Clascotérone ou finastéride : ce que l’on peut vraiment comparer
D'un côté une molécule autorisée depuis 1998, essai pivot publié, risques réexaminés par le régulateur. De l'autre, aucune autorisation pour le cuir chevelu et aucun résultat publié.

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Cette page met deux molécules côte à côte, mais elle commence par la réserve qui commande tout le reste : la comparaison est asymétrique, et le dire fait partie de la réponse. D'un côté, un médicament autorisé depuis 1998 pour cette indication précise, dont l'essai pivot est publié et dont les risques ont été réexaminés par le régulateur européen en 2025. De l'autre, une molécule dont les essais sur le cuir chevelu sont terminés mais dont aucun résultat n'a été publié ni déposé au registre. Ce ne sont pas deux produits inégalement efficaces : ce sont deux niveaux de preuve différents, et aucun tableau ne peut les aligner honnêtement sans le signaler.
La seule autorisation qui existe pour la clascotérone est une crème à 1 % (Winlevi), autorisée dans l'Union européenne le 17 octobre 2025 — pour l'acné, et chez l'adolescent de 12 à moins de 18 ans pour l'acné du visage uniquement. Cette autorisation a été précédée d'un refus, le 25 avril 2025 : l'agence européenne a écrit qu'« il existe cependant un risque que le médicament soit absorbé dans le sang et supprime le fonctionnement de trois organes : l'hypothalamus et l'hypophyse dans le cerveau, et les glandes surrénales », suppression qui « pourrait entraîner une altération de la croissance et de la maturation sexuelle ». L'avis est devenu favorable après réexamen le 25 août 2025, assorti de mesures de réduction du risque. Pour le cuir chevelu, la clascotérone n'est autorisée nulle part : ni en France, ni dans l'Union européenne, ni aux États-Unis.
Que compare-t-on exactement ?
Un comprimé autorisé pour la chute de cheveux, et une crème autorisée pour l'acné dont la version capillaire n'existe qu'en essai clinique. La confusion la plus répandue tient en une phrase que l'on lit partout : « la clascotérone est autorisée en Europe ». C'est exact, et cela ne concerne pas les cheveux. La crème à 1 % traite l'acné ; la solution développée pour le cuir chevelu est cinq fois plus concentrée, s'applique deux fois par jour sur toute la surface du crâne, et n'a reçu d'autorisation dans aucun pays.
| Critère | Finastéride 1 mg | Clascotérone (solution capillaire) |
|---|---|---|
| Autorisation pour la chute de cheveux | Oui, dans l'Union européenne depuis 1998 | Aucune, dans aucun pays |
| Population visée par l'autorisation | Hommes de 18 à 41 ans, perte de type masculin à un stade précoce | Sans objet |
| Essai pivot publié | Oui — Kaufman et coll., 1998 | Non — aucune publication relue par des pairs |
| Résultats déposés au registre américain | Sans objet (antérieur au registre) | Non, ni pour la phase 3, ni pour la phase 2 achevée en 2016 |
| Effet mesuré sur l'hormone | Baisse d'environ 70 % de la dihydrotestostérone sérique | Non établi publiquement |
| Risques évalués par le régulateur | Oui — réexamen européen conclu le 8 mai 2025 | Évaluation portant sur la crème contre l'acné, pas sur le cuir chevelu |
Laquelle fait pousser le plus de cheveux ?
La question ne peut pas recevoir de réponse chiffrée, parce qu'un seul des deux côtés a publié des chiffres. C'est décevant, et c'est la réponse exacte.
Les deux essais de phase 3 sur le cuir chevelu n'ont donné lieu à aucune publication scientifique, ni à aucun dépôt de résultats au registre américain. Ils ont porté sur 1 465 hommes au total — 703 dans l'essai NCT05910450 (« Scalp 1 », achevé le 26 janvier 2026) et 762 dans NCT05914805 (« Scalp 2 », achevé le 16 juillet 2025) — avec une solution à 5 %. Les seuls chiffres publics viennent du communiqué de Cosmo Pharmaceuticals du 3 décembre 2025 : une amélioration relative du comptage de cheveux dans la zone cible, par rapport au véhicule, de 539 % dans un essai et de 168 % dans son jumeau de conception identique. Un écart de 3,2 fois entre deux études censées mesurer la même chose : c'est cet écart qui est l'information, et il montre à quel point un pourcentage relatif est instable quand le groupe témoin bouge peu. Aucune valeur absolue n'a été publiée, et aucun chiffre de densité capillaire en cheveux par centimètre carré n'est disponible pour cette molécule.
En face, l'essai pivot du finastéride 1 mg est accessible depuis 1998. Ses auteurs concluent que la molécule « a ralenti la progression de la perte de cheveux et augmenté la croissance capillaire » sur deux ans, avec une évaluation par comptage, par le patient, par l'investigateur et par un panel relisant des photographies standardisées. On peut discuter l'ampleur de ce bénéfice, sa durée, la zone du crâne concernée : on discute à partir d'un document public que n'importe qui peut ouvrir.
Un gain absolu répond à « combien de cheveux en plus ? ». Un pourcentage relatif répond à « combien de fois mieux que le groupe témoin ? » — et si le groupe témoin bouge à peine, le rapport s'envole sans que le gain réel change beaucoup. C'est exactement ce que montre l'écart entre les deux essais jumeaux : même protocole, même molécule, même concentration, et pourtant 539 % d'un côté, 168 % de l'autre. Tant qu'aucune valeur absolue n'est publiée, aucun de ces deux nombres ne peut être posé à côté d'un résultat d'essai publié.
« Topique », est-ce que cela veut dire « sans effet général » ?
L'idée que la clascotérone n'aurait aucun effet général ne tient pas pour la solution capillaire. L'étude de phase 1 du laboratoire lui-même (Täubel et coll., 2021) énonce la différence entre les deux formes : sous forme de crème, la clascotérone est peu absorbée, mais « la formulation en solution mise au point pour le traitement de l'alopécie androgénétique conduit à une concentration systémique mesurable et à une accumulation de l'anti-androgène ». C'est d'ailleurs le risque d'absorption sanguine — et de freinage de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien — qui avait motivé le refus européen du 25 avril 2025, pour une simple crème à 1 % sur le visage. Le laboratoire décrit pour la solution capillaire une absorption « négligeable », sans qu'aucune valeur mesurée ne soit publique.
Cette précision n'est pas un détail technique : c'est le cœur de l'argument de vente que l'on lit partout. « Anti-androgène sans effet hormonal » est la promesse qui rend la comparaison attrayante — et c'est précisément la phrase que la phase 1 du fabricant contredit pour la forme destinée au cuir chevelu. Le régulateur européen écrit lui-même qu'une exposition plus faible « n'exclut pas entièrement » le risque d'effets généraux.
Demandez sur quelle surface, à quelle concentration et à quelle fréquence le produit s'applique — puis comparez avec la forme dont on vous cite les données de sécurité. Un cuir chevelu entier n'est pas une joue, et 5 % n'est pas 1 %. Le régulateur européen a fait exactement ce raisonnement pour refuser, puis pour encadrer.
Quels risques sont réellement documentés du côté du finastéride ?
Ils le sont abondamment, et c'est une force du dossier, pas une faiblesse. Une molécule dont on connaît les risques est une molécule qui a été surveillée. L'agence française du médicament a déclenché le 13 septembre 2024 une procédure européenne de réexamen ; le comité de pharmacovigilance a conclu le 8 mai 2025 à un lien de causalité confirmé entre le finastéride par voie orale et l'idée suicidaire, ajoutée comme effet indésirable de fréquence « indéterminée », avec une carte patient obligatoire dans la boîte du dosage à 1 mg. Le même rapport rappelle que la molécule abaisse la dihydrotestostérone sérique d'environ 70 %, et qu'elle est autorisée dans l'Union « pour le traitement des hommes âgés de 18 à 41 ans présentant une perte de cheveux de type masculin à un stade précoce ».
Sur le versant sexuel, deux travaux souvent cités doivent être lus pour ce qu'ils sont. Irwig a interrogé en 2011, selon un protocole standardisé, 71 hommes de 21 à 46 ans ayant pris du finastéride pour une chute de cheveux et rapportant des troubles sexuels apparus sous traitement et persistant au moins trois mois après l'arrêt. Ces hommes ont été recrutés parce qu'ils rapportaient des symptômes persistants : les proportions publiées décrivent la composition d'un groupe atteint, jamais le risque encouru par quelqu'un qui commence le traitement. Le second travail, en 2012, compare d'anciens utilisateurs présentant ces effets persistants à des témoins et retrouve chez eux des symptômes dépressifs et des idées suicidaires significativement plus fréquents. Le finastéride est par ailleurs contre-indiqué chez la femme enceinte et chez la femme en âge de procréer sans contraception.
Le contraste avec l'autre molécule est frappant, et il n'est pas à son avantage : on ne peut pas opposer un risque documenté à un risque inconnu. Le communiqué de décembre 2025 décrit une tolérance « comparable à celle du véhicule », et celui d'avril 2026 ajoute que les participants restés sous traitement continu ont poursuivi leur gain jusqu'au douzième mois, tandis que ceux passés au véhicule à partir du septième mois ont vu ces gains se réduire. Ce sont des communications d'entreprise, non relues par des pairs, sans données individuelles ni valeurs mesurées ; elles ne constituent pas un profil de sécurité.
Existe-t-il un essai qui a comparé la clascotérone à autre chose ?
Un seul, contre le minoxidil — et il s'est achevé il y a dix ans sans jamais publier ses résultats. L'essai NCT02279823 est une étude de phase 2 multicentrique, randomisée, en triple aveugle, menée sur 95 hommes dans trois centres américains : solution de clascotérone à 5 %, solution de minoxidil à 5 % comme comparateur actif, et placebo, deux applications par jour pendant vingt-six semaines. Début en octobre 2014, achèvement en mai 2016. Dix ans plus tard, la fiche du registre porte toujours la mention « aucun résultat déposé », et aucun article relu par des pairs n'en a publié le contenu.
C'est l'information la plus utile de toute cette page pour qui veut décider : la seule fois où cette molécule a été mise face à un produit disponible en pharmacie, le résultat n'a pas été rendu public.
Que peut-on dire, alors, du meilleur traitement appliqué sur le cuir chevelu ?
Le seul classement publié qui repose sur des données comparables place le minoxidil topique à 5 % en tête. La revue systématique avec méta-analyses en réseau de Gupta et coll., dont la recherche documentaire s'arrête au 23 janvier 2026, a retenu vingt-trois études portant sur la variation moyenne de densité capillaire à six mois, en monothérapie chez l'homme. Parmi les traitements appliqués sur le cuir chevelu, le minoxidil à 5 % arrive premier. La clascotérone ne figure pas dans ce classement, et pour une raison mécanique : une méta-analyse ne peut intégrer que des résultats publiés.
Où en est réellement le développement ?
Deux revues récentes donnent la mesure exacte. Shefa et coll., en 2026, rappellent que la crème à 1 % est le premier inhibiteur topique du récepteur androgénique autorisé par l'agence américaine dans l'acné à partir de douze ans, et le premier de sa classe autorisé pour les deux sexes ; pour le cuir chevelu, les auteurs écrivent que les données sont « émergentes mais encore incomplètes ». Agrawal et coll., la même année, recensent les pistes en développement dans l'alopécie androgénétique — antagonistes topiques du récepteur androgénique, biothérapies, injectables, agonistes du récepteur bêta de l'hormone thyroïdienne — et concluent que ce sont les essais en cours et à venir qui détermineront le rôle définitif de ces approches.
Côté calendrier, une seule chose est vérifiable : le communiqué du 15 avril 2026 annonce un dépôt américain au début de 2027. C'est une annonce d'entreprise, pas un calendrier réglementaire, et aucune date d'autorisation européenne n'est publique. Toute page qui affiche une année d'arrivée en France invente cette année.
| Affirmation | Soutenue par une source ? |
|---|---|
| « La clascotérone est autorisée en Europe » | Oui, pour l'acné — jamais pour le cuir chevelu |
| « La clascotérone est plus efficace que le finastéride » | Non établi — aucun essai comparatif, aucune publication |
| « La clascotérone améliore la repousse de 539 % » | Trompeur — pourcentage relatif ; l'essai jumeau, identique, annonce 168 % |
| « Un anti-androgène local n'a aucun effet hormonal général » | Non — la phase 1 du fabricant décrit l'inverse pour la solution capillaire |
| « Le finastéride abaisse fortement la dihydrotestostérone » | Oui — environ 70 %, rapport européen du 8 mai 2025 |
| « Le risque psychiatrique du finastéride est reconnu » | Oui — lien de causalité confirmé, carte patient obligatoire |
| « Les troubles sexuels touchent 9 hommes sur 10 » | Non — chiffre issu d'une série d'hommes recrutés parce qu'ils avaient des symptômes |
| « La clascotérone arrive en France en 2027 » | Non — seul fait public : un dépôt américain annoncé pour début 2027 |
| « Un médicament peut recouvrir une zone devenue nue » | Non — aucune de ces molécules ne recrée un follicule disparu |
La conclusion honnête tient en une phrase : à ce jour, l'un des deux produits peut être discuté avec un médecin sur la base de documents publics, l'autre ne peut pas l'être, faute de documents. Cela ne dit rien de ce que vaudra la clascotérone lorsque ses essais seront publiés — cela dit seulement qu'à la date de cette page, personne ne peut le savoir, et que quiconque l'affirme s'appuie sur un communiqué. Une décision médicamenteuse appartient à un médecin qui vous examine.
Les traitements médicaux comme ceux-ci ralentissent la chute mais ne restaurent pas les zones dégarnies, et leur effet cesse à l'arrêt. Renaissance Clinique est spécialisée dans la greffe de cheveux (FUE et technique Choi Pen) : un résultat permanent en une seule intervention. Nos chirurgiens évaluent gratuitement votre cas.
Sources et références
- 1Winlevi 2025 — refus initial, puis autorisation européenne de la crème contre l'acnéAutorité
Document de questions-réponses de l'agence européenne (EMA/277213/2025, 26 août 2025, EMEA/H/C/006138), titulaire Cassiopea S.p.A. Refus initial le 25 avril 2025 : le médicament « bloque les récepteurs des androgènes localement dans la peau », mais « il existe cependant un risque que le médicament soit absorbé dans le sang et supprime le fonctionnement de trois organes : l'hypothalamus et l'hypophyse dans le cerveau, et les glandes surrénales », suppression qui « pourrait entraîner une altération de la croissance et de la maturation sexuelle ». Après réexamen le 25 août 2025, avis favorable assorti de mesures de réduction du risque. Autorisation valable dans toute l'Union le 17 octobre 2025. Indication : chez l'adulte, acné vulgaire ; chez l'adolescent de 12 à moins de 18 ans, acné vulgaire du visage. Dossier clinique : deux études principales portant sur 1 440 personnes, crème deux fois par jour pendant 12 semaines.
- 2Cosmo 2025 — communiqué annonçant les résultats top-line des deux essais de phase 3
Communiqué d'entreprise du 3 décembre 2025 annonçant les résultats top-line des deux essais de phase 3 Scalp 1 (NCT05910450) et Scalp 2 (NCT05914805), de conception identique, conduits aux États-Unis et en Europe sur 1 465 patients au total. Amélioration relative du comptage de cheveux dans la zone cible par rapport au véhicule : 539 % dans un essai, 168 % dans l'autre. Tolérance décrite comme comparable à celle du véhicule. Source industrielle, non relue par des pairs, sans valeurs absolues publiées : citée ici comme communication d'entreprise, pas comme résultat scientifique.
- 3Cosmo 2026 — communiqué annonçant les données à douze mois
Communiqué d'entreprise du 15 avril 2026 annonçant les données de phase III à 12 mois pour la solution capillaire de clascotérone à 5 % chez l'homme atteint d'alopécie androgénétique légère à modérée. Les participants restés sous traitement continu ont poursuivi leur gain capillaire jusqu'au 12e mois ; ceux passés au véhicule à partir du 7e mois ont vu les gains obtenus se réduire. Absorption générale qualifiée de « négligeable » par l'entreprise, sans aucune valeur mesurée publique. Dépôt américain annoncé pour le début de 2027. Source industrielle, non relue par des pairs.
- 4Täubel 2021 — étude de phase 1 sur la solution capillaire, promue par le laboratoireAutorité
Étude de phase 1 sur 32 volontaires évaluant l'effet du clascotérone sur l'intervalle QTc à doses supra-thérapeutiques. Aucun effet sur l'intervalle QTc dans la gamme de concentrations testée. Constat déterminant pour l'alopécie : sous forme de crème, le clascotérone est peu absorbé, mais « la formulation en solution mise au point pour le traitement de l'alopécie androgénétique conduit à une concentration systémique mesurable et à une accumulation de l'anti-androgène ».
- 5NCT05910450 — essai de phase 3 « Scalp 1 » (703 hommes)Autorité
Essai de phase 3 de 6 mois, multicentrique, prospectif, randomisé, en double aveugle, contrôlé par véhicule, 703 hommes, 24 centres en Géorgie et aux États-Unis, promoteur Cassiopea SpA. Clascotérone en solution à 5 %. Début 21 juin 2023, achèvement 26 janvier 2026. Statut : achevé, aucun résultat déposé au 19 septembre 2026.
- 6NCT05914805 — essai de phase 3 « Scalp 2 » (762 hommes)Autorité
Essai de phase 3 de 6 mois, multicentrique, prospectif, randomisé, en double aveugle, contrôlé par véhicule, 762 hommes, 27 centres en Allemagne, en Pologne et aux États-Unis, promoteur Cassiopea SpA. Clascotérone en solution à 5 %, six mois en double aveugle puis six mois en simple aveugle. Critères principaux : variation du comptage total de cheveux non duveteux dans la zone, et appréciation par le participant de sa propre couverture capillaire, à 6 mois. Début 17 août 2023, achèvement 16 juillet 2025. Statut : achevé, aucun résultat déposé au 19 septembre 2026.
- 7NCT02279823 — essai de phase 2 contre le minoxidil, achevé en 2016Autorité
Essai de phase 2 multicentrique, randomisé, en triple aveugle, 95 hommes atteints d'alopécie androgénétique, 3 centres aux États-Unis, promoteur Intrepid Therapeutics. Trois bras : cortexolone 17α-propionate en solution à 5 %, minoxidil en solution à 5 % (comparateur actif) et placebo, deux applications par jour pendant 26 semaines. Début octobre 2014, achèvement mai 2016. Statut : achevé, aucun résultat déposé au 19 septembre 2026.
- 8Shefa 2026 — revue du clascotérone : ce qui est établi et ce qui ne l'est pasAutorité
Revue narrative fondée sur une recherche documentaire jusqu'en avril 2026. La crème de clascotérone à 1 % est le premier inhibiteur topique du récepteur androgénique autorisé par l'agence américaine dans l'acné vulgaire à partir de 12 ans, et le premier de sa classe autorisé pour les deux sexes. Les essais de phase 3 et les méta-analyses portent sur l'acné. Concernant le cuir chevelu, les auteurs écrivent que des données « émergentes mais encore incomplètes » suggèrent des applications possibles dans l'alopécie androgénétique.
- 9Agrawal 2026 — l'état du développement au-delà des molécules autoriséesAutorité
Revue ciblée des pharmacothérapies émergentes dans l'alopécie androgénétique, jusqu'en décembre 2025. Directions recensées : antagonistes et dégradeurs topiques du récepteur androgénique (dont le clascotérone), biothérapies visant le récepteur de la prolactine, injectables inducteurs de la phase anagène, agonistes du récepteur bêta de l'hormone thyroïdienne, systèmes de libération prolongée du minoxidil. Les auteurs soulignent que les essais en cours et à venir détermineront le rôle définitif de ces approches.
- 10Gupta 2026 — classement indirect des traitements appliqués sur le cuir cheveluAutorité
Revue systématique avec méta-analyses en réseau, recherche arrêtée au 23 janvier 2026, portant sur la variation moyenne de densité capillaire totale à 6 mois en monothérapie chez l'homme : 23 études retenues. Le minoxidil topique à 5 % est classé le plus efficace parmi les traitements appliqués sur le cuir chevelu.
- 11EMEA/H/A-31/1539 — rapport européen sur le finastéride et le dutastéride, 8 mai 2025Autorité
Rapport d'évaluation du comité de pharmacovigilance (EMA/225542/2025), saisine déclenchée le 13 septembre 2024 par l'agence française. Finastéride 1 mg autorisé dans l'Union depuis 1998 « pour le traitement des hommes âgés de 18 à 41 ans présentant une perte de cheveux de type masculin à un stade précoce ». Le finastéride abaisse la dihydrotestostérone sérique d'environ 70 %. Décisions : lien de causalité confirmé entre finastéride oral et idée suicidaire, ajoutée en effet indésirable de fréquence « indéterminée » ; carte patient obligatoire dans la boîte du 1 mg.
- 12Kaufman et al. — JAAD 1998 (essai pivot du finastéride 1 mg)Autorité
Essai pivot de phase III établissant le finastéride 1 mg oral comme standard thérapeutique de référence dans l'alopécie androgénétique masculine.
- 13Irwig 2011 — série de 71 hommes rapportant des troubles sexuels persistantsAutorité
Entretiens standardisés avec 71 hommes de 21 à 46 ans ayant pris du finastéride pour une chute de cheveux et rapportant des effets sexuels d'apparition nouvelle persistant au moins 3 mois après l'arrêt. Population sélectionnée sur la présence de symptômes persistants : ces proportions décrivent la composition d'un groupe atteint et ne peuvent pas être lues comme un risque pour un patient qui débute le traitement.
- 14Irwig 2012 — symptômes dépressifs et idées suicidaires chez d'anciens utilisateursAutorité
Étude comparative chez d'anciens utilisateurs de finastéride présentant des effets sexuels persistants : symptômes dépressifs et idées suicidaires significativement plus fréquents que chez les témoins.
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Questions fréquentes
Le clascotérone est-il plus efficace que le finastéride ?
Personne ne peut le dire aujourd'hui, et ce n'est pas une précaution de langage. Aucun essai n'a comparé les deux molécules entre elles. Du côté du finastéride, l'essai pivot est publié depuis 1998 et peut être lu par quiconque. Du côté de la clascotérone, les deux essais de phase 3 conduits sur 1 465 hommes sont achevés et n'ont donné lieu à aucune publication relue par des pairs ni à aucun dépôt de résultats : les seuls chiffres disponibles sont deux pourcentages relatifs annoncés par communiqué d'entreprise, 539 % dans un essai et 168 % dans son jumeau de conception identique. Comparer un résultat publié à un communiqué ne compare pas deux efficacités, mais deux niveaux de preuve.
Le clascotérone est-il une alternative pour qui ne tolère pas le finastéride ?
La question est légitime : elle est même l'une des plus posées. La réponse honnête est qu'aucun produit à base de clascotérone n'est autorisé pour le cuir chevelu, dans aucun pays, et qu'aucun résultat d'essai n'a été publié pour cette indication. Il faut aussi corriger la prémisse la plus répandue : l'argument « anti-androgène local, donc sans effet hormonal » est contredit par l'étude de phase 1 du fabricant, qui écrit que « la formulation en solution mise au point pour le traitement de l'alopécie androgénétique conduit à une concentration systémique mesurable et à une accumulation de l'anti-androgène ». Une intolérance au finastéride est une raison sérieuse d'en parler à un médecin ; ce n'est pas une raison de se tourner vers un produit non autorisé dont les données ne sont pas publiques.
Le clascotérone est-il autorisé en France ?
Oui pour l'acné, non pour les cheveux. La crème à 1 % a reçu une autorisation valable dans toute l'Union européenne le 17 octobre 2025, chez l'adulte pour l'acné vulgaire et chez l'adolescent de 12 à moins de 18 ans pour l'acné du visage uniquement. Cette autorisation avait d'abord été refusée le 25 avril 2025, l'agence européenne ayant retenu un risque que le produit « soit absorbé dans le sang » et freine le fonctionnement de l'hypothalamus, de l'hypophyse et des glandes surrénales ; elle a été accordée après réexamen, assortie de mesures de réduction du risque. La solution capillaire, elle, n'a d'autorisation nulle part.
Que valent les 539 % annoncés dans les communiqués ?
C'est un pourcentage relatif, calculé par rapport au groupe recevant le véhicule, et non un nombre de cheveux. Le même communiqué du 3 décembre 2025 annonce 168 % dans l'essai jumeau, de conception identique — un écart de 3,2 fois entre deux études censées mesurer la même chose. Cet écart est précisément l'information : il montre l'instabilité d'un rapport calculé sur un groupe témoin qui bouge peu. Aucune valeur absolue n'a été publiée, et aucun chiffre de densité en cheveux par centimètre carré n'existe publiquement pour cette molécule.
Une femme peut-elle utiliser l'une ou l'autre de ces molécules ?
L'autorisation européenne du finastéride 1 mg vise « les hommes âgés de 18 à 41 ans présentant une perte de cheveux de type masculin à un stade précoce » ; la molécule est contre-indiquée chez la femme enceinte et chez la femme en âge de procréer sans contraception. Pour la clascotérone, la question n'a pas de réponse réglementaire : aucune autorisation n'existe pour le cuir chevelu, ni chez l'homme ni chez la femme, et les deux essais de phase 3 achevés ont porté sur des hommes. La prise en charge d'une chute de cheveux chez la femme relève d'une consultation médicale, pas d'une page web.
Peut-on associer les deux molécules ?
Aucune étude publiée n'a évalué cette association, et l'une des deux n'est autorisée nulle part pour le cuir chevelu : il n'existe donc ni schéma validé, ni dose, ni durée, ni surveillance établie sur des données. Nous ne recommandons aucun schéma d'association et n'en proposons aucun : une association de médicaments est une décision qui appartient au médecin qui vous suit, sur la base de votre examen et de vos antécédents.
Renaissance Clinique prescrit-elle ces traitements ?
Non. Nous sommes une clinique de greffe de cheveux : nous ne prescrivons, ne délivrons, ne stockons et n'administrons aucune de ces molécules, et nous n'émettons aucun avis sur celle qui vous conviendrait. Cette page est un contenu d'information bâti sur des documents publics — documents de l'agence européenne du médicament, fiches du registre américain des essais cliniques, publications relues par des pairs et communiqués d'entreprise, identifiés comme tels. Pour un traitement médicamenteux, l'interlocuteur est un médecin qui vous examine.
Aller plus loin
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Forfaits tout compris — évaluation gratuite de votre cas.
Mécanisme, état du développement, statut réglementaire.
Ce qui est documenté pour la crème, et ce qui ne l'est pas pour la solution capillaire.
Ce que les données publiées permettent — et ne permettent pas — de dire.