Chute de cheveux saisonnière : ce que la mesure montre vraiment
Le pic de chute de fin d'été est mesuré depuis 1991, mais pas là où on le croit. Ce que trois études ont compté, et pourquoi c'est le pire moment pour décider d'une greffe.

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Chaque fin d'été, la même phrase revient dans les cabinets et sur les forums : « je perds mes cheveux par poignées depuis septembre ». La réponse habituelle est un haussement d'épaules bienveillant — « c'est la chute d'automne, ça passera ». Cette réponse est à moitié juste. La saisonnalité de la chute a bien été mesurée, à trois reprises, par des équipes différentes, avec des méthodes différentes. Mais ces trois études ne disent pas tout à fait la même chose, et la version simplifiée qui circule efface précisément ce qui serait utile : quand exactement, de combien, pendant combien de temps, et à partir de quel moment ce n'est plus la saison qui explique la chute.
La chute de cheveux saisonnière existe-t-elle vraiment ?
Oui. Elle a été mesurée par trois équipes indépendantes, sur des populations et des durées différentes, et les trois retrouvent une périodicité annuelle. Ce n'est donc pas une croyance populaire reprise par l'industrie cosmétique : c'est un phénomène documenté avant que le marché des compléments capillaires n'existe sous sa forme actuelle.
La démonstration la plus ancienne date de 1991. Randall et Ebling ont suivi 14 hommes caucasiens de 18 à 39 ans, tous employés à des postes en intérieur, à Sheffield au Royaume-Uni (latitude 53,4° N), avec une mesure tous les 28 jours pendant 18 mois. La proportion de follicules du cuir chevelu en phase anagène — la phase de croissance active — dépasse 90 % en mars, puis décroît régulièrement jusqu'à un creux en septembre. Le nombre de cheveux perdus suit la courbe inverse.
Cinq ans plus tard, Courtois et ses coauteurs publient un travail d'une autre nature : 10 hommes, avec ou sans alopécie, suivis par phototrichogrammes sur une zone repérée avec précision du vertex, pendant 8 à 14 ans. L'analyse mathématique des variations du pourcentage de télogènes met en évidence une périodicité annuelle avec un maximum à la fin de l'été et au début de l'automne. Certains sujets présentent en plus deux pics annuels.
Enfin, en 2009, Kunz, Seifert et Trüeb publient la seule étude portant sur un effectif féminin important : après exclusion des patientes porteuses d'une pathologie ou traitées par un médicament connu pour faire tomber les cheveux, 823 femmes restent analysables sur six ans de consultations.
À quel moment de l'année perd-on le plus de cheveux ?
Les trois études ne placent pas le pic au même mois — et c'est l'information que les pages grand public suppriment systématiquement. Elles annoncent « septembre-octobre » comme un fait établi ; les publications, elles, décrivent une fenêtre plus large et plus précoce.
| Étude | Population et méthode | Pic mesuré | Magnitude publiée |
|---|---|---|---|
| Randall & Ebling, 1991 | 14 hommes, mesure tous les 28 jours pendant 18 mois, Royaume-Uni | Août-septembre (creux d'anagène en septembre) | ≈ 60 cheveux/jour au pic, plus du double de l'hiver précédent |
| Courtois et al., 1996 | 10 hommes, phototrichogrammes, suivi de 8 à 14 ans | Fin d'été et début d'automne | Non chiffrée en cheveux/jour ; exprimée en % de télogènes |
| Kunz, Seifert & Trüeb, 2009 | 823 femmes en bonne santé, trichogrammes, 6 ans | Été, second pic moins marqué au printemps ; minimum en fin d'hiver | Non chiffrée en cheveux/jour |
Ce qui rassemble les trois travaux : un creux de chute en hiver ou en fin d'hiver, un maximum dans la seconde moitié de l'année. Ce qui les sépare : Kunz situe le maximum en été chez la femme, Randall et Courtois plutôt à la charnière été-automne chez l'homme. Latitude, sexe, méthode de comptage et taille d'échantillon suffisent à expliquer l'écart. Aucune des trois ne permet d'écrire « le pic est en octobre ».
Combien de cheveux perd-on par jour pendant une chute saisonnière ?
La seule magnitude chiffrée disponible dans la littérature est celle de Randall et Ebling : environ 60 cheveux par jour au pic, contre à peu près la moitié durant l'hiver précédent. Ce chiffre mérite d'être manipulé avec prudence : il vient de 14 hommes, dans une ville, à une latitude donnée. Il n'a jamais été reproduit à grande échelle.
Il permet néanmoins de poser un repère utile. Le doublement, et non la valeur absolue, est le fait marquant. Une personne qui perdait 30 cheveux par jour en février et en perd 60 en septembre a exactement doublé sa perte — la sensation subjective est spectaculaire, l'écart réel reste dans une amplitude physiologique. La même variation vécue par quelqu'un qui perdait déjà 90 cheveux par jour l'amène ailleurs, et cela ne relève plus de la saison.
Pourquoi la chute augmente-t-elle à cette période précise ?
Le déterminant identifié dans la littérature est la photopériode, c'est-à-dire la durée d'ensoleillement, et non la température ni « la fatigue de la rentrée ». Courtois et ses coauteurs le formulent explicitement : la périodicité du pourcentage de télogènes, et donc de la chute, n'est pas indépendante des facteurs climatiques, en particulier des heures d'ensoleillement, et ces facteurs doivent être pris en compte lorsqu'on évalue un traitement ou une prévention de la chute.
Cette dernière phrase a une conséquence méthodologique que peu de sites relaient : un traitement démarré en septembre paraîtra efficace en janvier même s'il ne fait rien, simplement parce que la courbe naturelle redescend. C'est le mécanisme qui rend crédibles la plupart des témoignages de compléments capillaires pris à la rentrée.
Les autres poils suivent-ils le même rythme que les cheveux ?
Non, et le contraste est instructif : dans l'étude de Randall et Ebling, la barbe et les poils des cuisses varient au fil de l'année, mais les ongles ne varient pas du tout. Ce détail rarement cité montre que la saisonnalité concerne spécifiquement le cycle pilaire, et non « la pousse » en général.
| Structure mesurée | Variation saisonnière observée | Amplitude publiée |
|---|---|---|
| Follicules du cuir chevelu en anagène | Pic en mars, creux en septembre | Plus de 90 % en anagène au pic |
| Chute quotidienne de cheveux | Pic en août-septembre | ≈ 60/jour, plus du double de l'hiver |
| Croissance de la barbe | Minimale en janvier-février, croissante de mars à juillet | Pic estival ≈ 60 % au-dessus du niveau hivernal |
| Croissance des poils de cuisse | Même profil que la barbe | Différences moins marquées |
| Croissance des ongles des mains et des pieds | Aucune fluctuation saisonnière détectée | — |
Une conséquence pratique en découle pour les hommes qui envisagent une greffe de barbe : la vitesse de pousse de la barbe est elle-même saisonnière, ce qui rend une comparaison « avant/après » réalisée à six mois d'intervalle difficile à interpréter si les deux photos tombent à des saisons opposées.
Combien de temps dure une chute de cheveux saisonnière ?
Les études mesurent une périodicité annuelle, pas une durée d'épisode : elles ne permettent pas de dire « six semaines » ou « trois mois ». Ce qu'elles montrent, c'est une montée progressive puis une redescente sur plusieurs mois, et non un épisode aigu avec un début et une fin nets.
La règle pratique qui en découle est temporelle, pas symptomatique : une chute qui suit la courbe saisonnière s'atténue d'elle-même à mesure que l'automne avance vers l'hiver. Une chute qui dure au-delà de six mois, ou qui persiste au printemps suivant alors que la saisonnalité devrait être au creux, n'est plus une chute saisonnière et demande un examen.
Chute saisonnière ou effluvium télogène : quelle différence ?
La différence n'est pas de nature mais de déclencheur et d'amplitude : les deux traduisent un passage anormalement synchrone de follicules en phase télogène. L'effluvium télogène est une réaction à un événement identifiable — accouchement, chirurgie, fièvre élevée, perte de poids rapide, arrêt d'un traitement hormonal, choc psychologique majeur — survenant classiquement deux à trois mois après le facteur déclenchant. La chute saisonnière, elle, n'a pas de déclencheur individuel : elle revient chaque année à la même période, chez la même personne, sans événement associé.
| Critère | Chute saisonnière | Effluvium télogène | Alopécie androgénétique |
|---|---|---|---|
| Déclencheur | Aucun ; lié à la période de l'année | Événement précis, 2-3 mois avant | Aucun ; progression continue |
| Répartition | Diffuse, tout le cuir chevelu | Diffuse, tout le cuir chevelu | Zones ciblées : golfes, vertex, raie qui s'élargit |
| Évolution | Récurrente, annuelle, réversible | Épisodique, réversible | Progressive, non réversible spontanément |
| Aspect des cheveux restants | Calibre inchangé | Calibre inchangé | Miniaturisation : cheveux plus fins, plus courts |
| Densité après 12 mois | Revenue au point de départ | Revenue au point de départ | Inférieure au point de départ |
Comment savoir si ce n'est pas une calvitie qui commence ?
Le signe discriminant n'est pas la quantité qui tombe, c'est le calibre de ce qui reste. Une chute saisonnière ou un effluvium font tomber des cheveux normaux : le stock restant a le même diamètre qu'avant. Une alopécie androgénétique remplace progressivement des cheveux épais par des cheveux plus fins et plus courts — c'est la miniaturisation, et elle est visible en trichoscopie bien avant d'être visible dans le miroir.
Le second signe est topographique. La saisonnalité est diffuse par construction : elle touche tout le cuir chevelu, y compris la couronne occipitale. Une chute qui creuse les golfes temporaux, dégarnit le vertex ou élargit la raie tout en épargnant l'arrière de la tête décrit un autre mécanisme, quelle que soit la date du calendrier.
Un piège fréquent mérite d'être nommé : les deux coexistent souvent. Une alopécie androgénétique installée peut parfaitement connaître une aggravation saisonnière. Constater que la chute diminue en janvier ne prouve donc pas qu'il n'y a « rien » — cela prouve seulement que la composante saisonnière a reflué.
Faut-il faire un bilan sanguin pour une chute d'automne ?
Pas si l'épisode est isolé, bref, diffus et se répète chaque année à la même période. Oui si la chute persiste, s'aggrave, ou s'accompagne d'autres signes. Le réflexe le plus répandu — doser la ferritine — mérite d'être nuancé par ce qui a réellement été mesuré.
Olsen et ses coauteurs ont comparé 381 femmes consultant pour une chute de cheveux à 76 femmes témoins. Une ferritine inférieure ou égale à 15 µg/L était retrouvée chez 29,8 % des témoins contre 12,4 % et 12,1 % des patientes ; au seuil de 40 µg/L, 72,3 % des témoins contre 58,8 % et 63,8 % des patientes. Autrement dit, dans cette étude, la carence martiale était plus fréquente chez les femmes qui ne perdaient pas leurs cheveux. Ce résultat ne dit pas qu'il ne faut jamais doser la ferritine : il dit qu'une ferritine basse trouvée chez quelqu'un qui perd ses cheveux n'établit pas à elle seule la cause de la chute.
Existe-t-il un traitement de la chute saisonnière ?
Aucun traitement n'a été évalué spécifiquement contre la chute saisonnière dans un essai contrôlé. C'est une affirmation forte, mais c'est l'état de la littérature : les trois études de référence décrivent le phénomène, elles ne testent aucune intervention contre lui.
Cette absence a une conséquence directe sur la manière de lire les promesses commerciales. Comme la courbe redescend spontanément après le pic, toute intervention démarrée au pic sera suivie d'une amélioration. C'est exactement le scénario que Courtois et ses coauteurs demandaient de neutraliser en tenant compte des facteurs climatiques dans l'évaluation des traitements.
| Approche | Ce qui a été mesuré contre la chute saisonnière | Ce qu'on peut en dire honnêtement |
|---|---|---|
| Compléments « spécial automne » | Rien : aucun essai contre placebo sur cette indication | L'amélioration observée coïncide avec la redescente naturelle de la courbe |
| Biotine | Rien sur la saisonnalité | Aucune carence sévère décrite chez un adulte sain normalement nourri ; interfère avec des dosages sanguins |
| Fer / ferritine | Rien sur la saisonnalité ; données discordantes sur la chute en général | À doser sur point d'appel, pas en réflexe |
| Traitements de l'alopécie androgénétique | Rien sur la saisonnalité | Ils ciblent un autre mécanisme ; ne pas les juger sur un épisode saisonnier |
| Attendre et recompter au printemps | C'est ce que les trois études décrivent | La seule stratégie que les données soutiennent réellement |
Les compléments alimentaires « anti-chute d'automne » servent-ils à quelque chose ?
Sur cette indication précise, aucun n'a de données. Le problème n'est pas qu'ils soient inefficaces — c'est qu'ils n'ont pas été testés dans ce cadre, et que la structure même du phénomène rend tout ressenti d'efficacité ininterprétable.
Deux réserves méritent d'être posées. D'abord, l'excès de certains micronutriments provoque lui-même une chute : la littérature dermatologique documente ce mécanisme pour la vitamine A à forte dose et pour le sélénium. Ensuite, un point de sécurité rarement mentionné : la biotine à haute dose interfère avec de nombreux immuno-dosages, et l'agence américaine du médicament a documenté des résultats faussement abaissés de troponine, dont un cas ayant conduit à un infarctus non diagnostiqué et au décès du patient. Prendre de la biotine n'est pas anodin lorsqu'un bilan sanguin est prévu.
Pourquoi les recherches Internet sur la chute de cheveux culminent-elles en été ?
Parce que l'intérêt du public suit une saisonnalité, elle aussi mesurée. Hsiang et ses coauteurs ont analysé les séries temporelles des requêtes liées à la chute de cheveux entre 2004 et 2016 et publié le résultat dans le British Journal of Dermatology. Cette convergence entre données de recherche et données trichologiques est intéressante, mais elle ne doit pas être surinterprétée : un volume de requêtes mesure une inquiétude, pas une chute.
Une chute saisonnière peut-elle justifier une greffe de cheveux ?
Non, et c'est le point le plus important de cette page. Une greffe déplace des follicules d'une zone à une autre ; elle ne crée pas de cheveux et ne modifie pas le cycle. Une chute saisonnière est par définition réversible : les follicules concernés sont vivants, en pause, et repartiront. Il n'y a rien à remplacer.
Il y a plus gênant. Décider d'une greffe suppose d'évaluer une densité, de dessiner une ligne frontale et d'estimer un nombre de greffons. Faire cette évaluation au pic saisonnier revient à mesurer un cuir chevelu dans son état le plus défavorable de l'année. Le risque n'est pas théorique : il conduit à surestimer la surface à couvrir, donc le nombre de greffons prélevés, sur une zone donneuse qui ne se reconstitue jamais. Une évaluation faite en fin d'hiver, quand le taux de télogènes est au minimum, décrit un cuir chevelu plus proche de sa réalité.
Cette page ne dit pas qu'il faut renoncer à une greffe si l'on constate une chute en septembre. Elle dit qu'une chute diffuse récente est un mauvais moment pour décider, et qu'un praticien qui propose de planifier une intervention en pleine phase de chute diffuse sans en discuter la temporalité n'applique pas le raisonnement le plus prudent.
Une chute saisonnière peut-elle survenir après une greffe de cheveux ?
Oui : les cheveux transplantés sont des cheveux normaux et suivent le même cycle que les autres. Une personne greffée reste soumise à la saisonnalité, sur les cheveux natifs comme sur les cheveux transplantés une fois ceux-ci entrés dans leur cycle définitif.
Cela crée une confusion classique et anxiogène : une chute diffuse survenant plusieurs mois après une intervention peut être lue comme un « échec de la greffe » alors qu'il s'agit d'un phénomène indépendant. La distinction se fait sur la topographie — une chute saisonnière est diffuse, y compris hors zone opérée — et sur la réversibilité constatée quelques mois plus tard.
Quels signes doivent conduire à consulter malgré tout ?
La saisonnalité n'explique jamais une chute localisée, douloureuse, inflammatoire ou accompagnée de signes généraux. Le tableau ci-dessous rassemble les situations qui sortent du cadre décrit par les études citées.
| Signe | Pourquoi la saisonnalité ne l'explique pas | Conduite |
|---|---|---|
| Plaques nettes, sans cheveux, à bords réguliers | La chute saisonnière est diffuse, jamais en plaques | Consultation dermatologique |
| Rougeur, squames, croûtes, démangeaisons intenses | Aucune inflammation décrite dans la saisonnalité | Consultation : dermite, teigne, dermatose du cuir chevelu |
| Douleur du cuir chevelu, brûlure, sensibilité au toucher | Signe possible d'alopécie cicatricielle | Consultation rapide : les alopécies cicatricielles sont irréversibles |
| Chute qui persiste au-delà de 6 mois | Dépasse la fenêtre décrite par les études | Bilan étiologique |
| Chute + fatigue, prise ou perte de poids, troubles du cycle | Oriente vers une cause endocrinienne ou générale | Consultation médecin traitant |
| Cheveux restants nettement plus fins qu'il y a deux ans | Miniaturisation : mécanisme androgénétique, pas saisonnier | Évaluation trichoscopique |
Que retenir, et que cette page ne prétend pas dire ?
Ce qui est établi : la chute suit un rythme annuel, avec un creux hivernal et un maximum dans la seconde moitié de l'année. Ce qui ne l'est pas : le mois exact du pic, sa durée précise, et l'existence d'un traitement qui l'améliore.
Les bases de données de cette page reposent sur des effectifs modestes — 14 hommes chez Randall, 10 chez Courtois — sauf pour l'étude de Kunz et ses coauteurs, qui porte sur 823 femmes mais reste rétrospective et monocentrique. Aucune n'a été conduite en France. Aucune n'a inclus de population non caucasienne en nombre suffisant pour conclure. Ces limites sont réelles et doivent tempérer toute affirmation catégorique, y compris les nôtres.
Sources et références
- 1Randall VA, Ebling FJ. Seasonal changes in human hair growth. Br J Dermatol. 1991;124(2):146-151. PMID 2003996Autorité
14 hommes caucasiens de 18 à 39 ans, travaillant en intérieur, suivis tous les 28 jours pendant 18 mois à Sheffield (latitude 53,4° N). La proportion de follicules du cuir chevelu en anagène atteint un pic unique supérieur à 90 % en mars puis décroît régulièrement jusqu'à un creux en septembre. Le nombre de cheveux perdus culmine vers août-septembre, moment où le moins de follicules sont en anagène : la perte moyenne y est d'environ 60 cheveux par jour, plus du double de celle de l'hiver précédent. La croissance de la barbe est minimale en janvier-février et augmente jusqu'à un pic estival environ 60 % au-dessus du niveau hivernal. Aucune fluctuation saisonnière n'a été détectée pour la croissance des ongles des mains ou des pieds.
- 2Courtois M, Loussouarn G, Hourseau S, Grollier JF. Periodicity in the growth and shedding of hair. Br J Dermatol. 1996;134(1):47-54. PMID 8745886Autorité
10 hommes, avec ou sans alopécie, observés de 8 à 14 ans par phototrichogrammes sur une zone du vertex repérée avec précision. L'analyse mathématique du pourcentage de cheveux en télogène démontre une périodicité annuelle, avec une proportion maximale de télogènes à la fin de l'été et au début de l'automne ; certains sujets présentent en outre deux pics annuels. Chez les sujets dont la proportion de télogènes est très faible, aucune périodicité n'est mise en évidence. Les auteurs précisent que la périodicité du pourcentage de télogènes, et donc de la chute, n'est pas indépendante des facteurs climatiques (heures d'ensoleillement) et que ces facteurs doivent être pris en compte lors de l'évaluation d'un traitement ou d'une prévention de la chute de cheveux.
- 3Kunz M, Seifert B, Trüeb RM. Seasonality of hair shedding in healthy women complaining of hair loss. Dermatology. 2009;219(2):105-110. PMID 19407435Autorité
Étude rétrospective sur 6 ans de femmes apparemment en bonne santé consultant pour chute de cheveux ; après exclusion des patientes porteuses d'une maladie ou traitées par un médicament connu pour induire une chute, 823 femmes restent analysables. L'analyse des trichogrammes démontre une périodicité annuelle de la croissance et de la chute, avec une proportion maximale de cheveux en télogène en été et un second pic, moins marqué, au printemps. Les taux de télogènes sont les plus bas en fin d'hiver. Les auteurs indiquent qu'il s'agit de la première étude conduite systématiquement sur un effectif féminin représentatif.
- 4Hsiang EY, Semenov YR, Aguh C, Kwatra SG. Seasonality of hair loss: a time series analysis of Google Trends data 2004-2016. Br J Dermatol. 2018;178(4):978-979. PMID 29048738Autorité
Analyse en séries temporelles des requêtes de recherche liées à la chute de cheveux entre 2004 et 2016, publiée dans le British Journal of Dermatology. Le volume de requêtes suit une saisonnalité. Une mesure d'intérêt de recherche documente une inquiétude, pas une chute mesurée : elle ne remplace pas les données trichologiques.
- 5Olsen EA, Reed KB, Cacchio PB, Caudill L. Iron deficiency in female pattern hair loss, chronic telogen effluvium, and control groups. J Am Acad Dermatol. 2010;63(6):991-999. PMID 20947203Autorité
381 femmes consultant pour chute de cheveux (alopécie féminine de type androgénétique et effluvium télogène chronique) comparées à 76 témoins. Une ferritine ≤ 15 µg/L est retrouvée chez 29,8 % des témoins contre 12,4 % et 12,1 % des patientes ; au seuil de 40 µg/L, 72,3 % des témoins contre 58,8 % et 63,8 % des patientes. Aucune augmentation significative de la carence martiale n'est observée chez les patientes : dans cette série, la carence en fer est plus fréquente chez les femmes qui ne perdent pas leurs cheveux.
- 6Almohanna HM, Ahmed AA, Tsatalis JP, Tosti A. The role of vitamins and minerals in hair loss: a review. Dermatol Ther (Heidelb). 2019;9(1):51-70Autorité
Revue de la place des vitamines et minéraux dans la chute de cheveux. Aucune carence sévère en biotine n'est décrite chez un adulte en bonne santé et normalement nourri. À l'inverse, l'excès de certains micronutriments provoque une chute : vitamine A au-delà d'environ 10 000 UI/jour, sélénium au-delà d'environ 400 µg/jour.
- 7U.S. Food and Drug Administration — Biotin interference with troponin laboratory tests (safety communication)Autorité
La biotine à haute dose interfère avec de nombreux immuno-dosages et peut produire des résultats faussement abaissés, notamment de troponine. L'agence a documenté un cas de résultat de troponine faussement bas ayant conduit à un infarctus non diagnostiqué et au décès du patient.
- 8StatPearls — Telogen Effluvium (NCBI Bookshelf)Autorité
L'effluvium télogène correspond au passage anormalement synchrone d'un grand nombre de follicules en phase télogène, classiquement deux à trois mois après un facteur déclenchant (accouchement, chirurgie, fièvre élevée, perte de poids rapide, arrêt d'un traitement hormonal, stress majeur). La chute est diffuse, les cheveux restants conservent leur calibre, et l'évolution est réversible.
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