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Gencive qui se rétracte : peut-on la faire remonter ?

Ce qui provoque réellement une récession, pourquoi la gencive ne repousse pas seule, ce que la greffe recouvre vraiment, et le critère qui décide du résultat avant même la technique.

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Schéma des trois types de récession gingivale RT1, RT2 et RT3 selon le niveau d'attache interdentaire

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Kaan
Dentistry
Dernière révision : 27 août 2026

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« Mes dents paraissent plus longues qu'avant. » C'est souvent ainsi qu'une récession gingivale se signale — parfois avec une sensibilité au froid, parfois sans aucun symptôme. La question qui suit est toujours la même : est-ce que ça remonte ? La réponse courte est non, pas tout seul. La réponse utile est plus nuancée : on peut recouvrir chirurgicalement, mais pas toujours complètement, et ce qui décide du résultat se joue à un endroit dont personne ne parle — entre les dents, pas devant.

Une gencive qui se rétracte, est-ce fréquent ou anormal ?

C'est la situation la plus fréquente en population générale : huit personnes sur dix ont au moins un millimètre de récession.

Une revue systématique avec méta-analyse a réuni 21 sources rapportant 22 études observationnelles publiées depuis 2000, la plupart à faible risque de biais :

Seuil de récessionPrévalence estimée (IC 95 %)Lecture
≥ 1 mm81,1 % (73,9-86,7)La règle, pas l'exception
≥ 3 mm48,4 % (39,7-57,2)Près d'une personne sur deux
≥ 5 mm16,2 % (9,1-27,4)Situation minoritaire

Cette banalité a une conséquence clinique directe : constater une récession ne suffit pas à poser une indication de traitement. Un millimètre de racine découverte, sans sensibilité, sans progression et sans gêne esthétique, ne réclame pas de chirurgie — il réclame d'identifier ce qui l'a causé pour que cela ne continue pas.

Pourquoi ma gencive recule-t-elle ?

Rarement pour une seule raison — la même méta-analyse identifie plusieurs facteurs, dont certains sont entièrement modifiables.

Les auteurs ont structuré les facteurs de risque par domaines et retrouvent notamment :

  • Sexe masculin — OR 1,84 (IC 95 % 1,33-2,53) ;
  • Consommation d'alcool — OR 3,20 (IC 95 % 1,74-5,87) ;
  • Parodontite — retenue comme facteur associé ;
  • Tabagisme, traumatisme occlusal et frein d'insertion haute — cités dans la conclusion clinique des auteurs.

Leur recommandation est explicite : les cliniciens devraient « se concentrer en priorité sur l'identification de ces facteurs de risque et la mise en place de stratégies préventives ». Autrement dit, avant de discuter d'une greffe, la question est de savoir pourquoi la gencive a reculé — car greffer sans corriger la cause revient à réparer sans arrêter la fuite.

La gencive peut-elle repousser toute seule ?

Non, et aucun dentifrice, bain de bouche ou complément n'a démontré qu'il la faisait remonter.

Il n'existe pas de mécanisme biologique de recolonisation spontanée d'une racine découverte : le tissu perdu n'est pas remplacé par une repousse marginale, et aucune des méta-analyses citées sur cette page ne rapporte de gain obtenu sans geste chirurgical. Ce qui peut évoluer favorablement, en revanche, c'est l'inflammation associée. Une gencive enflammée et gonflée qui se calme peut donner l'impression d'être « remontée » de quelques dixièmes de millimètre ; c'est un dégonflement, pas une régénération.

La seule voie de recouvrement documentée est chirurgicale. Ce qui pose immédiatement la question suivante : que recouvre-t-elle réellement ?

Quel taux de recouvrement une greffe obtient-elle vraiment ?

Un peu plus d'un millimètre de gain en moyenne, mais un recouvrement complet dans seulement 58 % des cas.

La méta-analyse la plus récente a porté sur 14 travaux, 226 patients et 526 dents présentant une récession de classe Miller I ou II, traités par accès tunnellisé sous-périosté avec incision vestibulaire, associé à divers biomatériaux ou substituts de greffon :

CritèreRésultat (IC 95 %)
Réduction de la profondeur de récession−1,36 mm (−1,84 à −0,89) ; p < 0,001
Recouvrement radiculaire complet58 % (49-68 %) ; p < 0,001
Gain de gencive kératinisée+1,32 mm (0,92-1,72)
Gain d'épaisseur du tissu kératinisé+0,46 mm (0,27-0,65)
Réduction de la profondeur de sondage−0,18 mm (−0,34 à −0,02) ; p = 0,024
Gain de niveau d'attache clinique2,14 mm (1,51-2,78)

Le chiffre à retenir est le second. Quatre patients sur dix conservent une racine partiellement découverte après l'intervention — un résultat souvent satisfaisant sur le plan fonctionnel et esthétique, mais qui n'est pas ce que promet la formule « on va faire remonter votre gencive ».

Graphique montrant que le recouvrement radiculaire complet est obtenu dans 58 % des sites traités

Qu'est-ce qui décide vraiment du recouvrement complet ?

L'état de l'attache entre les dents — un critère invisible pour le patient, et rarement expliqué.

C'est l'apport le plus utile de la littérature, et il date de 2011. Une équipe a proposé de classer les récessions non pas sur leur profondeur visible, mais sur le niveau d'attache clinique interdentaire :

TypeDéfinitionCe que cela implique pour le recouvrement
RT1Récession sans perte d'attache interdentaireSituation la plus favorable
RT2Perte d'attache interdentaire inférieure ou égale à celle du site vestibulaireIntermédiaire
RT3Perte d'attache interdentaire supérieure à celle du site vestibulaireLa plus défavorable

Le travail a testé cette classification sur 116 récessions chez 25 patients (profondeur moyenne 3,2 ± 1,2 mm), avec deux examinateurs en aveugle l'un de l'autre. Le coefficient de corrélation intraclasse pour l'accord inter-examinateurs atteint 0,86, soit un accord quasi parfait ; et surtout, la classification s'est révélée prédictive de la réduction de récession obtenue à six mois.

La conséquence pratique est décisive : deux récessions de même profondeur peuvent avoir des pronostics opposés selon l'état de l'os et de l'attache entre les dents. C'est la question à poser avant d'accepter une greffe — bien avant celle de la technique.

Quelle technique de greffe donne les meilleurs résultats ?

Le greffon conjonctif enfoui associé à un lambeau déplacé coronairement reste la référence — mais l'écart avec les alternatives est faible.

Une revue systématique avec méta-analyse en réseau a comparé cette approche bilaminaire aux cinq alternatives les plus indiquées, sur 38 études, 830 patients et 1 265 récessions unitaires sans perte de tissu interdentaire :

CritèreTechnique la mieux classée
Recouvrement radiculaire moyen à 6 moisGreffon conjonctif + lambeau déplacé coronairement
Recouvrement radiculaire complet à 6 et 12 moisGreffon conjonctif + lambeau déplacé coronairement
Gain de largeur de tissu kératinisé à 6 et 12 moisGreffon conjonctif + lambeau déplacé coronairement
Recouvrement radiculaire moyen à 12 moisDérivé de matrice amélaire + lambeau déplacé coronairement

Conclusion des auteurs : le greffon conjonctif associé au lambeau déplacé coronairement « peut être considéré comme le traitement de référence des récessions unitaires ».

Deux comparaisons plus récentes nuancent utilement ce classement. Une méta-analyse de 5 essais randomisés comparant le greffon épithélio-conjonctif désépithélialisé au greffon conjonctif enfoui ne retrouve aucune différence significative sur la réduction de récession, le gain de tissu kératinisé, l'épaisseur gingivale, le recouvrement complet ni le niveau d'attache, à 6 comme à 12 mois — sur 183 puis 111 récessions. Autrement dit : la manière de prélever le greffon compte moins que ce qu'on prélève et où on le pose.

Faut-il traiter une récession qui ne fait pas mal ?

Pas nécessairement — l'indication se pose sur quatre critères, et l'un d'eux seulement est esthétique.

CritèreSituation qui justifie d'agirSituation qui justifie de surveiller
ProgressionRécession qui s'aggrave sur des mesures répétéesRécession stable depuis des années
SensibilitéDouleur au froid gênante malgré les mesures localesAucune sensibilité
Tissu kératiniséBande de gencive attachée très fine ou absente, brossage difficileBande de gencive attachée suffisante
EsthétiqueRécession visible au sourire, gêne exprimée par le patientSecteur non visible
Cause identifiéeFacteur corrigé ou en cours de correctionFacteur toujours actif — greffer d'abord n'a pas de sens

Le dernier point est le plus souvent négligé. Un traumatisme de brossage non corrigé, un tabagisme actif, un frein d'insertion haute non traité : ce sont autant de raisons pour lesquelles une récession peut réapparaître au même endroit après une chirurgie techniquement réussie.

Une récession est-elle la même chose qu'un déchaussement parodontal ?

Non, et confondre les deux conduit à traiter le mauvais problème.

ÉlémentRécession gingivale isoléeParodontite
Ce qui se passeLa gencive se déplace vers la racine ; l'attache entre les dents reste intacteL'os et l'attache sont détruits, y compris entre les dents
Signe caractéristiqueDent longue, sensibilité au froid, pas de mobilitéPoches profondes, saignement, mobilité, déplacement des dents
ClassificationRT1 le plus souventRT2 ou RT3
Ce qui traiteCorrection des facteurs traumatiques ; recouvrement radiculaire si indiquéTraitement parodontal en quatre étapes, puis maintenance à vie
Pronostic de recouvrementLe meilleurLe recouvrement complet devient rarement atteignable

Rappel utile sur le second cas : le traitement parodontal non chirurgical obtient une réduction moyenne de profondeur de poche de 1,4 mm (IC 95 % 1,0-1,7) et une fermeture de poche estimée à 74 % (64-85). C'est ce traitement-là qui doit précéder toute chirurgie muco-gingivale quand une parodontite est présente — l'ordre des opérations n'est pas négociable.

Peut-on faire une greffe de gencive lors d'un séjour à l'étranger ?

Le geste se réalise en séjour ; la partie qui décide du résultat, non — parce qu'elle est en amont et en aval.

Trois éléments rendent ce type d'intervention moins « transportable » qu'une couronne ou qu'un implant :

  • Le diagnostic préalable. Classer une récession en RT1, RT2 ou RT3 suppose de mesurer l'attache interdentaire — un examen clinique, pas une photo. C'est pourtant ce classement qui prédit le résultat.
  • La correction de la cause. Les facteurs identifiés — tabac, alcool, traumatisme occlusal, parodontite, frein d'insertion haute — ne se corrigent pas en une semaine, et leur persistance expose à la récidive.
  • Les suites immédiates. Un greffon prélevé au palais implique deux sites opératoires ; la surveillance des premiers jours est celle d'une chirurgie muqueuse, pas d'une prothèse.

Cela ne rend pas la chose impossible : cela déplace la question, de « qui opère ? » vers « qui a posé l'indication, et qui suivra ? ». Une prise en charge cohérente commence par un bilan parodontal complet, se poursuit par la correction de ce qui a causé la récession, et ne place la chirurgie qu'ensuite.

D'où vient le greffon, et que ressent-on après ?

Le plus souvent du palais — ce qui crée un second site opératoire, et c'est lui qui domine l'inconfort des premiers jours.

Deux techniques de prélèvement coexistent et ont été directement comparées dans cinq essais randomisés : le greffon conjonctif enfoui, prélevé sous l'épithélium palatin, et le greffon épithélio-conjonctif désépithélialisé, prélevé en pleine épaisseur puis désépithélialisé à l'extérieur. Le résultat de la comparaison est net : aucune différence statistiquement significative sur la réduction de récession, le gain de largeur de tissu kératinisé, l'épaisseur gingivale, le recouvrement complet ni le niveau d'attache, à 6 comme à 12 mois, sur 183 puis 111 récessions.

Ce qui compte donc pour le patient n'est pas le nom de la technique mais une réalité pratique : il y a deux zones qui cicatrisent, celle qu'on recouvre et celle d'où vient le greffon. C'est une information de consentement qui figure rarement sur un devis.

ZoneCe qui s'y passeCe qui la caractérise
Site receveurLe greffon est posé et le lambeau déplacé pour le recouvrirGonflement local, immobilisation à respecter, brossage suspendu sur la zone
Site donneur (palais)Cicatrisation d'une plaie muqueuseC'est habituellement la zone la plus inconfortable les premiers jours
Substituts de greffonMatrices collagènes ou dérivés, sans prélèvement palatinÉvitent le second site ; classés derrière le greffon autologue dans la méta-analyse en réseau

La récession peut-elle revenir après une greffe ?

Oui si le facteur qui l'a provoquée est toujours actif — c'est la principale cause d'échec à moyen terme.

Aucune des données présentées ici ne mesure directement la récidive, ce qui est une limite honnête de la littérature disponible. En revanche, l'ensemble des travaux sur les facteurs de risque converge vers la même logique. Les facteurs identifiés — tabagisme, consommation d'alcool (OR 3,20), traumatisme occlusal, frein d'insertion haute, parodontite — sont soit permanents, soit modifiables. Ceux qui sont modifiables et ne sont pas modifiés continuent d'agir après la chirurgie exactement comme avant.

C'est la raison pour laquelle les auteurs de la méta-analyse de prévalence placent l'identification des facteurs de risque et la prévention avant toute autre considération. Une greffe posée sur une cause non traitée est une réparation, pas une solution.

Une récession compromet-elle un projet de facettes ou d'implants ?

Elle change la séquence : ce qui touche à la gencive se règle avant ce qui touche à la prothèse.

Deux raisons à cela. La première est esthétique : le niveau gingival détermine la longueur visible de la dent, donc les proportions d'une facette ou d'une couronne. Poser la prothèse d'abord expose à refaire le travail si la gencive est ensuite déplacée. La seconde est biologique : une chirurgie muco-gingivale demande plusieurs semaines de maturation avant qu'un niveau gingival soit considéré comme stable.

Le raisonnement vaut plus encore côté implantaire, où le tissu kératinisé joue un rôle propre. Rappelons l'ordre de grandeur du risque de fond autour d'un implant : la péri-implantite concerne 25,0 % des patients porteurs d'implants (IC 95 % 21,1-29,3) et 18,0 % des implants, et tombe à 5,2 % au niveau implant chez les non-fumeurs. Le tabac, facteur de récession gingivale, est aussi le premier facteur modifiable du devenir implantaire — la même correction sert deux fois.

Ce qu'il faut retenir

La récession gingivale est banale : 81,1 % de la population a au moins un millimètre, 48,4 % au moins trois. Elle ne remonte jamais seule, et aucun produit d'hygiène n'y change quoi que ce soit. Le recouvrement chirurgical existe et fonctionne — 1,36 mm de gain moyen, 1,32 mm de gencive kératinisée en plus — mais le recouvrement complet n'est obtenu que dans 58 % des sites. Le greffon conjonctif enfoui associé à un lambeau déplacé coronairement reste la référence, sans que la manière de prélever le greffon change grand-chose. Et le facteur qui prédit réellement le résultat n'est ni la technique ni la profondeur visible : c'est l'état de l'attache entre les dents, mesurable en consultation et reproductible d'un examinateur à l'autre. C'est la question à poser en premier — avant le devis.

Sources et références

  1. 1
    Marschner F, Lechte C, Kanzow P, Hraský V, Pfister W — Systematic review and meta-analysis on prevalence and risk factors for gingival recession. J Dent. 2025;155:105645Autorité

    Revue systématique et méta-analyse (PROSPERO CRD42024516816) des études observationnelles publiées depuis 2000 rapportant prévalence et facteurs de risque de la récession gingivale en population générale ; recherche MEDLINE, Embase, Scopus et Web of Science en novembre 2024 ; 21 sources rapportant 22 études incluses, la plupart à faible risque de biais ; qualité évaluée par l'échelle de Newcastle-Ottawa modifiée. Prévalence estimée : 81,1 % (IC 95 % 73,9-86,7) pour une récession ≥ 1 mm, 48,4 % (39,7-57,2) pour ≥ 3 mm et 16,2 % (9,1-27,4) pour ≥ 5 mm. Facteurs de risque : sexe masculin (OR 1,84 ; IC 95 % 1,33-2,53 ; p ajusté = 0,003), consommation d'alcool (OR 3,20 ; 1,74-5,87 ; p ajusté = 0,003), parodontite. Conclusion clinique des auteurs : la récession gingivale est associée à des conditions parodontales comme la parodontite et le frein d'insertion haute, ainsi qu'à des facteurs modifiables tels que le tabagisme, la consommation d'alcool et le traumatisme occlusal ; les cliniciens devraient se concentrer en priorité sur l'identification de ces facteurs et la mise en place de stratégies préventives.

  2. 2
    Cairo F, Nieri M, Cincinelli S, Mervelt J, Pagliaro U — The interproximal clinical attachment level to classify gingival recessions and predict root coverage outcomes: an explorative and reliability study. J Clin Periodontol. 2011;38(7):661-666Autorité

    Étude de fiabilité et exploratoire proposant de classer les récessions gingivales sur le niveau d'attache clinique interdentaire. Trois types identifiés : RT1, récession sans perte d'attache interdentaire ; RT2, perte d'attache interdentaire inférieure ou égale à celle du site vestibulaire ; RT3, perte d'attache interdentaire supérieure à celle du site vestibulaire. Classification testée sur 116 récessions gingivales (profondeur moyenne 3,2 ± 1,2 mm) chez 25 patients, par deux examinateurs en aveugle l'un des données de l'autre. Coefficient de corrélation intraclasse pour l'accord inter-examinateurs : 0,86, soit un accord quasi parfait. La classification RT s'est révélée prédictive de la réduction de récession obtenue à six mois. Conclusion : l'évaluation du niveau d'attache clinique interdentaire peut servir à classer les récessions et à prédire le résultat final du recouvrement radiculaire.

  3. 3
    Chambrone L, Botelho J, Machado V, Mascarenhas P, Mendes JJ, Avila-Ortiz G — Does the subepithelial connective tissue graft in conjunction with a coronally advanced flap remain as the gold standard therapy for the treatment of single gingival recession defects? A systematic review and network meta-analysis. J Periodontol. 2022;93(9):1336-1352Autorité

    Revue systématique et méta-analyse en réseau conforme à PRISMA 2020 (PROSPERO CRD42020221362), portant sur les essais randomisés de traitement des récessions gingivales unitaires sans perte de tissu interdentaire ; recherche dans trois bases jusqu'au 30 septembre 2021. Trente-huit études, 830 patients, 1 265 récessions. Le greffon conjonctif enfoui associé à un lambeau déplacé coronairement est classé première approche pour le recouvrement radiculaire moyen, le recouvrement radiculaire complet et le gain de largeur de tissu kératinisé à 6 et 12 mois, à l'exception du recouvrement radiculaire moyen à 12 mois où le dérivé de matrice amélaire associé au lambeau déplacé coronairement obtient de meilleurs résultats. Conclusion : cette association peut être considérée comme le traitement de référence des récessions unitaires.

  4. 4
    Zhu Q, Sun F, Gao Y, Wang J, Zhou Y — Clinical efficacy of vestibular incision subperiosteal tunnel access (VISTA) for the treatment of gingival recession: a systematic review and meta-analysis. BMC Oral Health. 2025;25(1):1497Autorité

    Revue systématique et méta-analyse portant sur 14 travaux, 226 patients et 526 dents en récession de classe Miller I ou II, traités par accès tunnellisé sous-périosté avec incision vestibulaire associé à divers biomatériaux ou substituts de greffon. Réduction moyenne de la profondeur de récession : −1,36 mm (IC 95 % −1,84 à −0,89 ; p < 0,001). Recouvrement radiculaire complet moyen : 58 % (IC 95 % 49-68 % ; p < 0,001). Gain de gencive kératinisée : +1,32 mm (0,92-1,72). Gain d'épaisseur du tissu kératinisé : +0,46 mm (0,27-0,65). Réduction de la profondeur de sondage : −0,18 mm (−0,34 à −0,02 ; p = 0,024). Gain de niveau d'attache clinique : 2,14 mm (1,51-2,78).

  5. 5
    Tejedo JR, Jara RA, Caceres LZ, Vergara-Buenaventura A, Muniz FW, Faveri M, Meza-Mauricio J — De-epithelialized free gingival graft versus subepithelial connective tissue graft in the treatment of gingival recession: a systematic review and meta-analysis. Med Oral Patol Oral Cir Bucal. 2025;30(5):e690-e699Autorité

    Revue systématique et méta-analyse d'essais randomisés comparant greffon épithélio-conjonctif désépithélialisé et greffon conjonctif enfoui dans le traitement des récessions de classe Miller I et II ou Cairo type I ; cinq bases interrogées jusqu'en juin 2024. Cinq essais randomisés incluant 183 récessions à 6 mois et 111 à 12 mois. Aucune différence statistiquement significative entre les groupes sur la réduction de récession, le gain de largeur de tissu kératinisé, l'épaisseur gingivale, le recouvrement radiculaire complet ni le niveau d'attache clinique, à 6 comme à 12 mois. Conclusion : à 12 mois, les résultats cliniques du greffon désépithélialisé sont comparables à ceux du greffon conjonctif enfoui.

  6. 6
    Suvan J, Leira Y, Moreno Sancho FM, Graziani F, Derks J, Tomasi C — Subgingival instrumentation for treatment of periodontitis. A systematic review. J Clin Periodontol. 2020;47(Suppl 22):155-175Autorité

    Réduction pondérée de profondeur de poche de 1,4 mm (IC 95 % 1,0-1,7) à 6-8 mois ; proportion de fermeture de poche estimée à 74 % (IC 95 % 64-85). Six essais randomisés comparant instruments manuels et soniques/ultrasoniques : aucune différence significative. Treize essais comparant approche par quadrants et approche bouche entière : aucune différence significative, quels que soient le délai et la profondeur initiale.

  7. 7
    Sanz M, Herrera D, Kebschull M, et al. (European Federation of Periodontology) — Treatment of stage I-III periodontitis: the EFP S3 level clinical practice guideline. J Clin Periodontol. 2020;47(Suppl 22):4-60Autorité

    Recommandation de pratique clinique de niveau S3 élaborée selon GRADE à partir de 15 revues systématiques commandées. Traitement en quatre étapes successives : (1) changement de comportement, contrôle du biofilm supragingival et des facteurs de risque ; (2) instrumentation sous- et supragingivale ; (3) chirurgies parodontales sur les sites non répondeurs ; (4) soins parodontaux de soutien réguliers. Critère de fin de traitement : fermeture de poche, profondeur au sondage ≤ 4 mm sans saignement. Fonde l'ordre des interventions : le traitement parodontal précède toute chirurgie muco-gingivale.

  8. 8
    Reis INRD, Huamán-Mendoza AA, Ramadan D, et al. — The prevalence of peri-implant mucositis and peri-implantitis based on the world workshop criteria: A systematic review and meta-analysis. J Dent. 2025;160:105914Autorité

    Vingt études retenues sur 1 979, critères du World Workshop 2017. Mucite péri-implantaire : 63,0 % (IC 95 % 57,6-68,2) au niveau patient. Péri-implantite : 25,0 % (21,1-29,3) des patients et 18,0 % (15,8-20,5) des implants ; chez les non-fumeurs, 5,2 % (3,6-7,5) au niveau implant. Rappel du fait que le tabac, également facteur de récession gingivale, pèse sur l'ensemble des tissus de soutien.

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Cette page (version Canada (Québec)) tient compte des spécificités locales : devise CAD, organisme de référence RAMQ (Régie de l'assurance maladie), fuseau America/Montreal. Les protocoles cliniques sont identiques à la version France de référence.

Questions fréquentes

La gencive repousse-t-elle après une récession ?
Non, pas spontanément, et aucun dentifrice, bain de bouche ou complément n'a démontré qu'il la faisait remonter. Il n'existe pas de mécanisme de recolonisation spontanée d'une racine découverte. Ce qui peut évoluer, c'est l'inflammation associée : une gencive gonflée qui se calme peut sembler être remontée de quelques dixièmes de millimètre, mais il s'agit d'un dégonflement, pas d'une régénération. La seule voie de recouvrement documentée est chirurgicale.
Une gencive qui se rétracte, est-ce grave ?
C'est d'abord très fréquent : sur 22 études de population générale, 81,1 % (IC 95 % 73,9-86,7) des personnes ont au moins 1 mm de récession, 48,4 % (39,7-57,2) au moins 3 mm et 16,2 % (9,1-27,4) au moins 5 mm. Constater une récession ne suffit donc pas à justifier une chirurgie. L'indication se pose sur la progression, la sensibilité, la quantité de gencive attachée restante, la gêne esthétique — et surtout sur l'identification de la cause.
Quel est le taux de réussite d'une greffe de gencive ?
Il dépend de ce qu'on appelle réussite. La méta-analyse la plus récente, portant sur 14 travaux, 226 patients et 526 dents en récession Miller I ou II, retrouve une réduction moyenne de la profondeur de récession de 1,36 mm (IC 95 % 0,89-1,84) et un gain de gencive kératinisée de 1,32 mm — mais un recouvrement radiculaire complet chez seulement 58 % des sites (49-68 %). Autrement dit, quatre patients sur dix conservent une racine partiellement découverte.
Qu'est-ce qui prédit le résultat d'un recouvrement ?
L'état de l'attache entre les dents, pas la profondeur visible de la récession. La classification qui prend ce critère pour base distingue trois types : RT1 sans perte d'attache interdentaire, RT2 avec une perte inférieure ou égale à celle du site vestibulaire, RT3 avec une perte supérieure. Testée sur 116 récessions chez 25 patients par deux examinateurs en aveugle, elle obtient un coefficient de corrélation intraclasse de 0,86 et s'est révélée prédictive de la réduction de récession obtenue à six mois.
Quelle technique de greffe de gencive est la meilleure ?
Le greffon conjonctif enfoui associé à un lambeau déplacé coronairement reste la référence. La méta-analyse en réseau portant sur 38 études, 830 patients et 1 265 récessions unitaires le classe premier pour le recouvrement moyen, le recouvrement complet et le gain de tissu kératinisé à 6 et 12 mois — sauf pour le recouvrement moyen à 12 mois, où le dérivé de matrice amélaire associé au lambeau fait mieux. La façon de prélever le greffon compte peu : cinq essais randomisés ne retrouvent aucune différence entre greffon désépithélialisé et greffon conjonctif enfoui.
Quelles sont les causes d'une récession gingivale ?
Elles sont multiples et en partie modifiables. La méta-analyse des facteurs de risque retrouve notamment le sexe masculin (OR 1,84 ; IC 95 % 1,33-2,53), la consommation d'alcool (OR 3,20 ; 1,74-5,87) et la parodontite ; les auteurs citent également dans leur conclusion clinique le tabagisme, le traumatisme occlusal et le frein d'insertion haute. Leur recommandation est d'identifier ces facteurs et de mettre en place des stratégies préventives en priorité — greffer sans corriger la cause expose à la récidive.
Faut-il traiter une récession qui ne fait pas mal ?
Pas nécessairement. Une récession stable depuis des années, sans sensibilité, dans un secteur non visible et avec une bande de gencive attachée suffisante, relève de la surveillance et non de la chirurgie. L'indication se renforce en cas de progression documentée sur des mesures répétées, de sensibilité au froid gênante malgré les mesures locales, de gencive attachée très fine rendant le brossage difficile, ou de gêne esthétique exprimée. Et dans tous les cas, la cause doit être corrigée avant.
Quelle différence entre récession gingivale et déchaussement parodontal ?
Dans une récession isolée, la gencive se déplace vers la racine mais l'attache entre les dents reste intacte : dent longue, sensibilité au froid, pas de mobilité. Dans une parodontite, l'os et l'attache sont détruits y compris entre les dents : poches profondes, saignement, mobilité, déplacement des dents. Le pronostic de recouvrement diffère radicalement — il devient rarement complet lorsque l'attache interdentaire est perdue. Le traitement parodontal doit précéder toute chirurgie muco-gingivale.
Le traitement parodontal suffit-il à améliorer une gencive rétractée ?
Il traite la maladie, pas la récession. Le traitement non chirurgical obtient une réduction moyenne de profondeur de poche de 1,4 mm (IC 95 % 1,0-1,7) et une fermeture de poche estimée à 74 % (64-85) à 6-8 mois. C'est indispensable quand une parodontite est présente, mais cela ne recouvre pas la racine découverte : la chirurgie muco-gingivale, si elle est indiquée, vient après, une fois l'inflammation contrôlée.
Peut-on faire une greffe de gencive lors d'un séjour à l'étranger ?
Le geste chirurgical se réalise en séjour, mais trois éléments le rendent moins transportable qu'une couronne. Le diagnostic préalable exige de mesurer l'attache interdentaire pour classer la récession — c'est un examen clinique, pas une photo, et c'est ce classement qui prédit le résultat. La correction de la cause (tabac, alcool, traumatisme occlusal, parodontite, frein d'insertion haute) ne se fait pas en une semaine. Et un greffon prélevé au palais implique deux sites opératoires à surveiller les premiers jours.

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