Greffe de Cheveux

Une ordonnance étrangère est-elle valable en France ?

Ce que le droit européen reconnaît, ce qu'il ne couvre pas, les mentions qu'une ordonnance doit porter pour être exploitable — et les prescriptions de sortie qui ne sont pas justifiées.

14 min de lecture
2 598 mots
Partager:
Médicalement révisé par Kaan
Infographie opposant le régime de reconnaissance des ordonnances établies dans l'Union européenne et celui des ordonnances établies hors Union

Cliquez pour voir les sections de l'article

Vérifié médicalement
Kaan
Dermatology
Dernière révision : 27 août 2026

Vous rentrez d'une intervention à l'étranger avec une pochette : un compte rendu, parfois des radiographies, et une ordonnance. Deux questions se posent aussitôt, et elles n'ont pas la même réponse. Peut-on faire délivrer ces médicaments en France ? Et faut-il les prendre ? Cette page traite les deux — le cadre juridique d'un côté, ce que valent les prescriptions de sortie les plus courantes de l'autre.

Que prévoit le droit européen pour les ordonnances ?

Un mécanisme de reconnaissance mutuelle, à condition que la prescription vienne d'un État membre de l'Union.

La directive 2011/24/UE relative aux droits des patients en matière de soins de santé transfrontaliers pose le principe à son article 11. Lorsqu'un médicament est autorisé sur le territoire d'un État membre, celui-ci doit veiller à ce que les prescriptions établies dans un autre État membre pour un patient nommément désigné « puissent être délivrées sur leur territoire conformément à leur législation nationale ».

Ce principe n'est pas absolu. La directive encadre précisément les cas où un État peut restreindre cette reconnaissance :

Motif de restriction admisFormulation de la directive
Protection de la santé humaineLa restriction doit être « nécessaire et proportionnée pour protéger la santé humaine »
Doute légitimeDoutes fondés quant à l'authenticité, au contenu ou à la lisibilité de la prescription
Droit déontologique du pharmacienLe pharmacien conserve un droit de refus éthique équivalent à celui dont il dispose dans son propre État

Trois précisions ferment le raisonnement. La reconnaissance n'affecte pas les règles nationales relatives à la prescription et à la délivrance, ni celles sur la substitution générique, ni les règles de remboursement. Autrement dit : une ordonnance reconnue n'est pas pour autant une ordonnance remboursée, et le pharmacien applique sa propre législation nationale.

Une ordonnance turque bénéficie-t-elle de ce mécanisme ?

Non — et c'est le point que nous devons écrire clairement, même s'il ne nous arrange pas.

Le texte de l'article 11 est explicite sur son champ : il vise les prescriptions établies dans un autre État membre. La directive d'exécution 2012/52/UE le confirme en définissant son propre champ d'application comme les prescriptions « établies à la demande d'un patient qui entend les utiliser dans un autre État membre ».

La Turquie n'est pas un État membre de l'Union européenne. Une ordonnance turque ne relève donc pas de ce mécanisme de reconnaissance. Ce qui ne signifie pas qu'elle soit sans valeur : elle reste un document médical, utile à tout praticien qui vous suivra ensuite. Mais sa délivrance en pharmacie française relève du droit national et de l'appréciation du pharmacien, pas d'un droit européen à la reconnaissance.

Liste des mentions obligatoires d'une prescription transfrontalière selon l'annexe de la directive d'exécution 2012/52/UE

Quelles mentions une ordonnance transfrontalière doit-elle porter ?

La liste est fixée par une directive d'exécution — et elle constitue un excellent standard à exiger, même hors Union européenne.

La directive 2012/52/UE établit en annexe les éléments que doit contenir une prescription destinée à être utilisée dans un autre État membre :

BlocMentions exigées
Identification du patientNom(s), prénom(s) en toutes lettres, date de naissance
AuthentificationDate d'établissement ; identification du prescripteur — noms, prénoms, qualifications, coordonnées directes incluant l'indicatif international, adresse professionnelle avec mention de l'État membre ; signature manuscrite ou numérique
Identification du produitDénomination commune du médicament ; nom de marque uniquement si le produit est biologique ou si cela est « jugé nécessaire d'un point de vue médical » ; forme pharmaceutique ; quantité ; dosage ; posologie

Deux éléments de cette liste méritent d'être soulignés parce qu'ils règlent en pratique la plupart des difficultés.

La dénomination commune — le nom de la molécule, pas la marque commerciale — est ce qui rend une ordonnance exploitable partout : les noms de marque diffèrent d'un pays à l'autre, la molécule non. C'est la raison pour laquelle le texte réserve le nom de marque aux médicaments biologiques et aux cas de nécessité médicale.

Les coordonnées directes du prescripteur avec indicatif international sont ce qui permet à un pharmacien confronté à un doute de lever ce doute plutôt que de refuser. Une ordonnance sans numéro joignable transforme un simple doute en refus.

Que demander avant de repartir, même hors Union européenne ?

Exactement ce que la directive exige pour l'intérieur de l'Union — la liste est un standard de qualité, pas seulement une règle juridique.

À demanderPourquoi
Ordonnance en dénomination communeLes marques changent d'un pays à l'autre ; la molécule est universelle
Coordonnées directes du prescripteur, indicatif international comprisPermet à un pharmacien ou à un médecin français de vérifier plutôt que de refuser
Forme, dosage, quantité, posologie explicitesUne posologie implicite n'est pas transposable
Compte rendu opératoire détailléC'est lui, et non l'ordonnance, qui permettra le suivi
Documents d'imagerie et références des dispositifs posésSans référence initiale, aucune évolution ne peut être objectivée plus tard

Cette dernière ligne dépasse la question de l'ordonnance mais elle est du même ordre : ce que vous repartez avec conditionne ce que le praticien suivant pourra faire.

Peut-on faire renouveler une ordonnance étrangère par un médecin français ?

Un médecin français qui vous prescrit engage sa propre responsabilité : il ne « renouvelle » pas, il prescrit.

La distinction n'est pas formelle. Le mécanisme européen porte sur la délivrance d'une prescription existante, pas sur son renouvellement par un autre praticien. Et la directive précise que la reconnaissance n'affecte pas les règles nationales relatives à la prescription.

Concrètement, un médecin sollicité pour la suite d'un traitement initié à l'étranger a besoin des éléments qui lui permettent d'assumer cette prescription : le compte rendu, l'indication, la durée prévue, et la molécule en dénomination commune. C'est une consultation, avec examen — pas une formalité de transcription.

Peut-on rapporter les médicaments plutôt que de les faire délivrer ?

C'est une question de droit national et douanier, distincte de celle de la reconnaissance des ordonnances — et elle doit être vérifiée auprès des autorités compétentes.

Nous ne citerons ici aucune quantité ni aucun seuil : les règles d'importation de médicaments à usage personnel relèvent du droit national et des services douaniers, elles varient selon la nature du produit, et les énoncer de mémoire serait exactement le genre d'approximation que cette page cherche à éviter.

Ce que l'on peut dire sans risque d'erreur :

  • Les règles diffèrent selon que le produit vient d'un État membre de l'Union ou d'un pays tiers ;
  • Certains produits — notamment ceux relevant de réglementations particulières — obéissent à des règles spécifiques ;
  • Conserver l'ordonnance et l'emballage d'origine est, dans tous les cas, ce qui permet de justifier un usage personnel ;
  • Le pharmacien et les services douaniers sont les interlocuteurs légitimes pour la situation précise.

Faut-il prendre tout ce qui a été prescrit à la sortie ?

Pas nécessairement — plusieurs prescriptions de sortie courantes ne sont pas soutenues par les essais.

C'est le versant médical de la question, et il est plus important que le versant administratif. L'exemple le mieux documenté concerne les antibiotiques après chirurgie implantaire.

TravailBaseRésultat
Méta-analyse 20247 essais randomisés, 1 859 patients, 3 014 implantsAntibioprophylaxie contre placebo sur l'échec précoce : RR 0,66 (IC 95 % 0,30-1,47), non significatif ; nombre de sujets à traiter 143. Les résultats ne soutiennent pas la prophylaxie de routine
Méta-analyse en réseau 20199 essais randomisés, 1 693 participants« Le recours à des cures postopératoires ne semble pas justifié par la littérature disponible »

Cela ne signifie pas qu'il faille jeter une ordonnance : un terrain à risque, une greffe étendue ou une infection préexistante changent le raisonnement, et cette décision appartient au praticien. Mais si l'on vous a remis une semaine d'antibiotiques « par principe » après un geste sans particularité, la question mérite d'être posée à votre médecin traitant — pas ignorée dans un sens ou dans l'autre.

À l'inverse, sur l'antalgie, l'association ibuprofène-paracétamol dispose du meilleur niveau de preuve en douleur postopératoire aiguë de l'adulte : sur 7 essais randomisés et 2 947 participants, un soulagement d'au moins 50 % est obtenu bien plus souvent que sous placebo — risque relatif 2,60 (IC 95 % 2,11-3,20). Le choix, la dose et les contre-indications relèvent du prescripteur.

Et si le médicament n'a pas d'autorisation en France ?

C'est la limite la plus concrète du mécanisme européen : il suppose que le médicament soit autorisé dans le pays de délivrance.

L'article 11 conditionne explicitement la reconnaissance au fait que le médicament soit autorisé sur le territoire de l'État où la délivrance est demandée, conformément à la directive 2001/83/CE ou au règlement (CE) n° 726/2004. Un produit non autorisé en France ne devient pas disponible parce qu'une ordonnance étrangère le mentionne.

Ce cas n'a rien de théorique en médecine capillaire. Plusieurs molécules discutées dans ce domaine ont un statut réglementaire différent d'un pays à l'autre, ou sont utilisées hors autorisation de mise sur le marché dans l'indication capillaire. La méta-analyse en réseau des monothérapies masculines classe par exemple le dutastéride 0,5 mg par jour comme l'option la plus efficace — mais en France, cette molécule n'a pas d'autorisation dans l'alopécie ; parmi les traitements approuvés, ce sont le finastéride 1 mg par voie orale et le minoxidil 5 % topique qui arrivent en tête.

La question à poser au retour est donc double : ce produit existe-t-il en France, et y est-il autorisé dans cette indication ? Les deux réponses peuvent différer.

Un pharmacien peut-il refuser de délivrer ?

Oui, dans les cas que la directive prévoit — et son droit de refus déontologique est expressément préservé.

Le texte est clair sur ce point : le pharmacien conserve un droit de refus éthique équivalent à celui dont il dispose lorsqu'il exerce dans son propre État. S'y ajoutent les deux motifs de restriction admis : une nécessité proportionnée de protection de la santé humaine, et un doute légitime sur l'authenticité, le contenu ou la lisibilité.

La conséquence pratique est directe : une ordonnance illisible, incomplète ou sans coordonnées vérifiables est une ordonnance refusable, y compris à l'intérieur de l'Union européenne. C'est précisément ce que la liste de mentions obligatoires cherche à éviter — et c'est pourquoi l'exiger avant de repartir est plus utile que de discuter au comptoir après.

Que faire de l'ordonnance si l'on n'a pas besoin des médicaments ?

La conserver — elle documente ce qui a été prescrit, et cela vaut indépendamment de sa délivrance.

C'est un réflexe utile pour une raison simple : une ordonnance est la seule trace écrite de ce que le praticien a jugé nécessaire au moment de la sortie. Elle complète le compte rendu opératoire et permet, des mois plus tard, de reconstituer la prise en charge.

DocumentCe qu'il permetSans lui
Ordonnance de sortieSait ce qui a été prescrit, à quelle dose et pour quelle duréeImpossible de savoir si un traitement a été reçu
Compte rendu opératoireDécrit le geste réalisé et ses particularitésLe praticien suivant travaille à l'aveugle
Imagerie de référenceSert de point de comparaison pour objectiver une évolutionAucune évolution ne peut être démontrée
Références des dispositifs posésMarque, modèle, dimensions — indispensable en cas de repriseUne reprise se fait sans savoir ce qui est en place

Ces quatre lignes valent pour toute intervention réalisée loin de chez soi, quel que soit le pays et quelle que soit la spécialité. C'est le contenu minimal de la pochette de sortie.

Le cadre européen couvre-t-il tous les soins ?

Non — la directive elle-même définit son champ et énumère ce qu'elle exclut.

L'article 1er, paragraphe 2, de la directive 2011/24/UE pose que celle-ci s'applique à la prestation de soins de santé aux patients « indépendamment de leur mode d'organisation, de prestation ou de financement ». Mais elle exclut explicitement trois domaines :

  • Les services de soins de longue durée d'aide à la vie quotidienne ;
  • L'attribution et l'accès aux organes destinés à la transplantation ;
  • Les programmes publics de vaccination contre les maladies infectieuses, sauf pour ce qui relève du chapitre IV.

Cette énumération a une portée pratique : elle rappelle qu'un instrument juridique a un périmètre, et qu'invoquer « le droit européen » sans vérifier ce périmètre expose à des déconvenues. C'est vrai pour les exclusions listées ci-dessus comme pour la question centrale de cette page — le mécanisme de l'article 11 ne couvre pas les prescriptions établies hors de l'Union.

Comment vérifier qu'une ordonnance sera exploitable avant de rentrer ?

En la relisant sur place, ligne par ligne, avec la liste de la directive d'exécution comme grille.

C'est le moment le plus efficace pour corriger : demander une correction au comptoir de la clinique est simple, la demander depuis la France six semaines plus tard ne l'est pas. Trois vérifications suffisent à écarter l'essentiel des problèmes.

VérificationCe qu'on regardePourquoi c'est le point de blocage
La molécule est-elle nommée en dénomination commune ?Le nom de la substance, pas seulement une marque localeC'est l'exigence de la directive d'exécution, et la seule mention transposable d'un pays à l'autre
Le prescripteur est-il joignable ?Téléphone avec indicatif international, adresse professionnelleSans coordonnées vérifiables, un doute légitime devient un refus
La posologie est-elle écrite ?Dose, fréquence, durée — explicitementUne posologie sous-entendue localement ne l'est plus ailleurs

Un dernier point, moins juridique mais tout aussi déterminant : demandez aussi ce qu'il faut surveiller et à quel moment reconsulter. Une ordonnance dit quoi prendre ; elle ne dit pas quand s'inquiéter. Or c'est cette seconde information qui manque le plus souvent aux patients rentrés chez eux.

Ce qu'il faut retenir

Le droit européen prévoit un vrai mécanisme de reconnaissance des ordonnances, mais il joue entre États membres : la directive 2011/24/UE vise les prescriptions établies « dans un autre État membre », et sa directive d'exécution 2012/52/UE se définit de la même façon. Une ordonnance établie hors de l'Union — turque notamment — n'entre pas dans ce cadre ; elle reste un document médical utile, mais sa délivrance relève du droit national et de l'appréciation du pharmacien. La liste des mentions obligatoires fixée pour l'intérieur de l'Union constitue en revanche le meilleur standard à exiger partout : dénomination commune plutôt que marque, coordonnées directes du prescripteur avec indicatif international, forme, dosage, quantité et posologie explicites. Enfin, la vraie question au retour n'est pas seulement « puis-je faire délivrer ceci » mais « dois-je le prendre » : la cure d'antibiotiques postopératoire, très souvent remise, n'est pas soutenue par la littérature disponible.

Sources et références

  1. 1
    Directive 2011/24/UE du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2011 relative à l'application des droits des patients en matière de soins de santé transfrontaliers — article 11 (reconnaissance des prescriptions établies dans un autre État membre)Autorité

    Article 11, paragraphe 1 : lorsqu'un médicament est autorisé à être mis sur le marché sur le territoire d'un État membre conformément à la directive 2001/83/CE ou au règlement (CE) n° 726/2004, cet État veille à ce que les prescriptions établies dans un autre État membre pour un patient nommément désigné puissent être délivrées sur son territoire conformément à sa législation nationale. Les restrictions à la reconnaissance des prescriptions ne sont admises que si elles sont nécessaires et proportionnées pour protéger la santé humaine, ou fondées sur des doutes légitimes quant à l'authenticité, au contenu ou à la lisibilité de la prescription. La reconnaissance n'affecte pas les dispositions nationales relatives à la prescription et à la délivrance, ni celles relatives à la substitution générique, ni les règles de remboursement ; les pharmaciens conservent un droit de refus éthique équivalent à celui dont ils disposent dans leur propre État membre. Les paragraphes 2 à 6 confient à la Commission le soin d'arrêter les éléments devant figurer sur les prescriptions, des orientations sur l'interopérabilité des prescriptions électroniques, des mesures d'identification des médicaments et des dispositifs, ainsi que des mesures d'information des patients, avec exclusion de certains médicaments soumis à restriction particulière. Article 1er, paragraphe 2 : la directive s'applique à la prestation de soins de santé aux patients, indépendamment de leur mode d'organisation, de prestation ou de financement ; sont explicitement exclus les services de soins de longue durée d'aide à la vie quotidienne, l'attribution et l'accès aux organes destinés à la transplantation, et les programmes publics de vaccination contre les maladies infectieuses, sauf pour le chapitre IV.

  2. 2
    Directive d'exécution 2012/52/UE de la Commission du 20 décembre 2012 établissant des mesures visant à faciliter la reconnaissance des prescriptions médicales établies dans un autre État membre — annexeAutorité

    Champ d'application : la directive s'applique aux prescriptions, telles que définies à l'article 3, point k), de la directive 2011/24/UE, établies à la demande d'un patient qui entend les utiliser dans un autre État membre. Annexe — éléments devant figurer sur la prescription. Identification du patient : nom(s), prénom(s) en toutes lettres, date de naissance. Authentification de la prescription : date d'établissement ; identification du prescripteur comprenant noms et prénoms en toutes lettres, qualifications professionnelles, coordonnées directes incluant l'adresse électronique et le numéro de téléphone ou de télécopie avec l'indicatif international, adresse professionnelle avec mention de l'État membre concerné ; signature manuscrite ou numérique. Identification du produit prescrit : dénomination commune du médicament ; nom de marque si le produit est un médicament biologique ou si le prescripteur le juge nécessaire d'un point de vue médical, auquel cas la prescription indique brièvement les raisons justifiant l'usage du nom de marque ; forme pharmaceutique ; quantité ; dosage ; posologie.

  3. 3
    Momand P, Naimi-Akbar A, Hultin M, Lund B, Götrick B — Is routine antibiotic prophylaxis warranted in dental implant surgery to prevent early implant failure? A systematic review. BMC Oral Health. 2024;24(1):842Autorité

    Revue systématique et méta-analyse d'essais randomisés comparant antibioprophylaxie et absence d'antibiotique ou placebo chez des patients globalement sains recevant des implants dentaires ; recherche PubMed, Web of Science et Cochrane Library jusqu'au 1er octobre 2023. Sept essais à risque de biais modéré ou faible, 1 859 patients et 3 014 implants inclus dans la méta-analyse. Échec implantaire précoce au niveau patient : aucune différence statistiquement significative, RR 0,66 (IC 95 % 0,30-1,47) ; différence de risque −0,007 (−0,035 à 0,020), soit un nombre de sujets à traiter de 143. Conclusion des auteurs : les résultats ne soutiennent pas l'antibioprophylaxie de routine pour la chirurgie implantaire.

  4. 4
    Romandini M, De Tullio I, Congedi F, Kalemaj Z, D'Ambrosio M, Laforí A, Quaranta C, Buti J, Perfetti G — Antibiotic prophylaxis at dental implant placement: Which is the best protocol? A systematic review and network meta-analysis. J Clin Periodontol. 2019;46(3):382-395Autorité

    Revue systématique et méta-analyse en réseau d'essais randomisés (PROSPERO CRD42015029708) ; neuf essais, 1 693 participants. Le protocole ayant la plus forte probabilité d'être le meilleur pour prévenir les échecs précoces est une dose unique de 3 g d'amoxicilline administrée 1 heure avant l'intervention (probabilité 32,5 %) ; la dose unique préopératoire de 2 g, pourtant la plus utilisée, n'atteint qu'une probabilité de 0,2 %. Conclusion des auteurs : les preuves restent insuffisantes pour recommander une posologie précise, et « le recours à des cures postopératoires ne semble pas justifié par la littérature disponible ».

  5. 5
    Abushanab D, Al-Badriyeh D — Efficacy and Safety of Ibuprofen Plus Paracetamol in a Fixed-Dose Combination for Acute Postoperative Pain in Adults: Meta-Analysis and a Trial Sequential Analysis. CNS Drugs. 2021;35(1):105-120Autorité

    Méta-analyse de 7 essais randomisés en double aveugle totalisant 2 947 participants, comparant l'association à dose fixe ibuprofène + paracétamol au placebo dans la douleur postopératoire aiguë modérée à sévère de l'adulte, à trois paliers de dose. Critère « soulagement d'au moins 50 % de la douleur » : risque relatif 2,60 (IC 95 % 2,11-3,20) en faveur de l'association. Les auteurs concluent à une efficacité établie contre placebo et à une bonne tolérance y compris au palier le plus élevé, tout en précisant que les critères de sécurité restent non conclusifs et que la comparaison à d'autres antalgiques commercialisés reste à établir.

  6. 6
    Gupta AK, Bamimore MA, Williams G, Talukder M — Comparative Efficacy of Minoxidil and 5-Alpha Reductase Inhibitors Monotherapy for Male Pattern Hair Loss: Network Meta-Analysis Study. J Cosmet Dermatol. 2025;24(7):e70320Autorité

    Méta-analyse en réseau bayésienne portant sur 33 études éligibles et 19 comparateurs : minoxidil (oral, topique, sublingual), finastéride (oral, topique, mésothérapie) et dutastéride (oral, mésothérapie), sur cinq critères de densité capillaire et d'évaluation par observateur indépendant. Conclusions : le dutastéride 0,5 mg/jour est l'option la plus efficace ; parmi les traitements approuvés par la FDA, le minoxidil topique 5 % est la meilleure monothérapie topique et le finastéride 1 mg/jour la meilleure option orale ; le dutastéride en mésothérapie apparaît significativement moins efficace que la voie orale. Illustration du fait que le produit le plus efficace n'est pas nécessairement celui qui dispose d'une autorisation dans l'indication considérée.

  7. 7
    van Zuuren EJ, Fedorowicz Z, Schoones J — Interventions for female pattern hair loss. Cochrane Database Syst Rev. 2016;(5):CD007628Autorité

    47 essais randomisés, 5 290 participantes ; 5 essais seulement à faible risque de biais. Minoxidil topique contre placebo : jugement des participantes RR 1,93 (IC 95 % 1,51-2,47) et nombre total de cheveux +13,18/cm² (10,92-15,44). Aucune différence entre minoxidil 2 % et 5 %. Finastéride 1 mg contre placebo : RR 0,95 (0,66-1,37), les auteurs concluant qu'il n'a pas été plus efficace que le placebo chez la femme. Illustre que le statut réglementaire d'une molécule et son efficacité démontrée peuvent différer selon l'indication et le sexe du patient.

  8. 8
    Reis INRD, Huamán-Mendoza AA, Ramadan D, Honório HM, Naenni N, Romito GA, Holzhausen M, Pannuti CM — The prevalence of peri-implant mucositis and peri-implantitis based on the world workshop criteria: A systematic review and meta-analysis. J Dent. 2025;160:105914Autorité

    Vingt études retenues sur 1 979, critères du World Workshop 2017. Péri-implantite : 25,0 % (IC 95 % 21,1-29,3) des patients et 18,0 % (15,8-20,5) des implants ; chez les non-fumeurs, 5,2 % (3,6-7,5) au niveau implant. Rappel que le devenir d'un acte réalisé à l'étranger se joue sur des années de suivi, bien après la question des médicaments de sortie.

Questions fréquentes

Une ordonnance étrangère est-elle valable en France ?
Cela dépend du pays d'origine. La directive 2011/24/UE prévoit à son article 11 que lorsqu'un médicament est autorisé sur le territoire d'un État membre, celui-ci veille à ce que les prescriptions établies dans un autre État membre pour un patient nommément désigné puissent être délivrées sur son territoire conformément à sa législation nationale. Ce mécanisme joue entre États membres de l'Union européenne. Une ordonnance établie hors de l'Union n'en bénéficie pas : elle reste un document médical, mais sa délivrance relève du droit national et de l'appréciation du pharmacien.
Une ordonnance turque est-elle reconnue en France ?
Non au titre du mécanisme européen. L'article 11 de la directive 2011/24/UE vise expressément les prescriptions établies « dans un autre État membre », et la directive d'exécution 2012/52/UE définit son champ comme les prescriptions établies à la demande d'un patient qui entend les utiliser dans un autre État membre. La Turquie n'étant pas un État membre de l'Union européenne, une ordonnance turque ne relève pas de ce dispositif. Elle conserve en revanche toute sa valeur de document médical pour le praticien qui assurera votre suivi.
Quelles mentions une ordonnance transfrontalière doit-elle contenir ?
La directive d'exécution 2012/52/UE en fixe la liste en annexe : nom et prénoms en toutes lettres du patient et sa date de naissance ; date d'établissement ; identification du prescripteur avec noms, prénoms, qualifications, coordonnées directes incluant l'indicatif international et adresse professionnelle mentionnant l'État membre ; signature manuscrite ou numérique ; puis, pour le produit, la dénomination commune du médicament, le nom de marque uniquement s'il s'agit d'un biologique ou si cela est jugé nécessaire d'un point de vue médical, la forme pharmaceutique, la quantité, le dosage et la posologie.
Pourquoi demander la dénomination commune plutôt que le nom de marque ?
Parce que les noms commerciaux diffèrent d'un pays à l'autre alors que la molécule reste la même. C'est la raison pour laquelle la directive d'exécution 2012/52/UE impose la dénomination commune et réserve le nom de marque aux médicaments biologiques ou aux cas où il est jugé nécessaire d'un point de vue médical. Une ordonnance rédigée en noms commerciaux locaux est difficilement exploitable ailleurs, ce qui transforme une simple délivrance en enquête.
Un pharmacien peut-il refuser une ordonnance venant d'un autre pays ?
Oui, dans les cas que la directive prévoit. Les restrictions à la reconnaissance sont admises lorsqu'elles sont nécessaires et proportionnées pour protéger la santé humaine, ou fondées sur des doutes légitimes quant à l'authenticité, au contenu ou à la lisibilité de la prescription. Le pharmacien conserve par ailleurs un droit de refus éthique équivalent à celui dont il dispose dans son propre État. Une ordonnance illisible, incomplète ou dépourvue de coordonnées vérifiables est donc refusable, y compris au sein de l'Union.
Une ordonnance reconnue est-elle remboursée ?
Non, ce sont deux questions distinctes. La directive précise que la reconnaissance des prescriptions n'affecte pas les dispositions nationales relatives à la prescription et à la délivrance, ni celles concernant la substitution générique, ni les règles de remboursement. Autrement dit, une ordonnance peut être délivrable sans être prise en charge, et le pharmacien applique en tout état de cause sa propre législation nationale.
Peut-on faire renouveler une ordonnance étrangère par un médecin français ?
Un médecin français qui vous prescrit ne renouvelle pas : il prescrit, et engage sa propre responsabilité. Le mécanisme européen porte sur la délivrance d'une prescription existante, non sur son renouvellement par un autre praticien, et la directive précise que la reconnaissance n'affecte pas les règles nationales relatives à la prescription. En pratique, le médecin sollicité a besoin du compte rendu, de l'indication, de la durée prévue et de la molécule en dénomination commune : c'est une consultation, pas une transcription.
Que faire si le médicament prescrit n'existe pas en France ?
Le mécanisme européen ne s'applique pas dans ce cas. L'article 11 conditionne expressément la reconnaissance au fait que le médicament soit autorisé sur le territoire de l'État où la délivrance est demandée, conformément à la directive 2001/83/CE ou au règlement (CE) n° 726/2004. Un produit non autorisé en France ne devient pas disponible parce qu'une ordonnance étrangère le mentionne. La question au retour est donc double : ce produit existe-t-il en France, et y est-il autorisé dans cette indication ?
Faut-il prendre les antibiotiques prescrits après une opération à l'étranger ?
La question mérite d'être posée à votre médecin. Une méta-analyse portant sur 7 essais randomisés, 1 859 patients et 3 014 implants ne retrouve pas de différence significative entre antibioprophylaxie et placebo sur l'échec précoce : RR 0,66 (IC 95 % 0,30-1,47), avec un nombre de sujets à traiter de 143 ; les auteurs concluent que les résultats ne soutiennent pas la prophylaxie de routine. Une méta-analyse en réseau portant sur 9 essais et 1 693 participants écrit par ailleurs que « le recours à des cures postopératoires ne semble pas justifié par la littérature disponible ». Un terrain à risque peut toutefois changer la décision.
Peut-on rapporter des médicaments achetés à l'étranger ?
C'est une question de droit national et douanier, distincte de celle de la reconnaissance des ordonnances, et elle doit être vérifiée auprès des autorités compétentes plutôt que sur une page web. Ce qui est certain : les règles diffèrent selon que le produit vient d'un État membre de l'Union ou d'un pays tiers, certains produits relèvent de réglementations particulières, et conserver l'ordonnance ainsi que l'emballage d'origine est ce qui permet de justifier un usage personnel. Le pharmacien et les services douaniers sont les interlocuteurs légitimes.

Aller plus loin

4,9/5Trustpilot