Greffe de Cheveux

Chute de cheveux afro : les causes, et comment les distinguer

Traction, alopécie centrale cicatricielle, androgénétique, pelade, effluvium : les cinq causes de chute chez les personnes aux cheveux afro, leurs signes et ce que disent les études.

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Dermatologue examinant au dermatoscope le cuir chevelu d'une patiente aux cheveux crépus

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10 sources citées · Mise à jour : 26 septembre 2026

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Toutes les chutes de cheveux ne se valent pas, et chez les personnes aux cheveux afro, la confusion entre elles coûte cher : une alopécie qui détruit le follicule, prise pour une simple casse ou pour une calvitie héréditaire, peut progresser pendant des années avant d'être diagnostiquée. L'Académie américaine de dermatologie adresse d'ailleurs un message d'abord aux patientes : ne vous reprochez pas votre chute. Beaucoup d'idées reçues attribuent la perte de cheveux des femmes noires à leurs seules pratiques de coiffure, alors qu'un diagnostic exact et une prise en charge précoce comptent davantage.

Schéma d'orientation : coiffures qui tirent, démangeaisons au sommet, calvitie héréditaire ou plaques rondes, chaque piste menant à une consultation dermatologique
Un schéma d'orientation, pas un diagnostic : plusieurs causes peuvent coexister.

Quelles sont les causes de chute les plus fréquentes ?

L'Académie américaine de dermatologie en cite cinq. L'alopécie centrale centrifuge cicatricielle, qui commence au centre du crâne ; l'alopécie de traction, causée par des coiffures qui tirent de façon répétée ; l'alopécie androgénétique, héréditaire, qui débute autour de la raie chez la femme ; la pelade, maladie auto-immune qui fait tomber les cheveux par plaques rondes ou sur tout le cuir chevelu ; et l'effluvium télogène, une chute diffuse liée à un stress médical ou psychologique, y compris un accouchement, généralement temporaire.

Cinq causes de chute : ce qui les distingue
CauseOù elle commenceDétruit le follicule ?Signe évocateur publié
Alopécie de tractionLisière, front, tempes (selon la coiffure)Pas au début ; oui si la tension se prolonge« Signe de la frange » : liseré de cheveux courts conservé à la lisière
Alopécie centrale centrifuge cicatricielleCentre du crâne, puis vers l'extérieurOuiHalo blanc-gris autour de l'émergence des cheveux à la dermatoscopie ; casse au sommet
Alopécie androgénétiqueAutour de la raie chez la femme ; tempes et sommet chez l'hommeNonAffinement progressif, souvent familial
PeladePlaques rondes, parfois tout le cuir cheveluNonPlaques nettes, peau non cicatricielle
Effluvium télogèneDiffuseNonChute survenant après un stress, un accouchement ou une maladie
Sources : Académie américaine de dermatologie ; Samrao et coll. 2011 ; Miteva et Tosti 2014 ; Callender et coll. 2012.

Quelle est la part de l'alopécie de traction ?

C'est la plus fréquente des causes mesurées chez les femmes. Dans l'étude de Khumalo et ses coauteurs portant sur 874 adultes au Cap, en Afrique du Sud, elle touchait 31,7 % des femmes et 2,2 % des hommes, et 48 % des personnes dont la coiffure habituelle consistait en extensions posées sur cheveu défrisé. Elle se reconnaît au « signe de la frange », une rangée de cheveux courts et fins conservée en avant de la zone dégarnie. Elle est réversible tant que les follicules sont vivants, ce qui fait de la précocité le facteur décisif. Tout est détaillé sur notre page consacrée à l'alopécie de traction chez la femme afro.

Qu'est-ce que l'alopécie centrale centrifuge cicatricielle ?

Une alopécie qui détruit les follicules, commence au sommet du crâne et s'étend vers l'extérieur. L'Académie américaine de dermatologie la décrit comme la forme d'alopécie cicatricielle la plus fréquente chez les femmes d'ascendance africaine ; elle débute généralement à l'âge moyen, touche parfois plusieurs membres d'une même famille, et peut s'accompagner de brûlures, de picotements ou de démangeaisons. Une fois le follicule détruit, il est remplacé par du tissu cicatriciel, et la zone devient lisse au toucher. Elle survient aussi, plus rarement, chez les hommes.

Sa fréquence est souvent surestimée. Dans l'étude de Khumalo, elle touchait 2,7 % des femmes et aucun homme, avec un pic à 6,7 % chez les femmes de plus de 50 ans. Aux États-Unis, Olsen et ses coauteurs ont observé une perte centrale étendue chez 5,6 % de 529 femmes afro-américaines. Le chiffre de « 15 % après la ménopause » qui circule, y compris dans une ancienne version de cette page, n'a pas de source.

2,7 %
des femmes adultes (6,7 % après 50 ans)
Khumalo et coll. 2007
5,6 %
perte centrale étendue chez 529 femmes afro-américaines
Olsen et coll. 2011
94 %
des patientes présentaient le halo blanc-gris péripilaire
Miteva et Tosti 2014
7 sur 8
biopsies évocatrices chez des patientes venues pour une casse au sommet
Callender et coll. 2012

Les défrisants sont-ils en cause ?

Moins qu'on ne le dit. Dans l'étude d'Olsen et ses coauteurs (2011), la perte centrale étendue n'était pas associée de façon évidente à l'usage de défrisants ou du peigne chauffant ; elle l'était en revanche à des antécédents de teigne du cuir chevelu. La revue de Herskovitz et Miteva (2016) rappelle que la maladie a longtemps été attribuée au peigne chauffant et aux coiffures traumatisantes, mais que les études ne confirment pas qu'il s'agisse du seul facteur. Une composante héréditaire est établie : Malki et ses coauteurs ont identifié en 2019, dans le New England Journal of Medicine, des mutations du gène PADI3 chez 5 des 16 patientes de leur groupe de découverte. PADI3 code une enzyme qui intervient dans la formation de la tige du cheveu ; ce n'est pas un gène de kératine.

Quels signes doivent alerter ?

Deux signes méritent d'être connus, parce qu'ils permettent un diagnostic plus précoce. D'abord la casse au sommet du crâne : Callender et ses coauteurs ont biopsié neuf patientes venues pour des cheveux qui cassent au vertex ; sur les huit prélèvements interprétables, cinq montraient les lésions typiques de la maladie et deux des signes évocateurs d'une forme débutante. Ensuite, à la dermatoscopie, un halo blanc-gris autour de l'émergence des cheveux, présent chez 94 % des 51 patientes étudiées par Miteva et Tosti, à tous les stades, et qui indique aussi le meilleur endroit où faire la biopsie.

La biopsie établit le diagnostic. Elle est d'autant plus importante que la maladie impose une conduite particulière : il n'existe, selon Herskovitz et Miteva, aucun essai randomisé ayant établi le meilleur traitement ; on conseille d'éviter la traction et les traitements chimiques, et des traitements prescrits par un dermatologue peuvent aider à freiner la progression. L'Académie américaine de dermatologie insiste : les produits vendus en ligne ou en magasin ne la traitent pas efficacement.

Médecin réalisant une petite biopsie au sommet du crâne d'une patiente aux cheveux crépus
La biopsie établit le diagnostic d'une alopécie cicatricielle ; la dermatoscopie aide à choisir où la faire.

L'alopécie androgénétique se présente-t-elle différemment ?

Son mécanisme est le même, mais elle est plus difficile à distinguer. Chez la femme, elle commence autour de la raie, précise l'Académie américaine de dermatologie ; or l'alopécie centrale cicatricielle commence elle aussi au centre du crâne. La différence est capitale : l'androgénétique ne détruit pas le follicule, l'alopécie cicatricielle, si. Seul un examen, et parfois une biopsie, les départage. Nous n'avons trouvé aucune donnée fiable de prévalence de l'alopécie androgénétique propre aux personnes d'ascendance africaine ; les pourcentages qui circulent sur ce point n'ont pas de source.

Les traitements médicaux sont ceux de l'alopécie androgénétique en général et relèvent d'une prescription. Une précision s'impose, parce qu'une ancienne version de cette page affirmait le contraire : la clascotérone n'a aucune autorisation pour le cuir chevelu, et aucun résultat de phase 3 n'a été publié. Notre page sur la clascotérone fait le point.

Et la pelade, et l'effluvium ?

La pelade est une maladie auto-immune : les cheveux tombent par plaques rondes, parfois sur tout le cuir chevelu, sans cicatrice. L'effluvium télogène est une chute diffuse liée à un stress médical ou psychologique, y compris un accouchement, et généralement temporaire. Ni l'une ni l'autre ne relèvent d'une greffe en première intention. Nos pages sur la pelade et sur l'effluvium télogène les détaillent.

Qui consulter, et quand ?

Un dermatologue, dès le premier changement. L'Académie américaine de dermatologie recommande de consulter dès qu'on remarque un changement de texture ou d'aspect des cheveux : même un léger affinement peut être le début d'une chute, et plus le diagnostic est précoce, plus le traitement est efficace. Pour l'alopécie centrale cicatricielle, elle ajoute que la maladie peut parfois signaler un problème médical, comme un trouble de la thyroïde ou un besoin en fer ou en certaines vitamines : c'est au médecin de décider des examens utiles.

Pourquoi le diagnostic précède la greffe

Une greffe posée sur une alopécie cicatricielle encore active risque de perdre ses greffons, et une greffe posée sur une alopécie de traction encore réversible arrive trop tôt. Pour l'alopécie centrale cicatricielle, la littérature chirurgicale publiée se résume à deux patientes, opérées après une biopsie ne montrant pas d'inflammation et une séance d'essai (Callender et coll. 2014). Notre page sur la greffe dans l'alopécie centrale cicatricielle détaille ces conditions.

Ce que Renaissance Clinique fait, et ce qu'elle ne fait pas

Nous réalisons des greffes de cheveux. Nous ne posons pas de diagnostic dermatologique, nous ne prescrivons pas de traitement médical et nous ne publions aucune statistique sur nos propres patients : une ancienne version de cette page en affichait une, sans aucune donnée vérifiable derrière, et elle a été retirée. Si vous reconnaissez l'un des signes décrits ici, la première étape est un dermatologue ; la question de la greffe vient ensuite, si elle se pose.

Sources et références

  1. 1
    Académie américaine de dermatologie — chute de cheveux chez les femmes noiresAutorité

    Cinq causes principales : alopécie centrale centrifuge cicatricielle, alopécie de traction, alopécie androgénétique (débute autour de la raie), pelade, effluvium télogène. Message aux patientes : ne pas se reprocher sa chute ; diagnostic exact et prise en charge précoce.

  2. 2
    Académie américaine de dermatologie — alopécie centrale centrifuge cicatricielleAutorité

    Forme cicatricielle la plus fréquente chez les femmes d'ascendance africaine, débutant au centre du crâne à l'âge moyen, parfois familiale ; les produits en vente libre ne la traitent pas ; elle peut signaler un trouble thyroïdien ou un besoin en fer ou vitamines.

  3. 3
    Khumalo et coll. — British Journal of Dermatology, 2007;157(5):981-988, coiffure et maladies du cuir chevelu chez 874 adultesAutorité

    874 adultes au Cap : alopécie de traction 31,7 % des femmes, 2,2 % des hommes ; alopécie centrale centrifuge cicatricielle 2,7 % des femmes, 0 % des hommes, 6,7 % des femmes de plus de 50 ans.

  4. 4
    Olsen et coll. — Journal of the American Academy of Dermatology, 2011;64(2):245-252, perte centrale chez la femme afro-américaineAutorité

    529 femmes afro-américaines : perte centrale étendue chez 5,6 % ; pas d'association évidente avec les défrisants ou le peigne chauffant ; association avec des antécédents de teigne du cuir chevelu.

  5. 5
    Malki et coll. — New England Journal of Medicine, 2019;380(9):833-841, variant PADI3Autorité

    Mutations de PADI3 chez 5 des 16 patientes du groupe de découverte (31 %) ; PADI3 code la peptidyl arginine déiminase de type III, enzyme de la formation de la tige du cheveu.

  6. 6
    Miteva et Tosti — Journal of the American Academy of Dermatology, 2014;71(3):443-449, dermatoscopie de l'alopécie centrale cicatricielleAutorité

    51 femmes, 153 images : halo blanc-gris péripilaire chez 94 % des patientes, spécifique et sensible à tous les stades ; site optimal de biopsie.

  7. 7
    Callender et coll. — Archives of Dermatology, 2012;148(9):1047-1052, la casse comme signe précoceAutorité

    Neuf patientes consultant pour une casse au vertex : sur huit biopsies interprétables, cinq montraient des lésions typiques et deux des signes évocateurs d'une forme débutante.

  8. 8
    Herskovitz et Miteva — Clinical, Cosmetic and Investigational Dermatology, 2016;9:175-181, défis et solutionsAutorité

    Les études ne confirment pas le peigne chauffant ou les coiffures traumatisantes comme seul facteur ; transmission autosomique dominante décrite dans une petite série ; des essais randomisés restent nécessaires pour établir le meilleur traitement.

  9. 9
    Callender et coll. — Dermatologic Surgery, 2014;40(10):1125-1131, greffe dans l'alopécie centrale cicatricielleAutorité

    Deux patientes opérées après biopsie et séance d'essai ; conclusion limitée aux femmes en phase terminale dont la biopsie ne montre pas d'inflammation.

  10. 10
    Samrao et coll. — Dermatology Online Journal, 2011;17(11):1, le signe de la frangeAutorité

    Le « signe de la frange », liseré de cheveux courts conservé à la lisière, est une constatation clinique utile dans l'alopécie de traction marginale.

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Questions fréquentes

Quelles sont les causes de chute de cheveux les plus fréquentes chez les femmes noires ?

L'Académie américaine de dermatologie cite l'alopécie centrale centrifuge cicatricielle, l'alopécie de traction, l'alopécie androgénétique, la pelade et l'effluvium télogène. Dans l'étude menée au Cap sur 874 adultes, l'alopécie de traction touchait 31,7 % des femmes et l'alopécie centrale cicatricielle 2,7 %.

Comment distinguer l'alopécie centrale cicatricielle d'une alopécie androgénétique ?

Les deux peuvent commencer au centre du crâne, mais seule la première détruit le follicule. Des brûlures ou démangeaisons, une casse au sommet et, à la dermatoscopie, un halo blanc-gris autour de l'émergence des cheveux orientent vers l'alopécie cicatricielle. La biopsie établit le diagnostic.

Les défrisants provoquent-ils l'alopécie centrale cicatricielle ?

Ce n'est pas démontré. Dans l'étude d'Olsen et ses coauteurs (529 femmes), la perte centrale étendue n'était pas associée de façon évidente aux défrisants ou au peigne chauffant, mais l'était à des antécédents de teigne. Une composante héréditaire est établie, notamment avec des mutations du gène PADI3.

Peut-on greffer après une alopécie centrale cicatricielle ?

Les données sont très limitées : la littérature chirurgicale publiée porte sur deux patientes, opérées après une biopsie sans inflammation et une séance d'essai. C'est une décision qui suppose un diagnostic établi et une maladie stable, jamais une première étape.

Le minoxidil fonctionne-t-il sur les cheveux crépus ?

Le minoxidil est cité parmi les traitements de l'alopécie de traction lorsque le changement de coiffure ne suffit pas, et parmi les traitements pouvant aider à freiner l'alopécie centrale cicatricielle. Il ne fait pas repousser un follicule détruit. Sa prescription et son suivi relèvent d'un médecin.

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