arrêtera.

Sources et références

  1. 1
    Olsen EA, Reed KB, Cacchio PB, Caudill L — Iron deficiency in female pattern hair loss, chronic telogen effluvium, and control groups. J Am Acad Dermatol. 2010;63(6):991-999Autorité

    Étude contrôlée : 381 femmes caucasiennes de 18 ans et plus avec alopécie féminine ou effluvium télogène chronique vs 76 témoins sans chute. Ferritine ≤ 15 µg/L — préménopause : 12,4 % (alopécie féminine, n=170), 12,1 % (effluvium chronique, n=58), 29,8 % (témoins, n=47) ; postménopause : 1,7 % (n=115), 10,5 % (n=38), 6,9 % (n=29). Ferritine ≤ 40 µg/L — préménopause : 58,8 %, 63,8 %, 72,3 % ; postménopause : 26,1 %, 36,8 %, 20,7 %. Aucune augmentation statistiquement significative de la carence martiale chez les patientes par rapport aux témoins. Limite reconnue : l'effet de la correction de la carence sur la chute reste inconnu.

  2. 2
    Almohanna HM, Ahmed AA, Tsatalis JP, Tosti A — The Role of Vitamins and Minerals in Hair Loss: A Review. Dermatol Ther (Heidelb). 2019;9(1):51-70Autorité

    Revue de référence. Fer : définitions de la carence de ≤ 15 à < 70 µg/L selon les publications ; seuils de 40 voire 70 ng/mL proposés pour faire régresser un effluvium télogène sévère ; consensus limité à la supplémentation des patients ayant à la fois carence et chute ; Deo et al. ne retrouvent une ferritine basse que dans 6,7 % des effluviums, sans significativité. Vitamine D : taux inférieurs de 8,52 ng/dL dans la pelade en méta-analyse ; 17,86 ng/mL chez les patients contre 30,65 ng/mL chez les témoins dans une étude ; dépistage et supplémentation recommandés. Zinc : données non homogènes, correction proposée sous 70 µg/dL dans une étude, absence de corrélation dans deux autres ; dépistage non recommandé dans l'effluvium télogène et l'alopécie androgénétique ; essais en double aveugle manquants dans la pelade. Biotine : carence sévère jamais rapportée chez un sujet sain à alimentation normale ; supplémentation non soutenue par la littérature pour l'alopécie androgénétique ou l'effluvium ; interférence documentée avec les dosages, dont un décès par troponine faussement basse. Vitamine A : apport maximal tolérable 10 000 UI/jour, l'excès provoque une chute ; cas d'alopécie fronto-centrale non cicatricielle avec ongles dystrophiques et éruption. Sélénium : toxicité possible au-delà de 400 µg/jour ; surdosage à 200 fois la concentration annoncée ayant entraîné une chute sévère. Vitamine E : données contradictoires, aucune recommandation. B12 et folates : pas de différence significative dans la pelade ; 2,6 % de carence en B12 et aucune en folates dans une étude d'effluvium ; données insuffisantes pour recommander un dépistage.

  3. 3
    Chen Y, Dong X, Wang Y, Li Y, Xiong L, Li L — Serum 25 hydroxyvitamin D in non-scarring alopecia: A systematic review and meta-analysis. J Cosmet Dermatol. 2024;23(4):1131-1140Autorité

    23 études, 3 374 patients atteints d'alopécie non cicatricielle (pelade, alopécie féminine, alopécie androgénétique, effluvium télogène) et 7 296 témoins sains. Taux sérique de 25(OH)D abaissé : différence moyenne pondérée −7,29 (IC 95 % −9,21 à −5,38), hétérogénéité I² = 95 %. Incidence de carence en vitamine D augmentée : OR 3,11 (IC 95 % 2,29–4,22), hétérogénéité I² = 0 %. Les auteurs suggèrent que la supplémentation et la surveillance de la carence peuvent être utiles.

  4. 4
    Trüeb RM — Serum Biotin Levels in Women Complaining of Hair Loss. Int J Trichology. 2016;8(2):73-77Autorité

    Carence en biotine retrouvée chez 38 % des femmes se plaignant de chute de cheveux. Parmi celles présentant un effluvium télogène diffus au trichogramme (24 %), 35 % avaient une dermatite d'allure séborrhéique associée. Seules 11 % des patientes carencées avaient un antécédent personnel de facteur de risque de carence en biotine. L'auteur conclut que l'habitude de traiter de manière indiscriminée les femmes se plaignant de chute par une supplémentation orale en biotine doit être rejetée, sauf démonstration de la carence et de sa pertinence individuelle.

  5. 5
    Patel DP, Swink SM, Castelo-Soccio L — A Review of the Use of Biotin for Hair Loss. Skin Appendage Disord. 2017;3(3):166-169Autorité

    Revue systématique des cas et essais publiés : 18 cas d'usage de biotine pour des anomalies des cheveux ou des ongles. Dans tous les cas, il existait une pathologie sous-jacente expliquant la mauvaise pousse, et tous se sont améliorés. Les auteurs concluent que ces situations sont peu fréquentes et qu'il manque des preuves suffisantes pour une supplémentation chez les personnes en bonne santé.

  6. 6
    Rushton DH — Nutritional factors and hair loss. Clin Exp Dermatol. 2002;27(5):396-404Autorité

    Analyse des facteurs nutritionnels dans la chute de cheveux, en particulier du statut martial chez la femme : l'auteur défend des seuils de ferritine plus élevés que ceux de la carence hématologique classique pour les patientes présentant une chute, position à l'origine d'un débat toujours ouvert avec les travaux ne retrouvant pas d'association.

  7. 7
    Guo EL, Katta R — Diet and hair loss: effects of nutrient deficiency and supplement use. Dermatol Pract Concept. 2017;7(1):1-10Autorité

    Revue sur alimentation et chute de cheveux : les carences nutritionnelles peuvent retentir sur la structure et la croissance du cheveu, mais la supplémentation en l'absence de carence documentée n'a pas démontré de bénéfice, et certains apports excessifs — notamment vitamine A et sélénium — sont eux-mêmes une cause de chute.

  8. 8
    U.S. Food and Drug Administration — Biotin Interference with Troponin Lab Tests: Assays Subject to Biotin Interference (mise à jour de la communication de sécurité de 2017)Autorité

    La biotine, fréquemment présente dans les compléments alimentaires, peut interférer significativement avec certains tests de laboratoire et produire des résultats erronés susceptibles de passer inaperçus. Depuis la communication de sécurité de 2017, certains fabricants ont corrigé l'interférence de leurs dosages, d'autres non ; l'agence continue de recevoir des signalements d'événements indésirables liés à des résultats de troponine faussement bas et publie la liste des dosages de troponine encore concernés. Les compléments pour cheveux, peau et ongles ainsi que les multivitamines, y compris prénatales, contiennent de la biotine à des concentrations pouvant fausser les analyses.

  9. 9
    Gupta AK et al. — Relative Efficacy of Minoxidil and the 5-α Reductase Inhibitors in Androgenetic Alopecia Treatment of Male Patients: A Network Meta-analysis. JAMA Dermatol. 2022;158(3):266-274Autorité

    Méta-analyse en réseau des traitements de l'alopécie androgénétique masculine : les traitements dont l'efficacité est établie sont des molécules agissant sur le mécanisme hormonal de la miniaturisation folliculaire — dutastéride 0,5 mg, finastéride 1 mg, minoxidil — et non des apports nutritionnels ; leur bénéfice est suspensif.

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Questions fréquentes

Quelle carence provoque la chute des cheveux ?
Aucune ne l'explique à elle seule dans la majorité des cas. La seule dont l'association soit robuste est la vitamine D : une méta-analyse de 23 études, 3 374 patients et 7 296 témoins retrouve un taux sérique abaissé de 7,29 ng/mL et un risque de carence multiplié par 3,11. Le fer, pourtant le plus recherché, n'a pas montré d'augmentation significative dans l'étude contrôlée de référence. Zinc, biotine, B12, folates et vitamine E ne font l'objet d'aucune recommandation de dépistage dans les chutes courantes.
Le manque de fer fait-il tomber les cheveux ?
L'étude contrôlée de référence ne le confirme pas. Sur 381 femmes avec alopécie féminine ou effluvium télogène chronique et 76 témoins, la carence martiale définie par une ferritine ≤ 15 µg/L touchait 12,4 % et 12,1 % des patientes préménopausées contre 29,8 % des témoins ; au seuil de 40 µg/L, 58,8 % et 63,8 % contre 72,3 %. Les auteurs concluent que la carence en fer est fréquente chez la femme mais pas augmentée en cas de chute. Ils précisent cependant que l'effet d'une correction sur la chute reste inconnu.
Quel seuil de ferritine faut-il viser en cas de chute de cheveux ?
Il n'existe pas de seuil consensuel : les définitions publiées de la carence s'échelonnent de 15 à 70 µg/L. Les auteurs qui recommandent une correction en cas d'effluvium télogène sévère citent plutôt 40, voire 70 µg/L — bien au-dessus du seuil hématologique de la carence martiale. Un même résultat peut donc être qualifié de normal ou de carencé selon le seuil retenu par celui qui l'interprète.
La vitamine D a-t-elle un rôle prouvé dans la chute des cheveux ?
C'est l'association la mieux établie. Une méta-analyse de 23 études portant sur 3 374 patients atteints d'alopécie non cicatricielle et 7 296 témoins sains retrouve un taux de 25(OH)D abaissé de 7,29 ng/mL (IC 95 % −9,21 à −5,38) et une incidence de carence multipliée par 3,11 (IC 95 % 2,29–4,22), ce dernier résultat étant parfaitement homogène entre études (I² = 0 %). Une association n'établit toutefois pas un sens de causalité.
Faut-il doser le zinc en cas de chute de cheveux ?
Pas dans l'alopécie androgénétique ni dans l'effluvium télogène : les données ne sont pas homogènes et le dépistage n'y est pas recommandé. Une étude a retrouvé des taux bas dans la pelade et l'effluvium avec correction proposée sous 70 µg/dL, mais deux autres n'ont montré aucune corrélation significative avec la pelade, et les essais en double aveugle manquent. Le zinc figure pourtant sur presque tous les bilans « cheveux » vendus en ligne.
La biotine fait-elle pousser les cheveux ?
Pas chez une personne qui mange normalement : une revue de référence indique qu'une carence sévère en biotine chez un sujet sain à alimentation normale n'a jamais été rapportée. Une revue systématique n'a retrouvé que 18 cas publiés d'usage pour les cheveux ou les ongles, tous avec une pathologie sous-jacente. Une étude a retrouvé une carence chez 38 % de femmes se plaignant de chute, mais seulement 11 % de ces carencées avaient un facteur de risque identifiable, et l'auteur rejette explicitement la supplémentation indiscriminée.
Pourquoi faut-il signaler la prise de biotine avant une prise de sang ?
Parce qu'elle fausse de nombreux immunodosages reposant sur le couple biotine-streptavidine — troponines cardiaques, TSH et beaucoup d'autres — avec des résultats faussement hauts ou faussement bas selon le test. L'agence sanitaire américaine a documenté un décès survenu après une troponine faussement basse ayant conduit à méconnaître un infarctus, et a réactualisé son alerte en 2019 parce que les signalements continuaient. Cela vaut y compris pour un complément « cheveux et ongles » acheté sans ordonnance.
L'acide folique est-il utile pour les cheveux ?
Rien ne le justifie chez une personne sans carence documentée. Plusieurs études n'ont retrouvé aucune différence significative des taux de folates et de vitamine B12 entre patients atteints de pelade et témoins sains ; dans une étude sur l'effluvium télogène, 2,6 % des sujets avaient une carence en B12 et aucun en folates. Les auteurs de la revue de référence estiment que les données sont insuffisantes pour recommander un dépistage ou une supplémentation en vitamines du groupe B.
Un complément alimentaire peut-il faire tomber les cheveux ?
Oui, et deux substances en vente libre sont explicitement en cause à dose excessive. La vitamine A, dont l'apport maximal tolérable chez l'adulte est de 10 000 UI par jour, provoque une chute en cas de sursupplémentation. Le sélénium peut être toxique au-delà de 400 µg par jour : un incident impliquant un complément contenant 200 fois la concentration annoncée a entraîné une chute sévère chez la plupart des personnes exposées. Cumuler plusieurs formules multiplie le risque de dépasser un seuil sans le savoir.
Quel bilan sanguin demander devant une chute de cheveux ?
Un bilan orienté par l'interrogatoire et l'examen, pas un panneau standardisé. Ce que la littérature soutient : dépistage de la carence en vitamine D, évaluation du statut martial interprétée avec ses limites, et recherche d'une cause générale si le contexte l'oriente — dysthyroïdie, syndrome inflammatoire, perte de poids récente, régime restrictif, post-partum, médicament nouvellement introduit. Ces examens ne diagnostiquent pas la cause : le diagnostic repose sur l'examen clinique et la trichoscopie.

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