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Sourire gingival : causes, diagnostic et solutions

La toxine botulique est présentée partout comme le traitement du sourire gingival. Elle ne corrige qu'une cause sur quatre, et son effet est transitoire. Comment identifier la sienne avant de choisir.

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Médicalement révisé par Kaan
Infographie montrant les quatre causes possibles d'un sourire gingival et indiquant que la toxine botulique n'agit que sur la cause musculaire

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Vérifié médicalement
Kaan
Dentistry
Dernière révision : 22 août 2026

« Sourire gingival » désigne un symptôme, pas une maladie : trop de gencive apparaît quand on sourit. Le mot recouvre en réalité quatre situations anatomiques distinctes, qui n'appellent pas le même traitement — et c'est précisément là que se jouent les résultats décevants. Cette page part du diagnostic, pas de la solution.

Qu'est-ce qu'un sourire gingival, et à partir de combien de millimètres ?

Un sourire découvrant plus de 2 à 3 mm de gencive au-dessus des incisives supérieures. En dessous de ce seuil, la gencive visible fait partie d'un sourire ordinaire.

Gencive découverte au sourireLecture usuelle
≤ 2 mmSourire esthétiquement neutre
> 3 mmPerçu socialement comme inesthétique
2 – 4 mmDegré 1
4 – 8 mmDegré 2
> 8 mmDegré 3

La répartition anatomique compte autant que la hauteur : un sourire gingival est dit antérieur quand l'excès se situe entre les canines, postérieur quand il se situe en arrière des canines, asymétrique quand un seul côté est concerné, et mixte quand les deux régions le sont. Cette classification n'est pas décorative — elle détermine directement les points d'injection si une approche musculaire est retenue.

Le sourire gingival est-il fréquent ?

Oui : la prévalence rapportée en population générale va de 10,5 % à 29 %, avec une nette prédominance féminine — environ 14 % chez les femmes contre 7 % chez les hommes.

Cet écart de prévalence a une conséquence pratique rarement énoncée : le sourire gingival est une variation anatomique fréquente, pas une anomalie rare. Un chiffre de cet ordre signifie qu'une personne sur cinq à une sur dix en présente un degré variable. La demande de traitement relève donc d'un choix esthétique personnel, pas d'une nécessité médicale — sauf lorsqu'une gingivite chronique ou une usure sont associées.

Quelles sont les causes d'un sourire gingival ?

Quatre familles, dont deux d'origine tissulaire et deux d'origine squelettique ou dentaire. La cause la plus fréquemment rapportée est l'hyperfonction des muscles élévateurs de la lèvre supérieure ; les revues récentes retiennent l'éruption passive altérée et l'hypermobilité labiale comme les deux principales causes tissulaires.

CauseCe qui se passeIndice cliniqueTraitement établi
Hypermobilité de la lèvre supérieureLes muscles élévateurs relèvent trop la lèvreGrande différence entre lèvre au repos et au sourireChirurgie de repositionnement labial ; toxine botulique
Éruption passive altéréeLa gencive n'a pas fini de se retirer : les couronnes cliniques restent courtesDents visuellement « petites », carrées ; sondage particulierAllongement coronaire esthétique
Excès vertical du maxillaireL'os maxillaire est trop long verticalementÉtage inférieur du visage allongé ; analyse céphalométriqueChirurgie orthognathique ; ancrage squelettique orthodontique
Égression dento-alvéolaireLes dents antérieures sont descendues avec leur osSupraclusion, usure des bords libresIngression orthodontique

Une lèvre supérieure courte peut par ailleurs se surajouter à n'importe laquelle de ces situations, et plusieurs causes coexistent fréquemment chez un même patient — raison pour laquelle un traitement unique donne souvent un résultat partiel.

Schéma des mesures cliniques permettant d'identifier la cause d'un sourire gingival : gencive découverte, longueur de couronne clinique, mobilité labiale et hauteur de l'étage inférieur du visage

Comment savoir quelle est ma cause ?

Par des mesures, pas par une photo. Le bilan qui permet de trancher combine des données cliniques et radiologiques précises.

Ce qui est mesuréCe que la mesure oriente
Longueur de la couronne cliniqueÉruption passive altérée si les couronnes sont courtes
Largeur de gencive kératinisée et profondeur de sondagePosition réelle de l'attache par rapport à la jonction émail-cément
Différence lèvre au repos / lèvre au sourireHypermobilité labiale
Recouvrement et surplomb incisifsÉgression dento-alvéolaire
Hauteur de l'étage inférieur du visage (analyse céphalométrique)Excès vertical du maxillaire
Niveau osseux radiographiqueDistinction entre excès gingival et excès osseux

La conséquence est directe : un devis de traitement du sourire gingival établi sur photos seules ne repose sur aucun de ces éléments. C'est le signal d'alerte le plus simple à repérer.

Quels sont les objectifs d'un traitement du sourire gingival ?

Ramener la gencive découverte dans une plage d'environ 2 mm, sans créer un déficit d'exposition dentaire ni compromettre la santé parodontale.

Trois objectifs se hiérarchisent, et les confondre produit des résultats surtraités. Le premier est proportionnel : rétablir un rapport lèvre / dents / gencive équilibré, ce qui n'équivaut pas à supprimer toute gencive visible. Le deuxième est fonctionnel : préserver la fermeture labiale, la phonation et l'espace biologique parodontal. Le troisième seulement est esthétique, et il dépend d'un jugement subjectif que le patient doit énoncer avant l'intervention, pas après.

Comment une injection de toxine botulique corrige-t-elle un sourire gingival ?

En réduisant temporairement la contraction des muscles qui relèvent la lèvre supérieure — donc en abaissant la lèvre, pas en modifiant la gencive.

Le point d'injection le plus documenté est le point dit de Yonsei, situé à l'intersection des faisceaux du zygomatique mineur, de l'élévateur de la lèvre supérieure et de l'élévateur de la lèvre supérieure et de l'aile du nez ; les doses rapportées y sont de l'ordre de 2,5 à 5 unités par site. La stratégie d'injection dépend du type de sourire gingival : injection latérale à l'aile du nez pour une forme antérieure, second point environ 2 cm plus latéralement sur la ligne du tragus pour une forme postérieure, technique combinée avec réduction de moitié de la dose au site nasal pour une forme mixte.

Combien de temps dure l'effet de la toxine botulique ?

L'effet apparaît en une à deux semaines, culmine vers la deuxième semaine, et se dissipe sur quatre à six mois.

L'étude princeps est précise sur ce point. Chez 30 patients, la gencive découverte moyenne est passée de 5,2 ± 1,4 mm avant injection à 0,09 ± 1,06 mm à deux semaines (t = 26,01 ; p < 0,00001), avec un abaissement labial moyen de 5,1 mm. La gencive découverte a ensuite réaugmenté progressivement ; à 24 semaines, la valeur de départ n'était pas encore atteinte, et le modèle prédisait un retour à 5,2 mm entre la 30ᵉ et la 32ᵉ semaine.

RepèreDélai
Premiers effets1 à 2 semaines
Effet maximal≈ 2 semaines
StabilitéJusqu'à ≈ 8 semaines
Réapparition progressiveÀ partir de ≈ 12 semaines
Durée usuelle rapportée4 à 6 mois
Retour à la valeur de départ (modélisé)30 à 32 semaines

Autrement dit, une correction par toxine botulique est un traitement récurrent, à raison de deux à trois séances annuelles pour maintenir le résultat. Ce n'est pas un défaut — c'est une donnée à intégrer dans le coût total et dans la décision, en particulier chez un patient jeune.

Dans quels cas la toxine botulique ne fonctionne-t-elle pas ?

Dans trois situations sur quatre — et c'est l'information la plus utile de cette page. La toxine agit sur un muscle ; elle ne peut donc rien contre une cause osseuse, gingivale ou dentaire.

Cause du sourire gingivalLa toxine botulique la corrige-t-elle ?
Hypermobilité de la lèvre supérieureOui, temporairement
Éruption passive altérée (couronnes courtes)Non — relève d'un allongement coronaire
Excès vertical du maxillaireNon — relève de l'orthodontie ou de la chirurgie orthognathique
Égression dento-alvéolaireNon — relève d'une ingression orthodontique

La littérature est explicite : traiter par toxine botulique un patient dont l'excès gingival provient d'une longueur coronaire réduite n'est pas acceptable. À l'inverse, une revue systématique souligne un usage rarement mentionné et pourtant élégant : la toxine peut servir d'outil diagnostique et de traitement d'essai. Un patient hésitant devant une chirurgie de repositionnement labial peut ainsi visualiser le résultat d'un abaissement de lèvre pendant quelques mois avant de décider d'un geste définitif.

Quand un allongement coronaire est-il indiqué ?

Quand la gencive recouvre encore une partie de la couronne anatomique — c'est-à-dire dans l'éruption passive altérée.

Le geste consiste à repositionner le rebord gingival, avec ou sans remodelage osseux selon la position de la crête par rapport à la jonction émail-cément. Les revues récentes retiennent l'allongement coronaire esthétique comme le traitement chirurgical établi de cette étiologie, au même titre que le repositionnement labial l'est pour l'hypermobilité de la lèvre.

Le point de vigilance est l'espace biologique : réduire la gencive sans tenir compte du niveau osseux expose à une récidive par recolonisation, ou à une inflammation chronique si l'attache est violée. C'est la raison pour laquelle un « lifting de gencive » proposé sans radiographie ni sondage n'est pas un geste anodin.

Le repositionnement labial : pour qui, et avec quels résultats ?

Pour l'hypermobilité de la lèvre supérieure, avec une réduction moyenne d'environ 3 mm maintenue à trois ans.

Une revue systématique avec méta-analyse portant sur 13 études et six variantes techniques rapporte une réduction de la gencive découverte de −3,06 mm (IC 95 % −3,71 à −2,40) à 6 mois, −2,91 mm (IC 95 % −3,66 à −2,15) à 12 mois et −2,76 mm (IC 95 % −3,83 à −1,70) à 36 mois par rapport à la situation initiale (p < 0,01). La variante avec suture périostée obtient les réductions les plus importantes : 5,22 mm (IC 95 % 4,23–6,21) à 6 mois et 4,94 mm (IC 95 % 3,86–6,02) à 12 mois.

La lecture honnête de ces chiffres est double : l'effet est durable — c'est la différence majeure avec la toxine — mais il s'atténue légèrement entre 6 et 36 mois, ce qui correspond à une reprise partielle de mobilité labiale.

Quand faut-il envisager une chirurgie orthognathique ?

Quand la cause est squelettique — un excès vertical du maxillaire — et que l'excès gingival est important.

C'est la situation où l'écart entre l'ampleur du traitement et celle de la demande est le plus grand : un geste maxillo-facial sous anesthésie générale, avec préparation orthodontique, pour un motif souvent esthétique. Les alternatives par ancrage squelettique orthodontique — mini-vis d'ingression — sont documentées chez l'adulte non en croissance et permettent de traiter certains excès verticaux sans chirurgie lourde.

Le rôle d'une consultation honnête est ici d'énoncer clairement que l'option la plus efficace est aussi la plus lourde, et que ne pas la choisir est une décision légitime — à condition de savoir qu'un traitement plus léger donnera un résultat partiel.

Peut-on traiter un sourire gingival avec des facettes ?

Non, et c'est un des malentendus les plus coûteux du domaine. Une facette recouvre la face visible d'une dent : elle ne modifie ni la position de la lèvre, ni celle de la gencive, ni la hauteur du maxillaire.

Dans un cas d'éruption passive altérée, les facettes peuvent paraître résoudre le problème en allongeant visuellement les dents — mais elles le font en descendant le bord libre, pas en remontant la gencive, ce qui modifie l'occlusion et l'esthétique du sourire au repos. La séquence logique est inverse : corriger d'abord le niveau gingival, puis restaurer si nécessaire, sur des couronnes cliniques devenues normales.

Que faire si le sourire gingival est asymétrique ?

Une asymétrie oriente vers une cause musculaire ou une différence de niveau gingival localisée, rarement vers une cause squelettique. Un excès vertical du maxillaire produit en effet un excès globalement symétrique ; une hyperactivité musculaire, elle, peut être franchement latéralisée.

C'est l'une des raisons pour lesquelles la classification en formes antérieure, postérieure, asymétrique et mixte n'est pas cosmétique : dans une forme asymétrique, les doses et les points d'injection sont ajustés côté par côté, et une dose identique à droite et à gauche reproduit ou accentue l'asymétrie au lieu de la corriger. Une asymétrie du sourire préexistante doit donc être photographiée et documentée avant toute injection — sans quoi elle sera attribuée au traitement.

Dans quel ordre traiter quand plusieurs causes coexistent ?

Du plus profond vers le plus superficiel : d'abord la position des bases osseuses et des dents, puis le niveau gingival, et seulement en dernier la restauration prothétique.

ÉtapeCe qui est traitéPourquoi à ce moment
1. Assainissement parodontalInflammation, plaque, tartreUne gencive inflammatoire est œdématiée : son niveau apparent n'est pas son niveau réel
2. Orthodontie ou chirurgie squelettiquePosition des dents et du maxillaireDéplacer les dents après avoir sculpté la gencive annule le travail
3. Allongement coronaireNiveau gingival et osseuxSe définit sur des dents déjà en position finale
4. Cicatrisation et stabilisationMaturation des tissusLe feston gingival continue de se stabiliser plusieurs semaines
5. Restauration prothétique éventuelleForme et teinte des dentsLes limites se dessinent sur un contour gingival définitif

Inverser cet ordre est l'erreur de séquence la plus coûteuse du domaine : des facettes posées avant un allongement coronaire ont leurs limites cervicales positionnées par rapport à une gencive qui va bouger, et devront être refaites. Le fait qu'une clinique propose la restauration en premier — parce que c'est l'étape la plus visible et la plus rapide — n'en fait pas la bonne étape de départ.

Quels sont les risques et effets indésirables ?

Pour la toxine botulique, ils sont décrits comme peu fréquents et le plus souvent temporaires. Sont rapportés : inflammation, douleur, hématome, ecchymose, œdème, infection, perte de force musculaire locale. Une technique imprécise ou une dose excessive expose à une asymétrie, une ptose ou une chute de la lèvre, avec gêne à la parole ou à l'alimentation.

Le niveau de preuve global doit être connu : une revue systématique n'a retenu que 4 articles sur 33 examinés, avec des différences de type de toxine, de dose et de technique entre les études, et classe l'ensemble en niveau de preuve 4 en appelant à des essais randomisés. Une seconde revue, portant sur 9 études prospectives, confirme l'efficacité pour les formes d'origine musculaire et le caractère réversible du traitement.

Comment choisir entre les options ?

En partant de la cause, jamais du catalogue. Le tableau ci-dessous résume ce que chaque option modifie réellement.

OptionAgit surDuréeRéversible ?
Toxine botuliqueMuscle élévateur de la lèvre4 à 6 moisOui, par nature
Allongement coronaire esthétiqueGencive ± osDurableNon
Repositionnement labialCourse de la lèvreDurable, ≈ −3 mm à 36 moisPartiellement
Ingression orthodontiquePosition des dentsDurable avec contentionNon
Chirurgie orthognathiquePosition du maxillaireDéfinitiveNon

Une dernière remarque, qui n'est pas une remarque commerciale : ne rien faire est une option pleine. Le sourire gingival concerne jusqu'à une personne sur cinq selon les séries, il n'entraîne aucune conséquence fonctionnelle en soi, et la seule vraie urgence dans ce domaine est celle qu'un discours commercial fabrique.

Sources et références

  1. 1
    Fatani B — An Approach for Gummy Smile Treatment Using Botulinum Toxin A: A Narrative Review of the Literature. Cureus. 2023;15(1):e34032Autorité

    Seuil : plus de 2-3 mm de gencive exposée. Degrés : 1 (2-4 mm), 2 (4-8 mm), 3 (> 8 mm). Types : postérieur (> 3 mm en arrière des canines), antérieur (> 3 mm entre canines), asymétrique, mixte. Prévalence ≈ 14 % chez la femme et 7 % chez l'homme ; 10,5-29 % en population générale. Étiologies : hyperfonction des muscles labiaux (la plus fréquente), excès vertical du maxillaire, couronnes cliniques courtes, éruption altérée, égression dento-alvéolaire. Point de Yonsei : 5 UI maximum recommandées ; 2,5-5 UI par site. Effet observé entre 1 et 2 semaines, pic à 2 semaines, durée 4-6 mois, stabilité jusqu'à la 8ᵉ semaine, réapparition possible après 12 semaines. Effets indésirables peu fréquents et temporaires : inflammation, parésie, douleur, hématome, infection, ecchymose, œdème, perte de force ; surdosage → ptose ou chute de lèvre. La toxine ne traite pas les excès de croissance verticale/sagittale du maxillaire ni les couronnes courtes par éruption altérée.

  2. 2
    Polo M — Botulinum toxin type A (Botox) for the neuromuscular correction of excessive gingival display on smiling (gummy smile). Am J Orthod Dentofacial Orthop. 2008;133(2):195-203Autorité

    30 patients suivis à 2, 4, 8, 12, 16, 20 et 24 semaines. Gencive découverte pré-injection 5,2 ± 1,4 mm ; à 2 semaines 0,09 ± 1,06 mm (t = 26,01 ; p < 0,00001). Abaissement labial moyen 5,1 mm à 2 semaines. Réaugmentation progressive de la 2ᵉ à la 24ᵉ semaine sans retour à la valeur initiale ; modèle polynomial de 3ᵉ ordre prédisant un retour à 5,2 mm entre la 30ᵉ et la 32ᵉ semaine. Effet jugé efficace mais transitoire.

  3. 3
    Nasr MW, Jabbour SF, Sidaoui JA, Haber RN, Kechichian EG — Botulinum Toxin for the Treatment of Excessive Gingival Display: A Systematic Review. Aesthet Surg J. 2016;36(1):82-88Autorité

    Revue systématique : 33 articles identifiés, 29 exclus, 4 retenus. Tous convergent sur le rôle de la toxine botulique et sur l'importance de cibler le muscle élévateur de la lèvre supérieure et de l'aile du nez, mais diffèrent sur le type de toxine, la dose et la technique. Traitement jugé sûr et efficace lorsqu'il est réalisé par des praticiens expérimentés ; des essais randomisés restent nécessaires. Niveau de preuve 4 (thérapeutique).

  4. 4
    Lam F, Chan MYS — The role of botulinum toxin A in the management of different types of excessive gingival display: a systematic review. Br Dent J. 2022;233(3):221-226Autorité

    Un sourire esthétique découvre 2 mm ou moins de gencive ; au-delà de 3 mm il est perçu comme socialement inesthétique, avec un impact psychosocial. 9 études prospectives évaluées sur le nombre et le site d'injections, la dose unitaire et la reconstitution. La toxine botulique est efficace pour toutes les formes d'excès gingival dues à une hyperfonction des muscles du sourire, réversible et sûre ; elle est également utile comme outil diagnostique, comme traitement palliatif et comme thérapie adjuvante.

  5. 5
    Tatakis DN, Silva CO — Contemporary treatment techniques for excessive gingival display caused by altered passive eruption or lip hypermobility. J Dent. 2023;138:104711Autorité

    L'éruption passive altérée et l'hypermobilité de la lèvre supérieure sont les deux principales étiologies tissulaires de l'excès gingival. L'allongement coronaire esthétique et la chirurgie de repositionnement labial en sont respectivement les traitements chirurgicaux établis. De nombreuses techniques récentes n'ont pour l'instant qu'un niveau de preuve limité à des cas cliniques, avec des indications encore mal définies.

  6. 6
    Mendoza-Geng A, Gonzales-Medina K, Meza-Mauricio J, Muniz FWMG, Vergara-Buenaventura A — Clinical efficacy of lip repositioning technique and its modifications for the treatment of gummy smile: systematic review and meta-analysis. Clin Oral Investig. 2022;26(6):4243-4261Autorité

    783 études identifiées, 13 incluses, six variantes techniques. Réduction de l'excès gingival de −3,06 mm (IC 95 % −3,71 à −2,40) à 6 mois, −2,91 mm (IC 95 % −3,66 à −2,15) à 12 mois et −2,76 mm (IC 95 % −3,83 à −1,70) à 36 mois par rapport à la valeur initiale (p < 0,01). Variante avec suture périostée : −5,22 mm (IC 95 % 4,23–6,21) à 6 mois et −4,94 mm (IC 95 % 3,86–6,02) à 12 mois. Satisfaction globale des patients bonne à 6, 12 et 36 mois.

  7. 7
    Inchingolo AD et al. — Effectiveness and Personalized Approaches in the Correction of Gummy Smile: A Systematic Review of Orthodontic and Surgical Treatments. J Clin Med. 2024;13Autorité

    Revue systématique des approches orthodontiques et chirurgicales de l'excès gingival : le choix de la modalité dépend de l'étiologie identifiée, aucune technique unique ne convenant à toutes les formes ; les approches personnalisées combinant plusieurs modalités donnent les résultats les plus cohérents.

  8. 8
    Kiran P, Sahoo N, Dash B et al. — Effectiveness of Treating Vertical Maxillary Excess Among Non-growing Adult Patients With Skeletal Anchorage System: A systematic assessment. Cureus. 2024;16(12):e76625Autorité

    Chez l'adulte non en croissance, l'ancrage squelettique orthodontique (mini-vis d'ingression) permet de traiter certains excès verticaux du maxillaire, offrant une alternative documentée à la chirurgie orthognathique dans des indications sélectionnées.

Questions fréquentes

À partir de combien de millimètres parle-t-on de sourire gingival ?
Au-delà de 2 à 3 mm de gencive découverte au sourire. Un sourire exposant 2 mm ou moins est considéré comme esthétiquement neutre ; au-delà de 3 mm il est perçu socialement comme inesthétique. Les classifications distinguent ensuite trois degrés : 2 à 4 mm, 4 à 8 mm, et plus de 8 mm. La répartition compte autant que la hauteur — antérieure, postérieure, asymétrique ou mixte —, car elle détermine la stratégie de traitement.
Le sourire gingival est-il fréquent ?
Oui. La prévalence rapportée en population générale va de 10,5 % à 29 % selon les séries, avec une prédominance féminine nette : environ 14 % chez les femmes contre 7 % chez les hommes. C'est donc une variation anatomique courante et non une anomalie rare ; la demande de traitement relève d'un choix esthétique personnel, sauf lorsqu'une gingivite chronique ou une usure y sont associées.
Quelles sont les causes d'un sourire gingival ?
Quatre familles. L'hypermobilité de la lèvre supérieure, où les muscles élévateurs relèvent trop la lèvre ; l'éruption passive altérée, où la gencive recouvre encore une partie de la couronne ; l'excès vertical du maxillaire, d'origine squelettique ; et l'égression dento-alvéolaire, où les dents antérieures sont descendues avec leur os. Une lèvre supérieure courte peut se surajouter, et plusieurs causes coexistent souvent chez un même patient.
Comment la toxine botulique corrige-t-elle un sourire gingival ?
En réduisant temporairement la contraction des muscles qui relèvent la lèvre supérieure : elle abaisse la lèvre, elle ne modifie pas la gencive. Le point d'injection le plus documenté est le point de Yonsei, à l'intersection du zygomatique mineur, de l'élévateur de la lèvre supérieure et de l'élévateur de la lèvre supérieure et de l'aile du nez, avec des doses de l'ordre de 2,5 à 5 unités par site, adaptées selon que le sourire gingival est antérieur, postérieur ou mixte.
Combien de temps dure l'effet de la toxine botulique sur un sourire gingival ?
Quatre à six mois. L'effet apparaît en une à deux semaines et culmine vers la deuxième. Dans l'étude de référence portant sur 30 patients, la gencive découverte est passée de 5,2 ± 1,4 mm à 0,09 mm à deux semaines, avec un abaissement labial moyen de 5,1 mm ; à 24 semaines la valeur initiale n'était pas encore atteinte, et le modèle prédisait un retour à 5,2 mm entre la 30ᵉ et la 32ᵉ semaine. C'est donc un traitement récurrent, à raison de deux à trois séances par an.
La toxine botulique fonctionne-t-elle sur tous les sourires gingivaux ?
Non, sur une cause sur quatre seulement. Elle agit sur le muscle et ne peut rien contre une cause osseuse, gingivale ou dentaire. Traiter par toxine un excès gingival lié à des couronnes cliniques courtes n'est pas acceptable selon la littérature : cette situation relève d'un allongement coronaire. En revanche, la toxine peut servir de test avant une chirurgie de repositionnement labial, en laissant visualiser le résultat pendant quelques mois.
Quels résultats attendre d'un repositionnement labial ?
Une réduction moyenne d'environ 3 mm, durable. Une méta-analyse de 13 études rapporte −3,06 mm à 6 mois, −2,91 mm à 12 mois et −2,76 mm à 36 mois par rapport à la situation initiale. La variante avec suture périostée obtient les réductions les plus importantes : 5,22 mm à 6 mois et 4,94 mm à 12 mois. L'effet s'atténue légèrement entre 6 et 36 mois, ce qui correspond à une reprise partielle de mobilité labiale.
Peut-on corriger un sourire gingival avec des facettes ?
Non. Une facette recouvre la face visible d'une dent : elle ne modifie ni la position de la lèvre, ni celle de la gencive, ni la hauteur du maxillaire. Dans une éruption passive altérée, des facettes peuvent sembler résoudre le problème en allongeant visuellement les dents, mais elles le font en descendant le bord libre — ce qui modifie l'occlusion et l'esthétique au repos. La séquence correcte est inverse : corriger d'abord le niveau gingival, restaurer ensuite si nécessaire.
Quels sont les risques d'un traitement du sourire gingival par toxine botulique ?
Ils sont décrits comme peu fréquents et le plus souvent temporaires : inflammation, douleur, hématome, ecchymose, œdème, infection, perte de force musculaire locale. Une technique imprécise ou une dose excessive expose à une asymétrie, une ptose ou une chute de lèvre avec gêne à la parole ou à l'alimentation. Le niveau de preuve global reste faible — une revue systématique n'a retenu que 4 articles sur 33 et classe l'ensemble en niveau 4.
Faut-il forcément traiter un sourire gingival ?
Non. Le sourire gingival concerne jusqu'à une personne sur cinq selon les séries et n'entraîne par lui-même aucune conséquence fonctionnelle. Le traitement relève d'un choix esthétique, et l'option de ne rien faire est pleinement légitime. Lorsqu'un traitement est envisagé, l'objectif raisonnable est de ramener la gencive découverte autour de 2 mm sans créer de déficit d'exposition dentaire ni compromettre la santé parodontale.

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