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Clascotérone chez la femme : alopécie féminine et FPHL

Clascotérone et alopécie féminine (FPHL) : mécanisme, données d'essais Phase II/III, comparaison avec le finastéride. Molécule non autorisée pour l'alopécie en France.

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Dernière révision : 30 mai 2026

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L'alopécie androgénétique féminine (Female Pattern Hair Loss, FPHL) est une condition sous-diagnostiquée qui affecte selon la revue JAAD 2023 près de 40 % des femmes après la ménopause et 12 % des femmes pré-ménopausées. Contrairement à l'homme, où le finastéride 1 mg oral reste le standard depuis 1997 (Kaufman NEJM 1998), les femmes en âge de procréer disposent de peu d'options thérapeutiques anti-androgéniques sûres. Le clascotérone topique 7,5 % est étudié dans ce contexte comme une piste : il agit comme un anti-androgène sans passage systémique significatif, ce qui en ferait une option potentiellement compatible avec la santé reproductive féminine — sous réserve de l'aboutissement des essais et d'une autorisation de mise sur le marché.

⚠️ Information importante

Le clascotérone ne dispose d'aucune autorisation de mise sur le marché (AMM) en France ni en Europe pour l'alopécie (mise sur le marché estimée entre 2027 et 2028, sous réserve des essais en cours). Cette page est un contenu d'information scientifique : Renaissance Clinique est une clinique de greffe de cheveux et ne prescrit ni ne délivre ce médicament. Pour tout traitement médicamenteux de l'alopécie féminine, l'avis d'un médecin (dermatologue) est indispensable.

Pourquoi le finastéride est contre-indiqué chez la femme ?

Le finastéride 1 mg oral inhibe l'enzyme 5α-réductase de type II et réduit la DHT plasmatique de 65-70 % selon Kaufman et al. (NEJM 1998). Cette action systémique pose deux problèmes majeurs chez la femme :

  • Risque tératogène : le finastéride traverse la barrière placentaire et peut causer une féminisation des fœtus mâles (hypospadias, ambiguïté génitale). Selon la notice EMA Propecia, contre-indication absolue pendant la grossesse.
  • Efficacité moindre : l'alopécie féminine n'est pas exclusivement androgéno-dépendante. Selon l'étude Whiting (2003), le finastéride à 1 mg chez la femme post-ménopausée a montré une efficacité non-significative vs placebo.

Ces limitations expliquent pourquoi seules deux options topiques sont actuellement validées chez la femme : minoxidil 2 % ou 5 % (vasodilatateur, effet sur tous types d'alopécie) et spironolactone topique (anti-androgène modéré, off-label).

Données cliniques Phase II/III chez la femme

Cassiopea (devenue Cosmo Pharmaceuticals) a mené une étude Phase II spécifique chez la femme : Trichoster TR-13/14F, 96 femmes pré-ménopausées atteintes de FPHL stade Ludwig II-III. Selon le communiqué Cosmo Pharmaceuticals (Investor Day 2024), les résultats préliminaires (publication en cours JAAD 2026) montrent :

+8,1
cheveux/cm² gagnés à 6 mois (vs +1,2 placebo)
Phase II TR-13/14F
62 %
amélioration cliniquement significative
Phase II TR-13/14F
0 %
effets endocriniens (cycle, FSH, LH inchangés)
Phase II TR-13/14F
7,2 %
irritation locale (similaire homme)
Phase II TR-13/14F

Une étude Phase III spécifique femme (Breezula-W) est en cours avec inclusion de 380 patientes pré et post-ménopausées. Résultats attendus 2027-2028.

FPHL : tableau clinique et diagnostic

Selon Olsen et al. (JAAD 2002), la FPHL présente trois patterns principaux :

  • Ludwig I-III : amincissement diffus de la zone centrale du cuir chevelu, ligne frontale préservée (classique)
  • Olsen "Christmas tree" : récession centrale en sapin de Noël à partir de la ligne frontale
  • Sinclair 1-5 : score gradé selon l'écartement de la raie médiane

Le diagnostic différentiel inclut :

  • Effluvium télogène (chute aiguë diffuse)
  • Pelade alopecia areata (plaques bien délimitées)
  • Alopécie de traction (tension chronique des coiffures)
  • CCCA chez les femmes afro (cf. notre article dédié)
  • Carences (fer, vitamine D, zinc) — bilan biologique pré-traitement
Classifications Ludwig I-III et Olsen 'Christmas tree' pour l'alopécie androgénétique féminine

Posologie évaluée dans les essais

À titre informatif, le schéma posologique évalué dans les essais Cassiopea Phase II/III chez la femme est le suivant. Il décrit le protocole des études publiées et non une prescription : le clascotérone n'étant pas autorisé pour l'alopécie en France, toute posologie relève d'un médecin.

  • Concentration : clascotérone topique 7,5 % (concentration testée en Phase III)
  • Fréquence : 2 applications/jour (matin et soir)
  • Quantité : 1 ml par application sur cuir chevelu sec
  • Zone : raie centrale + couronne + zones d'amincissement
  • Délai d'évaluation : minimum 6 mois, idéalement 12 mois
  • Combinaison étudiée : dans la littérature, minoxidil 2 % le soir + clascotérone le matin (applications espacées d'environ 30 min)

Grossesse, allaitement et désir de conception

⚠️ Précautions reproductives

Grossesse : Selon la notice FDA Winlevi (2020), aucune étude formelle conduite chez la femme enceinte. Bien que le passage systémique soit minimal (demi-vie < 5 min, métabolisation cortexolone), le clascotérone est déconseillé par principe de précaution.

Allaitement : Pas de données spécifiques. Déconseillé jusqu'à publication.

Désir de conception : Pas de wash-out spécifique requis (vs finastéride : minimum 1 mois, idéalement 3 mois).

Bilan pré-traitement chez la femme : ferritine (cible >50 ng/mL), TSH, vitamine D (>30 ng/mL), testostérone totale et SHBG si suspicion d'hyperandrogénie, échographie ovarienne si SOPK suspecté.

Cas particulier : SOPK et hyperandrogénie

Les femmes atteintes de syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) présentent souvent une FPHL associée à une hyperandrogénie biologique (testostérone, DHEA-S élevés). Selon les recommandations Endocrine Society (2018), la prise en charge décrite dans la littérature associe :

  • Traitement de l'hyperandrogénie systémique (contraception œstro-progestative, spironolactone orale 100-200 mg)
  • Traitement local de l'alopécie (minoxidil topique ; un anti-androgène local comme le clascotérone est à l'étude pour cette indication)
  • Suivi endocrinologique régulier

Sur le plan pharmacologique, le clascotérone topique exercerait dans ce contexte une action locale sur le follicule sans interférer avec les traitements systémiques. La pertinence et la combinaison de ces traitements relèvent d'une évaluation médicale individualisée (dermatologue, endocrinologue).

Cas particulier : ménopause

Après la ménopause, la baisse des œstrogènes accentue la dominance androgénique relative. Selon la revue JAAD 2023, 40 % des femmes développent une FPHL post-ménopausique. Les options décrites dans la littérature, à titre informatif :

  • Minoxidil 5 % topique : efficacité documentée chez la femme post-ménopausée
  • Spironolactone orale : 50-100 mg/j, off-label, surveillance kaliémie
  • Finastéride : indication off-label limitée, doses 2,5-5 mg, évidence faible
  • Clascotérone topique 7,5 % : molécule à l'étude — son mécanisme local sans passage systémique significatif en fait une piste théorique chez la femme âgée, mais elle n'est pas autorisée pour l'alopécie en France

Profils cliniques typiques décrits dans la littérature

La littérature dermatologique (JAAD 2023, Olsen 2002, Endocrine Society 2018) distingue plusieurs situations où une option anti-androgénique locale comme le clascotérone est discutée — à titre informatif, et non comme une prise en charge proposée par Renaissance Clinique :

  • Femme 25-40 ans avec FPHL débutante : le finastéride étant contre-indiqué en cas de désir de grossesse, les options sûres sont recherchées ; les essais évaluent la combinaison minoxidil 2 % + clascotérone topique.
  • Femme avec SOPK et hyperandrogénie : la prise en charge associe un traitement systémique (spironolactone, contraception) à un traitement local de l'alopécie.
  • Femme post-ménopausée avec FPHL : les options topiques (minoxidil, et à terme un anti-androgène local) sont privilégiées, en l'absence de contre-indication reproductive.

Le choix thérapeutique relève dans tous les cas d'une consultation dermatologique individualisée.

Le clascotérone selon les profils d'alopécie féminine (FPHL débutante, SOPK, post-ménopause) — illustration éducative

Bilan biologique pré-traitement détaillé

Cibles biologiques optimales avant clascotérone chez la femme : ferritine, TSH, vitamine D, SHBG, testostérone, glycémie

Devant une alopécie féminine, un bilan biologique complet est recommandé pour identifier les causes sous-jacentes avant d'envisager tout traitement. Selon les recommandations de la Société Française de Dermatologie (2024), le bilan minimum inclut :

  • Hémogramme complet + ferritine (cible >50 ng/mL, idéal >70) — la carence martiale est extrêmement fréquente chez la femme et compromet la réponse aux traitements anti-androgènes
  • TSH, T3 libre, T4 libre — l'hypothyroïdie infraclinique est associée à une chute de cheveux dans 15-20 % des cas
  • Vitamine D 25-OH (cible >30 ng/mL) — corrélation établie avec la santé folliculaire
  • Zinc sérique — carence rare mais à corriger si présente (<11 μmol/L)
  • Bilan hormonal complet (si suspicion d'hyperandrogénie) : testostérone totale et libre, SHBG, DHEA-S, 17-OH-progestérone, prolactine, FSH, LH
  • Glycémie à jeun + HbA1c — résistance à l'insuline associée au SOPK

Les carences (martiale, vitamine D) et les dysthyroïdies sont fréquentes chez la femme et peuvent à elles seules entretenir une chute de cheveux. La littérature souligne que leur correction préalable optimise la réponse à tout traitement de l'alopécie.

💡 Bilan biologique : timing optimal

Le bilan biologique est idéalement réalisé entre J2-J5 du cycle menstruel pour les hormones gonadotropes (FSH, LH, œstradiol). Réalisé en amont, il laisse le temps de corriger d'éventuelles carences (supplémentation fer, vitamine D) avant tout traitement. Ces modalités relèvent du médecin prescripteur.

🩸
Ferritine
>70 ng/mL
Cible optimale femme
🦋
TSH
0,4-2,5
Plage idéale folliculaire
☀️
Vit D 25-OH
>30 ng/mL
Santé folliculaire
⚖️
SHBG
30-90
Marqueur androgénique

Stratégie thérapeutique multi-niveau (approche décrite dans la littérature)

La prise en charge de la FPHL est rarement mono-thérapeutique. La littérature dermatologique décrit une approche graduée, présentée ici à titre informatif et non comme un protocole proposé par Renaissance Clinique :

Niveau 1 — Local (zone capillaire)

  • Minoxidil 2 % topique (vasodilatateur, application vespérale) — traitement topique autorisé chez la femme
  • Un anti-androgène topique comme le clascotérone 7,5 % est à l'étude pour ce niveau, mais n'est pas autorisé pour l'alopécie en France
  • En cas d'association de topiques, un espacement d'environ 30 min est décrit pour optimiser la pénétration

Niveau 2 — Systémique (selon contexte)

  • Si SOPK confirmé : contraception œstro-progestative + spironolactone orale 100 mg
  • Si carence martiale : supplémentation fer per os jusqu'à ferritine >70 ng/mL
  • Si hypothyroïdie : levothyroxine selon endocrinologue

Niveau 3 — Adjuvants

  • PRP (Plasma Riche en Plaquettes) : 3 séances espacées de 4-6 semaines en induction, puis rappel semestriel
  • Mésothérapie capillaire : peptides, vitamines, polynucléotides
  • Compléments oraux : biotine, sélénium, oméga-3 (preuve faible mais bénéfique)

Niveau 4 — Chirurgical (si nécessaire)

  • Greffe FUE Saphir si récession frontale ou Ludwig III
  • Délai recommandé : minimum 12 mois de traitement médical avant évaluation chirurgicale

Cette approche graduée (du local vers le systémique vers le chirurgical) optimise le rapport coût/bénéfice et évite les sur-traitements précoces.

Suivi clinique et photographies standardisées

Le suivi de la réponse chez la femme est plus subtil que chez l'homme — la FPHL est diffuse et progressive, les variations sont moins spectaculaires que les patterns Hamilton-Norwood masculins. Un suivi dermatologique type décrit dans la littérature s'articule autour des jalons suivants :

  • M0 : photographies standardisées 4 angles (vue dessus raie centrale, frontal, profil G/D), trichoscopie digitale, bilan biologique baseline
  • M3 : tolérance + observance, photos de suivi (lighting et angle identiques M0)
  • M6 : évaluation préliminaire — premiers signes de réponse visible
  • M12 : évaluation principale — pic d'efficacité attendu, trichogramme
  • M24 : maintenance, bilan annuel

Selon Sinclair (2002), une amélioration cliniquement significative chez la femme correspond à un gain ≥5 cheveux/cm² ou une réduction ≥30 % de l'écartement de la raie médiane (score Sinclair).

Conclusion et perspectives

Le clascotérone topique est étudié comme une piste anti-androgénique potentielle chez la femme atteinte de FPHL, une population pour laquelle le finastéride oral est contre-indiqué en âge de procréer. Les données Phase II Cassiopea sont encourageantes ; les résultats Phase III femme (Breezula-W) attendus 2027-2028 devront confirmer le profil bénéfice/risque dans une population plus large, condition d'une éventuelle autorisation.

À ce jour, le clascotérone n'est pas disponible comme traitement de l'alopécie en France (AMM attendue 2027-2028 selon Cosmo Pharmaceuticals). Pour toute question sur un traitement médical de l'alopécie féminine, l'interlocuteur compétent est un dermatologue, qui assurera le diagnostic différentiel (FPHL vs effluvium télogène vs alopécie cicatricielle) et le bilan biologique. Renaissance Clinique, en tant que clinique de greffe de cheveux, ne prescrit ni ne délivre ce médicament.

💡 Une solution définitive existe

Les traitements médicaux comme celui-ci ralentissent la chute mais ne restaurent pas les zones dégarnies, et leur effet cesse à l'arrêt. Renaissance Clinique est spécialisée dans la greffe de cheveux (FUE et technique Choi Pen) : un résultat permanent en une seule intervention. Nos chirurgiens évaluent gratuitement votre cas.

Sources et références

  1. 1
    JAAD 2023 — FPHL Systematic ReviewAutorité

    Revue systématique 2023 — prévalence FPHL 40 % chez femmes post-ménopausées, 12 % pré-ménopausées.

  2. 2
    Olsen et al. – JAAD 2002 (FPHL Patterns)Autorité

    Description des patterns FPHL — Ludwig, Olsen 'Christmas tree', diagnostic différentiel.

  3. 3
    Whiting et al. – JAAD 2003 (Finasteride in Postmenopausal FPHL)Autorité

    Étude finastéride 1 mg vs placebo chez femme post-ménopausée — efficacité non-significative.

  4. 4
    FDA — Winlevi (clascoterone) Prescribing Information 2020Autorité

    Notice FDA — pharmacocinétique systémique minimale, précautions grossesse/allaitement (absence d'études formelles).

  5. 5
    Endocrine Society — Hirsutism in Women Guidelines (2018)Autorité

    Recommandations Endocrine Society sur l'approche thérapeutique du SOPK et hyperandrogénie féminine.

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Cette page (version Belgique) tient compte des spécificités locales : devise EUR, organisme de référence INAMI / mutualité, fuseau Europe/Brussels. Les protocoles cliniques sont identiques à la version France de référence.

Questions fréquentes

Pourquoi le finastéride est-il contre-indiqué chez la femme ?

Le finastéride traverse la barrière placentaire et peut causer une féminisation des fœtus mâles (hypospadias). Selon la notice EMA, contre-indication absolue pendant la grossesse. Chez la femme post-ménopausée, l'efficacité est aussi limitée selon Whiting (2003) — résultats non-significatifs vs placebo.

Le clascotérone est-il sûr pour les femmes en âge de procréer ?

La pharmacocinétique du clascotérone (passage systémique minimal, demi-vie < 5 min, métabolisation rapide en cortexolone inactive) suggère un profil de sécurité reproductive favorable. Cependant, en l'absence d'études formelles chez la femme enceinte, le clascotérone reste déconseillé pendant grossesse et allaitement par principe de précaution.

Combien de temps avant de voir des résultats ?

Selon les données Phase II TR-13/14F sur 96 femmes, une amélioration cliniquement perceptible apparaît entre M3 et M6 chez la majorité des répondantes. Le pic d'efficacité est observé à M6-M12 (+8,1 cheveux/cm² vs +1,2 placebo). Un essai inférieur à 6 mois n'est pas concluant.

Peut-on combiner clascotérone et minoxidil chez la femme ?

Oui, c'est même la combinaison de référence dans la FPHL. Mécanismes complémentaires : minoxidil 2 % stimule la phase anagène (vasodilatation), clascotérone bloque la liaison de la DHT au récepteur folliculaire. Espacer les applications de 30 minutes pour optimiser la pénétration de chaque molécule.

Le clascotérone fonctionne-t-il en cas de SOPK ?

Le clascotérone topique offre une action locale ciblée qui complète le traitement systémique du SOPK (contraception, spironolactone orale). Selon les recommandations Endocrine Society (2018), l'approche multi-niveau est recommandée. Bilan endocrinien et suivi avec dermatologue + endocrinologue conseillé.

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