Plaques sur le cuir chevelu : est-ce une mycose ?
Comment distinguer une teigne d'une pelade ou de pellicules, pourquoi un shampooing ne suffit jamais, et ce que révèlent les chiffres sur la façon dont ce diagnostic est posé.

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Une plaque ronde sans cheveux sur le crâne d'un enfant déclenche presque toujours la même hypothèse : la pelade. C'est parfois vrai. Mais c'est aussi le tableau de la teigne — une infection fongique qui, elle, se transmet, s'aggrave si on la traite mal, et peut laisser une cicatrice définitive. Distinguer les deux ne se fait pas à l'œil, et les données montrent que c'est pourtant ainsi qu'on procède dans quatre cas sur cinq.
Qu'est-ce qu'une teigne du cuir chevelu ?
Une infection du cuir chevelu et de la tige pilaire par un champignon dermatophyte — contagieuse, et qui exige un traitement par voie générale.
La définition retenue par la revue Cochrane est directe : la teigne est « une infection fongique contagieuse fréquente du cuir chevelu chez l'enfant », pour laquelle un traitement systémique est nécessaire — à la fois pour traiter et pour prévenir la propagation. Ces deux objectifs comptent autant l'un que l'autre : soigner un enfant sans traiter correctement, c'est aussi entretenir une chaîne de transmission dans une fratrie ou une classe.
Le champignon ne se contente pas de coloniser la surface : il envahit la tige pilaire elle-même. C'est cette localisation qui explique l'échec des traitements locaux, développé plus bas.
Comment distinguer une teigne d'une pelade ?
Par l'état de la peau et des cheveux dans la plaque, pas par la forme de la plaque.
| Élément | Teigne | Pelade | Dermite séborrhéique |
|---|---|---|---|
| Peau dans la zone | Squameuse, parfois inflammatoire, croûteuse | Peau lisse, normale | Rougeur diffuse et squames grasses, sans plaque nette |
| Cheveux | Cassés ras, « points noirs », aspect tondu | Absents, chute nette à la racine | Présents, chute diffuse modérée |
| Démangeaisons | Fréquentes | Habituellement absentes | Fréquentes |
| Contagiosité | Oui | Non | Non |
| Contexte | Enfant, contact animal, cas dans l'entourage | Terrain auto-immun possible | Chronique, poussées |
| Risque si non traité | Extension, kérion, alopécie cicatricielle définitive | Évolution propre, non infectieuse | Chronicité, pas de destruction folliculaire |
| Ce qui tranche | Examen mycologique : examen direct et culture | Clinique et trichoscopie | Clinique |
La dernière ligne est la seule qui compte réellement. Les auteurs de la cohorte américaine le formulent ainsi : la confirmation avant traitement est considérée comme une bonne pratique parce que la teigne présumée a un large diagnostic différentiel et que le traitement impose une antifongique orale prolongée.
Ce diagnostic est-il posé correctement en pratique ?
Non — dans quatre cas sur cinq, il est posé sans aucun examen de confirmation.
Une étude de cohorte observationnelle a analysé une base d'assurance couvrant 3 929 156 enfants de moins de 18 ans aux États-Unis entre juillet 2016 et décembre 2020, identifiant 6 391 cas de teigne — soit une incidence à un an de 16,3 pour 10 000 personnes-années (IC 95 % 15,9-16,7), maximale à 5 ans (31,6) et chez les garçons (20,9).
| Pratique | Résultat |
|---|---|
| Test de confirmation réalisé | 21,9 % des cas — culture fongique 17,8 %, examen direct 9,7 % |
| Testé, par spécialité | Dermatologues 51,0 % · Pédiatres 16,4 % · Généralistes 11,0 % (p < 0,01) |
| Qui pose le diagnostic | Pédiatres 54,6 % · Dermatologues 11,7 % · Généralistes 10,4 % |
| Antifongique oral prescrit | 61,2 % (griséofulvine dans 52,7 % des cas) |
| Antifongique local seul | 14,7 % — plus fréquent chez les généralistes (22,1 %) que chez les dermatologues (17,5 %) ou les pédiatres (10,1 %) |
| Local seul ou aucun antifongique | 38,8 % des patients diagnostiqués |
Les auteurs qualifient la faiblesse du taux de test de préoccupante, l'inspection visuelle seule d'une infection fongique cutanée pouvant conduire à des erreurs diagnostiques et à un usage inutile d'antifongiques. Sur le traitement, ils rappellent que les recommandations déconseillent l'usage d'antifongiques topiques seuls, en raison du défaut de pénétration, et attribuent l'écart observé à un manque de connaissance de la prise en charge, à l'incertitude diagnostique et à une réticence à prescrire des antifongiques systémiques chez l'enfant.
Pourquoi un shampooing antifongique ne suffit-il jamais ?
Parce que le champignon est à l'intérieur de la tige pilaire, où un produit appliqué en surface ne pénètre pas.
C'est le point le plus utile de cette page pour un patient. Un shampooing ou une crème antifongique agit sur la surface cutanée ; l'infection, elle, siège dans la partie profonde du follicule et dans la tige. La revue Cochrane pose d'emblée que le traitement systémique est nécessaire, et la cohorte américaine rappelle que les recommandations déconseillent explicitement le topique isolé pour cette raison de pénétration.
Cela ne rend pas le traitement local inutile : il est habituellement associé au traitement oral, avec un objectif différent — réduire la contagiosité et limiter la dispersion des spores. Mais il ne traite pas l'infection. Un enfant traité uniquement par shampooing est un enfant non traité et toujours contagieux.
Quel traitement oral fonctionne le mieux ?
Cela dépend du genre de champignon — et c'est exactement pour cela qu'il faut le documenter.
La revue Cochrane a inclus 25 essais randomisés totalisant 4 449 participants, chez des enfants immunocompétents de moins de 18 ans avec teigne confirmée par microscopie, culture, ou les deux :
| Comparaison | Résultat sur la guérison complète | Lecture |
|---|---|---|
| Terbinafine 4 semaines vs griséofulvine 8 semaines, infections à Trichophyton | 84,2 % vs 79,0 % — RR 1,06 | Efficacité similaire, durée de traitement moitié moindre |
| Infections mixtes Trichophyton et Microsporum | RR 1,08 (IC 95 % 0,94-1,24) | Pas de différence |
| Infections à Trichophyton tonsurans | RR 1,47 (1,22-1,77) en faveur de la terbinafine | La terbinafine fait mieux |
| Infections dues uniquement à des Microsporum | RR 0,68 (0,53-0,86) — en faveur de la griséofulvine | La griséofulvine fait mieux |
La conséquence pratique est décisive : les deux molécules ne sont pas interchangeables, et laquelle choisir dépend d'une information — le genre du champignon — que seul un prélèvement fournit. C'est ce qui rend le taux de 21,9 % de tests réalisés non pas une négligence administrative mais un problème thérapeutique.
Une donnée de terrain récente complète ce tableau. Une étude prospective multicentrique conduite dans 20 hôpitaux et portant sur 819 patients retrouve Microsporum canis comme agent le plus fréquent (69,8 %), et rapporte que 81,9 % des patients ont été cliniquement guéris avec le schéma systémique initial.
La griséofulvine est-elle encore disponible ?
Sa disponibilité est devenue problématique, ce qui pose un vrai problème face aux infections à Microsporum.
Une mise au point publiée en 2024 pose la question dès son titre : « maintenant que la griséofulvine n'est plus disponible, que faire des traitements de la teigne ? ». Les auteurs rappellent que cette molécule, découverte en 1939 et commercialisée depuis 1959, fut le premier antifongique oral efficace contre les dermatophyties, et qu'elle reste remarquable par son efficacité et sa sécurité dans la teigne, en particulier lorsqu'elle est due à Microsporum canis — mais que la baisse du nombre de cas et son indisponibilité commerciale imposent désormais des alternatives.
Le paradoxe est net : la molécule la plus efficace sur le germe le plus fréquent est celle qui devient la plus difficile à obtenir. Les alternatives discutées sont la terbinafine, l'itraconazole et le fluconazole. La disponibilité d'un médicament varie d'un pays et d'une année à l'autre : c'est un point à vérifier auprès du prescripteur, pas sur une page web.
La teigne touche-t-elle seulement les enfants ?
Non, et chez l'adulte âgé elle est massivement mal diagnostiquée.
Une revue systématique conforme à PRISMA a réuni les cas publiés chez les personnes de 65 ans et plus : 63 études, 91 patients, 19 pays. Le tableau qui s'en dégage diffère nettement de la forme pédiatrique :
| Caractéristique | Résultat |
|---|---|
| Sexe féminin | 90,1 % des cas |
| Comorbidité la plus fréquente | Diabète 37,5 % ; hypertension 21,9 % |
| Facteurs de risque fréquents | Corticoïdes topiques 40,7 % ; exposition à un animal 27,8 % |
| Erreur diagnostique initiale | 37,4 % des patients — le plus souvent étiquetés dermite séborrhéique ou dermatose pustuleuse érosive |
Deux éléments méritent d'être reliés. L'usage de corticoïdes topiques concerne 40,7 % des cas et l'erreur diagnostique 37,4 % : appliquer une crème à la cortisone sur une teigne prise pour un eczéma atténue l'inflammation, modifie l'aspect clinique et laisse le champignon proliférer. C'est le scénario classique de la teigne « décapitée », plus difficile encore à reconnaître ensuite.
Peut-on l'attraper d'un animal ?
Oui — c'est même le mode de transmission dominant dans les régions où Microsporum canis prédomine.
Ce dermatophyte, retrouvé comme agent le plus fréquent dans 69,8 % des cas de la série multicentrique citée plus haut, a pour réservoir principal les chats et les chiens — les chats errants en particulier. L'exposition à un animal figure d'ailleurs parmi les facteurs de risque fréquents chez le sujet âgé, retrouvée dans 27,8 % des cas.
Trois conséquences pratiques :
- Un animal porteur peut être asymptomatique et réinfecter l'entourage après guérison ;
- Le traitement d'un cas humain sans prise en charge de la source animale expose à la récidive ;
- La contagiosité interhumaine est réelle : la revue Cochrane place la prévention de la propagation au même rang que le traitement lui-même.
Les cheveux repoussent-ils après une teigne ?
Oui dans la forme habituelle, mais pas si elle a évolué vers une forme inflammatoire destructrice.
C'est la raison pour laquelle le délai de prise en charge compte. Dans sa forme non compliquée, la teigne provoque une chute par cassure des tiges : les follicules restent vivants et la repousse suit la guérison mycologique. Dans les formes inflammatoires évoluées — le kérion, masse inflammatoire suppurée —, la destruction folliculaire peut être définitive et laisser une alopécie cicatricielle.
Cette distinction a une conséquence directe sur les options ultérieures. Une alopécie cicatricielle post-infectieuse entre dans la catégorie des alopécies cicatricielles secondaires : le tissu est inerte, aucune maladie n'y persiste une fois l'infection guérie. C'est le cas de figure le plus favorable si une greffe devait être envisagée — à condition que la guérison soit établie et la cicatrice stabilisée.
Que faire en pratique devant une plaque suspecte ?
Consulter avant de traiter, et demander le prélèvement — c'est lui qui conditionne tout le reste.
| Étape | Pourquoi elle compte |
|---|---|
| Ne pas appliquer de corticoïde | Retrouvé chez 40,7 % des cas mal diagnostiqués du sujet âgé ; modifie l'aspect et masque l'infection |
| Demander un examen mycologique | Seuls 21,9 % des diagnostics sont confirmés ; sans lui, le choix de molécule est aveugle |
| Ne pas se contenter d'un shampooing | Les recommandations déconseillent le topique seul ; 38,8 % des patients n'ont pourtant reçu que cela, ou rien |
| Signaler les contacts | Fratrie, classe, animal du foyer — la prévention de la propagation fait partie du traitement |
| Aller au bout de la durée | Les schémas comparés dans la revue Cochrane vont de 4 à 8 semaines selon la molécule |
Combien de temps dure le traitement ?
Plusieurs semaines, et la durée dépend de la molécule autant que du germe.
Les schémas comparés dans la revue Cochrane donnent l'ordre de grandeur : terbinafine pendant quatre semaines contre griséofulvine pendant huit semaines, avec une efficacité similaire sur la guérison complète dans les infections à Trichophyton (84,2 % contre 79,0 %). L'écart de durée n'est pas anodin en pratique pédiatrique : à efficacité comparable, un traitement de moitié plus court est bien plus facile à mener jusqu'au bout.
| Point pratique | Ce que les données permettent d'en dire |
|---|---|
| Arrêter dès que la plaque a meilleure allure | À éviter : le critère retenu dans les essais est la guérison clinique et mycologique, pas l'aspect seul |
| Durée fixe pour tout le monde ? | Non — elle dépend de la molécule et du germe, deux informations que le prélèvement fournit |
| Faut-il un contrôle en fin de traitement ? | La notion de guérison mycologique implique une vérification, pas un simple constat visuel |
| Taux de guérison attendu | 81,9 % des patients cliniquement guéris avec le schéma systémique initial dans une série prospective de 819 patients |
Ce dernier chiffre a une conséquence rarement dite : environ un patient sur cinq n'est pas guéri par le premier schéma et nécessite une adaptation. Un échec n'est donc pas une anomalie, c'est une éventualité prévue — encore faut-il revoir le patient pour la constater.
Faut-il traiter l'entourage et raser la tête ?
L'entourage doit être examiné ; le rasage, lui, n'apparaît nulle part dans les données comme un élément du traitement.
La logique de contagion est posée explicitement par la revue Cochrane : le traitement systémique est requis pour traiter et pour prévenir la propagation. Cela déplace le sujet du seul patient vers son environnement — fratrie, classe, et animal du foyer, sachant que Microsporum canis représente 69,8 % des cas dans la série multicentrique et que l'exposition animale figure parmi les facteurs de risque fréquents (27,8 % chez le sujet âgé).
Le rasage, en revanche, relève de la tradition plus que de la preuve : aucune des sources citées ici ne le retient comme composante thérapeutique. Ce qui est documenté, c'est l'utilité du traitement local en complément de l'oral pour réduire la dispersion des spores — un objectif de contagiosité, pas de guérison.
Un enfant traité peut-il retourner à l'école ?
La question relève des règles locales de collectivité, mais la logique médicale est claire : c'est le traitement, pas l'éviction, qui interrompt la transmission.
Deux éléments issus des données encadrent la réponse. D'une part, la revue Cochrane fait de la prévention de la propagation un objectif du traitement systémique lui-même. D'autre part, la cohorte américaine montre que 38,8 % des enfants diagnostiqués n'ont reçu qu'un traitement local ou aucun antifongique — c'est-à-dire que, dans près de deux cas sur cinq, la mesure qui interrompt réellement la contagion n'a pas été mise en œuvre.
Autrement dit, le risque collectif ne vient pas des enfants correctement traités mais de ceux qui ne le sont pas. Les modalités précises de retour en collectivité relèvent des recommandations nationales en vigueur et du médecin qui suit l'enfant, et non d'une règle générale énoncée ici.
Ce qu'il faut retenir
Une plaque squameuse avec des cheveux cassés ras n'est pas une pelade : c'est jusqu'à preuve du contraire une teigne, c'est-à-dire une infection contagieuse qui envahit la tige pilaire et ne répond pas aux traitements locaux. Deux chiffres disent l'essentiel du problème : sur près de quatre millions d'enfants suivis, seuls 21,9 % des diagnostics ont été confirmés par un test, et 38,8 % des patients diagnostiqués n'ont reçu qu'un traitement local ou aucun antifongique. Or le choix de la molécule dépend du germe — terbinafine supérieure sur Trichophyton tonsurans (RR 1,47), griséofulvine supérieure sur Microsporum (RR 0,68) —, et la griséofulvine, la plus efficace sur le germe le plus fréquent, devient difficile à obtenir. Chez l'adulte âgé, 37,4 % des cas sont d'abord pris pour une dermite séborrhéique et traités par corticoïdes, ce qui aggrave la situation. Traitée à temps, la teigne guérit sans séquelle ; négligée jusqu'au kérion, elle laisse une alopécie cicatricielle définitive.
Sources et références
- 1Chen X, Jiang X, Yang M, González U, Lin X, Hua X, Xue S, Zhang M, Bennett C — Systemic antifungal therapy for tinea capitis in children. Cochrane Database Syst Rev. 2016;(5):CD004685Autorité
Revue systématique d'essais randomisés de traitement antifongique systémique chez des enfants immunocompétents de moins de 18 ans, teigne confirmée par microscopie, culture de dermatophytes ou les deux ; recherches actualisées à novembre 2015. Vingt-cinq études incluses, 4 449 participants. Terbinafine 4 semaines et griséofulvine 8 semaines montrent une efficacité similaire sur la guérison complète (clinique et mycologique) dans trois études portant sur 328 participants avec infections à Trichophyton : 84,2 % contre 79,0 %, RR 1,06. Terbinafine et griséofulvine ont des effets similaires chez les enfants avec infections mixtes Trichophyton et Microsporum : RR 1,08 (IC 95 % 0,94-1,24). La terbinafine est supérieure à la griséofulvine pour la guérison complète des infections à Trichophyton tonsurans : RR 1,47 (1,22-1,77). La griséofulvine est supérieure à la terbinafine pour la guérison complète des infections dues uniquement à des espèces de Microsporum : RR 0,68 (0,53-0,86). Prémisse posée par les auteurs : la teigne est une infection fongique contagieuse fréquente du cuir chevelu chez l'enfant, et un traitement systémique est nécessaire pour traiter et pour prévenir la propagation.
- 2Gold JAW, Benedict K, Dulski TM, Lipner SR — Inadequate diagnostic testing and systemic antifungal prescribing for tinea capitis in an observational cohort study of 3.9 million children, United States. J Am Acad Dermatol. 2023;89(1):133-135Autorité
Analyse de la base Merative MarketScan Commercial Database, patients de moins de 18 ans avec au moins une consultation externe entre le 1er juillet 2016 et le 31 décembre 2020, enrôlement continu et absence de diagnostic de teigne dans les 180 jours précédents. Sur 3 929 156 patients, 6 391 cas identifiés, incidence à un an de 16,3 pour 10 000 personnes-années (IC 95 % 15,9-16,7), maximale à 5 ans (31,6 ; 29,1-34,0), chez les garçons (20,9 ; 20,3-21,5) et dans le Sud (22,5 ; 21,8-23,2). Diagnostic posé par des pédiatres dans 54,6 % des cas, des dermatologues 11,7 %, des généralistes 10,4 %. Test de confirmation réalisé dans 21,9 % des cas seulement — culture fongique 17,8 %, examen direct 9,7 % — avec un taux de 51,0 % chez les dermatologues contre 16,4 % chez les pédiatres et 11,0 % chez les généralistes (p < 0,01). Traitement : 75,9 % ont reçu un antifongique quelconque, 61,2 % un antifongique oral (griséofulvine dans 52,7 % des cas), 14,7 % un antifongique topique seul — plus fréquent chez les généralistes (22,1 %) que chez les dermatologues (17,5 %) ou les pédiatres (10,1 %) (p < 0,01). Au total, 38,8 % des patients ont reçu soit un traitement topique seul soit aucun antifongique. Les auteurs rappellent que les recommandations déconseillent les antifongiques topiques seuls en raison du défaut de pénétration.
- 3Valdez-Martinez A, Santoyo-Alejandre MI, Arenas R, et al. — Tinea capitis in Older Adults: A Neglected and Misdiagnosed Scalp Infection — A Systematic Review of Reported Cases. Antibiotics (Basel). 2025;14(12):1211Autorité
Revue systématique conforme à PRISMA 2020, recherche PubMed, Scopus et SciELO pour les publications de 1978 à février 2025, incluant cas rapportés, séries et études cliniques chez des patients de 65 ans et plus avec teigne confirmée. Soixante-trois études, 91 patients, 19 pays ; la majorité des cas provenaient d'Espagne (n = 27) et des États-Unis (n = 12). Les femmes représentaient 90,1 % des cas. Comorbidités principales : diabète 37,5 %, hypertension 21,9 %. Facteurs de risque fréquents : usage de corticoïdes topiques 40,7 %, exposition à un animal 27,8 %. Une erreur diagnostique est survenue chez 37,4 % des patients, le plus souvent étiquetés dermite séborrhéique ou dermatose pustuleuse érosive.
- 4Étude prospective multicentrique — Treatment of tinea capitis in China: A multicenter prospective real-world study. J Am Acad Dermatol. 2026Autorité
Étude multicentrique prospective en conditions réelles conduite dans 20 hôpitaux tertiaires, 819 patients atteints de teigne inclus d'août 2020 à décembre 2021. Agent le plus fréquent : Microsporum canis (69,8 %). Traitements employés : itraconazole 45,4 %, terbinafine 33,4 %, griséofulvine 16,0 %, fluconazole 5,3 %. La majorité des patients (81,9 %) ont été cliniquement guéris avec le schéma antifongique systémique initial.
- 5Mise au point thérapeutique — Now that griseofulvin is not available, what to do with tinea capitis treatments? Expert Rev Anti Infect Ther. 2024Autorité
Mise au point rappelant que la griséofulvine, découverte en 1939 et commercialisée depuis 1959, fut le premier antifongique oral efficace contre les dermatophyties, en particulier la teigne. Bien qu'elle ait été progressivement supplantée par les azolés en raison de la longue durée de traitement et de sa dépendance à la kératopoïèse, elle reste remarquable par son efficacité et sa sécurité dans le traitement de la teigne, spécialement lorsqu'elle est due à Microsporum canis. La baisse du nombre de cas et l'indisponibilité commerciale imposent désormais des traitements alternatifs : la mise au point discute l'efficacité de la terbinafine, de l'itraconazole et du fluconazole, ainsi que la place des traitements topiques.
- 6Chen X, Jiang X, Yang M, et al. — Systemic antifungal therapy for tinea capitis in children: An abridged Cochrane Review. J Am Acad Dermatol. 2017;76(2):368-374Autorité
Version abrégée de la revue Cochrane, reprenant les résultats principaux : 25 essais randomisés, 4 449 participants. Terbinafine et griséofulvine ont des effets similaires chez les enfants présentant des infections mixtes à Trichophyton et Microsporum (RR 1,08 ; IC 95 % 0,94-1,24). La terbinafine est supérieure à la griséofulvine pour la guérison complète des infections à Trichophyton tonsurans (RR 1,47 ; 1,22-1,77). La griséofulvine est supérieure à la terbinafine pour les infections dues uniquement à des espèces de Microsporum (RR 0,68 ; 0,53-0,86). Comparés à la griséofulvine ou à la terbinafine, l'itraconazole et le fluconazole présentent des profils d'efficacité et de sécurité examinés dans la revue.
- 7Yii V, Moussa A, Triwongwaranat D, Smith BRC, Bhoyrul B — A Systematic Review of Follicular Unit Graft Survival Rates After Hair Transplantation in Primary Cicatricial Alopecia. Dermatol Surg. 2025;51(11):1052-1057Autorité
Revue systématique de la greffe dans l'alopécie cicatricielle primaire inactive : 8 études observationnelles, 123 patients. Survie pondérée des unités folliculaires 82,7 % à 7-12 mois, 73,3 % à 13-24 mois, 58,4 % à 25-36 mois, 55,4 % à 37-48 mois, 39,6 % à 49-72 mois ; quatre patients ont présenté une réactivation de leur maladie. Établit la distinction pronostique entre alopécies cicatricielles primaires — maladies évolutives — et secondaires, catégorie dont relève une séquelle de teigne guérie, où le tissu est inerte.
- 8Hughes EC, Syed HA, Saleh D — Telogen Effluvium. StatPearls Publishing, mise à jour continue. PMID 28613598Autorité
Physiologie du cycle pilaire : environ 85 % des cheveux en phase anagène et 15 % en télogène ; sous l'effet d'un stress systémique, jusqu'à 70 % des cheveux anagènes peuvent basculer prématurément en télogène, la chute survenant 2 à 3 mois après le facteur déclenchant. Sert de repère pour distinguer une chute diffuse d'une chute en plaques localisée, qui relève d'un autre mécanisme.
Questions fréquentes
Comment savoir si une plaque sans cheveux est une teigne ou une pelade ?
Un shampooing antifongique suffit-il à traiter une teigne ?
La teigne du cuir chevelu est-elle contagieuse ?
Quel traitement oral est le plus efficace contre la teigne ?
Pourquoi faut-il faire un prélèvement avant de traiter ?
Un adulte peut-il avoir une teigne du cuir chevelu ?
Que se passe-t-il si on applique une crème à la cortisone dessus ?
La griséofulvine est-elle encore disponible ?
Les cheveux repoussent-ils après une teigne ?
Peut-on greffer des cheveux sur une cicatrice laissée par une teigne ?
Aller plus loin
Le guide parent : la chute diffuse réversible, à distinguer des chutes localisées.
Le diagnostic différentiel principal : plaques à peau lisse, non contagieuses.
Le diagnostic sous lequel 37,4 % des teignes du sujet âgé sont d'abord rangées.
Ce que devient un greffon posé sur une séquelle inerte, chiffres à l'appui.
Qui peut prescrire un examen mycologique, et ce que dit le cadre légal français.
Trichoscopie, test de traction, prélèvement : ce qui sert à quoi.