Alopécie cicatricielle du sommet du crâne : est-ce vraiment la faute des coiffures ?
L'alopécie centrale centrifuge cicatricielle est la première cause de chute définitive chez les femmes d'ascendance africaine. Ce que les études mesurent contredit ce qu'on lit partout.

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Cette page traite d'une maladie dont le nom, en français comme en anglais, désigne un instrument de coiffure — et dont l'origine réelle n'a probablement pas grand-chose à voir avec lui. L'alopécie centrale centrifuge cicatricielle est la première cause de chute définitive des cheveux chez les femmes d'ascendance africaine. Elle commence au sommet du crâne et s'étend vers la périphérie en détruisant le follicule, ce qui la rend irréversible là où elle est passée. Nous avons repris ici les sources primaires, une par une, parce que les chiffres qui circulent en français sur ce sujet — y compris ceux que cette page elle-même a publiés jusqu'à aujourd'hui — ne correspondent à aucune étude.
Quand des dermatologues examinent des femmes d'ascendance africaine, ils trouvent la maladie chez 2,7 % d'entre elles, et 6,7 % au-delà de cinquante ans. Quand on compte les femmes réellement diagnostiquées dans les dossiers médicaux américains, on tombe à 0,15 % des femmes noires de trente à soixante ans. Autrement dit : il y a vraisemblablement vingt à quarante fois plus de femmes atteintes que de femmes à qui on l'a dit. Comme la destruction du follicule est définitive, ce retard n'est pas un détail administratif — c'est ce qui coûte les cheveux.
Combien de femmes sont réellement concernées ?
Beaucoup moins que les 15 % souvent cités, et beaucoup plus que ce que les dossiers médicaux enregistrent. Les deux chiffres qui font autorité viennent d'études où l'on a examiné le cuir chevelu de toutes les participantes, et non recensé des consultantes déjà inquiètes.
Khumalo et ses coauteurs ont examiné 874 adultes au Cap, en Afrique du Sud. La prévalence globale y est de 1,9 % : 2,7 % chez les femmes, 0 % chez les hommes, et elle monte à 6,7 % chez les femmes de plus de cinquante ans contre 1,2 % en dessous. Aux États-Unis, Olsen et ses coauteurs ont évalué 529 femmes afro-américaines au cours de six ateliers : une perte centrale étendue a été constatée chez 5,6 % d'entre elles.
Le dernier chiffre vient d'un travail publié en 2026 à partir d'un réseau de dossiers médicaux couvrant plus de trois cents millions de personnes aux États-Unis. Sur la période 2019-2024, la prévalence enregistrée est de 10 cas pour 100 000 adultes, avec un écart considérable selon l'origine : 66,6 pour 100 000 chez les personnes noires contre 0,84 chez les personnes blanches, soit un rapport de 79 pour 1. La maladie est féminine à 98,2 % et culmine entre quarante et un et cinquante ans.
| Affirmation courante | Ce que disent les études |
|---|---|
| « 15 % des femmes afro après la ménopause » | Aucune étude ne donne ce chiffre. Le plus élevé jamais mesuré est 6,7 %, chez les femmes de plus de cinquante ans |
| « Les hommes ne sont jamais touchés » | Exact dans la série sud-africaine (0 %), mais les dossiers américains comptent 1,8 % d'hommes parmi les cas |
| « C'est une maladie rare » | Rare dans les dossiers médicaux (0,15 %), fréquente à l'examen clinique (2,7 à 6,7 %) : l'écart mesure le sous-diagnostic |
| « Elle apparaît après la ménopause » | Le pic de prévalence enregistré se situe entre 41 et 50 ans, avant la ménopause pour la plupart des femmes |
Pourquoi cette maladie porte-t-elle le nom d'un peigne ?
Parce qu'en 1968, trois dermatologues l'ont décrite chez 51 femmes afro-américaines qui se lissaient les cheveux au peigne chauffant, et ont donné à la maladie le nom de l'instrument. L'article de LoPresti, Papa et Kligman, paru dans les Archives of Dermatology, s'intitule littéralement « Hot comb alopecia » — l'alopécie du peigne chaud.
Le nom a tenu près de quarante ans. Il a été abandonné dans la nomenclature médicale, remplacé par une description purement anatomique de ce que l'on observe : une perte centrale qui s'étend de façon centrifuge et laisse une cicatrice. Mais il n'a pas été abandonné dans les esprits, ni dans les brochures. Une revue de 2023 parue dans l'American Journal of Clinical Dermatology porte d'ailleurs un titre qui dit tout du chemin restant à faire : Beyond the Hot Comb — « au-delà du peigne chaud ».
Ce détail d'histoire a une conséquence très concrète. Quand on donne à une maladie le nom de sa cause supposée, on transforme chaque diagnostic en verdict sur le comportement de la patiente. Des dermatologues qui font autorité sur le sujet écrivent aujourd'hui que l'origine a été « initialement attribuée exclusivement aux pratiques de coiffure » et que les travaux récents décrivent au contraire plusieurs facteurs contributifs.
Est-ce vraiment ma coiffure qui a provoqué cette chute ?
Les études ne sont pas d'accord entre elles, et c'est la réponse honnête. Trois travaux ont cherché un lien avec les pratiques capillaires et l'ont trouvé ; deux ne l'ont pas trouvé. Aucun n'a démontré de causalité. Voici l'état réel du dossier.
| Étude | Effectif | Résultat sur les coiffures |
|---|---|---|
| Gathers et coll., 2009 | 51 malades, 50 témoins | Association forte avec les tissages cousus et les nattes à rajouts |
| Kyei et coll., 2011 | 326 femmes | Association avec les coiffures tractantes (p = 0,02), mais aussi avec le diabète de type 2 (p = 0,01) et les infections bactériennes du cuir chevelu (p = 0,045) |
| Khumalo et coll., 2007 | 874 adultes | Prévalence plus élevée chez les femmes défrisées pour la première fois plus de cinq ans avant l'examen |
| Olsen et coll., 2011 | 529 femmes | Aucune association nette avec le défrisant ni le peigne chaud ; une association a en revanche été retrouvée avec un antécédent de teigne du cuir chevelu |
| Khumalo et Gumedze, 2012 | série sud-africaine | Travail intitulé « Traction : facteur de risque ou coïncidence ? » ; l'association n'a pas été retrouvée |
Deux remarques s'imposent sur ce tableau. D'abord, les études qui trouvent une association reposent sur des questionnaires rétrospectifs : on demande à des femmes qui ont déjà perdu leurs cheveux de se souvenir de ce qu'elles faisaient dix ans plus tôt. Les auteurs de l'étude de 2009 le signalent eux-mêmes comme une limite. Ensuite, une association n'est pas une cause : les coiffures serrées provoquent une alopécie de traction, qui est une autre maladie, et il est possible que les deux coexistent souvent sans que l'une produise l'autre.
Si votre coiffure était la cause unique, la chute devrait commencer là où la traction s'exerce — à la lisière frontale et sur les tempes. Or cette maladie commence au sommet du crâne, là où la tension est la plus faible. Cette contradiction anatomique est le point que la théorie du peigne chaud n'a jamais expliqué.
Les défrisants abîment-ils les cheveux, oui ou non ?
Oui, la fibre — et c'est mesuré. Mais abîmer la fibre et détruire le follicule sont deux phénomènes différents. Il faut tenir les deux affirmations en même temps, sans quoi on rend les patientes coupables d'une maladie ou, à l'inverse, on leur laisse croire qu'aucune pratique n'a de conséquence.
Mkentane et ses coauteurs ont montré en 2014, dans l'International Journal of Dermatology, que les défrisants endommagent le cheveu et augmentent sa fragilité. Une équipe sud-africaine a par ailleurs mesuré en 2019 le pH des défrisants du commerce, y compris ceux vendus pour les enfants, et l'a trouvé à des niveaux corrosifs pour la peau. Ces travaux portent sur la tige du cheveu et sur la peau, pas sur la racine.
La distinction est celle-ci : la casse est réversible, parce que le follicule reste vivant et refabrique une tige. La cicatrice ne l'est pas, parce que le follicule a disparu. Un défrisant peut vous coûter des centimètres ; il n'a jamais été démontré qu'il coûtait des follicules. C'est pourquoi presque tous les auteurs conseillent l'arrêt du lissage chimique en cas de maladie déclarée — non parce que la preuve de causalité existe, mais parce que le bénéfice attendu est nul et le risque de fragilisation, lui, est établi.
Qu'est-ce qui est réellement établi sur l'origine de la maladie ?
La part héréditaire, et elle est aujourd'hui la donnée la plus solide du dossier. Trois travaux successifs l'ont construite, et le dernier date de 2026.
Dlova et ses coauteurs ont reconstitué en 2014 les arbres généalogiques de quatorze familles africaines comptant trente et un apparentés au premier degré. Le rapport femmes/hommes y est de 29 pour 2 et l'âge moyen de 50,4 ans. L'analyse des pedigrees évoque une transmission autosomique dominante à pénétrance partielle, les pratiques de coiffure agissant comme facteur modificateur de l'expression — et non comme déclencheur initial.
Cinq ans plus tard, Malki et ses coauteurs publiaient dans le New England Journal of Medicine le premier gène associé à la maladie : PADI3, qui code une enzyme, la peptidyl arginine désiminase 3, impliquée dans l'assemblage de la tige du cheveu. Le point mérite d'être souligné car il circule faux presque partout en français : il ne s'agit pas d'un « gène de kératine », et la découverte n'est pas de 2014.
Enfin, un séquençage d'exome portant sur 75 patientes, publié en 2026 dans le Journal of Investigative Dermatology, a identifié neuf variants pathogènes de PADI3, dont quatre jamais décrits, et surtout des variants dans deux gènes supplémentaires : S100A3 et TCHH, qui codent précisément les deux principaux substrats de l'enzyme. La maladie compte donc aujourd'hui trois gènes identifiés, tous sur la même voie biologique.
Une quatrième piste, plus mécanistique, a été ouverte en 2018 : sur cinq patientes biopsiées deux fois — une fois en zone atteinte, une fois en zone occipitale saine — l'analyse d'expression a montré une surexpression, dans la zone malade, des gènes que l'on retrouve dans les maladies fibroprolifératives : facteur de croissance dérivé des plaquettes, collagènes I et III, plusieurs métalloprotéinases matricielles. Les voies impliquées recoupent celles de l'athérosclérose et de la fibrose hépatique. L'effectif est petit et les auteurs le disent ; mais l'hypothèse qui en découle — une maladie de la cicatrisation qui s'exprime au cuir chevelu — est cohérente avec ce que montre la section suivante.
Est-ce que la maladie s'arrête au cuir chevelu ?
Probablement pas, et une méta-analyse de 2026 vient de le chiffrer pour la première fois. Publiée dans Acta Dermato-Venereologica et enregistrée au préalable dans le registre PROSPERO, elle a réuni vingt-trois études observationnelles totalisant 9 103 patientes.
| Affection | Rapport de cotes | Intervalle de confiance à 95 % |
|---|---|---|
| Dyslipidémie | 4,46 | 1,09 – 18,25 |
| Troubles anxieux | 3,27 | 1,22 – 8,79 |
| Fibromes utérins | 2,25 | 1,10 – 4,58 |
| Hypertension artérielle | Association non retrouvée de façon constante | |
| Obésité | Association non retrouvée de façon constante | |
| Maladie thyroïdienne | Association non retrouvée de façon constante | |
Trois précautions de lecture, que les auteurs posent eux-mêmes. Les intervalles de confiance sont très larges — celui de la dyslipidémie va de 1,09 à 18,25, ce qui signifie que l'ampleur du lien reste très incertaine même si son existence est probable. Les études incluses sont en majorité rétrospectives et américaines. Enfin, une association ne dit pas le sens de la relation : on ne sait pas si les deux affections partagent une cause, si l'une favorise l'autre, ou si les femmes atteintes consultent simplement davantage et se voient donc diagnostiquer davantage de choses.
Ce que cela change en pratique est néanmoins simple : le diagnostic justifie de parler à son médecin traitant du reste du bilan, en particulier du bilan lipidique, plutôt que de traiter l'affaire comme un problème strictement esthétique.
Quels sont les tout premiers signes, avant la plaque ?
Des cheveux qui cassent au sommet du crâne, souvent des années avant qu'une zone dégarnie ne devienne visible. C'est l'apport d'un travail de 2012, resté peu connu, et c'est probablement l'information la plus utile de cette page.
Une équipe américaine a biopsié en 2012 neuf patientes qui consultaient uniquement pour de la casse au sommet du crâne, avec ou sans symptôme, et sans plaque d'alopécie constituée. Sur les huit prélèvements interprétables, cinq montraient les lésions caractéristiques de la maladie, deux montraient une desquamation prématurée de la gaine épithéliale interne — un signe d'atteinte précoce — et un seul était normal. Sept sur huit portaient donc déjà la maladie, sans qu'elle se voie.
Les autres signaux d'alerte sont sensoriels et souvent ignorés parce qu'ils ne se voient pas : démangeaison, sensibilité au toucher, brûlure, picotement sur le sommet du crâne. Une étude de 2013 a montré que la sévérité de la maladie est corrélée à l'intensité de la démangeaison provoquée expérimentalement, ce qui suggère que le prurit n'est pas anecdotique mais participe du mécanisme. Chez d'autres patientes, il n'y a aucun symptôme du tout : la maladie progresse silencieusement, et les auteurs notent que les femmes consultent souvent tard, quand la cicatrisation a déjà gagné du terrain.
Des cheveux qui cassent au sommet du crâne seulement, alors que le reste de la chevelure tient ; une démangeaison ou une sensibilité localisée au même endroit ; une raie qui s'élargit lentement au sommet sans reculer sur le front. Aucun de ces trois signes ne prouve la maladie. Mais chacun justifie un examen du cuir chevelu au dermatoscope, parce que ce qui est perdu ensuite ne revient pas.
Comment distinguer cette alopécie d'une calvitie ordinaire ?
En regardant si les orifices folliculaires sont encore là. C'est le seul critère que l'on peut commencer à apprécier soi-même, et c'est celui qui sépare les alopécies cicatricielles de toutes les autres. Dans une calvitie hormonale, les cheveux s'amincissent mais les orifices restent visibles sur la peau ; dans une alopécie cicatricielle, la peau devient lisse et brillante parce que les orifices ont disparu.
| Cause | Où elle commence | Aspect de la peau | Réversible ? |
|---|---|---|---|
| Alopécie centrale centrifuge | Sommet du crâne, extension centrifuge | Lisse, brillante, orifices absents | Non, là où elle est passée |
| Alopécie androgénétique | Raie centrale qui s'élargit, densité diffuse | Normale, orifices conservés | Partiellement, sous traitement |
| Alopécie de traction | Lisière frontale et tempes | Normale au début ; frange de cheveux conservée en bordure | Oui tant que le follicule est vivant |
| Pelade | Plaques rondes bien limitées, n'importe où | Normale, orifices conservés | Oui, souvent spontanément |
| Lichen plan pilaire | Plusieurs foyers, souvent plus inflammatoires | Rougeur et squames autour des cheveux restants | Non, là où elle est passée |
Deux pièges méritent d'être signalés. Le premier : les deux maladies peuvent coexister, et il est fréquent qu'une femme suivie pour une alopécie de traction porte aussi la maladie du sommet du crâne sans que personne ne l'ait cherchée. Le second : au stade précoce, l'aspect ressemble beaucoup à une alopécie hormonale, et c'est exactement pour cette raison que le diagnostic se fait tard.
À quoi sert la trichoscopie, et que voit le médecin ?
Elle repère un halo blanc-gris autour de chaque cheveu, présent chez 94 % des patientes. C'est le signe le plus utile dont on dispose, et il s'observe en consultation, sans prélèvement.
Miteva et Tosti ont analysé 153 images dermatoscopiques provenant de 51 femmes dont le diagnostic était confirmé par biopsie, en les comparant à trente images d'alopécie de traction cicatricielle et de lupus discoïde. Le halo péripilaire blanc-gris autour de l'émergence du cheveu s'est révélé à la fois spécifique et sensible, présent à tous les stades cliniques. Sur les coupes, il correspond à une fibrose disposée en lamelles autour de la gaine externe du follicule : autrement dit, on voit à l'œil, à travers la peau, la cicatrice en train de se former.
| Rang | Ce que voit le médecin | Ce que cela traduit |
|---|---|---|
| 1 | Halo blanc-gris autour de l'émergence du cheveu | Fibrose en lamelles autour de la gaine externe — le signe spécifique et sensible, chez 94 % des patientes |
| 2 | Réseau pigmenté en nid d'abeille | Crêtes épidermiques pigmentées et papilles claires |
| 3 | Points blancs punctiformes | Macules blanches nombreuses, réparties irrégulièrement entre les cheveux |
| 4 | Calibre des tiges très variable | Rapport cheveux terminaux sur duvets diminué |
| 5 | Plages blanches | Follicules disparus et cicatrisés |
| 6 | Rougeur autour des cheveux | Inflammation périfolliculaire, souvent discrète |
| 7 | Squames blanches concentriques | Réaction kératinisante autour et entre les follicules |
| 8 | Points noirs ou tiges courtes cassées | Cheveux rompus dans l'orifice folliculaire |
| 9 | Macules brunes en étoile | Pigmentation entre les follicules |
La trichoscopie a une seconde utilité, moins évidente : elle indique où prélever. Les auteurs ont montré que choisir le site de biopsie au dermatoscope augmente le rendement diagnostique de l'examen histologique. Le bon site comporte un ou plusieurs cheveux entourés du halo, ou bien un cheveu cassé.
Faut-il vraiment une biopsie du cuir chevelu ?
Oui, pour affirmer le diagnostic et surtout pour savoir si la maladie est encore active — ce qui commande tout le reste. Le prélèvement est un carottage de quatre millimètres, réalisé sous anesthésie locale, et l'analyse se fait sur coupes horizontales, seule orientation qui permette de compter les follicules et d'apprécier leur architecture.
Une revue systématisée de 51 biopsies a décrit les six éléments recherchés : une densité folliculaire réduite avec des zones de disparition complète ; des glandes sébacées absentes ou réduites à quelques lobules entourant un cheveu duveteux ; la desquamation prématurée de la gaine épithéliale interne ; des follicules soudés par la fibrose et pris dans un infiltrat discret ; une kératinisation en lamelles dans le canal pilaire ; des tiges pilaires libres dans le derme.
L'inflammation observée sur ces biopsies est habituellement discrète, voire absente. Cela surprend, s'agissant d'une maladie décrite comme inflammatoire — mais c'est précisément ce que les chirurgiens utilisent : l'absence d'activité inflammatoire à l'histologie est la condition sur laquelle repose toute décision de greffe. Une biopsie qui ne montre rien n'est donc pas une biopsie inutile ; c'est souvent l'information qu'on cherchait.
Existe-t-il un traitement qui guérit ?
Non, et il faut ajouter quelque chose de plus gênant : aucun essai randomisé contrôlé n'a jamais été publié sur le traitement de cette maladie. La phrase est écrite telle quelle dans la revue de référence de 2016 et rien n'est venu la contredire depuis. Toutes les recommandations existantes reposent sur des cas isolés et de petites séries.
Cela ne veut pas dire qu'il n'y a rien à faire. Cela veut dire que l'objectif, énoncé clairement, n'est pas la repousse mais l'arrêt de la progression — et que le niveau de preuve derrière chaque option doit être dit à la patiente avant qu'elle ne commence.
| Option | Niveau de preuve disponible | Objectif visé |
|---|---|---|
| Arrêt du lissage chimique et de la traction | Aucun essai ; consensus large des auteurs | Ne pas ajouter de fragilisation à la maladie |
| Dermocorticoïdes locaux | Cas et petites séries | Freiner l'inflammation |
| Corticoïde injecté dans la lésion | Cas et petites séries | Traiter la bordure évolutive |
| Inhibiteurs de la calcineurine locaux | Cas et petites séries | Alternative aux corticoïdes prolongés |
| Minoxidil local | Cas et petites séries ; rationnel tiré de la miniaturisation observée | Soutenir les follicules encore vivants |
| Cyclines par voie orale | Cas et petites séries | Effet anti-inflammatoire |
| Metformine à faible dose | Deux observations publiées en 2020 ; une revue rétrospective de 2026 conclut que l'insulinorésistance ne prédit pas la réponse | Piste, pas un standard |
| Antipaludéens de synthèse, immunosuppresseurs | Rapports anecdotiques uniquement | Réservés à des situations particulières, sous décision spécialisée |
Aucune de ces options ne peut être choisie, dosée ni surveillée depuis une page web. Certaines imposent une surveillance biologique ou ophtalmologique, et l'une d'elles est même contre-indiquée chez la femme dans le dosage le plus souvent cité — la section suivante détaille ce point. C'est une décision de dermatologue, prise après la biopsie, sur une patiente précise.
Ces traitements sont-ils autorisés et remboursés en France ?
Aucun d'entre eux n'a d'autorisation de mise sur le marché dans cette maladie : tous sont employés hors autorisation lorsqu'ils sont prescrits ici. Cela n'a rien d'illégal ni d'anormal — un médecin peut prescrire hors autorisation lorsqu'il l'estime justifié — mais cela doit être dit, parce que trois conséquences en découlent directement : le remboursement, la disponibilité et, pour l'une des molécules, une contre-indication qui concerne précisément les femmes.
| Molécule | Ce que dit l'autorisation française | Dans cette maladie |
|---|---|---|
| Minoxidil cutané 2 % | Indiqué dans la chute modérée (alopécie androgénétique) de l'adulte, homme ou femme | Hors autorisation |
| Minoxidil cutané 5 % | Indiqué chez le sujet de sexe masculin ; la notice porte la mention « Ce médicament est contre-indiqué chez la femme » | Hors autorisation et contre-indiqué |
| Corticoïde local très fort | Autorisé en dermatologie, pas dans cette indication | Hors autorisation |
| Acétonide de triamcinolone injectable | Autorisé, voie intralésionnelle prévue | Hors autorisation — et en tension d'approvisionnement |
| Inhibiteur de la calcineurine local | Autorisé dans la dermatite atopique | Hors autorisation |
| Cycline orale | Autorisée dans des indications infectieuses et, pour certaines marques, la rosacée | Hors autorisation et non remboursée ici |
| Metformine cutanée | Aucune forme cutanée n'est commercialisée en France — seules des formes orales existent | Produit indisponible en pharmacie |
Le minoxidil à 5 % est formellement contre-indiqué chez la femme en France, alors que la littérature internationale sur cette maladie cite indifféremment « minoxidil 2 % ou 5 % ». C'est le dosage à 2 % qui est indiqué chez la femme. La différence ne relève pas du détail : elle figure en toutes lettres à la rubrique des contre-indications.
Le corticoïde injectable de référence est rationné. L'Agence nationale de sécurité du médicament classe la spécialité d'acétonide de triamcinolone injectable en « tension d'approvisionnement », avec « contingentement quantitatif en ville », la situation hospitalière n'étant pas touchée, et annonce une « date de remise à disposition prévue : troisième trimestre 2027 ». Autrement dit, le traitement le plus souvent proposé en première intention peut être difficile à obtenir en pharmacie de ville pendant encore plusieurs trimestres.
Une précision de méthode, pour que cette section soit utilisable telle quelle : la vérification porte sur les molécules citées ci-dessus et sur l'état des bases officielles au 16 septembre 2026. Elle ne constitue pas un balayage exhaustif de toutes les spécialités françaises, et un statut d'autorisation ou de disponibilité peut changer. La question 6 de la liste plus bas — « ce médicament est-il dans le cadre de son autorisation ? » — reste donc à poser en consultation, même après avoir lu ce tableau.
Les cheveux repoussent-ils une fois le traitement commencé ?
Là où la peau est devenue lisse, non — jamais. C'est la différence de fond avec toutes les chutes dont on parle habituellement. Dans une chute de saison, une chute post-partum ou une carence, le follicule est vivant et refabrique une tige. Ici, le follicule a été remplacé par du tissu cicatriciel : il n'y a plus d'organe pour refaire un cheveu.
Ce que le traitement peut obtenir, c'est de préserver ce qui tient encore : la bordure de la zone atteinte, et toute la chevelure au-delà. Dit autrement, le résultat d'un traitement réussi est une photographie identique douze mois plus tard. C'est un résultat frustrant à regarder et considérable à obtenir, et l'expliquer d'emblée fait partie du soin — les auteurs de la revue de 2016 insistent sur ce point précis.
Il en découle une conséquence sur le suivi : la seule façon de savoir si un traitement fonctionne est de comparer des photographies prises dans les mêmes conditions, complétées par la trichoscopie. Une impression ne suffit pas, dans un sens comme dans l'autre.
Peut-on faire une greffe de cheveux sur une alopécie cicatricielle du sommet du crâne ?
Oui, mais toute la littérature chirurgicale publiée sur cette maladie précise tient en deux patientes. C'est la phrase que ne contient aucune brochure, et elle est vérifiable : le travail de Callender, Lawson et Onwudiwe, publié en 2014 dans Dermatologic Surgery, décrit deux femmes afro-américaines après cinq à six ans de chute progressive au sommet du crâne.
Aucune cicatrice n'a été observée après l'intervention, ni sur la zone receveuse ni sur la zone donneuse. Les auteurs concluent que le geste est sûr et bien toléré dans ces conditions-là. Deux patientes ne permettent pas d'annoncer un taux de réussite, une durée de résultat, ni un risque de récidive — et tout chiffre de ce genre présenté comme issu de la littérature ne peut pas en venir.
| Affirmation | Soutenue par ce travail ? |
|---|---|
| Des greffons peuvent repousser sur une zone cicatricielle éteinte | Oui — repousse visible chez les deux patientes |
| Le geste n'a pas laissé de cicatrice chez ces deux patientes | Oui — constaté sur les deux zones |
| Une séance test préalable est la démarche décrite | Oui — c'est la séquence employée dans les deux cas |
| La biopsie doit montrer une absence d'inflammation | Oui — c'est la condition de la conclusion des auteurs |
| « Le taux de prise est de X % » | Non — deux cas ne permettent aucun taux |
| « Le risque de récidive est de X % à cinq ans » | Non — aucune donnée de suivi long dans ce travail |
| « La densité implantable est de X greffons par centimètre carré » | Non — non rapporté |
| Le geste convient à une maladie encore active | Non — les auteurs décrivent l'inverse |
Le guide complet des conditions chirurgicales, y compris la littérature plus large sur la greffe en alopécie cicatricielle primaire, est traité dans le guide de la greffe sur cheveux crépus. Cette page-ci s'arrête à ce qui concerne spécifiquement la maladie du sommet du crâne.
Combien de greffons peut-on espérer, et pourquoi moins qu'annoncé ?
Parce que la zone donneuse des cheveux crépus est moins fournie, pas plus — et c'est exactement l'inverse de ce qu'on lit. Deux mesures indépendantes le montrent, avec des méthodes différentes.
Sperling a compté en 1999 les follicules contenus dans des carottages de quatre millimètres prélevés en peau saine, chez 22 patients afro-américains et 12 patients blancs : la densité totale est plus basse dans le premier groupe. L'effectif est modeste et il faut le dire. La trichoscopie quantitative a retrouvé le même sens : environ 148 à 160 cheveux par centimètre carré chez les sujets d'ascendance africaine contre 214 à 230 chez les sujets caucasiens, toutes les différences entre groupes étant statistiquement significatives.
Cela a deux conséquences concrètes quand la question d'une greffe se pose. La première est arithmétique : à surface dégarnie égale, le capital disponible est plus petit. La seconde est stratégique : une maladie qui peut reprendre impose de ne pas dépenser ce capital d'un seul coup, ce qui explique la logique de séance d'essai décrite plus haut.
Que change concrètement un diagnostic tardif ?
Il change la surface définitivement perdue, et rien ne la récupère ensuite. C'est pour cette raison que l'écart mesuré entre les femmes atteintes et les femmes diagnostiquées est le vrai problème de santé posé par cette maladie.
Reprenons les deux chiffres du début. À l'examen clinique, on trouve la maladie chez 2,7 % des femmes d'ascendance africaine, et chez 6,7 % au-delà de cinquante ans. Dans les dossiers médicaux américains, 0,15 % des femmes noires de trente à soixante ans portent le diagnostic. L'écart n'est pas une contradiction : la première mesure compte les femmes atteintes, la seconde compte celles à qui on l'a dit. Entre les deux, il y a des années pendant lesquelles la maladie avance sans être nommée.
Trois mécanismes expliquent ce retard, et tous sont documentés : la maladie ressemble à une chute hormonale à son début ; elle progresse souvent sans douleur ni démangeaison ; et son premier signe — la casse au sommet du crâne — est attribué par tout le monde, patientes comme professionnels, aux produits et aux coiffures. Le nom donné à la maladie en 1968 continue, soixante ans plus tard, à retarder son diagnostic.
Quel est le poids de cette maladie au quotidien ?
Il est physique, professionnel et financier, et il a été mesuré en 2026 auprès de 917 femmes. L'enquête, menée à l'échelle nationale aux États-Unis auprès de femmes atteintes d'alopécies cicatricielles, a évalué les symptômes, la gêne dans la vie quotidienne et les dépenses liées à la maladie.
Deux symptômes ressortent nettement : la brûlure et la douleur ou sensibilité du cuir chevelu. Ce sont eux, davantage que l'étendue de la zone dégarnie, qui sont associés à une baisse de la productivité au travail, à une gêne dans les activités quotidiennes et à des dépenses de traitement plus élevées. L'étendue de l'atteinte joue également, mais le lien s'inverse chez le petit groupe de femmes complètement dégarnies — comme si le poids psychosocial croissait avec la sévérité jusqu'à un seuil, puis changeait de nature.
Ce résultat a une implication directe en consultation : demander à une patiente si son cuir chevelu la brûle n'est pas une question de confort, c'est une question qui prédit son niveau de gêne réelle. Et une plainte de brûlure sans zone dégarnie visible n'est pas une plainte mineure.
Que faut-il demander à son médecin ?
Sept questions suffisent, et elles portent toutes sur des éléments vérifiables. Elles sont formulées pour être posées telles quelles.
Qu'est-ce que cette page ne remplace pas ?
Un examen, une biopsie et un dermatologue. Nous écrivons cela sans formule de politesse : sur cette maladie précise, il n'existe aucun moyen de conclure à distance, et la seule information qui oriente réellement la prise en charge — l'activité inflammatoire — ne s'obtient qu'au microscope.
Renaissance Clinique est un établissement de greffe capillaire. Cela délimite exactement ce que nous pouvons et ne pouvons pas faire. Nous ne posons pas de diagnostic d'alopécie cicatricielle à distance, nous ne prescrivons pas les traitements listés plus haut, et nous n'opérons pas une maladie dont l'extinction n'a pas été établie par un médecin qui suit la patiente. Lorsqu'une demande de greffe nous parvient avec ce tableau, la réponse utile est d'orienter vers un dermatologue avant toute discussion chirurgicale — y compris quand cela signifie repousser un projet de plusieurs mois, ou y renoncer.
Cette page cite ses sources en clair pour une raison simple : elle a remplacé une version qui n'en avait pas de vérifiables. Chaque étude mentionnée ici a été retrouvée dans la base bibliographique, et sa signature d'auteurs contrôlée. Si vous trouvez une erreur, elle est de nous, et nous la corrigerons.
Que faut-il retenir ?
La maladie ne vient pas, ou pas seulement, de vos coiffures : la plus grande étude de dépistage n'a pas retrouvé d'association nette avec le défrisage, et trois gènes ont été identifiés. Elle détruit définitivement le follicule, donc tout se joue sur la précocité. Son premier signe est une casse localisée au sommet du crâne, bien avant la plaque. Un halo blanc-gris autour des cheveux, visible au dermatoscope, la signe chez la quasi-totalité des patientes. Le but du traitement est l'arrêt de la progression, pas la repousse, et aucun essai randomisé n'existe. La greffe est possible sur maladie éteinte et biopsie sans inflammation, mais la littérature publiée sur ce point tient en deux patientes. Enfin, le diagnostic mérite une conversation avec son médecin traitant sur le bilan général, en particulier lipidique.
Sources et références
- 1Khumalo et coll. — British Journal of Dermatology, 2007;157(5):981-988, coiffure et maladies du cuir chevelu chez 874 adultesAutorité
Examen du cuir chevelu de 874 adultes africains au Cap (30,9 % d'hommes, 69,1 % de femmes, âge médian 36,1 ans). Prévalence de l'alopécie centrale centrifuge cicatricielle : 1,9 % au total, 2,7 % chez les femmes contre 0 % chez les hommes, et 6,7 % chez les femmes de plus de cinquante ans contre 1,2 % en dessous. Prévalence de l'alopécie de traction : 22,6 % au total, 31,7 % chez les femmes, jusqu'à 48 % lorsque la coiffure habituelle associe rajouts et cheveux défrisés. 58,7 % des femmes avaient les cheveux traités chimiquement. Les auteurs relèvent une prévalence plus élevée chez les femmes défrisées pour la première fois plus de cinq ans avant l'examen.
- 2Olsen et coll. — Journal of the American Academy of Dermatology, 2011;64(2):245-252, chute centrale chez 529 femmes afro-américainesAutorité
Cinq cent vingt-neuf participantes évaluées lors de six ateliers sur quatre sites des États-Unis, chaque participante étant cotée par elle-même et par un investigateur sur une échelle photographique standardisée. Une perte centrale étendue a été constatée chez 5,6 % des sujets. Aucune association évidente n'a été retrouvée entre la perte étendue et l'usage de défrisants ou du peigne chauffant, ni avec un antécédent de dermatite séborrhéique, de réaction à un produit capillaire, d'infection bactérienne ou de calvitie chez le père ; une association a en revanche été retrouvée avec un antécédent de teigne du cuir chevelu. Limite reconnue par les auteurs : absence de corrélation biopsique.
- 3Tang et coll. — JAAD International, 2026;27:43-45, prévalence et incidence des alopécies cicatricielles lymphocytaires aux États-UnisAutorité
Estimation nationale à partir d'Epic Cosmos, réseau fédéré de dossiers médicaux couvrant plus de trois cents millions de patients, chez les adultes ayant eu au moins deux recours aux soins entre 2019 et 2024 ; cas repérés par au moins deux codes SNOMED CT. Prévalence sur six ans : 37,1 pour 100 000 pour l'ensemble des alopécies cicatricielles lymphocytaires primaires, dont 10,0 pour 100 000 pour l'alopécie centrale centrifuge. Incidence annuelle stable entre 8,2 et 9,3 pour 100 000 personnes-années. Rapport de prévalence de 79 pour 1 entre personnes afro-américaines et blanches (66,6 contre 0,84 pour 100 000) ; 98,2 % des cas sont féminins ; chez les femmes afro-américaines de trente à soixante ans, la prévalence atteint 0,15 %. Pic entre 41 et 50 ans. Les codes propres à chaque sous-type n'ont été introduits qu'en octobre 2024, ce qui sous-estime probablement les chiffres.
- 4LoPresti, Papa et Kligman — Archives of Dermatology, 1968;98(3):234-238, description princeps de l'alopécie dite du peigne chaudAutorité
Description princeps, chez 51 femmes afro-américaines pratiquant le lissage au peigne chauffant avec de la vaseline, d'une plaque d'alopécie du vertex s'étendant vers la périphérie. C'est cet article qui a donné à la maladie le nom de « hot comb alopecia ». La nomenclature a depuis été abandonnée au profit d'une désignation purement descriptive.
- 5Gathers et coll. — Journal of the American Academy of Dermatology, 2009;60(4):574-578, pratiques de coiffure et alopécie centrale centrifugeAutorité
Enquête comparative rétrospective menée à Detroit entre 2000 et 2007 sur 101 questionnaires : 51 femmes afro-américaines avec diagnostic clinique et histologique confirmé, 50 témoins sans antécédent d'alopécie. Association forte retrouvée entre la maladie et l'usage de tissages cousus ainsi que de nattes ou cornrows avec rajouts artificiels. Limites signalées par les auteurs : dépendance à la mémoire des patientes sur des pratiques passées, et variation géographique possible des pratiques qui limite la généralisation.
- 6Kyei et coll. — Archives of Dermatology, 2011;147(8):909-914, facteurs de risque médicaux et environnementauxAutorité
Étude de population transversale sur 326 femmes afro-américaines recrutées dans deux églises et un forum santé de Cleveland, combinant questionnaire et évaluation clinique sur échelle photographique standardisée. Vingt-huit pour cent des répondantes avaient un grade 2 ou plus, signant une perte centrale cliniquement évidente ; parmi elles, 59 % atteignaient un grade 3 ou plus, interprété comme compatible avec la maladie. Associations statistiquement significatives : diabète de type 2 (p = 0,01), infections bactériennes du cuir chevelu (p = 0,045) et coiffures tractantes, nattes et tissages (p = 0,02). Les auteurs rattachent l'excès de diabète à l'hypothèse d'une dérégulation métabolique.
- 7Traction et alopécie centrale : facteur de risque ou coïncidence ? (Khumalo NP et Gumedze F) — British Journal of Dermatology, 2012;167(5):1191-1193Autorité
Travail sud-africain interrogeant le lien entre traction et alopécie centrale centrifuge cicatricielle. Cité par la revue de référence de 2016 comme la grande série n'ayant pas retrouvé l'association entre les deux affections, alors même que la coexistence clinique est fréquemment observée.
- 8Fragilisation du cheveu par les défrisants (Mkentane K et coll.) — International Journal of Dermatology, 2014;53(3):e200-e202Autorité
Les défrisants endommagent le cheveu et augmentent sa fragilité. Le travail porte sur la tige pilaire, non sur le follicule : il documente la casse, pas la destruction folliculaire cicatricielle.
- 9pH corrosif des défrisants du commerce (Sishi VNB, Van Wyk JC et Khumalo NP) — South African Medical Journal, 2019;109(12):941-946Autorité
Mesure du pH de défrisants à la soude et sans soude disponibles dans le commerce, y compris ceux commercialisés pour les enfants : les valeurs relevées se situent à des niveaux corrosifs pour la peau.
- 10Dlova et coll. — Journal of the American Academy of Dermatology, 2014;70(4):679-682.e1, transmission autosomique dominanteAutorité
Analyse de pedigrees menée de 2005 à 2012 chez quatorze familles africaines indexées comptant trente et un apparentés au premier degré participants. Rapport femmes/hommes de 29 pour 2, âge moyen 50,4 ans, tous les patients présentant les caractéristiques histologiques typiques. L'analyse évoque une transmission autosomique dominante à pénétrance partielle, avec un effet modificateur marqué des pratiques de coiffure et du sexe. Limite reconnue : effectif réduit.
- 11Malki et coll. — New England Journal of Medicine, 2019;380(9):833-841, variant PADI3 et alopécie cicatricielle centraleAutorité
Séquençage d'exome chez un groupe de femmes atteintes, comparé à un référentiel public. Identification de variants du gène PADI3, qui code la peptidyl arginine désiminase 3, enzyme intervenant dans l'assemblage de la tige pilaire. Il ne s'agit pas d'un gène de kératine. La maladie est décrite comme survenant parfois dans des familles selon un mode évoquant une transmission autosomique dominante et se manifestant habituellement après des pratiques de coiffure intensives.
- 12Variants pathogènes de la peptidyl arginine désiminase 3 et de ses substrats (Keller-Rosenthal N et coll.) — Journal of Investigative Dermatology, 2026;146(6):1596-1604.e2Autorité
Séquençage d'exome complet chez 75 patientes au diagnostic confirmé cliniquement et histologiquement. Neuf variants hétérozygotes pathogènes de PADI3 identifiés, dont quatre non décrits auparavant, tous prédits comme perturbant la fonction de la protéine ; les analyses fonctionnelles montrent une expression réduite, une localisation intracellulaire anormale et une activité enzymatique diminuée. Des variants pathogènes ont également été trouvés dans deux gènes supplémentaires, S100A3 et TCHH, qui codent les deux principaux substrats de l'enzyme et interviennent dans l'intégrité de la tige pilaire.
- 13Expression préférentielle des gènes fibroprolifératifs (Aguh C et coll.) — Journal of the American Academy of Dermatology, 2018;79(5):904-912.e1Autorité
Cinq patientes au diagnostic confirmé par biopsie, prélevées deux fois chacune : une fois en zone atteinte du vertex, une fois en zone occipitale indemne. L'analyse par puce montre en zone atteinte une surexpression du gène du facteur de croissance dérivé des plaquettes, des collagènes I et III et des métalloprotéinases matricielles 1, 2, 7 et 9. Chevauchement significatif des voies canoniques avec celles de l'athérosclérose et de la fibrose hépatique. Limites reconnues par les auteurs : effectif réduit et analyse sur tissu cutané entier.
- 14Comorbidités systémiques : revue systématique et méta-analyse (Sanz-Cabanillas JL et coll.) — Acta Dermato-Venereologica, 2026;106:adv-2026-0456Autorité
Revue systématique conforme à PRISMA 2020 avec méta-analyse à effets aléatoires, enregistrée au préalable dans PROSPERO sous le numéro CRD420250656067, portant sur vingt-trois études observationnelles totalisant 9 103 patientes. Prévalences groupées : hypertension 51,9 % (intervalle de confiance à 95 % : 33,8-69,6), dyslipidémie 58,4 % (29,0-82,8), obésité 37,1 % (10,8-74,2), fibromes utérins 28,0 % (8,0-64,0), avec une hétérogénéité importante entre études. Analyses cas-témoins : association significative avec la dyslipidémie (rapport de cotes 4,46 ; 1,09-18,25), les fibromes utérins (2,25 ; 1,10-4,58) et les troubles anxieux (3,27 ; 1,22-8,79) ; hypertension, obésité et maladie thyroïdienne ne sont pas associées de façon constante. Limites : études majoritairement rétrospectives et américaines.
- 15Casse des cheveux comme premier signe (Callender VD et coll.) — Archives of Dermatology, 2012;148(9):1047-1052Autorité
Neuf patientes présentant une casse des cheveux du vertex, avec ou sans symptôme du cuir chevelu, ont été biopsiées. Huit prélèvements étaient interprétables : cinq (63 %) montraient les modifications histologiques typiques de la maladie, dont un au stade terminal ; deux (25 %) montraient une desquamation prématurée de la gaine épithéliale interne comme seul élément évocateur d'une atteinte précoce ; un (13 %) était normal. Les auteurs concluent que la casse doit faire évoquer une atteinte précoce ou occulte, en particulier chez les femmes d'ascendance africaine.
- 16Miteva et Tosti — Journal of the American Academy of Dermatology, 2014;71(3):443-449, aspects dermatoscopiquesAutorité
Évaluation rétrospective de 153 images dermatoscopiques non polarisées provenant de 51 femmes au diagnostic histologiquement prouvé, avec trente images témoins d'alopécie de traction cicatricielle et de lupus discoïde ; douze caractéristiques cotées indépendamment, corrélations dermatoscopie-histologie sur coupes horizontales de 41 des 51 prélèvements obtenus sous guidage dermatoscopique. Le halo péripilaire blanc-gris autour de l'émergence des cheveux a été observé chez 94 % des patientes et s'est révélé à la fois spécifique et sensible, à tous les stades cliniques ; il correspond en histologie à une fibrose lamellaire entourant la gaine épithéliale externe.
- 17Lecture histologique sur coupes horizontales (Miteva M et Tosti A) — American Journal of Dermatopathology, 2014;36(11):859-864Autorité
Revue systématisée des biopsies de cuir chevelu de 51 patientes sur coupes horizontales. Six éléments diagnostiques principaux : densité folliculaire réduite avec zones de disparition folliculaire et glandes sébacées absentes ou seulement focalement préservées, les vestiges se présentant comme plusieurs lobules entourant un cheveu duveteux ; desquamation prématurée de la gaine épithéliale interne ; structures folliculaires isolées ou composées entourées de fibrose périfolliculaire et d'un infiltrat inflammatoire discret ; hyperkératose ou parakératose lamellaire du canal pilaire ; tiges pilaires libres dans le derme ; miniaturisation folliculaire. L'inflammation folliculaire est habituellement discrète, voire absente.
- 18Herskovitz et Miteva — Clinical, Cosmetic and Investigational Dermatology, 2016;9:175-181, défis et solutionsAutorité
Revue de synthèse. Les auteurs écrivent qu'il n'existe à ce jour aucune étude randomisée contrôlée publiée sur le traitement de cette maladie, les recommandations reposant sur des cas isolés et de petites séries. Ils rappellent que la maladie a été associée au peigne chauffant et au coiffage traumatique pendant des années mais que les études ne confirment pas ce facteur comme cause unique, et que l'objectif du traitement — préserver les cheveux restants et éviter la progression — doit être clairement expliqué à la patiente. Options citées comme utiles dans leur expérience pour freiner la progression : corticoïdes locaux et intralésionnels ou inhibiteurs de la calcineurine, associés au minoxidil local à 2 ou 5 %. La greffe est présentée comme un dernier recours une fois l'inflammation contrôlée depuis au moins un an. Y figure également la densité folliculaire moyenne rapportée par Sperling : 22,4 follicules par carottage de 4 mm chez les Afro-Américains contre 35,5 chez les Blancs.
- 19Sperling — Archives of Dermatology, 1999;135(6):656-658, densité capillaire chez les Afro-AméricainsAutorité
Série rétrospective de patients ayant eu une biopsie de cuir chevelu cliniquement sain : 22 patients afro-américains et 12 patients blancs, carottages de 4 mm, comptage de tous les follicules à plusieurs niveaux. La densité totale et le nombre de follicules terminaux sont plus faibles dans le groupe afro-américain que dans le groupe blanc et que les données antérieurement publiées.
- 20Sévérité et démangeaison provoquée (Bin Saif GA et coll.) — British Journal of Dermatology, 2013;168(2):253-256Autorité
La sévérité de l'alopécie centrale centrifuge cicatricielle est associée à l'intensité de la démangeaison provoquée expérimentalement par le cowhage, ce qui suggère l'implication d'un récepteur activé par les protéases cutanées et fait du modèle cowhage un outil pertinent pour étudier le prurit de cette maladie.
- 21Callender et coll. — Dermatologic Surgery, 2014;40(10):1125-1131, greffe dans le traitement chirurgical de l'alopécie cicatricielle centraleAutorité
Les auteurs signalent d'emblée la rareté des études prospectives publiées rapportant un traitement chirurgical efficace pour cette maladie. Le travail décrit deux patientes afro-américaines après cinq à six ans de chute progressive du vertex ; après biopsie du cuir chevelu et séance test de greffe, les deux ont été opérées par greffons ronds au punch. La repousse a été visible sur les sites receveurs entre quatre et cinq mois après la séance test, sans cicatrice postopératoire sur les zones receveuse ou donneuse. Conclusion des auteurs : la greffe est une procédure sûre et bien tolérée chez les femmes afro-américaines atteintes de maladie au stade terminal dont la biopsie montre une absence d'inflammation.
- 22Fardeau multidimensionnel des alopécies cicatricielles chez la femme (Levine J et coll.) — International Journal of Women's Dermatology, 2026;12(3):e268Autorité
Enquête transversale nationale diffusée par la Scarring Alopecia Foundation auprès de femmes déclarant une alopécie centrale centrifuge cicatricielle, un lichen plan pilaire ou une alopécie frontale fibrosante ; 917 répondantes analysées. Symptômes physiques, perturbation du mode de vie et dépenses liées à la maladie sont fréquemment rapportés. La brûlure et la douleur ou sensibilité du cuir chevelu sont significativement associées à une altération plus marquée de la productivité au travail, des activités quotidiennes et des coûts de traitement ; une atteinte plus étendue du cuir chevelu correspond également à un fardeau accru, sauf chez un petit sous-groupe de femmes complètement dégarnies.
- 23Défis et traitements de l'alopécie centrale (Lawson CN, Bakayoko A et Callender VD) — Dermatologic Clinics, 2021;39(3):389-405Autorité
Revue de synthèse. Les auteurs écrivent que l'origine de la maladie a d'abord été attribuée exclusivement aux pratiques de coiffure courantes chez les femmes d'ascendance africaine, et que les travaux plus récents étayent au contraire l'existence de plusieurs facteurs contributifs : variants d'expression génique, pratiques capillaires augmentant la fragilité du follicule, et associations avec d'autres affections systémiques. La prise en charge associe éducation de la patiente sur les coiffures alternatives, traitements médicaux et gestes procéduraux si nécessaire.
- 24Au-delà du peigne chaud : mises à jour 2011-2021 (George EA et coll.) — American Journal of Clinical Dermatology, 2023;24(1):81-88Autorité
Revue des dix années écoulées. Les données récentes suggèrent une étiologie multifactorielle influencée par des facteurs environnementaux et génétiques. Corticoïdes locaux et intralésionnels et antibiotiques de la famille des tétracyclines constituent le socle du traitement ; les cas réfractaires peuvent être envisagés pour une greffe. Des pistes émergentes sont citées, dont le plasma riche en plaquettes et des formulations botaniques, sans que leur niveau de preuve soit comparable à celui d'un essai.
- 25Insulinorésistance et réponse à la metformine orale à faible dose (Adedeji O et Aguh C) — Journal of the American Academy of Dermatology, 2026Autorité
Revue rétrospective concluant que l'insulinorésistance n'est pas un facteur prédictif de la réponse au traitement par metformine orale à faible dose chez les patientes atteintes. À rapprocher des deux observations publiées en 2020 rapportant une repousse sous metformine topique chez deux patientes réfractaires : la piste existe, elle ne constitue pas un standard de traitement.
- 26Minoxidil Bailleul 5 % — résumé des caractéristiques du produit, base de données publique des médicamentsAutorité
Rubrique 4.1 : « Ce médicament est indiqué en cas de chute de cheveux modérée (alopécie androgénétique) chez le sujet de sexe masculin. » Rubrique 4.3, contre-indications : « Ce médicament est contre-indiqué chez la femme. » Le dosage à 5 % en solution pour application cutanée n'a donc pas d'indication féminine en France, contrairement au dosage à 2 %.
- 27Alostil 2 % — résumé des caractéristiques du produit, base de données publique des médicamentsAutorité
Rubrique 4.1 : « Ce médicament est indiqué en cas de chute de cheveux modérée (alopécie androgénétique) de l'adulte, homme ou femme. » Rubrique 4.3 : hypersensibilité à la substance active ou à l'un des excipients, sans restriction liée au sexe. Le dosage à 2 % couvre donc les femmes, à la différence du dosage à 5 %.
- 28Agence nationale de sécurité du médicament — fiche de disponibilité de Kenacort Retard 40 mg/1 ml, suspension injectableAutorité
Fiche publiée le 18 février 2026, mise à jour le 29 juillet 2026, domaines dermatologie et rhumatologie. Texte de la fiche : « Tension d'approvisionnement au 17/02/2026 » ; « Situation en ville : tension » ; « Situation à l'hôpital : non impactée » ; « Contingentement quantitatif en ville » ; « Date de remise à disposition prévue : troisième trimestre 2027 ». La vente et l'exportation du médicament par les grossistes-répartiteurs vers l'étranger sont interdites à compter de la publication de la fiche.
Patients de Canada (Québec)
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Suivi et urgences — Canada (Québec)
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Ces repères pour Canada (Québec) complètent l’article de référence. Votre situation administrative, l’indication médicale, le devis et le suivi doivent être confirmés individuellement.
Questions fréquentes
Est-ce que le défrisage donne une alopécie cicatricielle ?
Ce n'est pas démontré. Les défrisants abîment la fibre du cheveu et augmentent sa fragilité, c'est mesuré ; une équipe sud-africaine a aussi montré en 2019 que leur pH est corrosif pour la peau. Mais la plus grande étude de dépistage disponible, sur 529 femmes afro-américaines, n'a retrouvé aucune association nette entre la maladie et l'usage du défrisant ou du peigne chaud. Casser un cheveu et détruire son follicule sont deux phénomènes différents : le premier est réversible, le second non.
Cette alopécie est-elle héréditaire ?
Une part héréditaire est aujourd'hui bien établie. L'analyse de quatorze familles africaines, publiée en 2014, évoque une transmission autosomique dominante à pénétrance partielle. Un premier gène, PADI3, a été associé à la maladie en 2019 dans le New England Journal of Medicine. Un séquençage d'exome sur 75 patientes, publié en 2026, a ajouté neuf variants de ce gène et des variants dans deux autres gènes, S100A3 et TCHH. Cela n'en fait pas une maladie purement génétique — la pénétrance est partielle — mais cela explique pourquoi elle touche plusieurs femmes d'une même famille.
Les cheveux peuvent-ils repousser sur la zone dégarnie ?
Non, là où la peau est devenue lisse et brillante. Cette alopécie est cicatricielle : le follicule a été remplacé par du tissu fibreux, il n'y a plus d'organe capable de fabriquer un cheveu. Ce que le traitement peut obtenir est la préservation de ce qui tient encore, au bord de la zone et au-delà. Un résultat réussi ressemble donc à une photographie inchangée douze mois plus tard.
Quel est le tout premier signe à surveiller ?
Des cheveux qui cassent au sommet du crâne seulement, alors que le reste de la chevelure tient. Une série de neuf patientes venues consulter uniquement pour cette casse, sans zone dégarnie constituée, a été biopsiée : sur huit prélèvements interprétables, sept montraient déjà des lésions compatibles avec la maladie, dont deux à un stade précoce. Une démangeaison, une brûlure ou une sensibilité localisées au même endroit justifient le même examen.
La biopsie du cuir chevelu est-elle vraiment nécessaire ?
Elle l'est pour deux raisons. La première est le diagnostic lui-même, car l'aspect précoce ressemble à une chute hormonale. La seconde est plus importante : la biopsie dit si la maladie est encore active, et c'est cette information qui commande tout le reste, y compris la possibilité d'une greffe un jour. Le prélèvement est un carottage de quatre millimètres sous anesthésie locale ; le site est choisi au dermatoscope et l'analyse se fait sur coupes horizontales.
Que voit le médecin au dermatoscope ?
Un halo blanc-gris autour de l'émergence des cheveux. Sur 153 images provenant de 51 femmes au diagnostic confirmé par biopsie, ce signe s'est révélé à la fois spécifique et sensible, et présent à tous les stades. Il correspond, sur les coupes, à une fibrose en lamelles autour du follicule. Les autres signes décrits — réseau en nid d'abeille, points blancs, plages blanches, rougeur péripilaire — sont moins discriminants.
Existe-t-il un traitement dont l'efficacité est prouvée ?
Non au sens strict : aucun essai randomisé contrôlé n'a jamais été publié sur le traitement de cette maladie, et la revue de référence l'écrit explicitement. Les options proposées — dermocorticoïdes, corticoïde injecté, inhibiteurs de la calcineurine, minoxidil local, cyclines orales — reposent sur des cas isolés et de petites séries. Leur objectif est d'arrêter la progression, pas de faire repousser. Plusieurs d'entre elles sont employées en dehors du cadre de leur autorisation lorsqu'elles sont appliquées au cuir chevelu ; c'est une décision de dermatologue.
Peut-on greffer des cheveux sur cette alopécie ?
Oui dans des conditions précises, mais il faut savoir sur quoi cela repose : toute la littérature chirurgicale publiée sur cette maladie tient en deux patientes, décrites en 2014 dans Dermatologic Surgery. Les trois conditions y sont explicites : une biopsie montrant l'absence d'inflammation, une séance d'essai préalable, et une maladie en phase terminale, éteinte. La repousse a été observée quatre à cinq mois après la séance test, sans cicatrice. Deux cas ne permettent ni d'annoncer un taux de réussite ni de chiffrer un risque de récidive.
Faut-il faire un bilan général quand le diagnostic est posé ?
C'est raisonnable d'en parler à son médecin traitant. Une méta-analyse de 2026 réunissant vingt-trois études et 9 103 patientes retrouve, dans les analyses cas-témoins, une association avec la dyslipidémie (rapport de cotes 4,46), les fibromes utérins (2,25) et les troubles anxieux (3,27). En revanche, l'hypertension, l'obésité et les maladies thyroïdiennes ne ressortent pas de façon constante. Les intervalles de confiance sont larges et les études majoritairement rétrospectives : il s'agit d'associations, pas de causes établies.
Cette maladie touche-t-elle les hommes ?
Très rarement. Dans la série sud-africaine de 874 adultes, aucun homme n'était atteint. Dans les dossiers médicaux américains sur 2019-2024, les hommes représentent 1,8 % des cas enregistrés. Chez eux, le tableau peut être difficile à distinguer d'une calvitie androgénétique ; un élément d'orientation est que la maladie apparaît plus tôt et reste limitée au sommet du crâne. La biopsie tranche.
À quel âge apparaît-elle ?
Plus tôt qu'on ne le dit. La prévalence enregistrée aux États-Unis culmine entre 41 et 50 ans, donc avant la ménopause pour la plupart des femmes. Dans l'analyse des quatorze familles africaines, l'âge moyen des personnes atteintes était de 50,4 ans. Des cas pédiatriques existent et font l'objet de publications récentes, mais ils restent l'exception.
Pourquoi cette alopécie est-elle si souvent diagnostiquée tard ?
Pour trois raisons documentées. Son aspect initial ressemble à une chute hormonale. Elle progresse fréquemment sans douleur ni démangeaison, donc sans alerte. Et son premier signe — la casse au sommet du crâne — est spontanément attribué aux produits et aux coiffures, par les patientes comme par les professionnels. L'écart entre la prévalence à l'examen (2,7 à 6,7 %) et la prévalence diagnostiquée (0,15 %) mesure directement ce retard.
Aller plus loin
Zone donneuse, taux de section, densité atteignable et conditions chirurgicales sur terrain cicatriciel.
Le diagnostic différentiel principal : elle part de la lisière, pas du sommet, et reste réversible un temps.
Comment séparer une chute réversible d'une chute cicatricielle avant de parler traitement.
Ce que la courbure du follicule change réellement au prélèvement, mesures à l'appui.
Lavage, hydratation et protection nocturne après une greffe, sans traction ajoutée.