Gencive qui se rétracte : peut-on la faire remonter ?
Ce qui provoque réellement une récession, pourquoi la gencive ne repousse pas seule, ce que la greffe recouvre vraiment, et le critère qui décide du résultat avant même la technique.

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« Mes dents paraissent plus longues qu'avant. » C'est souvent ainsi qu'une récession gingivale se signale — parfois avec une sensibilité au froid, parfois sans aucun symptôme. La question qui suit est toujours la même : est-ce que ça remonte ? La réponse courte est non, pas tout seul. La réponse utile est plus nuancée : on peut recouvrir chirurgicalement, mais pas toujours complètement, et ce qui décide du résultat se joue à un endroit dont personne ne parle — entre les dents, pas devant.
Une gencive qui se rétracte, est-ce fréquent ou anormal ?
C'est la situation la plus fréquente en population générale : huit personnes sur dix ont au moins un millimètre de récession.
Une revue systématique avec méta-analyse a réuni 21 sources rapportant 22 études observationnelles publiées depuis 2000, la plupart à faible risque de biais :
| Seuil de récession | Prévalence estimée (IC 95 %) | Lecture |
|---|---|---|
| ≥ 1 mm | 81,1 % (73,9-86,7) | La règle, pas l'exception |
| ≥ 3 mm | 48,4 % (39,7-57,2) | Près d'une personne sur deux |
| ≥ 5 mm | 16,2 % (9,1-27,4) | Situation minoritaire |
Cette banalité a une conséquence clinique directe : constater une récession ne suffit pas à poser une indication de traitement. Un millimètre de racine découverte, sans sensibilité, sans progression et sans gêne esthétique, ne réclame pas de chirurgie — il réclame d'identifier ce qui l'a causé pour que cela ne continue pas.
Pourquoi ma gencive recule-t-elle ?
Rarement pour une seule raison — la même méta-analyse identifie plusieurs facteurs, dont certains sont entièrement modifiables.
Les auteurs ont structuré les facteurs de risque par domaines et retrouvent notamment :
- Sexe masculin — OR 1,84 (IC 95 % 1,33-2,53) ;
- Consommation d'alcool — OR 3,20 (IC 95 % 1,74-5,87) ;
- Parodontite — retenue comme facteur associé ;
- Tabagisme, traumatisme occlusal et frein d'insertion haute — cités dans la conclusion clinique des auteurs.
Leur recommandation est explicite : les cliniciens devraient « se concentrer en priorité sur l'identification de ces facteurs de risque et la mise en place de stratégies préventives ». Autrement dit, avant de discuter d'une greffe, la question est de savoir pourquoi la gencive a reculé — car greffer sans corriger la cause revient à réparer sans arrêter la fuite.
La gencive peut-elle repousser toute seule ?
Non, et aucun dentifrice, bain de bouche ou complément n'a démontré qu'il la faisait remonter.
Il n'existe pas de mécanisme biologique de recolonisation spontanée d'une racine découverte : le tissu perdu n'est pas remplacé par une repousse marginale, et aucune des méta-analyses citées sur cette page ne rapporte de gain obtenu sans geste chirurgical. Ce qui peut évoluer favorablement, en revanche, c'est l'inflammation associée. Une gencive enflammée et gonflée qui se calme peut donner l'impression d'être « remontée » de quelques dixièmes de millimètre ; c'est un dégonflement, pas une régénération.
La seule voie de recouvrement documentée est chirurgicale. Ce qui pose immédiatement la question suivante : que recouvre-t-elle réellement ?
Quel taux de recouvrement une greffe obtient-elle vraiment ?
Un peu plus d'un millimètre de gain en moyenne, mais un recouvrement complet dans seulement 58 % des cas.
La méta-analyse la plus récente a porté sur 14 travaux, 226 patients et 526 dents présentant une récession de classe Miller I ou II, traités par accès tunnellisé sous-périosté avec incision vestibulaire, associé à divers biomatériaux ou substituts de greffon :
| Critère | Résultat (IC 95 %) |
|---|---|
| Réduction de la profondeur de récession | −1,36 mm (−1,84 à −0,89) ; p < 0,001 |
| Recouvrement radiculaire complet | 58 % (49-68 %) ; p < 0,001 |
| Gain de gencive kératinisée | +1,32 mm (0,92-1,72) |
| Gain d'épaisseur du tissu kératinisé | +0,46 mm (0,27-0,65) |
| Réduction de la profondeur de sondage | −0,18 mm (−0,34 à −0,02) ; p = 0,024 |
| Gain de niveau d'attache clinique | 2,14 mm (1,51-2,78) |
Le chiffre à retenir est le second. Quatre patients sur dix conservent une racine partiellement découverte après l'intervention — un résultat souvent satisfaisant sur le plan fonctionnel et esthétique, mais qui n'est pas ce que promet la formule « on va faire remonter votre gencive ».
Qu'est-ce qui décide vraiment du recouvrement complet ?
L'état de l'attache entre les dents — un critère invisible pour le patient, et rarement expliqué.
C'est l'apport le plus utile de la littérature, et il date de 2011. Une équipe a proposé de classer les récessions non pas sur leur profondeur visible, mais sur le niveau d'attache clinique interdentaire :
| Type | Définition | Ce que cela implique pour le recouvrement |
|---|---|---|
| RT1 | Récession sans perte d'attache interdentaire | Situation la plus favorable |
| RT2 | Perte d'attache interdentaire inférieure ou égale à celle du site vestibulaire | Intermédiaire |
| RT3 | Perte d'attache interdentaire supérieure à celle du site vestibulaire | La plus défavorable |
Le travail a testé cette classification sur 116 récessions chez 25 patients (profondeur moyenne 3,2 ± 1,2 mm), avec deux examinateurs en aveugle l'un de l'autre. Le coefficient de corrélation intraclasse pour l'accord inter-examinateurs atteint 0,86, soit un accord quasi parfait ; et surtout, la classification s'est révélée prédictive de la réduction de récession obtenue à six mois.
La conséquence pratique est décisive : deux récessions de même profondeur peuvent avoir des pronostics opposés selon l'état de l'os et de l'attache entre les dents. C'est la question à poser avant d'accepter une greffe — bien avant celle de la technique.
Quelle technique de greffe donne les meilleurs résultats ?
Le greffon conjonctif enfoui associé à un lambeau déplacé coronairement reste la référence — mais l'écart avec les alternatives est faible.
Une revue systématique avec méta-analyse en réseau a comparé cette approche bilaminaire aux cinq alternatives les plus indiquées, sur 38 études, 830 patients et 1 265 récessions unitaires sans perte de tissu interdentaire :
| Critère | Technique la mieux classée |
|---|---|
| Recouvrement radiculaire moyen à 6 mois | Greffon conjonctif + lambeau déplacé coronairement |
| Recouvrement radiculaire complet à 6 et 12 mois | Greffon conjonctif + lambeau déplacé coronairement |
| Gain de largeur de tissu kératinisé à 6 et 12 mois | Greffon conjonctif + lambeau déplacé coronairement |
| Recouvrement radiculaire moyen à 12 mois | Dérivé de matrice amélaire + lambeau déplacé coronairement |
Conclusion des auteurs : le greffon conjonctif associé au lambeau déplacé coronairement « peut être considéré comme le traitement de référence des récessions unitaires ».
Deux comparaisons plus récentes nuancent utilement ce classement. Une méta-analyse de 5 essais randomisés comparant le greffon épithélio-conjonctif désépithélialisé au greffon conjonctif enfoui ne retrouve aucune différence significative sur la réduction de récession, le gain de tissu kératinisé, l'épaisseur gingivale, le recouvrement complet ni le niveau d'attache, à 6 comme à 12 mois — sur 183 puis 111 récessions. Autrement dit : la manière de prélever le greffon compte moins que ce qu'on prélève et où on le pose.
Faut-il traiter une récession qui ne fait pas mal ?
Pas nécessairement — l'indication se pose sur quatre critères, et l'un d'eux seulement est esthétique.
| Critère | Situation qui justifie d'agir | Situation qui justifie de surveiller |
|---|---|---|
| Progression | Récession qui s'aggrave sur des mesures répétées | Récession stable depuis des années |
| Sensibilité | Douleur au froid gênante malgré les mesures locales | Aucune sensibilité |
| Tissu kératinisé | Bande de gencive attachée très fine ou absente, brossage difficile | Bande de gencive attachée suffisante |
| Esthétique | Récession visible au sourire, gêne exprimée par le patient | Secteur non visible |
| Cause identifiée | Facteur corrigé ou en cours de correction | Facteur toujours actif — greffer d'abord n'a pas de sens |
Le dernier point est le plus souvent négligé. Un traumatisme de brossage non corrigé, un tabagisme actif, un frein d'insertion haute non traité : ce sont autant de raisons pour lesquelles une récession peut réapparaître au même endroit après une chirurgie techniquement réussie.
Une récession est-elle la même chose qu'un déchaussement parodontal ?
Non, et confondre les deux conduit à traiter le mauvais problème.
| Élément | Récession gingivale isolée | Parodontite |
|---|---|---|
| Ce qui se passe | La gencive se déplace vers la racine ; l'attache entre les dents reste intacte | L'os et l'attache sont détruits, y compris entre les dents |
| Signe caractéristique | Dent longue, sensibilité au froid, pas de mobilité | Poches profondes, saignement, mobilité, déplacement des dents |
| Classification | RT1 le plus souvent | RT2 ou RT3 |
| Ce qui traite | Correction des facteurs traumatiques ; recouvrement radiculaire si indiqué | Traitement parodontal en quatre étapes, puis maintenance à vie |
| Pronostic de recouvrement | Le meilleur | Le recouvrement complet devient rarement atteignable |
Rappel utile sur le second cas : le traitement parodontal non chirurgical obtient une réduction moyenne de profondeur de poche de 1,4 mm (IC 95 % 1,0-1,7) et une fermeture de poche estimée à 74 % (64-85). C'est ce traitement-là qui doit précéder toute chirurgie muco-gingivale quand une parodontite est présente — l'ordre des opérations n'est pas négociable.
Peut-on faire une greffe de gencive lors d'un séjour à l'étranger ?
Le geste se réalise en séjour ; la partie qui décide du résultat, non — parce qu'elle est en amont et en aval.
Trois éléments rendent ce type d'intervention moins « transportable » qu'une couronne ou qu'un implant :
- Le diagnostic préalable. Classer une récession en RT1, RT2 ou RT3 suppose de mesurer l'attache interdentaire — un examen clinique, pas une photo. C'est pourtant ce classement qui prédit le résultat.
- La correction de la cause. Les facteurs identifiés — tabac, alcool, traumatisme occlusal, parodontite, frein d'insertion haute — ne se corrigent pas en une semaine, et leur persistance expose à la récidive.
- Les suites immédiates. Un greffon prélevé au palais implique deux sites opératoires ; la surveillance des premiers jours est celle d'une chirurgie muqueuse, pas d'une prothèse.
Cela ne rend pas la chose impossible : cela déplace la question, de « qui opère ? » vers « qui a posé l'indication, et qui suivra ? ». Une prise en charge cohérente commence par un bilan parodontal complet, se poursuit par la correction de ce qui a causé la récession, et ne place la chirurgie qu'ensuite.
D'où vient le greffon, et que ressent-on après ?
Le plus souvent du palais — ce qui crée un second site opératoire, et c'est lui qui domine l'inconfort des premiers jours.
Deux techniques de prélèvement coexistent et ont été directement comparées dans cinq essais randomisés : le greffon conjonctif enfoui, prélevé sous l'épithélium palatin, et le greffon épithélio-conjonctif désépithélialisé, prélevé en pleine épaisseur puis désépithélialisé à l'extérieur. Le résultat de la comparaison est net : aucune différence statistiquement significative sur la réduction de récession, le gain de largeur de tissu kératinisé, l'épaisseur gingivale, le recouvrement complet ni le niveau d'attache, à 6 comme à 12 mois, sur 183 puis 111 récessions.
Ce qui compte donc pour le patient n'est pas le nom de la technique mais une réalité pratique : il y a deux zones qui cicatrisent, celle qu'on recouvre et celle d'où vient le greffon. C'est une information de consentement qui figure rarement sur un devis.
| Zone | Ce qui s'y passe | Ce qui la caractérise |
|---|---|---|
| Site receveur | Le greffon est posé et le lambeau déplacé pour le recouvrir | Gonflement local, immobilisation à respecter, brossage suspendu sur la zone |
| Site donneur (palais) | Cicatrisation d'une plaie muqueuse | C'est habituellement la zone la plus inconfortable les premiers jours |
| Substituts de greffon | Matrices collagènes ou dérivés, sans prélèvement palatin | Évitent le second site ; classés derrière le greffon autologue dans la méta-analyse en réseau |
La récession peut-elle revenir après une greffe ?
Oui si le facteur qui l'a provoquée est toujours actif — c'est la principale cause d'échec à moyen terme.
Aucune des données présentées ici ne mesure directement la récidive, ce qui est une limite honnête de la littérature disponible. En revanche, l'ensemble des travaux sur les facteurs de risque converge vers la même logique. Les facteurs identifiés — tabagisme, consommation d'alcool (OR 3,20), traumatisme occlusal, frein d'insertion haute, parodontite — sont soit permanents, soit modifiables. Ceux qui sont modifiables et ne sont pas modifiés continuent d'agir après la chirurgie exactement comme avant.
C'est la raison pour laquelle les auteurs de la méta-analyse de prévalence placent l'identification des facteurs de risque et la prévention avant toute autre considération. Une greffe posée sur une cause non traitée est une réparation, pas une solution.
Une récession compromet-elle un projet de facettes ou d'implants ?
Elle change la séquence : ce qui touche à la gencive se règle avant ce qui touche à la prothèse.
Deux raisons à cela. La première est esthétique : le niveau gingival détermine la longueur visible de la dent, donc les proportions d'une facette ou d'une couronne. Poser la prothèse d'abord expose à refaire le travail si la gencive est ensuite déplacée. La seconde est biologique : une chirurgie muco-gingivale demande plusieurs semaines de maturation avant qu'un niveau gingival soit considéré comme stable.
Le raisonnement vaut plus encore côté implantaire, où le tissu kératinisé joue un rôle propre. Rappelons l'ordre de grandeur du risque de fond autour d'un implant : la péri-implantite concerne 25,0 % des patients porteurs d'implants (IC 95 % 21,1-29,3) et 18,0 % des implants, et tombe à 5,2 % au niveau implant chez les non-fumeurs. Le tabac, facteur de récession gingivale, est aussi le premier facteur modifiable du devenir implantaire — la même correction sert deux fois.
Ce qu'il faut retenir
La récession gingivale est banale : 81,1 % de la population a au moins un millimètre, 48,4 % au moins trois. Elle ne remonte jamais seule, et aucun produit d'hygiène n'y change quoi que ce soit. Le recouvrement chirurgical existe et fonctionne — 1,36 mm de gain moyen, 1,32 mm de gencive kératinisée en plus — mais le recouvrement complet n'est obtenu que dans 58 % des sites. Le greffon conjonctif enfoui associé à un lambeau déplacé coronairement reste la référence, sans que la manière de prélever le greffon change grand-chose. Et le facteur qui prédit réellement le résultat n'est ni la technique ni la profondeur visible : c'est l'état de l'attache entre les dents, mesurable en consultation et reproductible d'un examinateur à l'autre. C'est la question à poser en premier — avant le devis.
Sources et références
- 1Marschner F, Lechte C, Kanzow P, Hraský V, Pfister W — Systematic review and meta-analysis on prevalence and risk factors for gingival recession. J Dent. 2025;155:105645Autorité
Revue systématique et méta-analyse (PROSPERO CRD42024516816) des études observationnelles publiées depuis 2000 rapportant prévalence et facteurs de risque de la récession gingivale en population générale ; recherche MEDLINE, Embase, Scopus et Web of Science en novembre 2024 ; 21 sources rapportant 22 études incluses, la plupart à faible risque de biais ; qualité évaluée par l'échelle de Newcastle-Ottawa modifiée. Prévalence estimée : 81,1 % (IC 95 % 73,9-86,7) pour une récession ≥ 1 mm, 48,4 % (39,7-57,2) pour ≥ 3 mm et 16,2 % (9,1-27,4) pour ≥ 5 mm. Facteurs de risque : sexe masculin (OR 1,84 ; IC 95 % 1,33-2,53 ; p ajusté = 0,003), consommation d'alcool (OR 3,20 ; 1,74-5,87 ; p ajusté = 0,003), parodontite. Conclusion clinique des auteurs : la récession gingivale est associée à des conditions parodontales comme la parodontite et le frein d'insertion haute, ainsi qu'à des facteurs modifiables tels que le tabagisme, la consommation d'alcool et le traumatisme occlusal ; les cliniciens devraient se concentrer en priorité sur l'identification de ces facteurs et la mise en place de stratégies préventives.
- 2Cairo F, Nieri M, Cincinelli S, Mervelt J, Pagliaro U — The interproximal clinical attachment level to classify gingival recessions and predict root coverage outcomes: an explorative and reliability study. J Clin Periodontol. 2011;38(7):661-666Autorité
Étude de fiabilité et exploratoire proposant de classer les récessions gingivales sur le niveau d'attache clinique interdentaire. Trois types identifiés : RT1, récession sans perte d'attache interdentaire ; RT2, perte d'attache interdentaire inférieure ou égale à celle du site vestibulaire ; RT3, perte d'attache interdentaire supérieure à celle du site vestibulaire. Classification testée sur 116 récessions gingivales (profondeur moyenne 3,2 ± 1,2 mm) chez 25 patients, par deux examinateurs en aveugle l'un des données de l'autre. Coefficient de corrélation intraclasse pour l'accord inter-examinateurs : 0,86, soit un accord quasi parfait. La classification RT s'est révélée prédictive de la réduction de récession obtenue à six mois. Conclusion : l'évaluation du niveau d'attache clinique interdentaire peut servir à classer les récessions et à prédire le résultat final du recouvrement radiculaire.
- 3Chambrone L, Botelho J, Machado V, Mascarenhas P, Mendes JJ, Avila-Ortiz G — Does the subepithelial connective tissue graft in conjunction with a coronally advanced flap remain as the gold standard therapy for the treatment of single gingival recession defects? A systematic review and network meta-analysis. J Periodontol. 2022;93(9):1336-1352Autorité
Revue systématique et méta-analyse en réseau conforme à PRISMA 2020 (PROSPERO CRD42020221362), portant sur les essais randomisés de traitement des récessions gingivales unitaires sans perte de tissu interdentaire ; recherche dans trois bases jusqu'au 30 septembre 2021. Trente-huit études, 830 patients, 1 265 récessions. Le greffon conjonctif enfoui associé à un lambeau déplacé coronairement est classé première approche pour le recouvrement radiculaire moyen, le recouvrement radiculaire complet et le gain de largeur de tissu kératinisé à 6 et 12 mois, à l'exception du recouvrement radiculaire moyen à 12 mois où le dérivé de matrice amélaire associé au lambeau déplacé coronairement obtient de meilleurs résultats. Conclusion : cette association peut être considérée comme le traitement de référence des récessions unitaires.
- 4Zhu Q, Sun F, Gao Y, Wang J, Zhou Y — Clinical efficacy of vestibular incision subperiosteal tunnel access (VISTA) for the treatment of gingival recession: a systematic review and meta-analysis. BMC Oral Health. 2025;25(1):1497Autorité
Revue systématique et méta-analyse portant sur 14 travaux, 226 patients et 526 dents en récession de classe Miller I ou II, traités par accès tunnellisé sous-périosté avec incision vestibulaire associé à divers biomatériaux ou substituts de greffon. Réduction moyenne de la profondeur de récession : −1,36 mm (IC 95 % −1,84 à −0,89 ; p < 0,001). Recouvrement radiculaire complet moyen : 58 % (IC 95 % 49-68 % ; p < 0,001). Gain de gencive kératinisée : +1,32 mm (0,92-1,72). Gain d'épaisseur du tissu kératinisé : +0,46 mm (0,27-0,65). Réduction de la profondeur de sondage : −0,18 mm (−0,34 à −0,02 ; p = 0,024). Gain de niveau d'attache clinique : 2,14 mm (1,51-2,78).
- 5Tejedo JR, Jara RA, Caceres LZ, Vergara-Buenaventura A, Muniz FW, Faveri M, Meza-Mauricio J — De-epithelialized free gingival graft versus subepithelial connective tissue graft in the treatment of gingival recession: a systematic review and meta-analysis. Med Oral Patol Oral Cir Bucal. 2025;30(5):e690-e699Autorité
Revue systématique et méta-analyse d'essais randomisés comparant greffon épithélio-conjonctif désépithélialisé et greffon conjonctif enfoui dans le traitement des récessions de classe Miller I et II ou Cairo type I ; cinq bases interrogées jusqu'en juin 2024. Cinq essais randomisés incluant 183 récessions à 6 mois et 111 à 12 mois. Aucune différence statistiquement significative entre les groupes sur la réduction de récession, le gain de largeur de tissu kératinisé, l'épaisseur gingivale, le recouvrement radiculaire complet ni le niveau d'attache clinique, à 6 comme à 12 mois. Conclusion : à 12 mois, les résultats cliniques du greffon désépithélialisé sont comparables à ceux du greffon conjonctif enfoui.
- 6Suvan J, Leira Y, Moreno Sancho FM, Graziani F, Derks J, Tomasi C — Subgingival instrumentation for treatment of periodontitis. A systematic review. J Clin Periodontol. 2020;47(Suppl 22):155-175Autorité
Réduction pondérée de profondeur de poche de 1,4 mm (IC 95 % 1,0-1,7) à 6-8 mois ; proportion de fermeture de poche estimée à 74 % (IC 95 % 64-85). Six essais randomisés comparant instruments manuels et soniques/ultrasoniques : aucune différence significative. Treize essais comparant approche par quadrants et approche bouche entière : aucune différence significative, quels que soient le délai et la profondeur initiale.
- 7Sanz M, Herrera D, Kebschull M, et al. (European Federation of Periodontology) — Treatment of stage I-III periodontitis: the EFP S3 level clinical practice guideline. J Clin Periodontol. 2020;47(Suppl 22):4-60Autorité
Recommandation de pratique clinique de niveau S3 élaborée selon GRADE à partir de 15 revues systématiques commandées. Traitement en quatre étapes successives : (1) changement de comportement, contrôle du biofilm supragingival et des facteurs de risque ; (2) instrumentation sous- et supragingivale ; (3) chirurgies parodontales sur les sites non répondeurs ; (4) soins parodontaux de soutien réguliers. Critère de fin de traitement : fermeture de poche, profondeur au sondage ≤ 4 mm sans saignement. Fonde l'ordre des interventions : le traitement parodontal précède toute chirurgie muco-gingivale.
- 8Reis INRD, Huamán-Mendoza AA, Ramadan D, et al. — The prevalence of peri-implant mucositis and peri-implantitis based on the world workshop criteria: A systematic review and meta-analysis. J Dent. 2025;160:105914Autorité
Vingt études retenues sur 1 979, critères du World Workshop 2017. Mucite péri-implantaire : 63,0 % (IC 95 % 57,6-68,2) au niveau patient. Péri-implantite : 25,0 % (21,1-29,3) des patients et 18,0 % (15,8-20,5) des implants ; chez les non-fumeurs, 5,2 % (3,6-7,5) au niveau implant. Rappel du fait que le tabac, également facteur de récession gingivale, pèse sur l'ensemble des tissus de soutien.
Questions fréquentes
La gencive repousse-t-elle après une récession ?
Une gencive qui se rétracte, est-ce grave ?
Quel est le taux de réussite d'une greffe de gencive ?
Qu'est-ce qui prédit le résultat d'un recouvrement ?
Quelle technique de greffe de gencive est la meilleure ?
Quelles sont les causes d'une récession gingivale ?
Faut-il traiter une récession qui ne fait pas mal ?
Quelle différence entre récession gingivale et déchaussement parodontal ?
Le traitement parodontal suffit-il à améliorer une gencive rétractée ?
Peut-on faire une greffe de gencive lors d'un séjour à l'étranger ?
Aller plus loin
Le guide parent : techniques, déroulé et repères de décision.
La maladie à traiter avant toute chirurgie muco-gingivale, et ce qu'elle obtient.
Le symptôme qui distingue une récession isolée d'une atteinte parodontale.
Le problème inverse — trop de gencive visible — et ses prises en charge.
L'équivalent péri-implantaire, avec ses propres taux et son propre pronostic.
La question du tissu retiré — et de ce qui ne se reconstitue pas.